Histoire du patrouilleur La Railleuse (2006-2007)
2006
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Deux jours et demi de mer lui auront suffi pour parcourir les 860 nautiques qui séparent Papeete de l'archipel le plus septentrional de la Polynésie française.
Le caractère administratif de la mission a conduit le patrouilleur à visiter toutes les îles habitées des Marquises (6 sur 15 au total) : Nuku-Hiva, Ua Pou, Ua Huka, Tahuata et enfin Fatu Hiva, autant d'occasion de mouiller au cœur d'un relief impressionnant, marqué par de profondes vallées et par une végétation endémique luxuriante.
L'escale à Ua Pou a été le point fort de la mission tant le patrouilleur La Railleuse entretient des rapports privilégiés avec sa ville marraine.
Outre le transport des sirènes d'alerte tsunami, La Railleuse recevait donc plusieurs personnalités à son bord afin de les acheminer d'île en île, délégation administrative composée de l'adjoint de l'administrateur des Marquises chargé d'informer les marquisiens sur les nouveaux passeports électroniques, des représentants du trésor public - et notamment du directeur départemental fondé de pouvoir - chargés du contrôle de la gestion et de la régularité des dépenses des communes, du directeur de la protection civile supervisant la livraison des sirènes d'alerte, enfin du chef de la brigade de gendarmerie de Hiva Oa chargé de régler les affaires courantes dans les îles.
Chaque escale était l'occasion de réunir les pêcheurs et les gens de mer afin de les informer sur les missions du bâtiment, désormais principalement tournées vers la surveillance des pêches, mais aussi de leur donner l'actualité du projet local d'entraide type « SNSM ».
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L'objectif est à terme de mettre en place un dispositif proche de la SNSM en métropole : la FEPSM, la Fédération d'Entraide Polynésienne de Sauvetage en Mer. Enfin, ces réunions ont servi à engager un dialogue constructif en abordant certains de leurs problèmes quotidiens.
Le 11 juillet 2006,
le
lieutenant
de vaisseau Patrick de Sevin prend le commandement du bâtiment.
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Le 12 juillet,
La Railleuse appareille pour une mission
de présence aux Tuamotu avec visite des atolls de Rangiroa,
Apataki, Toau et Ahe, comme
première escale. L'atoll de Ahe, qui compte moins de six cents habitants
cultive la perle, le coprah et compte depuis quelques jours une torpille. Une
Mk 46 (torpille d’exercice d’origine américaine) s’est
en effet échouée sur ses plages.
Après une première investigation par la cellule NEDEX (neutralisation
et destruction d’engins explosifs) de la Polynésie, celle-ci est
déclarée non dangereuse mais ne peut être détruite
sur place. La Railleuse est donc chargée
de la récupérer afin qu’elle soit détruite à
Papeete.
Après contact avec le mutoi (le gendarme local), celui-ci accepte de conduire le Commandant, l’O3 et deux baleiniers, chez le maire qui a récupéré la torpille à la suite de plainte de la population. Après 1 heure de bateau pour traverser l’atoll (celui-ci mesure plus de 40 Km de diamètre), une heure de tractopelle, nous arrivons enfin chez le maire. La torpille est là dans son jardin sous quelques feuilles. Après quelques tractations (le maire voulait en faire une sorte d’obélisque sur la place du village) la torpille est embarquée dans le zodiac puis à bord du bateau. La Railleuse devient ainsi le premier P 400 à être muni de torpille...
A l'issue de cette mission, La Railleuse effectue un arrêt technique (IPER) à Papeete.
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| La Railleuse effectue un arrêt technique (IPER) à Papeete | |||
2007
La Railleuse appareille de Papeete le 28 février pour une mission aux Australes. Ce type de mission a pour objectif de transporter des représentants de différents services de l’Etat dans des îles difficilement accessibles. Après un bref passage à Tubuai, le patrouilleur arrive à Raivavae le 3 mars. Les 4 jours d’escale permettent à l’équipage de peaufiner les derniers détails en vue de la venue sur place du vice-amiral d’escadre Sautter, commandant la Force d'Action Navale, pour l’inspection générale.
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Durant les 4 jours
d’escale, le médecin réalise 84 consultations. Une sage-femme,
venue spécialement de Tahiti pour la mission, assure quant à elle
la surveillance des grossesses chez les femmes de l’île.
Rapa ne possède qu’une école primaire. Ainsi pour poursuivre
leur scolarité, les élèves doivent se rendre au collège
de l’île de Tubuai qui se trouve à 450 nautiques au nord
ouest de Rapa. Le principal de ce collège fait parti de la mission, il
organise des rencontres avec les parents d’élèves scolarisés
dans son établissement et en profite pour rencontrer les élèves
de CM2 qui rejoindront l’internat du collège de Tubuai l’année
prochaine.
Un chargé de mission au Centre National pour l’Aménagement
des Structures des Exploitations Agricoles effectue un état des lieux
des différents projet agricole de Rapa avec pour objectif l’étude
des possibilités d’extension des terres cultivées de l’île,
afin de permettre l’installation de jeunes agriculteurs. Compte tenu de
l’isolement de l’île, l’agriculture et la pêche
sont nécessaires à sa survie.
Ces quatre jours à Rapa ont également été mis à
profit par un sergent-chef du GSMA (Groupement du Service Militaire Adapté)
pour recruter de jeunes polynésiens en difficulté, auxquels est
offerte une formation professionnelle dans différents secteurs. Ce bagage
technique leur permettra par la suite d’intégrer plus facilement
la vie active, le taux de réussite du GSMA étant supérieur
à 70%.
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Du 9 au 23 avril, La Railleuse effectue une mission de surveillance des pêches dans l’archipel des Marquises. Les missions de surveillance des pêches sont menées en collaboration avec les Gardian de la 25F. Afin de ne pas alerter les éventuels contrevenants, le Gardian agit de manière discrète et reste à une altitude qui lui permet de ne pas être décelé par les éventuels clients. Toute piste suspecte est alors reportée au bâtiment déployé sur zone. Dans le cas particulier de cette mission, le jeudi 12 avril, le Gardian reporte une piste suspecte dans le nord de l’Archipel des Marquises. La Railleuse, en alerte à Hiva Oa, appareille dans la soirée pour procéder à l’interception du client. La Railleuse» rallie le suspect, palangrier chinois « Liao Jinlun 102 » le lendemain, et procède à la visite. Après deux heures de contrôle, il est autorisé à poursuivre sa route, aucune infraction n’ayant été constatée.
Quelques jours plus tard, sur renseignement des pêcheurs des Marquises, un thonier senneur vénézuélien, le Daniel F., est reporté en baie de Taiohae, dans l'île de Nuku Hiva. La Railleuse le contrôle le 17 avril. Les cales du Daniel F contiennent 658 tonnes de poissons, illégalement pêchées, à l'intérieur de la zone économique de Polynésie française. Un contrôleur des Affaires maritimes est dépêché sur place par Gardian, et a procède le lendemain aux constatations, tout en effectuant la procédure d'immobilisation du navire. La caution est fixée à un peu moins de 600 000 euros. Le bateau en avarie depuis un mois ne peut être dérouté vers Papeete. Son tonnage (3700 tonnes, soit quasiment dix fois celui de La Railleuse) rend quasiment impossible tout remorquage. La saisie est alors prononcée. Une équipe de gardiennage, composée du chef de l’équipe de visite et de deux membres de l’équipage est alors laissée sur place, en attente du paiement de la caution par l’armateur qui interviendra 15 jours plus tard. La Railleuse, pour sa part, lève l’ancre et met le cap sur Papeete où elle est placée en alerte en attendant la fin de la procédure.
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Le 29 mai, le patrouilleur quitte Papeete pour une mission de surveillance maritime de trois semaines dans les eaux polynésiennes. Il fait escale à Pitcairn pour apporter aux insulaires des produits de premières nécessités : sucre, farine, gasoil... Lors du transit retour, il dépose dans les atolls de Hereheretue et Tematangui des dispositifs qui permettent de prévenir les populations en cas de Tsunami.
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Le ravitaillement en gazole de l'île de Pitcairn à l'aide de la baleinière locale, restera dans les souvenirs comme un moment délicat, où les éléments, qui étaient de la partie, ont rappelés à certains les conditions météo des Kerguelen. Mi-juin, le patrouilleur est en vue de Tematangi, petit atoll isolé des Tuamotu ou vivent 35 âmes, puis de Hereheretue qui compte une cinquantaine d'habitants. Le but de la visite est notamment l'installation de sirènes d'alerte de tsunami et les visites médicales par le médecin. L'accueil qui est réservé et la gentillesse des habitants marquera l'équipage.
Le 20 juillet 2007,
le
lieutenant
de vaisseau Nicolas Geffard prend le commandement du patrouilleur.
Une patrouille de trois semaines du P400 La Railleuse a permis de renforcer la coopération maritime entre les îles Cook et la Polynésie française.
Après avoir embarqué à Papeete un officier des pêches des îles Cook, La Railleuse a quitté Papeete pour une mission de surveillance maritime effectuée dans les ZEE des Cook, Kiribati et Samoa américaines.
A Penrhyn (îles Cook), le P400 a été rejoint par le Te Kukupa, l’unique patrouilleur des îles Cook. Pendant plus de deux jours, les deux patrouilleurs sillonneront la ZEE des Cook à la recherche de pêcheurs contrevenants.
Après avoir quitté le Te Kukupa à Puka Puka dans les îles Cook, La Railleuse a poursuivi sa patrouille jusqu’à Pago Pago dans les Samoa américaines afin de ravitailler avant d’entamer son transit retour vers Papeete.
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Le 8 octobre, La Railleuse appareille pour trois semaines de mission. Les deux premières sont consacrées à une mission administrative aux îles australes. Le patrouilleur gagne l’île de Rapa, située à l’extrême sud de la Polynésie française. Dépourvue d’aéroport, elle est aussi l’une des plus isolées. La Railleuse y dépose une quinzaine de personnes de l’administration : médecin, sage-femme, directeur d’école, géomètre… Au cours de la troisième semaine, le patrouilleur participe à la fête de la science dans l’archipel des Tuamotu. Avec quinze scientifiques à bord, il fait successivement escale en octobre à Makemo (23 et 24), Fakarava (25) et Rangiroa (26 et 27) afin de promouvoir la science dans ces atolls.
2008
...
Le ... juillet
2007, le
lieutenant
de vaisseau Frédéric Decup prend le commandement du patrouilleur.
Début octobre, La Railleuse part pour une mission de surveillance des pêches qui l'amènera dans la zone des îles Cook, à Kiribati et aux Samoa. La mission devrait durer trois semaines, le retour du bâtiment à la base navale de Papeete étant prévu pour le 29 octobre.
(Jean-Michel
Roche pour Net-Marine © 2007-
.
Copie et usage : cf. droits d'utilisation.
Remerciements LV Ratier, LV de Sevin, LV Nicolas Geffard, EV Aurélie Jacob,
Aspirant
(X) Le Men, Aspirants VOA Faguet et de Cours Saint-Gervasy, équipage
de La Railleuse - Photo © DR/La Railleuse/MN).