Les bâtiments ayant porté le nom d'Argonaute


Le sous-marin Argonaute (1911 - 1919) participe à un essai du dock de relevage de sous-marins, récemment acquis pour le port de Toulon (25 juillet 1912).
Plus de dix bâtiments de la marine de guerre française ont porté le nom d'Argonaute. Parmi eux, on compte :

Un vaisseau de 50 canons (1708 - 1720), bâti au frais du chevalier du Bois de la Motte qui l'arme en Course et le commandera. L'Argonaute est mis à flot le 12 novembre 1708 à Brest. Il fit campagne avec Duguay-Trouin, et participa à la fameuse expédition de Rio de Janeiro en 1711. En février 1712, pendant une tempête au retour de Rio de Janeiro, l'Argonaute se porte au secours de Duguay-Trouin, dont le bâtiment coule, alors que les autres navires fuient l'ouragan. Ainsi Duguay-Trouin conserva toujours une vive amitié à Du Bois de la Mothe. Radoubé à Brest en 1715, l'Argonaute est ensuite armé en course par Cassard au début de la Régence. En décembre 1720, il devient ponton amiral et sert de corps de garde à Brest. En janvier 1746, trop vieux pour ce ervice, il est condamné puis démoli sur place.
(Caractéristiques : 480 t ; 39 x 10,4 x 5,7 m ; Plan Blaise ; Ornement sculptés par Jean Berain ; XXXXVI à L).

Un vaisseau de 46 canons (1723 - 1757) du type éponyme, construit à Brest en 1721-1722. En 1733, il conduit à Dantzig Stanislas Leczinski, prétendant au trône de Pologne, avec l'escadre du comte de la Luzerne. Après avoir servit comme ponton amiral à Brest (1741-43), il est réarmé à Brest en février 1744 pour aller soutenir la tentative de restauration des Stuart sur le trône d'Angleterre (division CE de Barailli, escadre de Roquefeuil). En 1745, il fait campagne à Terre Neuve avec la division Perrier de Salvert, qui capture trois navires ennemis. En avril 1746, il est transformé en brûlot de 28 canons, puis en 1748, il devient ponton-caserne à Brest. Sa coque est démolie en 1762.
(Caractéristiques : 500 t ; 39,6 x 10,4 x 5,2 m ; Hélie ; Décoré par le maitre sculpteur François-Charles Caffiéri ; XXXXVI).

Un vaisseau de 74 canons (1781 - 1795) dont la construction commence à Rochefort en août 1779. Mis à flot le 5 juin 1781, il quitte Brest le 11 février 1782 pour les Indes en soutien à l'escadre de Suffren. C'est sous ses ordres qu'il participe, l'année suivante, au combat de Gondelour. En 1794, l'Argonaute est rasé d'un pont à Brest, en frégate de 42 canons, et il est renommé Flibustier. La même année, il fait croisière sur les bancs de Terre Neuve (LV Villemadrin). En 1795, il est en réparations à Rochefort, puis après après une dernière croisière entre le cap Saint Vincent et les Açores (cdt Robin), il désarme définitivement à Rochefort en décembre.
(Caractéristiques : 1500 t ; 55,2 x 14,3 x 7,4 m ; XXVIII.36 + XXX.18 + XVI.8).

Un vaisseau de 74 type Téméraire (1799 - 1805) dont la construction est ordonné à Lorient le 10 juillet 1794. Les travaux qui débutent, sur la cale n°3 de Caudan, seront particulièrement longs faute de bois, et ce n'est que le 22 décembre 1798 que l'Argonaute est mis à flot. En 1802, il participe à l'expédition de Saint Domingue avec l'escadre de Villaret-Joyeuse. De 1803 en août 1805, il est stationnaire au Ferrol suite au blocus anglais. Le 21 octobre 1805, après une conduite brillante à la bataille de Trafalgar, il rentre à Cadix, où il est bloqué avec l'escadre de Rosily, par les Anglais. En mauvais état à Cadix en 1806, il est échangé contre le vaisseau espagnol de 78 canons Vencedor. Son équipage passe sur le Vencedor alors que l'Argonaute est remis officiellement aux Espagnols. Renommé Argonauta, il ne sera toutefois pas réarmé par les Espagnols.
(Caractéristiques : 1550 t ; 55,9 x 14,5 x 7,5 m ; Rolland ainé sur plans Sané).

C'est donc ce vieux vaisseau de 78 canons (1806 - 1808), construit au Ferrol (Espagne) sur les plans de l'ingénieur anglais Rooth, et mis à flot le 11 juin 1755, qui sera notre cinquième Argonaute. Echangé à Cadix, comme on l'a vu précédemment le 18/12/1806, avec le vaisseau français de 74 canons ARGONAUTE en mauvais état, il est intégré dans l'escadre de l'Amiral Rosily, sous le commandement du capitaine de vaisseau Billet. Mais il ne naviguera probablement jamais sous pavillon français, car le 14 juin 1808, il est pris par les insurgés espagnols en rade de Cadix avec le Neptune, le Héros, le Pluton, et l'Algésiras.

Un vaisseau (1840) dont la construction commence en 1837 est mis sur cale à Toulon. Sa coque est mise à flot en 1840, mais il n'entrera jamais en service, la construction ayant été abandonnée.

Un torpilleur de haute mer (1894 - 1910) du type éponyme est lancé le 11 octobre 1893 aux Ateliers et Chantiers de la Loire, à Nantes. En juin 1894, il rallie l'escadre de la Méditerranée, avec laquelle il fait quelques campagnes en Crète. Mis en réserve à Toulon à partir de juillet 1896, on le retrouve plus tard affecté à la défense mobile de Bizerte (1903-06), puis à Brest, au 1ère flottille de torpilleurs de l'Océan (1906-08). Sa carrière, sans histoire, se termine à 1ère flottille de torpilleurs de la Manche à Cherbourg. Rayé des listes de la flotte le 9 mars 1910, :il est vendu à Cherbourg pour démolition en 1911.
(Caractéristiques : 120 t ; 2000 cv ; 46,2 x 4,5 x 1,7 m ; En acier ; 2 hélices ; 24 nds ; 27 h ; II.47 + 2.T).

Un sous-marin expérimental (1911 - 1919) dont la construction commence à Toulon le 26 janvier 1903 (Q040). Mis à flot le 28 novembre 1905 sous le nom d'Omega, il est rebaptisé Argonaute en décembre 1910. Basé pendant toute sa carrière à Toulon, il fait plusieurs croisières en Méditerranée. En 1915, au sein de la division de l'Adriatique, il fait un voyage à Tarente avec la Cigogne. A partir de 1917, il est affecté à l'école de navigation sous-marine. Rayé des listes de la flotte le 20 mai 1919, il est vendu en avril 1921 à M. Jean Jacquart de Paris pour démolition.
(Caractéristiques : 264 t ; 334 cv ; 48,90 x 4,20 m ; Construit avec les pièces du Q38 ; 1 machine vapeur ; 1 moteur électrique ; II.TLT.450 + II.carcasse.450 + II.TLT.Drzewiecki.450 + VI.torp ; Symb. de coque : AG).

Un sous-marin de 630 tonnes (1932 - 1942) du type éponyme mis sur cale au chantier Schneider de Chalons-sur-Saône le 19 décembre 1927. Mis à flot le 23 mai 1929. Il est affecté à la 5e escadrille de sous-marins, le 1er juin 1932, jour de son admission au service actif. Basé lui aussi la plus grande partie de sa carrière à Toulon, il est en gardiennage d'armistice le 17 décembre 1940, suite à un abordage en plongée avec le Mameluk. En décembre 1941, il rallie Oran. C'est là que le 8 novembre 1942, il est coulé par le destroyer HMS Achates lors de l'attaque anglaise.
(Caractéristiques : 650 t ; 1300 cv ; 63,40 x 5,18 m ; 807t.pl ; 2 moteurs électriques 500cv ; 2 diesel 650cv ; 42 h ; VI.TLT.550 + II.400 + I.75 + I.mitrailleuses.13,2 + II.mitrailleuses.8 ; Symb. de coque : N5, Z6, 94, 194, 122).

Le sous-marin chasseur de sous-marins (1958 - 1982) est le dixième bâtiment à avoir porté le nom d'Argonaute.

On note également un bâtiment de soutien, d'assistance et de dépollution (2004 - ), supply type UT 710 construit en Norvège en 2003, sous le nom d'Island Patriot. Armé par une filiale du Groupe Bourbon, il devient l'Argonaute en 2004, et est affrêté par la Marine pour une longue durée. Basé à Brest, il effectue des missions d'assistance et de lutte antipollution au profit de la marine.
(Caractéristiques : 2100 t ; 10800 cv ; 68,9 x 11,5 x 5,9 m ; 2 Diesel Bergen ; 2 hélices à pales orientables ; 15 nds ; 132 tpf ; 9 h).

(Texte : Jean-Michel Roche pour Net-Marine ; Pour en savoir plus : Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre de Colbert à nos jours)


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