L'histoire du patrouilleur Albatros (1995-...)
1995 : Amitié franco-ukrainienne - Evacuation sanitaire
L'année commence par une 30ème patrouille TAAF du 10 janvier au 22 février, entrecoupée par un passage à La Réunion (2 au 5 février) et marquée par un soutien accru à l'administration des TAAF. En effet, les scientifiques qui sont basés toute l'année dans les TAAF étaient jusqu'ici principalement soutenus par un bâtiment armé par le ministère de l'équipement : le Marion Dufresne. Mais celui-ci commence à se faire vieux. En raison de la mise en service d'un nouveau bâtiment, le Marion Dufresne II, et du désarmement de son prédécesseur (le Marion Dufresne), les patrouilles de l'Albatros au cours de l'année 1995 seront marquées par une augmentation sensible du transport de fret et de personnel au profit des TAAF (27 personnes, 30 tonnes de matériel et 157 sacs de courrier).
![]() 1995 : Le CF Bruno Julien de Zélicourt, commandant le patrouilleur Albatros, avec le capitaine du palangrier ukrainien Pantikapey. |
De retour au port base, un passage au bassin à Antsiranana (Madagascar - 13 au 24 mars) précède une PEI (27 mars au 19 avril) et un entraînement avec le patrouilleur La Rieuse (20 avril), avant de repartir pour une 31ème patrouille TAAF du 21 avril au 29 mai. Un entraînement est réalisé durant la présence de la frégate Floréal à Crozet puis aux Kerguelen au mois de mai.
Alors que le bâtiment
est en IPER (6 juin au 7 août) à Port-des-Galets, le
capitaine
de frégate Bruno Julien de Zélicourt en prend le commandement
le 19 juillet. Après un entraînement avec le Bâtiment de
Soutien Mobile BSM Rhin le 10 août, rejoint par le Champlain
et La Rieusee les 13 et 14 septembre,
il débute la 32ème patrouille TAAF
le 13 octobre.
L'augmentation des liaisons effectuées par le Marion Dufresne II réduit considérablement le concours de l'Albatros pendant les patrouilles aux Terres Australes en matière de transport de fret et de personnel. Le patrouilleur efffectuera néanmoins la visite du palangrier Viking Honfleur, un sondage océanographique pour le SHOM et l'ORSTOM, une assistance médicale aux palangriers ukraniens, et l'évacuation sanitaire vers La Réunion d'un marin du Kerguelen de Tremarec, Michel Leduc, victime d'un sérieux malaise. L'Albatros est de retour à La Réunion le au 21 novembre, et entre en période d'entretien et réparations (30 novembre au 22 février 1996).
![]() Le capitaine du Ying Mao Hsiang signe le procès-verbal de saisie du navire, en présence du commandant de l'Albatros (mars 1996). |
L'année 1996 marque le retour des pirates dans les filets de l'Albatros. En effet, lors de la 33ème patrouille TAAF (22 février au 28 mars), le 19 mars, alors qu'il se trouve dans la ZEE d'Amsterdam, le patrouilleur détecte un contrevenant battant pavillon taiwanais le Ying Mao Hsiang. Le palangrier, qui avait appareillé le 7 mars de l'île Maurice, est arraisonné malgré des conditions météo excécrables. Du poisson fraichement pêché se trouve dans les cales et des appâts sur le pont.
![]() Le palangrier pirate taiwanais Ying Mao Hsiang est ramené à La Réunion, sous l'oeil vigilant de l'Albatros (mars 1996). |
Le bâtiment est ramené à Port-des-Galets où les 24 membres d'équipage, parmi lesquels des Chinois, des Philippins et des Taiwanais sont consignés à bord, tandis que Thang Shang Cheng, le capitaine, est entendu par la gendarmerie maritime. Il est condamné le 3 avril par le tribunal correctionnel de Saint Denis à une amende de 15 000F (!), la confiscation du matériel de pêche et de sa cargaison de 182 thons (une tonne et demie). Ce qui est fort peu, comparé au 5000 à 6000 F qu'aura couté l'immobilisation à quai du Ying Mao Hsiang pendant un mois. Le palangrier pourra tout de même appareiller pour rejoindre sa base mauricienne.
Une escale de routine à Port Louis (Maurice - 2 au 8 avril) précède une PEI (10 avril au 14 mai), puis une inspection générale le 15 mai. L'Albatros, qui doit, comme en 1990, effectuer une longue période d'entretien en Métropole, quitte La Réunion le 12 juin, fait escale à Capetown (Afrique du Sud - 21 au 26 juin), Dakar (10 au 16 juillet), pour arriver à Lorient le 28 juillet, date à laquelle il entre en IPER. Cette période comprend un passage au bassin du 30 septembre au 16 décembre.
1997 : Les amendes pleuvent
Le 7 février
à Lorient, a lieu la prise de commandement du
capitaine
de frégate Bernard Paulus. L'IPER se termine le 5 mars, l'Albatros
transitant à l'issue vers Toulon (21 au 24 mars), où il effectue
un stage de remise en condition, avec le soutien de la division "entraînement"
de l'état-major de la Force d'Action
Navale.
Reprenant la route de l'océan Indien, le patrouilleur fait halte à Port Saïd (Egypte - 30 mars), passe le canal de Suez le 31 mars, puis Djibouti (4 au 7 avril) et Port Victoria (Seychelles - 14 au 17 avril). Il arrive à La Réunion le 21 avril, où il est en inspection générale le 28 avril.
![]() Le patrouilleur austral Albatros à Crozet (1997). |
Pendant l'IPER de l'Albatros, la surveillance des TAAF avait été confié à d'autres bâtiments. Ceux là non plus ne reviendront pas bredouilles. Le 31 mars, le Ventôse intercepte dans la ZEE de Crozet, à 50 km au nord-est de l'île de la Possession, le Belgié III, palangrier singapourien avec dans ses cales deux tonnes de légines. Son capitaine est condamné le 29 avril à 400 000 francs d'amende, confiscation des engins de pêche et de la cargaison (d'un montant de 60000 francs) et plus 50000 francs alloué au comité des pêches de La Réunion. Le Ventôse récidive le 19 avril, en interceptant le Mar Largo, également à Crozet. Même condamnation que pour le Belgié III. Le 6 mai, c'est le remorqueur de haute mer Centaure qui ramène à La Réunion le palangrier argentin Kinsho Maru avec dans ses cales une quarantaine de tonnes de légines.
Prenant le relais alors qu'il vient à peine d'arriver sur La Réunion, l'Albatros effectue une 34ème patrouille TAAF à partir du 5 mai, mais revient hélas bredouille le 6 juin, alors qu'il entre en période de permissions suivies de PEI (7 juin au 1er août), puis, reprenant la route du sud, une 35ème patrouille TAAF du 2 au 24 août, où cette fois, il repère deux bateaux dans les eaux de Crozet, l'Antartico et le Merced. Il escorte le premier à la limite de la ZEE, tandis que le second lui échappe. Le patrouilleur est en PEI du 29 août au 26 septembre.
![]() Le 7 octobre, l'Albatros arraisonne l'Arbumasa XXV, un palangrier de 58 m de long, battant pavillon de Belize. |
La 36ème patrouille TAAF à partir du 28 septembre sera plus fructueuse. Le 6 octobre, dans la ZEE des îles Kerguelen, il intercepte le Cindy, battant pavillon du Vanuatu, mais le temps est trop mauvais pour envoyer une équipe de visite. Le lendemain 7 octobre, l'Albatros arraisonne l'Arbumasa XXV, un palangrier de 58 m de long, battant pavillon de Belize mais armé par un équipage argentin. le temps est redevenu assez calme (tout est relatif !) pour envoyer une équipe de visite : 8 commandos et 8 membres d'équipage sous les ordres du lieutenant de vaisseau Germain. Le capitaine Ramon Ferreira Gomez, de nationalité espagnole et ses 43 hommes d'équipage ne se montreront pas particulièrement coopératif. Cette dernière interception met en lumière les nouvelles tactiques des pillards pour échapper à l'identification. : aucun nom sur la coque (même sur certaines bouées le nom du navire a été effacé), faux journal de navigation, journal de pêche dissimulé. Le bateau est ramené le 15 octobre à La Réunion. L'équipage aura bien mérité un peu de repos au cours d'une escale à Tamatave (Madagascar - 20 au 24 novembre).
![]() Alors que l'Albatros est en entretien, c'est au tour du Floréal de jouer les gendarmes des TAAF. |
Alors que l'Albatros est en PEI/Permissions (21 novembre au 4 janvier 1998), c'est au tour du Floréal de jouer les gendarmes des TAAF. Le 4 décembre, son hélicoptère Panther repère un navire suspect battant pavillon argentin, le Magallanes I. L'équipe de visite qui est envoyé à bord découvre des preuves suffisantes pour arraisonner le palangrier qui sera ramené à La Réunion le 15 décembre. Le Magallanes I appartient à la société Argenova, filiale de l'armement espagnol Pescanova.
Ce palangrier sera le premier à tomber sous le coup des nouvelles dispositions de la loi sur la pêche illégale dans les TAAF et adoptée le 24 septembre par l'Assemblée Nationale. Les amendes sont plus dissuasives. L'armateur devra ainsi débourser 3 millions de francs de caution pour permettre à son navire de quitter La Réunion (50 millions avait été demandés), le 12 janvier 1998, et rallier Port Louis. Sa pêche est vendu aux enchères, c'est le même armateur argentin qui la rachète (!) via une société réunionnaise pour environ 3,7 millions de francs.
![]() Le 13 janvier, l'Albatros arraisonne le Praia Do Restelo, un palangrier avec à son bord plus de 200 tonnes de légines. |
Début 1998, le PDG de la SAPMER, principal armateur réunionnais déclarait : "Nous savons qu'il y a près d'une centaine de bateaux pirates opérant dans les TAAF". L'année promettait d'être chaude !
L'Albatros quitte La Réunion le 7 janvier, pour une 37ème patrouille TAAF. Le 13 janvier, il arraisonne le Praia Do Restelo, un palangrier appartenant à une firme sud-africaine, et battant pavillon portugais.
![]() Première interception de l'année pour l'Albatros : L'enquête permet de débusquer, derrière la firme sud-africaine Aluship, en fait une simple boîte aux lettres, l'armement portuguais Pesca Conga. |
A son bord, plus de 200 tonnes de légines : un record ! Escorté par le patrouilleur jusqu'à 200 nautiques de La Réunion, le Praia Do Restelo est pris en charge par le patrouilleur de gendarmerie Jonquille, puis ramené à Port-des-Galets le 22 janvier. La technique de camouflage du nom du navire, inaugurée par l'Arbumasa XXV, est un peu plus grossière : une simple couche de peinture noire. Aucune inscription n'apparaît sur les bouées. L'équipage est composé de Namibiens, de sud-africains et de Mauriciens ; le capitaine est portuguais. L'enquête permet de débusquer, derrière la firme sud-africaine Aluship, en fait une simple boîte aux lettres, l'armement portuguais Pesca Conga. Le tribunal d'instance de Saint Paul de La Réunion fixera à 50 millions de francs la caution pour la levée de la saisie du navire.
![]() Le Mar del Sur II : Là aussi, derrière le folklore des pavillons de complaisance, ce sont bien des armateurs européens qui mènent la danse. |
![]() Montée en force de l'équipe de visite à bord du Suma Tuna (avril 1998). |
A peine le temps d'une PEI (23 février au 20 mars), et l'Albatros repart pour une 38ème patrouille TAAF le 23 mars. Le 1er avril, il arraisonne le Suma Tuna, palangrier contrevenant dans la ZEE Kerguelen (pas plus d'infos sur cet arraisonnement) . La patrouille se prolongera par une escale à Port Louis (Maurice - 29 avril au 6 mai). Pas faché de faire une pause après ce début d'année mouvementée, l'Albatros entre en IPER du 13 mai au 29 juillet à La Réunion, et passe le témoin au Floréal. Celui-ci arraisone le 21 juin le Golden Eagle dans la ZEE des Kerguelen, palangrier qui est ramené à La Réunion le 7 juillet, avec dans ses cales une vingtaine de tonnes de légines.
Un entraînement
avec La Rieuse du 4 au 5 août
fait office de mise en jambe au sortir de l'IPER. Le 7 août a lieu la
prise de commandement du
capitaine
de frégate Henri Leclerc.
![]() Escortés par l'Albatros, les 2 palangriers pirates sont ramenés à La Réunion le 14 septembre. |
L'intervention se fait en douceur, un marin de l'Albatros déclarera "Ils nous donné l'impression d'être des élèves pris en faute par leur instituteur". Si les deux armements des navires sont domiciliés à Punta-Arenas, les navires, commandés par des capitaines chiliens, sont eux basés une fois de plus à Maurice. L'Antonio Lorenzo renferme dans ses cales plus de 100 tonnes de légines. Escortés par l'Albatros, les 2 palangriers pirates sont ramenés à La Réunion le 14 septembre.
L'Antonio Lorenzo sera peu après remorqué jusqu'à la Pointe des Chateaux puis rempli d'eau (sa coque percé en 6 endroits) et coulé par 35 m de fond. Il servira de site artificiel pour les plongeurs. Les arraisonnements sont longuement commentés dans la presse réunionnaise, brestoise et même chilienne. Ce double arraisonnement a peut-être été la cause de la démission du ministre de la pêche chilien.
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| Le capitaine de l'Ercilla déclare ne pas pêcher mais simplement faire de la prospection scientifique...avec plus de 125 tonnes de légine à bord dont une partie pas même encore congelée. Un bref interrogatoire à la passerelle et l'ouverture de la chambre froide l'ont confondu rapidement. | |||
A Port-des-Galets, s'entassent encore trop de navires arraisonnés au large des Terres Australes, et que leurs armateurs ne veulent par récupérer. Certains sont tellement rongés par la rouille qu'ils menacent de couler dans le bassin.
![]() L'Antonio Lorenzo sera remorqué jusqu'à la Pointe des Chateaux puis rempli d'eau (sa coque percé en 6 endroits) et coulé par 35 m de fond. |
Fait divers le 25 septembre, le chalutier français Austral, en pêche dans la zone des Kerguelen, est agressé par un navire pirate. Celui-ci tourne autour de l'Austral en laissant traîner un filin d'acier, d'en l'espoir de l'entraîner dans les hélices du chalutier. Une manoeuvre habile du capitaine de l'Austral permet d'éviter le pire. La Marine nationale, par la voix du capitaine de vaisseau Bertrand Degoy, commandant la Marine à La Réunion, s'interroge si les bateaux pirates ont décidé de passer à l'offensive ou si il s'agit " d'un geste inconsidéré " et isolé.
A la mi-octobre, alors que l'Albatros est en PEI (28 septembre au 30 octobre), le Floréal retrouve en ZEE Kerguelen le Mar del Sur II, toujours en pêche illégale ! L'arraisonnement du mois de janvier ne l'a pas apparemment calmé. Un autre palangrier le Vieirasa II est également arraisonné.. Alors que les 3 bâtiment mettent le cap vers La Réunion, le Mar del Sur II reçoit un appel de détresse du Mar del Sur I, à la dérive sans propulsion (avec à son bord...hum... 23 tonnes de légines pêchées en toute illégalité). A son bord, l'équipage est proche de la mutinerie, car son capitaine avait dans un premier temps refusé d'envoyer un appel de détresse. Le Mar del Sur I sera pris en remorque par le Floréal, et c'est un convoi de 4 bâtiments qui entre au Port-des-Galets le 29 octobre. La 40ème patrouille TAAF de l'Albatros sera néanmoins plus calme (31 octobre au 4 décembre). Le patrouilleur est en PEI/IA du 7 décembre au 29 février 1999.
![]() 1998 : Le CF Henri Leclerc, commandant l'Albatros. |
L'Albatros reprend la mer sur alerte cyclonique du 9 au 11 mars, puis enchaîne par une 41ème patrouille TAAF du 28 mars au 4 avril. De retour au port, il quitte La Réunion le 5 mai pour un mouillage à Tromelin (7 mai), puis un passage au bassin à Antsiranana (10 au 21 mai). Il rentre à Port-des-Galets le le 24 mai.
Les relations avec la ville marraine avaient été quelques peu oublié ces dernières années. Il est vrai que le conseil municipal de Saint Denis avait été emporté dans une tourmente judiciaire, et ne répondait plus aux diverses invitations que les commandants précédents avaient formulé. Une nouvelle équipe étant en place, il était temps de renouer des liens. Ainsi pour fêter les 15 ans de présence de l'Albatros à La Réunion, un diner de 150 personnes est organisé à bord avec l'équipe du conseil municipal de Saint Denis (ville marraine), des représentants de l'administration des TAAF, et des élèves et enseignants des lycées et collèges de Saint Denis.
Les pirates deviendraient-ils prudents ? La fin d'année sera moins mouvementée que la précédente : une 42ème patrouille TAAF du 18 juin au 11 août, suivie d'une période d'indisponibilité pour entretien (16 août au 8 novembre), puis une 43ème patrouille TAAF du 10 novembre au 4 décembre, suivie d'une période d'indisponibilité accidentelle (4 décembre au 10 janvier). Pendant cette période de réparations, la chaîne de télévision britannique BBC s'intéresse aux missions de l'Albatros, et vient réaliser un reportage et une interview du commandant à bord.
![]() 2000 : Le CF Gérard Bosch, commandant l'Albatros. |
2000 : Une interception par des creux de 5 mètres
L'année
débute par une 44ème patrouille TAAF
du 18 janvier au 21 février, suivie d'une escale à Maurice (21
au 25 février). Le 3 mars le
capitaine
de frégate Gérard Bosch prend le commandement du bâtiment,
alors en indisponibilité pour entretien (28 février au 12 avril).
Le premier semestre sera marqué par une 45ème patrouille TAAF du 13 avril au 12 mai, suivie d'une inspection générale à la mer puis à quai (12 puis 18 mai). Une 46ème patrouille TAAF du 30 mai au 23 juin, se termine par l'évacuation sanitaire d'un blessé grave des TAAF vers la Réunion (16 au 23 juin). Natacha Hochman, photographe indépendante, et auteur de l'ouvrage "Kerguelen, l'archipel de l'Albatros" (Marine éditions - mai 2003) embarquera à cette occasion, ainsi que l'année suivante pour la 49ème patrouille.
Reprenant la mer après une période de PEI (3 juillet au 8 août) et les permissions d'été, l'Albatros effectue une 47ème patrouille TAAF du 9 août au 23 septembre. Cette patrouille se conclue fin septembre, par la visite et l'expulsion de la ZEE des îles Saint-Paul et Amsterdam du palangrier Sameera Punta 2 battant pavillon du Sri-Lanka.
Alors que l'Albatros est en indisponibilité pour entretien (25 septembre au 8 décembre), les pirates continuent leur trafic. C'est au tour du Floréal d'arrraisoner dans la ZEE Kerguelen, le Monte Confurco et le Castor, des palangriers battant pavillon des Seychelles. Interceptions délicate par -2°C et des creux de 5 mètres : les hommes de l'équipe de visite seront hélitreuillé sur le navire pirate. A son bord 39 hommes d'équipage majoritairement espagnol, et 158 tonnes de légines congelées. Il est ramené à La Réunion le 19 novembre. Le 15 décembre, l'Albatros accueille à la mer le chef d'état-major des armées, le général Kelche. L'Albatros prend le relais en fin d'année pour une 48ème patrouille TAAF du 29 décembre au 10 février 2001. La présence de l'Albatros dans le sud de l'Océan Indien est mise à profit pour porter un éventuel secours aux concurrents des courses de voiliers "Vendée Globe" et "The Race".
![]() L'Albatros est de retour à Brest pour y subir une longue période d'entretien. |
L'équipage a droit à une période de permissions bien méritée, après avoir passé les fêtes de fin d'année dans le froid des Terres Australes (PEI/Permissions - 12 février au 8 mai), et avant de repartir, le 14 mai, pour une 49ème patrouille TAAF, qui est précédée par une escale à Port Victoria (Seychelles - 18 au 23 mai). Le bâtiment est de retour au port base le 19 juin.
Il est alors temps pour l'Albatros de reprendre le chemin de la Métropole pour y subir une IPER. Il quitte La Réunion le 15 juillet, fait escale au Cap (Afrique du Sud - 23 au 27 juillet), Dakar (8 au 10 août), Santa Cruz de Tenerife (Canaries - 14 au 18 août), et arrive à Brest le 24 août.
Le 29 août,
l'équipage accueille son nouveau commandant, le
capitaine
de frégate Bertrand Lesort. Depuis sa mise en service, l'Albatros
vient pour la première fois à Brest pour réparations. L'intégralité de sa coque
est inspectée et son système de propulsion entièrement révisé. Des nouveaux
instruments de mesure sont installés pour améliorer ses performances dans ses
missions de patrouille de police, de surveillance des pêches et d'assistance
médicale.
![]() Fait inhabituel, le chantier d'entretien de l'Albatros doit se poursuivre au port de commerce de Brest. |
Fait inhabituel, et pour cause de réparation non programmée de la Jeanne d'Arc, le chantier d'entretien de l'Albatros doit se poursuivre au port de commerce de Brest, à la forme de radoub 1. Le patrouilleur, en IPER au bassin 4 en fond de Penfeld depuis début septembre, quitte le bassin le 5 novembre, et céde sa place à la Jeanne d'Arc pour 3 semaines de travaux. Le patrouilleur austral quitte alors le port militaire le 14 novembre, pour rejoindre la forme une du port de commerce. Cette solution originale avait déjà été utilisé, il y a 30 ans. C'était alors le Clemenceau que le port de commerce avait accueilli. Après un mois en cale sèche au port de commerce, le patrouilleur revient le 17 décembre au bassin 4 de l'arsenal.
2002 : Fin d'IPER - Retour aux TAAF - Interception musclée
Les travaux se poursuivent jusqu'en mars, et, à l'issue de son grand carénage, le patrouilleur austral quitte Brest le 26 avril. Il transit alors en océan Atlantique, fait escale à Porto, Las Palmas, Dakar, Saint Hélène, et Simon's Town.
![]() L'Eternal tentera d'aborder l'Albatros lors d'une manoeuvre. |
Un exploit original a lieu lors d'une patrouille suivante : 300 km à la rame, 800 km à vélo, c'est le défi qu'a relevé l'équipage de l'Albatros pour l'édition 2002 du Téléthon. Particularité de la démarche, c'est en mer dans des creux de 7 à 8 mètres que l'objectif fixé à été atteind par une bonne trentaine de marins, en moins de 24h00.
2003 : Adieu au BSM Garonne
En avril, le préfet de la Réunion, M. Gonthier Friederici, le député-maire de la ville de Saint Denis, René-Paul Victoria, et le général de division Roger Duburg, Comsup Faszoi, ont été reçus à bord de l’Albatros par le CV Louis-Claude Chailleux, Comar la Réunion, et le CF Bertrand Lesort, commandant le patrouilleur austral. Le préfet et délégué du gouvernement pour l’AEM a félicité l’équipage pour les nombreuses opérations menées au cours de cette année riche en navigation, dont le point d'orgue a été le déroutement du palangrier illicite Eternal en juillet 2002.
Début octobre, les frégates Nivôse et Floréal, le patrouilleur austral Albatros, le Batral La Grandière, les patrouilleurs La Boudeuse et La Rieuse, et le patrouilleur de gendarmerie Jonquille ont effectué leur stage Méco sous la tutelle de la division "Entraînement" de la Fan et des 26 entraîneurs détachés à La Réunion pour la circonstance. Au cours de ce stage de deux semaines, la coque de l’ex bâtiment de soutien mobile Garonne a été coulée. Le bâtiment avait été au préalable désarmé à la Réunion après transfert de ses ateliers à la base navale de Port-des-Galets. Le 9 octobre, après avoir été remorquée au large par le remorqueur-ravitailleur Rari, la Garonne est touchée par des tirs de missiles MM38, et des tirs d’artillerie. Trop endommagée, la coque a été achevée par le GPD (Groupe des Plongeurs Démineurs) de Cherbourg.
2004 : L'Apache joue au cow-boy
Le 3 février, l’Albatros, en mission proche des Kerguelen, détecte un navire de pêche qui navigue sans pavillon ni marque distinctive. C’est avec réticence, qu’à la troisième interrogation, le pêcheur a fini par décliner son identité. Il s’agit du Sherpa Uno, battant pavillon uruguayen, avec 35 personnes à bord. Il venait de changer de peinture de coque ce qui a rendu plus difficile sont identification. Le navire qui est en dehors de la ZEE ne peut être arraisonné et détourné.
Le 17 juin, l’Albatros, accroche un écho naviguant dans la zone économique exclusive australienne des îles Heard et McDonald. Le bâtiment, s’aperçevant qu’il a été repéré, met cap au nord et entre dans la ZEE des Kerguelen. Les mauvaises conditions météorologiques et une mer démontée ne permettent pas son interception. Le 21, le pirate est à nouveau “accroché”. Il refuse la venue à son bord d’une équipe de visite. Le 23, l’Albatros est en vue de celui qui est identifié comme étant l’Apache, l’une de ses nombreuses identités. Le capitaine fait toujours preuve de mauvaise volonté et le préfet de la Réunion autorise le patrouilleur à effectuer des tirs de semonce. L’Apache, battant pavillon du Honduras, obtempère à l’ordre de stopper. A bord, 40 hommes d’équipage et, dans les cales, 60 tonnes de légine illicitement pêchée sont découverts par l’équipe de visite. Escorté par l’Albatros, le pirate est contraint de mettre le cap sur la Réunion où il arrive le 1er juillet. L’interception de l’Apache est le résultat d’une coopération étroite entre l’Afrique du Sud et la France, des contrôleurs de pêche sud-africains avaient été embarqués près de l’île Marion. Le chef de l’État, Jacques Chirac, adressera le 29 juin, ses félicitations au commandant et à l’équipage de l’Albatros, après l’arraisonnement de l’Apache.
2005 : Evacuation sanitaire - 4 tonnes de requins sur le New-Fortune
Le 3 mai un marin indonésien qui effectuait une campagne de pêche à bord du Bouzon, un navire seychellois, est grièvement mordu à la cuisse par un requin au large de Madagascar. L’homme souffre d’une forte hémorragie qui peut se révéler mortelle. La Boudeuse, envoyé sur place avec un médecin et un infirmier prend en charge le blessé le lendemain. Puis le patrouilleur fait route vers l’Albatros où le blessé est transféré pour y être opéré. Le convoi repart vers la Réunion où il arrive le 6 mai.
Le 24 mai, au cours d’un transit, l'Albatros repère un palangrier de 21 mètres, le New Fortune, à l’Est du banc du Geyser, dans la zone économique exclusive des Glorieuses. Devant l’incohérence des déclarations du capitaine, une équipe de visite est envoyé à bord et découvre quatre tonnes de requins, de thons, ainsi que diverses espèces pélagiques. Le palangrier, armé par un équipage de 16 personnes d’origine asiatique, est dérouté vers Mayotte où le convoi arrive le 27 mai.
Le 15 juin, le patrouilleur arraisonne au nord de Bassa de India un voilier sud-africain de 32 m, le Mieke, en pêche illicite dans cette zone protégée. A son bord 9 hommes d'équipage et 8 touristes qui pratiquaient une pêche plus sportive qu'industrielle. Le matériel a été confisqué, et remis aux autorités judiciaire de La Réunion.
2006 : Assistance à un marin du Galaecia
Le patrouilleur austral Albatros, parti en mission dans les Terres australes et antarctiques française (TAAF) le 7 juin, est arrivé mardi 11 juillet à La Réunion. Durant cette mission il a porté assistance au palangrier espagnol Galaecia. Le navire, dont un des membres d’équipage était souffrant, naviguait alors au large de l’île d’Heard dans la zone économique exclusive (ZEE) australienne. La météo ne permettant pas le transbordement du malade, la consultation a eu lieu par radio. Son évacuation ne s’est pas avérée nécessaire : le navire de pêche a repris sa route vers Durban après réception d’un traitement antibiotique envoyé par l’Albatros… par la mer.
L'Albatros rentre le 13 octobre d’une mission de surveillance dans les ZEE des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF). Il y a mené une patrouille de plusieurs semaines avec des contrôleurs australiens à son bord. Un traité entre la France et l’Australie renforce la lutte contre la pêche illicite dans cette région : l’accord autorise l’un ou l’autre des deux pays à intervenir dans la zone de souveraineté de son partenaire et d’y faire usage de la force pour arraisonner, le cas échéant, un bateau suspecté de pratiquer une activité de pêche illicite. A bord de l’Albatros, se trouvait également le professeur Duhamel, du muséum d’histoire naturelle de Paris, menant une étude sur la biomasse et la pêche illicite
| Glossaire : |
| FAZSOI : Forces Armées de la Zone Sud de l'Océan Indien, TAAF : Terres Australes et Antarctiques Françaises, ZEE :Zone économique exclusive, PEI : Période d'Entretien Intermédiaire, IE : Indisponiblité pour Entretien ; IA : Indisponibilité Accidentelle ; IPER : Indisponibilité Pour Entretien et Réparations, Légine : poisson à chair grasse qui ne vit que dans les TAAF et dont le prix est particulièrement élevé, Palangrier : Navire de pêche industrielle utilisant des lignes pouvant supporter plusieurs dizaines de milliers d'hameçons. |