Avion de patrouille maritime, l'Atlantique II est entré en service dans la Marine au début des années 1990. Doté d'équipement électronique particulièrement performants, propulsé par 2 moteurs Rolls Royce de 5000 chevaux chacun, servi par treize hommes d'équipage, l'appareil a une autonomie de 12 heures et peut franchir 4300 miles. Il a la même cellule que l'Atlantic ATL 1 retiré du service en 1996, mais son système d'armes et tactique a été entièrement renouvelé et centralisé autour d'un ordinateur digital puissant. L'Atlantique II a bénéficié de progrès technologiques remarquables dans les domaines de la détection, du pistage, de l'attaque et des transmissions. L'Atlantique II peut " éclairer " une force navale. Ses capteurs actifs (radars) et passifs (infrarouge notamment) lui permettent de mettre en œuvre aussi bien ses propres missiles que de guider un dispositif d'assaut à la mer ou d'assister un bâtiment ami. Dans cette configuration, il peut emporter deux AM39 dans ses soutes (missiles antinavires d'une portée de 70 kilomètres).
Véritable système d'armes volant, l'Atlantique II dont tous les senseurs sont reliés entre eux par l'intermédiaire de son calculateur, parfaitement autonome est capable de détecter, pister et détruire un sous-marin ennemi. Dans sa version lutte sous-marine, il est doté de huit torpilles MK46, deux engins pouvant atteindre une immersion de 300 mètres. Dans un proche avenir, l'Atlantique II sera doté de torpilles Mu 90 qui pourront atteindre une immersion de 1000 mètres. Un nouveau système de transmission de données permet à l'Atlantique II de s'intégrer parfaitement dans une force navale. Ses nouveaux moyens d'interception des communications radio en font un des acteurs privilégié de la chaîne du renseignement et lui confèrent une nouvelle dimension dans ce domaine aujourd'hui privilégié par toutes les grandes puissances.
Saint Bernard des mers Comme son prédécesseur l'Atlantique II est à même de remplir de très nombreuses missions de service public, des missions qui connaissent au fil des ans une importance croissante. Equipé de six chaînes de survie largables, il est particulièrement efficace pour la recherche en mer des bâtiments en détresse, le secours aux naufragés ou aux victimes d'accidents aériens. L'appareils peut être aussi engagé dans des opérations de police des pêches ou de détection et de lutte contre les pollutions par hydrocarbures. A l'heure de l'interarmisation croissante du système de défense français en pleine restructuration, l'Atlantique II est amené à jouer un rôle considérable aussi bien sur mer que sur terre. Moderne et polyvalent, il peut être engagé dans un conflit classique et sur un théâtre régional, et de toute évidence, il s'affirme comme l'outil le mieux adapté aux situations de crise attendues.
(d'après
un article de Var Matin 1er février 1998, Gabriel Jauffret )