îlot du Clemenceau.
Pourquoi l'îlot des porte-avions se trouve toujours à tribord ?

Cet emplacement répond à une double raison : quand une flottille d'avions de chasse doit apponter, la règle est de se présenter en groupe, puis de se séparer pour se mettre en file indienne.

Pour apponter, l'avion se présente par l'arrière du bâtiment; il vire à gauche pour se placer dans l'axe de la piste. Quand il effectue son virage, le pilote doit pouvoir contrôler en permanence la piste, et les Officiers d'Appontage (OA) qui donnent les instructions au pilote.


îlot du Charles de Gaulle.

Si l'îlot était à bâbord, les OA « perdraient de vue » l'avion à un moment crucial, le virage de présentation se faisant toujours sur la gauche, pour des raisons historiques.
En effet, les hélices des premiers avions tournaient toutes dans le même sens.

Techniquement, pour stabiliser l'avion à petite vitesse, il valait mieux virer à gauche qu'à droite.

L'habitude a donc été prise de placer l'îlot sur tribord. Il serait aujourd'hui techniquement possible de mettre celui-ci à bâbord. Mais cela remettrait inutilement en cause les automatismes des pilotes.

(Texte et photos - Guillaume Rueda)


Complément par Patrick Venot (7 décembre 2006) :

En fait, cette situation résulte surtout du fait que les pionniers du concept de porte-avions sont les Britanniques. À l'origine, les tout premiers porte-avions avaient un îlot dans l'axe (HMS Furious de 1918), puis plus d'îlot du tout (HMS Argus de 1920, HMS Furious de 1925 ; japonais Hosho, Kaga et Akagi de 1921-25 ; USS Langley de 1920). Puis le montage d'une passerelle / tour de contrôle s'est imposé sur HMS Eagle et surtout HMS Hermes (1920-23). Tout naturellement les Britanniques la placèrent à tribord. D'ailleurs, en mer, il vaut toujours mieux avoir une vue dégagée sur tribord. question priorité, sans doute. Ceci dit, il y a eu des tentatives de varier cette disposition. Répondant au besoin de réunir deux bâtiments pour une opération donnée, les Japonais ont constitué en 1933-38 une «division» de deux porte-avions (Soryu et Hiryu) qui ne différaient que par la disposition de leur îlot respectif. L'îlot du Soryu était à tribord, cependant que le Hiryu avait le sien à bâbord. Le Hiryu étant posté à tribord du Soryu, cette disposition permettait, y compris et surtout en phase de ramassage, la mise en oeuvre simultanée des groupes aériens, orbitant respectivement sur la gauche (celui du Soryu) et sur la droite (celui de l'Hiryu), sans risque d'interférence. Ni le sens de rotation des moteurs des avions, ni la visibilité des OA n'y ont été matière à objection.


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