Histoire du pétrolier Papenoo
Construit par le chantier norvégiens Trosik Verkstad Brevek et lancé en 1969 sous le nom de Bow Queen, ce pétrolier caboteur est acheté par la Marine nationale en 1971, avec son sistership, la Punaruu. Le marché est signé le 20 septembre 1971.
Le 6 octobre, l'amiral de Joybert propose de baptiser les deux unités de noms de rivières polynésiennes, la Papenoo et la Punaruu, mais ne voulant pas imposer son choix au ministre, il propose également des noms plus traditionnels comme Aulne, Var, Elorn, Aude, Vire et Orne. Le ministre accepte les noms tahitiens par décision du 13 octobre 1971. Le pétrolier Bow Queen appareille de Brest le 4 octobre 1971, sous pavillon norvégien, et mouille à Papeete (Tahiti) le 6 novembre. Il a encore une belle robe rouge à son arrivée. Le transfert sous pavillon français s'effectue peu après, le 9 novembre, en présence du contre-amiral Laure, commandant supérieur des Forces Armées de la Polynésie française et du CEP. Le même jour, le bâtiment est damis au service actif.
Le bâtiment
est rebaptisé Papenoo (en tahitien "Maison
des eaux"), du nom de la rivière au nord de Tahiti. Le lieutenant
de vaisseau Le pétrolier appareille de Papeete pour une mission de ravitaillement des sites le 18 janvier 1972, il passe à Hao et Mururoa et revient à Papeete le 27 janvier. Il repart de Papeete le 17 février 1972, est à Hao du 19 au 21 février, à Mururoa les 22 et 23 février et rentre à Papeete le 25 février. Il fait une rotation sur Hao du 10 au 15 mars puis une rotation Papeete, Hao, Mururoa, Papeete du 31 mai au 6 juin 1972.
Le 5 octobre 1979,
un incendie se déclenche à bord, alors que le navire était
en train de faire le plein de carburant au quai des pétroliers. Les rotations entre Papeete et les différents atolls de Polynésie vont se poursuivre pendant dix ans, coupées de période d'entretien à Papeete. En octobre 1980,
après un carénage de trois mois, la Papenoo
rend visite à Uturoa (Raiatea) avec La
Paimpolaise. Le pétrolier est alors commandé par le lieutenant
de vaisseau La Papenoo, avant de reprendre ses habituelles missions de ravitaillement entre Hao et Mururoa, effectue le mois suivant un exercice interarmées "Atuoana 80" aux Marquises, auquel participent également l'Orage, l'EDIC 9082, La Lorientaise et une Alouette III de la 12S. Le 6 janvier 1981,
le contre-amiral Choupin, commandant supérieur des forces armées
en Polynésie, fait reconnaître le capitaine de corvette
Une escale à Raiatea a lieu en mars 1981, dans le cadre d'un nouvel exercice interarmées qui réunit les aviso-escorteurs Balny, Enseigne de vaisseau Henry et Protet, le patrouilleur La Combattante, La Paimpolaise et la Papenoo. Le 23 mai 1981,
une opération de recherche est lancée, pour retrouver un speed
boat perdu en mer entre Anaa et Faiate (Tuamotu) avec quatre personnes à
bord. Un premier exercice de lutte contre la pollution maritime a lieu le 20 avril 1982. La Papenoo simule les actions d'un pétrolier dont les soutes laissent échapper du fuel lourd à quelques nautiques des passes de Papeete. Il sera remorqué par l'Aito pendant que La Lorientaise traitera la nappe fictive.
En juin 1982, le
capitaine de corvette La Papenoo avait été mise en alerte le 19 pour rejoindre le Commandant Bory dans sa mission d'assistance méteo. Sur les atolls de Aki Aki Nukutavake et Vairaatea, il débarque deux tonnes et demi de vivres et plus de 500 litres d'eau. Le médecin du BDC Trieux, embarqué pour cette occasion donne des dizaine de consultations. La mission d'évacuation des sinistrés de Marutea ne s'effectue pas sans difficultés : des vents de plus 50 km/h et des creux de 5 à 6 mètres rendent le lagon trés agité. Une mission précédente avait permis de secourir de nombreuses personnes dans les Tuamotu de l'Ouest après le passage du cyclone Veena. En octobre 1984, le bâtiment participe à des manoeuvres navales, au large des Iles du Vent, en compagnie des avisos-escorteurs Commandant Bory, Doudart de Lagrée, EV Henry et du patrouilleur La Lorientaise. Le 30 mai 1985,
quarante écoliers de Paea embarque sur la Papenoo
pour une sortie éducative d'une journée à Moorea. La bâtiment
est alors commandé par le capitaine de corvette Partie de Papeete
le 24 juillet 1985, le pétrolier retrouve le 4 août le Commandant
Bory en plein Pacifique, à mi-distance entre Tahiti et le cap
Horn, pour un ravitaillement à la mer. Le 7, il arrive à Pitcairn
pour une escale de quelques jours avant de regagner Tahiti.
En 1986, une mission de trois semaines au Samoa lui permet également de sortir un peu de la monotonie des aller-retours vers Hao et Mururoa. Après quatre mois d'IPER à Papeete, il appareille le 15 mars 1986 et fait escale à Pago-Pago. Quittant le 23 mars, le centre administratif des Samoa américaines, il se dirige alors vers Apia, capitale des Samoa occidentales, où il relâche quelques jours. Il retrouve peu après l'EV Henry au nord des îles Samoa pour le ravitailler sur son transit retour vers Tahiti. Après une dernière escale à Bora-Bora, le bâtiment retrouve la base de Fare Ute. Du 13 au 25 juin 1986, la Papenoo participe à un exercice interarmée Matirea, aux Marquises, avec l'EV Henry, le Trieux et le Dumont d'Urville, une Alouette III et un Gardian de la 12S. Le 10 février
1987, le CV Pichevin, commandant la Marine à Tahiti, fait reconnaître
à l'équipage le lieutenant de vaisseau En août 1988,
sur invitation de la municipalité de Papenoo,
une délégation de l'équipage mené par le lieutenant
de vaisseau
Le 26 juin 1989,
le capitaine de corvette Gelinet cède avec émotion son commandement
au lieutenant de vaisseau Début juillet
1990, le lieutenant de vaisseau Le 29 juin 1991,
c'est au tour du lieutenant de vaisseau A cette époque, une nouvelle mascotte, un chien nommé Gepetto est à bord. Le LV Bertin sera le dernier commandant de la Papenoo,
Le dernier envoi des couleurs a lieu, le 2 juillet 1992, et le bâtiment est désarmé le 17 juillet. Condamné le 4 mars 1994, l'ex Papenoo devenu simple coque, prend le numéro de désarmement Q700. Le 23 janvier 1996, la coque est remorquée par le Centaure dans le nord de Papeete, où elle est coulée comme cible de tir. N'hésitez
pas à nous envoyer photos et témoignages pour compléter
cet historique : (Texte Jean-Michel Roche pour Net-Marine 2004 - Sources : La Dépêche 1971-1994 ; Les pétroliers ravitailleurs par Jean Moulin et Patrick Maurand, Marines Editions 2003 - Photos La Dépêche/Marine nationale)
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