La genèse des dragueurs de mines modernes
![]() Le dragueur type YMS Amarante (Photo Serge Pelois) |
La France
ne disposant plus de dragueurs modernes, les alliés prennent en charge
son rééquipement progressif permettant la constitution et la formation des équipages.
Deux principaux types d'unités sont fournis :
- 31 dragueurs américians de type YMS;
- 22 dragueurs anglais de type MMS.
Les opérations de dragage le long des côtes de France suivant l'avance des troupes au sol, des dragueurs Allemands type M35 et M40 récupérés en bon état viennent renforcer les moyens fournis par les Alliés.
Après un travail titanesque, le dragage classique est globalement terminé fin 1947 même si deux décennies seront encore nécessaires pour achever le déminage. Constructions urgentes du temps de guerre, beaucoup d'unités sont condamnées ou restituées au pays donateur à l'exception des dragueurs de type YMS utilisés en Indochine.
![]() Dragueur type MSC60 Renoncule (date inconnue - photo DCN Toulon) |
Arme du
pauvre, la mine peut rapidement perturber le trafic maritime, essentiel aux
échanges commerciaux. L'après-guerre est une période de tension et d'affrontements
indirects entre les puissances occidentales et le bloc communiste. Les Etats-Unis
financent la construction de dragueurs pour leurs besoins propres et les principales
marines occidentales. La Marine Nationale reçoit 101 unités :
- 15 dragueurs océaniques de 700 tonnes MSO (Mine Sweeper Oceanic) construits
aux USA;
- 30 dragueurs côtiers MSC 60 (Mine Sweeper Coastal) également fabriqués outre-atlantique
;
- 6 dragueurs côtiers AMC construits au Canada compensant l'annulation du transfert
de 6 MSC 60 supplémentaires ;
- 15 dragueurs de petits fonds MSI (Mine Sweeper Inshore) attribués par la Grande-Bretagne.
A ces transferts, il faut ajouter les 34 unités de type D construites dans les chantiers Français sur financement Américain. Le Mercure, resté à l'état de prototype dans la Marine Nationale mais vendu à 6 exemplaires à la Bundesmarine, clôt définitivement la série.
L'âge
d'or des dragueurs s'achève au milieu des années 60 avec les dernières grandes
opérations de déminage. Les sonars deviennent performants et les
premiers chasseurs de mines type Circé
entrent en service. Ils connaissent ainsi des sorts bien différents :
- désarmés, condamnés et restitués aux Etats-Unis ou démolis ;
- mis sous cocon au sein des GDCM (Groupes de dragueurs en Complément de Mobilisation).
Maintenu en état de fonctionnement, ils peuvent être réarmés par du personnel
d'active ou de réserve ;
- reconvertis en navires auxiliaires pour les besoins des écoles, des bases
et des expérimentations ;
- reclassés patrouilleurs et stationnés en métropole et outre-mer ;
- Reconvertis intégralement ou partiellement en chasseurs de mines.
![]() Dragueur type D Etoile Polaire transformé en patrouilleur et stationné en Océan Indien (30 août 1980 - Photo Marine Nationale) |
En 1973, la Gendarmerie Maritime, formation spécialisée de la Gendarmerie Nationale, connaît une évolution majeure : elle arme son premier grand patrouilleur, le Géranium. 5 dragueurs de petits fonds type MSI inemployés, sont ainsi transférés par la Marine Nationale de 1973 à 1977. Transformés en patrouilleurs et mis pour emploi auprès des préfets maritimes ils sont affectés en Manche, Atlantique et Méditerranée.
Ils restent en service une dizaine d'année avant d'être remplacés par La Combattante et 4 PATRAS type Trident. Ils permettent à la Gendarmerie Maritime de s'amariner et de préparer son expansion actuelle!