HISTORIQUE

 
Les peintres de la Marine font remonter à Richelieu
la création de leur corps.
C'est sur l'Annuaire de la Marine de 1830 qu'apparaissent pour la première fois deux peintres "attachés au Ministère de la Marine", leur donnant une existence officielle. En réalité, cela fait près de trois siècles que la Marine a ses peintres.

Les archives de la Marine témoignent d'activités picturales de caractère héraldique dans ses premiers arsenaux dès le XIVème siècle ; les oeuvres de ces artistes qui ne sont pas mentionnés nominalement servaient à l'ornementation des navires et à la signalisation en mer : par ordre du Roi sont réalisés "des pavois peints des armes de France" pour les nefs royales et les forteresses de la Vallée de la Seine.

Au XVIème siècle, on ne trouve pas trace de dispositions administratives liant des articles aux opérations navales. Cependant, on peut citer Jacques Le Moyne de Morgues qui rapporte un véritable reportage du voyage en Floride de Landonnière (1564).

Les peintres de la Marine font remonter à Richelieu la création de leur corps. Ce ministre de la Marine qui avait à coeur de conserver le souvenir des grands faits historiques fait naître la peinture de Marine.

Dans l'esprit, Callot (1592-1635) grave "le Siège de la Rochelle" et la "Prise de file de Ré". Jean-Baptiste de La Rose (1612-1687) nommé maître-peintre à Toulon contribue à répandre le goût des sujets maritimes.

Avec le XVIIème siècle, le caractère historique de la peinture de Marine exige une culture très poussée, devenant ainsi le domaine de quelques artistes tels Beaujean (XVIIIème iècle), Ozanne (1728-1811), Van Blarenbergue (1716-1794).

Joseph Vernet (1714-1789) sera honoré du titre de "Peintre de la Marine du Roi".
(Vue du port de Toulon - huile sur toile par Vernet -
Musée de la Marine de Toulon.)
 
Joseph Vernet (1714-1789) qui est honoré du titre de "Peintre de la Marine du Roi", dont la série des Ports de France est bien connue des visiteurs du Musée de la Marine.

Avec eux, se constitue pour les historiens une collection de
documents précis et artistiques.

La commande exceptionnelle qui occupa Vernet de 1754 à 1765 s'inscrit dans le funeste déclin de la guerre de Sept ans.

La magistrale série des Ports de France fut peinte comme si elle préparait l'avenir, et le renouveau des escadres lors de la Guerre d'Amérique. Par une volonté maligne du destin, Jean-François Hue acheva dans les années 1790 la suite interrompue, à la veille des désastres navals qui s'achevèrent avec la chute de l'Empire.

Ni l'un ni l'autre de ces deux maîtres du dernier tiers du 18è-e siècle, ni Van Blarenberghe honoré lui aussi de commandes royales pour la représentation des ports militaires, ne furent retenus pour célébrer nos victoires de la Guerre d’Amérique, mais un artiste amateur de modeste talent: le Capitaine de Vaisseau de Rossel de Cercy.

L'institution des Peintres de la Marine ne disparait pas pendant la période révolutionnaire malgré l'appel de David de brûler les Brevets Royaux.
La Restauration met le titre de "Peintre du Grand Amiral de France" en concours et Garneray (1783-1857) l'obtient. La nomination de Gameray en 1817 au titre de Peintre des Marines du grand amiral fut l'indice d'un recyclage durable. Neuf expéditions navales allaient se succéder autour du monde pendant vingt ans, et la victoire de Navarin en 1827 marquer la fin des années moroses.

Enfin, la Monarchie de Juillet inaugure l'inscription des Peintres de la Marine à l'Annuaire en 1830 avec Crépin (1722-1851) et Gudin (1802-1880). Cette tradition se maintiendra jusqu'en 1962.
Aucun texte constitutif, aucun acte officiel n'était, il est vrai, à base de cette décision.

Depuis 1830, marins et peintres ne se sont plus quittés. Un annuaire de la Marine consacra en 1830 Gudin et Crépin premiers peintres du département de la Marine à porter un titre officiel permanent, le corps s'enrichit en 1849 de Lepoitevin, en 1854 de Morel-Fatio. Si beaucoup d'artistes familiers des Salons restèrent en dehors de la liste officielle comme Isabey, Mozin, Gilbert ou Courdouan, et après presque un demi siècle pendant lequel trois peintres seulement furent nommés, le corps des peintres de la Marine se gonfla de onze noms dans la décennie 1880, puis de cinq en 1890, et de cinq autres l'année suivante. Dans les années 1930, Delpy, Marin-Marie, Chapelet et Brenet animèrent des promotions brillantes qui firent le renom de la nouvelle école française de peinture maritime.

Le corps des Peintres de la Marine perdure depuis près de deux siècles, à travers quelques amendements périodiques de ses statuts. Aujourd'hui, l'intérêt que portent ces artistes aux ports et aux paysages marins, ne remplit pas totalement leur inspiration bien sûr, mais dans le registre nautique, leur sensibilité et leur talent en font les descendants directs des maîtres qui expliquaient naguère à Versailles l'exotisme du destin maritime de la France. Ils sont de la même façon les héritiers des dessinateurs embarqués jusqu'au siècle dernier à bord des frégates d'exploration du monde. Ils ont aussi le sentiment de prolonger la grande école de peinture des bords de mer et des ciels marins que fut l'impressionnisme, et ils s’honorent d'avoir compté dans leurs rangs Marquet, Ziem, Signac et Gillot.
En 1860, il existe quatre peintres au Département de la Marine dont Morel-Fatio ; en 1900, ils sont trente-deux. En 1914, ils sont cinquante-et-un.


Pas de rétribution, mais des facilités pour travailler

Il faudra attendre 1920 pour qu'un décret donne statut aux Peintres de la Marine : le titre de "Peintre du Département de la Marine" est accordé par le Ministre pour une période de 5 ans renouvelable à des artistes ayant consacré leur talent à l'étude de la mer, de la Marine et de gens de mer. Ce titre ne donne droit à aucune rétribution mais seulement des facilités pour accomplir des missions dans les ports et sur les navires ainsi que la faculté d'ajouter une ancre à leur signature.
En 1924, un nouveau décret vient modifier ce statut: le nombre des Peintres de la Marine est limité à 20 et le titre est conféré pour une période de 3 ans. Un salon biannuel est institué. Enfin, le décret de mars 1953 remanie le statut des Peintre de la Marine.

C'est un décret du 2 avril 1981, qui règle aujourd'hui la définition et l'attribution du titre de "Peintre de la Marine".
Notons enfin que le choix du Ministre peut également se porter sur les sculpteurs, illustrateurs, photographes et graveurs, le titre de "Peintre de la Marine" étant pris dans son sens le plus large.

Ces curieux civils qui portent un uniforme d'officier à bord des navires de guerre sur lesquels ils embarquent en mission, sont avant tout des artistes de toutes tendances. Peintres de tradition contemporaine, ils sont assez différents en cela des artistes de marinistes étrangers parfois absorbés exclusivement dans la représentation nostalgique d'un passé révolu. Témoins de notre fait maritime, les Peintres de la Marine semblent assumer le remords d'une nation inattentive à son destin océanique, rencognée sur les labourages et les pâtures de sa tradition terrienne, marquée par les sacrifices des champs de bataille de ses frontières de l'Est et qui, malgré la liesse des rassemblements de grands voiliers et l'animation des ports de plaisance, peine encore à prendre conscience du poids de son héritage, des paramètres du présent et des promesses des océans, un patrimoine pour le futur.

(Source : Service communication du Musée de la Marine, complété d'un texte du contre-amiral François Bellec, peintre officiel de la Marine, membre de l’Académie de Marine et de l’Académie des Sciences d'outre-mer)

consulter les textes complémentaires du Contre-Amiral François Bellec et de Sylvie David Rivelrieux


Ecrivains de Marine : " L'ancre et la plume "

Liée à la Marine nationale par une convention de partenariat signée le 21 mai 2003 en présence de Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, et de l'amiral Jean-Louis Battet, chef d'état-major de la Marine, la compagnie des Ecrivains de Marine entend «favoriser la propagation et la préservation de la culture et de l'héritage de la mer, et plus généralement la promotion de la dimension maritime de la France.»
Elle compte aujourd'hui vingt membres, tous amoureux de la mer et des mots.
A la différence du corps des peintres de la Marine, créé sous Louis-Philippe, nul besoin de passer devant un jury pour intégrer ce club. Ici, la cooptation est le mode de recrutement. Il faut réunir la majorité des voix pour être élu.
En cas d'objection majeure (la boule noire), une candidature peut être rejetée.
Le groupe ne doit pas compter plus de vingt membres. François Bellec, secrétaire général, peintre de la Marine et membre de l'Académie de Marine, a dessiné l'insigne de la compagnie, une ancre réglementaire du XVIIIe siècle sur laquelle est aposée une plume en émail blanc. Cet emblème est remis à chaque nouveau membre lors d'une cérémonie organisée par l'état-major. Civils dans leur quasi-totalité, les écrivains de marine deviennent des marins assimilés au grade de capitaine de frégate honoraire. Ils sont autorisés à porter l'uniforme (bleu l'hiver, blanc l'été) et la cravate noire (depuis Trafalgar).



Le Groupe des Ecrivains de Marine
Président des Ecrivains de Marine
Didier Decoin, membre de l'Académie Goncourt
Titouan Lamazou, navigateur, Peintre Officiel de la Marine
Vice-Président des Ecrivains de Marine,
Patrick Poivre d'Arvor, Commandeur dans l'Ordre des Arts et Lettres, journaliste, écrivain, présentateur d'émissions littéraires : Ex Libris, Vol de nuit
Yves La Prairie, de l'Académie de Marine
Secrétaire Général des Ecrivains de Marine,
François Bellec, Contre-Amiral, président de l'Académie de Marine, Peintre Officiel de la Marine.
Simon Leys (nommé en 2006), de son vrai nom Pierre Ryckmans, auteur d'une très belle anthologie : "La mer dans la littérature Française" - Prix Renaudot de l'essai 2001
Isabelle Autissier (nommée en 2007), navigatrice, auteure, conteuse, journaliste.
Michel Mohrt, membre du comité de lecture Gallimard, critique littéraire et cinématographique au Figaro, grand prix du roman de l'Académie française et le prix de Bretagne en 1962. Lauréat du grand prix de la critique littéraire en 1970, grand prix de la littérature de l'Académie Française en 1983 et prix Trevarez en 1992. Il a été élu à l'Académie française en 1985.
Jean Michel Barrault, historiographe de la mer, auteur d'un grand nombre d'ouvrages évoquant aussi bien les grandes découvertes maritimes que les hommes qui sillonnent les mers
Erik Arnoult dit Orsenna, de l'Académie française, Conseiller d'Etat, conseiller culturel, "plume" de François Mitterrand et romancier.
Michel Déon, de l'Académie française
Yann Queffélec, écrivain, prix Goncourt 1985.
Loïc Finaz (nommé en 2006), Jean-François Deniau le considère comme le "Pierre Loti des Ecrivains de Marine"
Jean Raspail (nommé en 2006) , explorateur et romancier."Adios Tierra del Fuego"
Olivier Frébourg (nommé en 2004), journaliste, éditeur
Jean Rolin (nommé en 2007), journaliste, écrivain, prix Albert-Londres en 1988, le prix Roger-Nimier en 1982, prix Médicis en 1996.
Bernard Giraudeau (nommé en 2004), comédien, premier prix de comédie moderne et classique au Conservatoire, écrivain.
Jean-Christophe Rufin, Médecin, écrivain, maître de conférence à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris et Président d'Action Contre la Faim. Prix Goncourt du premier roman, prix Méditerranée et Prix Goncourt
Hervé Hamon (nommé en 2006) , écrivain et éditeur. La mer occupe une place prépondérante dans ses travaux (Besoin de mer, L’Abeille d’Ouessant, Le Livre des tempêtes, Au bout de la remorque, Le Vent du plaisir). Il collabore notamment à Geo et Cols Bleus
Pierre Schoendoerffer, écrivain cinéaste, de l'Institut de France.

Anciens membres de l'association
Jean-François Deniau
Président fondateur des Ecrivains de Marine
membre de l'Académie française et de l'Académie de Marine
31 octobre 1928 - 24 janvier 2007
 
Bertrand Poirot-Delpech, de l'Académie française
10 février 1929 - 14 novembre 2006
 


Les écrivains officiels de la Marine, réunis autour de l'Amiral Battet, chef d'état-major de la Marine. 1er rang : Serge Marko - Jean Marie Chourgnoz - Bertrand Poirot Delpech - Michel Morht - Amiral Battet - Mme la MInistre - Jean François Deniau - Yves la Prairie -Jean Michel Barrault - Michel King ; 2ème et 3è : Jean Jacques Morvan qui cache ... P. Schoendoerffer - Michel Bez (au 3è r) - Eric Orsena - Didier Decoin (de profil) - Jean gabriel Montador (au 3è r) - PPDA - (au-dessus de JF Deniau) - François Bellec - Philip Plisson - Yann Quéffelec - Michel Déon - Christiane Rosset - Jean-Christophe Ruffin (novembre 2003 - photo © CPGP Marine - Marine Nationale)

(Source : Cols Bleus du 29-11-03)
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