Sous-marin nucléaire lanceur d'engins Le Redoutable

Le Sous-marin Nucléaire Lanceurs d'Engins (SNLE) Le Redoutable est le premier sous-marin de ce type. Lancé le 29 mars 1967, il a été admis au service actif le 1er décembre 1971. A son admission au service actif, il est équipé de 16 missiles balistiques M1 (450kt sur 2000km), puis M2 à partir de 1974, puis de missiles M20 comportant chacun une tête nucléaire d'une mégatonne et d'une portée supérieure à 3000 km.

Le 29 mai 1971, le premier tir Onagre d'un missile M1E stratégique a eu lieu à partir du Redoutable en plongée. Ce SNLE appareille pour sa première patrouille le 28 janvier 1972. Comme tous les autres SNLE, il fut durant toute sa carrière, intégré à la Force Océanique Stratégique (FOST). A la différence des cinq autres sous-marins de la série, il n'a pas bénéficié de la refonte M4.

En 20 ans de bons et loyaux service, il aura effectué 51 patrouilles, 3469 journées en mer, et 83500 heures de plongée. Le Redoutable a été retiré du service actif le 13 décembre 1991 et condamné le 24 juillet 1992. Avant son retrait du service actif et après enlèvement des missiles balistiques, il effectuera une escale avec relève d'équipage à Dakar en avril 91 soutenu par le TCD Orage (opération Jubarte, pour tester grandeur nature une relève d'équipage loin des bases). Ce fut la seule escale en terre africaine de l'histoire des SNLE français.

En mai 2002, il est devenu le coeur de la Cité de la Mer à Cherbourg, un musée consacré à l'aventure industrielle de la propulsion nucléaire navale, à l'exploration sous la mer et à la Force océanique stratégique.

Pour en savoir plus :
Les caractéristiques principales
L'armement et les essais du Redoutable
Vingt ans de patrouilles
Un ouvrage de référence sur le Redoutable par André Laisney
La deuxième vie du Redoutable
Le transfert du Redoutable à la Cité de la Mer
La Cité de la Mer
Thêmes généraux sur les sous-marins
Une collection de photos
Les sous-marins nucléaires du type Le Redoutable :
. Nom Sur cale Lancé En service Désarmé
S611 - Le Redoutable   29/03/1967
01/12/1971
13/12/1991
S612 - Le Terrible   12/12/1969
01/01/1973
01/07/1996
S610 - Le Foudroyant 12/12/1969 04/12/1971
06/06/1974
30/04/1998
S613 - L'Indomptable 04/12/1971 17/09/1974
23/12/1976
04/2005
S614 - Le Tonnant 19/10/1974 17/09/1977
03/04/1980
16/12/1999
S615 - L'Inflexible 27/03/1980 23/06/1982
01/04/1985
2008
Les commandants du Redoutable
Bleu
Capitaine de frégate Louzeau ...
Capitaine de frégate Lavolé ...
Capitaine de frégate Cazenave ...
Capitaine de frégate Culot ...
Capitaine de frégate Herrou ...
Capitaine de vaisseau Sassy ...
Capitaine de frégate Coradin ...
Capitaine de frégate Waquet ...
Capitaine de frégate Putz ...
Capitaine de frégate Bellot ...
Rouge
Capitaine de frégate Bisson ...
Capitaine de frégate Hardy ...
Capitaine de frégate Lecointre ...
Capitaine de frégate Nourry ...
Capitaine de frégate Balastre ...
Capitaine de frégate Bullier ...
Capitaine de frégate Capart ...
Capitaine de frégate Troullier ...
Capitaine de frégate Tricand de la Goutte ...
Capitaine de frégate Dupré La Tour ...

Septembre 1999 : Un greffon sur Le Redoutable

Désarmé dans l'arsenal de Cherbourg, Le Redoutable avait été amputé de sa tranche réacteur - découpée et tranférée sur un terre plein voisin - avant d'être remis à la direction du port militaire pour un long gardiennage. Mais dans le cadre de la future Cité de l'homme sous la mer, il ne pouvait être question de présenter au public Le Redoutable raccourci de 8 mètres.
Pesant 70 tonnes, un tronçon de la coque du S607 Turquoise, dont la construction avait été interrompue l'année même de la mise à la retraite du Redoutable, a été positionné au dessus de la forme ou le premier SNLE français a été redécoupé en deux.
Le 18 septembre, deux grues ont été utilisées pour descendre ce greffon entre l'avant et l'arrière du sous-marin, cette dernière ayant été reculée grâce à de puissant vérins. La nouvelle section de coque ainsi emboitée est longue de 8 mètres ce qui permet au Redoutable de retrouver sa taille initiale. Mais le diamètre d'un SNA étant nettement inférieur à celui d'un SNLE, il faudra lui souder une seconde peau pour assurer la continuité de la carène.
L'illusion sera parfaite lorsque le sous-marin reprendra la mer en juillet 2000, pour gagner la fosse chargée de l'accueillir au nord de l'ancienne gare maritime transatlantique. Cet ultime voyage à la mer sera assuré avec l'aide des remorqueurs de la DP. (Cols Bleus n°2504 du 23 octobre 1999 / René Moirand)


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