Historique du dragueur de mines Vinh-Long


Les chantiers Bellingham où furent construits de nombreux dragueurs de mines océaniques (photo BCS)
Construit aux chantiers navals Bellingham (Etat de Washington), le Vinh-Long est mis sur cale le 10 juin 1953 en tant que dragueur AM-477.

Les chantiers Belligham construirent ainsi plus d'une quarantaine de dragueurs destinés à la Marine française, à l'US Navy mais aussi aux Marines espagnole, portugaise, norvégienne, turque ou iranienne.

Sur les quinze dragueurs océaniques type MSO construit pour la marine française, onze le seront dans ces chantiers, le reste étant construit aux chantiers Peterson à Sturgeon Bay (Wisconsin), à la seule exception du Baccarat qui sera construit chez Tacoma (Washington).

Le 23 juillet 1952, il est baptisé Vinh-Long.

Le Vinh-Long est mis à flot le 5 février 1954.


Le Torrey-Canyon se brisera en deux au large des îles Scilly. La nappe de pétrole mettra un mois avant d'atteindre les côtes du nord de la Bretagne (Photo Revista General de Marina).

Le 14 octobre 1955, il est admis au service actif le jour de son arrivée à Dakar, date à laquelle il est affecté à la 2e région maritime et la 21e division de dragueurs (DIDRA).

18 mars 1967 : Le pétrolier libérien Torrey Canyon s'échouait près des îles Scilly et se brisait en deux, déversant à l'entrée de la Manche sa cargaison de 119.000 tonnes de brut. Ce naufrage aura été à l'origine de la première grande pollution marine et révélait un risque contre lequel personne n'avait songé à prémunir le littoral. L'Europe venait d'entrer dans l'ère des marées noires. Le Vinh-Long interviendra sur les lieux du naufrage du Torrey-Cannon avec les remorqueurs A674 Acharné de la DP de Brest et un autre 750Cv de Cherbourg. Anecdote recueilli auprès de Jean-Yves Turquetil ancien détecteur : " Le Vinh-Long avait chargé des sacs de sciure avant d'appareiller. Puis nous sommes allé sur zone et nous avons attendu l'hélicoptère de la télévision. A son arrivée nous avons jeté cette sciure sur le pétrole. Bien petite action face à l'ampleur de la catastrophe. Puis nous avons continué à faire des ronds dans l'eau et à attendre de nouveau l'arrivée de l'hélico pour jeter de la sciure … quelle mascarade. Mais à l'époque nous n'avions pas les moyens de lutte actuels ".

Avril 1968 : Opération « Vliestroom ». L’exercice consiste à draguer les mines de la mer du Nord, mines datant de la deuxième guerre mondiale. Le BSL Loire assiste la deuxième escadrille de dragueurs océaniques (Vinh-Long, Mytho, Cantho, Ouistreham). Participe aussi à cet exercice, les dragueurs de la Royal Navy, de la Marine Allemande, de la Marine Belge, des Pays Bas et du Portugal.

7 au 9 janvier 1972 : Les dragueurs Vinh-Long, Alençon, Azalée et Lobelia sont arrivés pour une escale de trois jours au Pays-Bas. En raison de la brume les bâtiments ont du attendre au large d'Ijmuiden et sont arrivés à Amsterdam vers 19h30 soit avec 7 heures de retard environ sur l'horaire prévu. De ce fait, certaines activités ont dû être annulées. Au cours de cette escale, les marins ont pu bénéficier de billets de faveur pour une promenade sur les canaux, et ils avaient accès gratuitement aux transports municipaux et dans certains musées. Le 8 Janvier en fin d'après-midi un cocktail réunissait à bord du Berlaimont une vingtaine de membres de la colonie française (Cols Bleus n°1217-1972).

14 au 17 janvier 1972 : Escale à Dublin, Irlande, pour les dragueurs Vinh-Long, Alençon Azalée et Lobelia. La première matinée fut consacrée à la visite des Commandants à l'ambassade de France, au " Commanding Officer Naval Service " Captain Mc Kenna, au " Commanding Officer Naval Eastern Command " Colonel Byrne et au " Chairman Dublin Port " Mr Bruton. Ces visites furent rendues l'après-midi à bord du Berlaimont et suivies d'un cocktail. Le Dimanche 16 Janvier, une excursion fut organisée par les bords, à Glendalough pour une soixantaine de marins. Sur le plan sportif, les marins français ont rencontré une sélection de l'Armée en volley-ball (match perdu 2 sets à 0) et en football (match nul 1 à 1) (Cols Bleus n°1217-1972).

En 1972, et après 17 ans de service actif au sein de la 2e région maritime, il est mis en réserve au GDCM de Brest (Groupe des Dragueurs en Complément de Mobilisation) et qui sera maintenue jusqu'en 1976.

1977 : Le dragueur de mines devient chasseur


Le Vinh-Long à Toulon (décembre 1979 - Photo Michel Guignard).
Du 25 mars 1976 au 22 juin 1977, il est refondu en chasseur de mines type Dompaire à Cherbourg.

Le 10 avril 1978, il est ré-admis au service actif comme chasseur de mines, et il est affecté en 3e région maritime et basé à Toulon. Après dix mois de refonte à Cherbourg, et deux semaines de mise en conditions à Brest, le Vinh-Long vient de regagner le pays du soleil. Une escale de six jours à Séville est venue agrémenter le transit vers Toulon. La durée de ce séjour a permis d'explorer dans ses recoins l'une des plus belles villes d'Andalousie. Chacun a pu ainsi déambuler dans les ruelles du barrio de Santa Cruz et dans les jardins de l'Alcazar, ou grimper en haut de la Giralda, ancien minaret transformé en clocher qui domine toute la cité. Très hospitalière, la municipalité a même ouvert les splendides salles de réception de son Hôtel de Ville à ceux qui souhaitaient les visiter. Une excursion à Arcos et à La Feria de Jerez de la Frontera emmenait l'équipage dans l'arrière pays et achevait de le familiariser avec les accents du Flamenco (Cols Bleus n°1520 du 20 Mai 1978).

Le 12 mai 1978, après des essais en 1ère et 2e régions maritimes, il rallie Toulon ou il est placé au sein de la 35ème DICHAM (division de chasseurs de mines) sous les ordres du capitaine de vaisseau commandant la Flottille de la Méditerranée (COMFLOMED). La 35e DICHAM est constituée du M615 Cantho, du M617 Garigliano et du M619 Vinh-Long. Le Vinh-Long porte la marque du chef de division.
Les missions du Vinh-Long sont des missions générales et permanente de surveillance à l'occasion de toutes activités à la mer, des missions spécifiques et permanentes de reconnaissances des fonds marins afin de déterminer les conditions de chasse aux mines en particulier dans les approches des principaux ports de commerces et militaires, missions de déblaiement par destruction ou relevage de tous les engins à caractères dangereux dans les baies de Fos sur Mer, Sanary, Hyères et Toulon.

Septembre 1978 : L'Amiral Le Franc, inspecteur de la Marine, a procédé pendant quatre jours à une série d'inspections à Toulon. L'amiral s'est rendu sur le Vinh-Long, le Drogou, le Guépratte, le Clemenceau et le Colbert. Il s'est entretenu avec le vice-amiral de Bigault de Cazanove, commandant l'Escadre et commandant en chef en Méditerranée par intérim (Cols Bleus n°1541-1978).


Les chasseurs de mines Capricorne, Capella et Vinh-Long à Port Saïd (novembre 1981).

En 1979, les M616 Dompaire et M618 Mytho, rejoignent la 35ème DICHAM basée à Toulon. Le M619 Vinh-Long porte toujours la marque du chef de division, commandé par le CF Lepique.

1979 : A la suite d'un crash, le chasseur participe à la recherche d'une épave d'avion au large de l'aéroport de Nice avec la gabare Fourmi.

1979 : Le Vinh-Long trouve des mines en baie de Sanary. Ces mines datent de la seconde guerre mondiale et se trouvent immergées par 60 mètres de fond. La Préfecture maritime a diffusé un avis aux navigateurs et une carte portant les restrictions apportées à la baignade, à la plongée et à la pêche. Les mines découvertes seront pétardées mais la date de l'opération n'a pas encore été officiellement fixée (Cols Bleus n°1563-1979).

Mai 1979 : La 35ème DICHAM participe à l'exercice Damsel Fair 1979. Cet exercice est organisé par la Marine italienne. Il rassemble les forces de guerre contre les mines italienne, française, grecques et anglaise. Les bâtiments français quittes le port d'Augusta le 19 Mai par une brise légère du Sud et mer plate. Les plongeurs du 3ème GPD embarqués sur le Vinh-Long et le Gardénia eurent la chance de trouver de nombreuses mines non seulement d'exercice. Chacun a fait tout son possible pour réaliser au mieux les taches confiés et tout le monde compte sur le transit du retour pour se reposer si les dieux de la mer restent cléments. En effet les escales, nombreuses certes, Messine, Augusta, Catane, Syracuse, ne furent que des retours au port prévus dans les opérations pour préparer les taches suivantes : arrivée le soir, appareillage au lever du jour. Le Vinh-Long et le Gardénia furent plus heureux puisqu'ils arrivèrent à Messine le 5 Mai et bénéficièrent de toute l'amabilité de la Marine italienne pour organiser des excursions à Taormina, théâtre grec situé dans un site grandiose surplombant le détroit de Messine et dominé par l'Etna encore couvert de neige en cette saison (Cols Bleus n°1568-1979).

3 au 11 Septembre 1979 : Opération de recherche d'un avion danois tombé en mer près de Nice. Le 3 septembre, un avion d'affaire danois du type Corvette, s'abime en mer près de l 'aéroport de Nice. Les deux pilotes danois, les cinq passagers anglais et les trois passagers suédois sont portés disparus. L'aéronef, à la suite d'ennuis techniques a été accidenté au cours de l'approche. Quelques minutes après, une Alouette III de Saint-Mandrier mettait le cap sur Nice amenant des plongeurs et un médecin. Le Vinh-Long en alerte fait rentrer son équipage et appareille vers 22h00 pour arriver dans la nuit sur les lieux de l'accident. Il a pour mission de localiser l'épave de l'appareil. Dans la journée du 4 septembre arrive sur zone le BSR Chevreuil, le bâtiment base Myosotis, le remorqueur Le Fort et les deux gabares, Fourmi et Criquet, transportant deux tourelles de plongée. Pendant huit jours, les marins ont travaillé avec acharnement dans des conditions difficiles. Finalement, le 11 septembre, le communiqué officiel suivant a été diffusé : " A la suite de la chute de l'avion de type Corvette au voisinage de l'aéroport de Nice, le 3 septembre 1979, la Marine Nationale, sur demande du ministère des transports, a mis en œuvre des moyens importants et très spécialisés pour tenter de repêcher l'épave de l'avion dès le 3 septembre au soir. Les recherches ont été menées dans un premier temps par le chasseur de mines Vinh-Long, équipé d'un sonar à haute définition, puis par l'unité légère d'intervention sous la mer appartenant au " Groupement d'intervention sous la mer " (GISMER) afin de pouvoir intervenir, si besoin était, à grande profondeur. Grace à la balise à ultrasons dont était équipé l'enregistreur de vol de la Corvette et qui fut entendue par les appareils de détection de nos plongeurs, la recherche a pu être circonscrite à une zone relativement restreinte au voisinage de l'embouchure du Var, zone concordant avec les divers témoignages. Bien que les conditions météorologiques eussent été très favorables (mer calme, pas de vent, débit du Var minimum), la visibilité au fond est resté en permanence quasi nulle. De plus, la nature du fond, en pente très forte, strié de failles profondes dans une boue instable, a constitué une gêne supplémentaire pour l'occupant de la tourelle de plongée travaillant entre 120 et 160 mètres d'immersion. Grace au guidage effectué par le Vinh-Long, la tourelle a néanmoins permis de reconnaître quelques morceaux de l'épave dont l'identification a pu être confirmée par la remontée eu surface de bulles de Kérosène. La dislocation de l'épave est considéré comme certaine. Au cours de plongées successives, on a pu constater que le morceau le plus important glissait progressivement vers le fond et s'enfouissait. C'est peut-être la raison pour laquelle la balise à ultrasons n'a plus été entendue à partir du 9 Septembre. Les éboulements vaseux et la visibilité nulle rendaient dangereuse la poursuite des investigations. Toutes tentatives de sortie de plongeurs pour récupérer les morceaux d'épave aperçus auraient comporté des risques inadmissibles en regard de l'intérêt qu'elles pouvaient présenter pour l'enquête. Il est a noter qu'à aucun moment la tourelle n'a pu apercevoir le corps d'une des victimes. Dans ces conditions, le ministre de la défense a décidé de mettre fin aux opérations menées par la Marine " (Cols Bleus n°1583-1979).

Décembre 1979, le Vinh-Long participe à des exercices de débarquement avec les légionnaires basés à Bonifacio en Corse.

Février 1980, le Vinh-Long part en mission de représentation à Tarragone en Espagne après avoir effectué une mission de levés de fonds au large du port de Fos-sur-Mer.

Juin 1981 : Le chasseur de mines Vinh-Long de la flottille de la Méditerranée, est rentré à Toulon après six mois à Djibouti et dans l'océan Indien au sein du groupe antimines constitué en Octobre 1980 (Cols Bleus n°1665-1981).

Du 11 novembre 1980 au 6 mai 1981, le Vinh-Long participe aux activités de la division anti-mines déployée en Océan Indien, au début du conflit Iran/Irak.

12 Novembre 1981 : Le CV Amand, commandant la flottille de Méditerranée, a fait reconnaître le CF Trabut-Cussac, comme nouveau commandant du chasseur de mines Vinh-Long et de la 33ème DICHAM, en remplacement du CF de Montaigne de Poncins (Cols Bleus n°1688-1981).

Du 12 novembre 1981 au 2 août 1982, le Vinh-Long est de nouveau affecté la division anti-mines de l'Océan Indien.

22 juin 1983 : Le Vinh-Long, dans le cadre de l'opération Bonaparte, une coopération entre la SOFRAS (SOciété FRançaise d'Archéologie Sous-marine) et la Marine Nationale, participe à la recherche des épaves de la flotte de Bonaparte à Aboukir.


L'équipe du GRAN à recherche l'épave du Patriote (1986 - Photo Max Guérout)
Du 15 au 23 mai 1986 : Le Vinh-Long et ses plongeurs participent une opération de recherche et de fouille archéologique de l'épave du Patriote à Alexandrie. Ce bâtiment marchand affrété en 1798 à l'occasion de l'expédition d'Egypte, transportait l'unité de fabrication d'hydrogène utilisée par la compagnie d'aérostiers et les instruments scientifiques des savants qui accompagnaient Bonaparte. Le soutien à la mer de l'opération a été assuré par le Vinh-Long, commandé par le CF Crespin de Billy, durant toute la campagne de fouille. Le 16 mai, le Vinh-Long appareille avec un pilote égyptien et mouille à 800 m au nord de la zone de fouille. Au programme : Balisage de la zone, étude des fonds par les plongeurs (EV1 Eychenne - Chef plongeur - PM Lefevbre, PM Ricou, SM Dellon, SM Oldani).
Le 17 mai, des amers visibles ayant été sélectionnés, la roche isolée est positionnée à l'aide du cercle hydrographique et balisée. Une vérification au sondeur confirme la présence d'un haut fond couvert de moins de 4 m d'eau à 10 m à l'ouest de la balise. Le point est baptisé Echo (E). L'extrémité ouest du banc El Fara est localisé de la même manière et balisé. Le sondeur indique un fond de 4 m. Ce point est baptisé Fox (F). Une première recherche circulaire est effectuée par 4 plongeurs sur le point E. De nombreux débris d'amphores sont observés ainsi qu'une ancre à jas moderne. (source : Max Guérout, Chef de mission Equipe de fouille du GRAN sur l'épave du Patriote pour le crédit photo.)

Le 25 juillet 1987, une force anti-mines est constituée, composée des chasseurs Vinh-Long, Cantho et Garigliano et qui passe sous le commandement de la Garonne du 17 au 31 août et qui devient le bâtiment de soutien du 35ème DIChAM. Le groupe fait une escale de ravitaillement à Augusta (20 août), un mouillage à Port Saïd (24 au 25 août), à Suez (25 au 26 août), avant d'arriver en Océan Indien. Le groupe anti-mines transite vers le détroit d'Ormuz (4 au 11 septembre). Opérant au sein de la TF623 du 12 septembre au 7 octobre, la force anti-mines fera escales à Khor Fakkan (28 au 29 septembre et 5 au 6 octobre). L'opération appelée Prométhée fut conduite dans le golfe d'Oman et golfe Persique de juillet 1987 à septembre 1988 pour protéger le trafic maritime lors du conflit Iran-Irak. Bâtiments engagés : Clemenceau, Duquesne, Suffren, Georges Leygues, Cdt Bory, Protet, Victor Schoelcher, Cantho, Garigliano, Vinh-Long, la Loire, la Garonne, la Marne, la Meuse, l'Aber Wrach.


Le Vinh-Long au bassin Castigneau lors de son dernier IPER (1985 - Photo Thierry Aubry).

Août 1987 : La dernière mission du Vinh-Long par le QM Timonier Thierry Aubry. « L'équipage fut rappelé pendant les congés du mois d'août 1987, trois semaines après le départ du groupe aéronaval formé autour du Clemenceau, dans le cadre du conflit Iran/Irak. Les forces iraniennes avaient mouillés des mines prés du détroit d'Ormuz et sur les mouillages pétrolier de Khor Alfakan se situant à l'entrée du golfe persique. Le groupe des chasseurs de mines fut constitué du Vinh-Long, du Cantho et du Garigliano, et du bâtiment de soutien Garonne rentré pour l'occasion de Martinique. Le but de la mission était de déminer en draguant certaines zones citées ci-dessus. Nous sommes partis direction le canal du Suez, et c'est dans le canal que la mission pour nous, a failli mal tournée. Je m'en souviens comme si c'était hier, le bateau est partis d'un seul coup sur tribord, tout le monde à la passerelle était très surpris, très rapidement l'homme de transmission d'ordre machine étant tétanisé, je l'ai bousculé pour mettre en arrière toute, puis stop (je parle bien sur des pas d'hélices). Nous avons pu reprendre notre place dans le convois. (il semblait que le pas d'hélice bâbord se soit emballé ; il serait partis en avant toute, pas + 7), ce qui a provoqué un virage à tribord).
Nous sommes tout de même arrivés à Djibouti. Puis nous en sommes repartis deux ou trois jours après, et la, dans la première nuit de transit vers le détroit Ormuz, en navigation en formation one (ligne de file) de nouveau les mêmes symptômes, le bateau est parti à droite mais la, le pas d'hélice était bloqué. Bref retour sur Djibouti. Nous somme arrivés à Djibouti le lendemain après midi. Là, se sont trois semaines d'attente, des experts hydrauliques (DCN) sont venus de Toulon pour tenté de réparer : la décision est prise, repartir pour Toulon.
Après un transit de plus de trois semaines, bien ballotté par une mer de fin septembre début octobre, nous arrivons à Toulon. Nous sommes resté au bassin tout le mois d'octobre, puis surprise nous sommes repartis à Djibouti. Le transit en mer rouge fut là aussi bien remuant. Mais plus de problèmes mécaniques. Nous sommes arrivés fin novembre 1987, est nous y sommes restés jusqu'à fin avril début mai 1988. Pendant notre séjour à Djibouti, nous avons fait divers exercices et de la surveillance du porte-avions depuis les îles de Maskali, et de nouveau pas mal de problèmes mécaniques (1 groupe électrogène hors service, problème de propulseur d'étrave...). Bref, nous n'avons jamais mis les pieds en mer Arabie ni dans le Golfe Persique. Nous sommes remontés à Toulon fin avril début mai. Quand nous avons franchi les passes de Toulon pour la dernière fois, nous avons mis la plus grande flamme de guerre. Nous avons désarmé ce fier navire en bois. Je dois avouer que je me souviens très bien de toutes ces péripéties, c'était ma première affectation et j'étais fier. Quand le commandant a annoncé pour la dernière fois " terminé barre et machine " nous nous sommes tous regardés dans la passerelle, je crois que nous avions tous un pincement au cœur, vraiment. C'était un bon bâtiment, un peu vieux, mais ils a rendu de bon service à la marine, malgré des conditions de vie pas évidentes, nous étions fier de le servir 
».

Le 9 novembre 1988, il est retiré du service actif.

Le 4 octobre 1992, le Vinh-Long sert de cible de tir, et il est coulé au large de Toulon.

(Anciens du Vinh-Long, vous souhaitez compléter cet historique, n'hésitez pas à écrire à Michel Guignard : )


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