Histoire
du BPC Mistral (2000 - 2006)

Une organisation industrielle complexe : DCN construit la partie arrière
des BPC à Brest, et les Chantiers de l’Atlantique la partie avant
à Saint Nazaire. Thales est également partie prenante pour
les radars et les systèmes de communications. |
2000
- Des navires prometteurs
Le
ministre de la Défense donne, le 8 décembre 2000, son feu vert pour
la construction de deux nouveaux navires Mistral
et Tonnerre à 3,5 milliards l'unité.
La Direction de la Construction navale (DCN) est maître d'oeuvre du programme
qui sera réalisé en collaboration avec les Chantiers de l'Atlantique (Alstom
Marine), à Saint-Nazaire. L'accord final entre DCN et les Chantiers de l'Atlantique
est signé quelques semaines plus tard. Un accord à l'arraché !
Si DCN reste maître d'oeuvre du chantier, Alstom est responsable du design
du navire.
DCN
assurera 55 % du chantier en temps de travail (2,5 millions d'heures, pour une
moyenne de 450 personnes) et 60 % en valeur. Ce chantier de cinq ans représente
une grosse bouffée d'oxygène pour DCN-Brest dont le plan de charge depuis la
fin des constructions du Charles de
Gaulle et des plates-formes pétrolières SFX est resté bien modeste.
Le
programme "Nouveau transport de chalands de débarquement" (NTCD), dont la réalisation
est notifiée à l'industrie le 22 décembre (signature du contrat interne DGA
/ DCN) sera révolutionnaire à plus d'un titre. En effet, si les
budgets suivent comme prévu, le délai de réalisation de chaque bâtiment sera
seulement de trente-quatre mois, contre 46,5 mois pour le Siroco,
dernier TCD en date construit à Brest.
C'est
aussi fin décembre que la Marine nationale décide de changer l'appellation
des navires. Leur silhouette rappellant davantage celle des porte-hélicoptères
alliés désignés par landing helicopter dock (LHD). Les NTCD deviennent alors
des "Porte-hélicoptères d'intervention" (PHI).
2001
- Le projet se précise - DCN soustraite une partie des blocs en Pologne

Un énorme portique est mis en place au dessus du bassin 9 à
Brest pour assurer la manutention des blocs. |
L'appellation
PHI ne tiendra pas bien longtemps. Décidemment, on se sait pas comment
les appeler ces étranges bateaux ! Début 2001, les PHI deviennent
« Bâtiments de Projection et de Commandement »
(BPC).
C'est
aussi une année morose pour les BPC, qui voit leur construction
retardée, entre autre pour des problèmes administratifs
liés à l'application du nouveau code des marchés publics.
L'avis
favorable de la commission spécialisée des marchés arrive enfin le 13 juillet.
Le contrat d’études et de réalisation de la partie avant peut alors être
notifié le 30 juillet, par DCN aux Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire.
Des
équipes communes DCN/Alstom sont formées, et le démarrage du plateau
de conception DCN-CA à Saint-Nazaire a lieu le 3 septembre. C'est décidé,
DCN construira la partie arrière des BPC et les Chantiers de l’Atlantique
la partie avant. L'assemblage des deux parties se fera au bassin n°9
à Brest.
Le
27 septembre, une revue de lancement des études de conception a lieu entre le
SPN (Service des Programmes Navals) et DCN. Des cycles de réunions de travail
entre l'état-major de la Marine, la Direction Générale
de l'Armement, DCN et les Chantiers de l'Atlantique sur la définition générale
du projet (plan d’ensemble), se poursuivent jusqu’au 20 décembre 2001.
C'est
en décembre que l'on apprend que trois blocs de chaque bateau, ainsi
que des panneaux-plans, seront sous-traité par DCN au chantier Stocznia
Remontowa de Gdansk (Pologne) et une de ses filiales.

Des blocs sont sous-traités au chantier Stocznia
Remontowa de Gdansk (Pologne), puis remorqué par barge jusqu'à
Brest. |
Emoi chez les syndicats
qui y voient une forme de délocalisation. La direction de DCN fait pourtant
remarquer que la sous-traitance polonaise, qui correspond à un peu moins de la
moitié de ce que réalise DCN en tonnage de coque, représente seulement près de
3 % du prix du navire.
Les
éléments produits en Pologne sont moins techniques, comportant des soutes à
gas-oil ou des tanks de ballast. D'autres blocs plus compliqués seront construits
à Brest, comme le numéro un sur lequel sont fixés les « pods » de propulsion,
ou le six qui comporte des soutes à munitions. Une clause stipule que des ouvriers
polonais doivent être présents sur le chantier brestois lors de l'assemblage
des blocs arrière. Au
total, ce n'est pas 3 blocs mais 12 sur les 17 blocs, que DCN soustraitera en
Pologne.
2002
- Découpe de la première tôle - Le Havre, ville marraine ?
Les
caractéristiques militaires des bâtiments sont maintenant définies
dans les grandes lignes. L’objectif de la Marine est une disponibilité
de 95%, soit 350 jours par an. Pour ce faire, on envisage de doubler les
équipages des deux futurs bâtiments de projection de commandement à l’instar
de ceux des sous-marins nucléaires.

En cours de montage sur la ligne d'attinage du bassin n°9 de l'arsenal
de Brest (septembre 2003). |
En
avril, la ville du Havre fait les premières démarches pour devenir
marraine du Mistral. Le Havre
veut s'inscrire dans la tradition des villes marraines qui soutiennent un bateau
de guerre.
La
découpe de la première tôle du Mistral
a lieu à Brest le 9 juillet. La cérémonie officielle qui devait avoir
lieu est cependant annulée. La direction de DCN craignant que les syndicats,
CGT en tête, en profitent pour en perturber le bon déroulement. La phase
d'industrialisation des bâtiments Mistral
et Tonnerre débute peu après.
Les BPC sont
les premiers navires de la Marine à être classifié par un organisme de vérification,
le Bureau Veritas qui surveille l'assemblage du bateau au fur et à mesure du
chantier.
2003
- Mise sur cale, DCN et Alstom mettent le turbo
De
leur coté, les Chantiers de l'Atlantique, à Saint-Nazaire, découpent
la première tôle de la partie avant le 28 janvier 2003. Les Chantiers de l'Atlantique
ont eux-mêmes la responsabilité de quinze blocs, correspondant à l'avant.
En
mai à Brest, le bloc numéro 4 du Mistral
est le premier à être assemblé : Il pèse environ 340 tonnes et mesure
28 m de large sur 15 de long. C'est à partir de cette date que l'imposante
barge Mulos, tractée par le remorqueur allemand Steinbock, va faire d'incessants
allers-retours entre Gdansk et Brest pour ramèner des éléments
qui rejoignent le puzzle géant en cours de montage sur la ligne d'« attinage
» du bassin neuf de l'arsenal.
Le
premier élément de la partie arrière du Mistral
est posé au bassin à Brest le 10 juillet 2003, et peu après,
le premier bloc de la coque arrière du Tonnerre
est mis en cale le 26 août 2003 (il s'agit du bloc maître qui servira
de référence pour le montage de la partie arrière du navire). Les deux parties
arrières des bâtiments sont construit face à face dans le
même bassin. La difficulté est de coordonner les mouvements des 32 blocs
de chaque navire. C'est un véritable jeu de taquin pour optimiser la surface
de travail. Il faut tout gérer en flux tendu pour tenir les délais.

La partie avant du Mistral, à flot à Saint Nazaire (février
2003). |
Le 13 octobre, cette
fois c'est à Saint Nazaire que le premier bloc (441 tonnes) de la partie
avant du Mistral est posé
aux Chantiers de l'Atlantique, en présence d'officiels des Chantiers, de la DCN
et de la Marine nationale.
2004
- Mise à flot et assemblage
La
mise à flot de la partie avant du Mistral
a lieu le 23 janvier 2004 à Saint-Nazaire, en présence de
Pierre Lamoulen, Directeur des Services des Programmes Navals de la Délégation
Générale pour l'Armement, et Patrick Boissier, Président d'Alstom Marine et
de représentants de la Marine nationale et de DCN.
Les
deux BPC (Bâtiments de projection et de commandement), en cours de construction,
sont suivis de près, avec d'ailleurs, depuis septembre dernier, un plateau ingénierie,
de 35 à 40 personnes, installé au chantier N. de Saint-Nazaire sous la direction
de Jean Philippe, architecte d'ensemble BPC.
A
Brest aussi, les constructions du Mistral
(BPC 1) et du Tonnerre (BPC 2) se
font en parallèle. Les deux parties arrières des BPC sont placées
l'une face à l'autre dans le bassin 9. Un ascenceur placé
entre les deux parties arrière permet aux ouvriers du chantier d'accéder
rapidement aux bâtiments. En avril 2004, neuf mois après la pose
du premier bloc, la coque de la partie arrière est achevée.

Arrivé du bloc avant à Brest (19 juillet 2004). |
Le
15 juillet, à Saint-Nazaire, DCN a pris possession de la partie avant du BPC
Mistral construite par Alstom-Chantiers de l’Atlantique. Lors d’une brève cérémonie,
M. Patrick Boissier, PDG d’Alstom Marine, remet solennellement la partie avant
du Mistral à Bernard Lucas, directeur de DCN-Navire et Systèmes, en présence
de l’IGA Labrande, directeur du SPN, et du CV Antoine, chef du bureau programmes
bâtiments de surface de l’EMM.
La
partie avant du Mistral quitte
St-Nazaire le matin du 17 juillet, tirée par un remorqueur, et prend
la direction de Brest pour y accoster le 19 juillet. Dans la matinée, DCN
avait fait de la place au sein du bassin 9, où se trouvaient à la fois l'arrière
du Mistral et l'arrière du
Tonnerre. Cette partie est amenée
au bassin 8, habituellement réservé aux sous-marins nucléaires
lanceurs d'engins.
La
jonction des deux parties se fait en deux étapes. Celle entre le pont et la
coque doit prendre trois semaines; celle qui concerne tous les ponts et les
cloisons est prévue sur neuf. Les câbles et tuyauterie sont raccordés également.
Il reste ensuite à finir l'armement de la partie arrière, actuellement réalisé
à 80 %. La partie avant est, elle, quasi terminée. La totalité de l'ensemble
des soudures de jonctions est terminée pour septembre 2004.
Le
ministre australien de la Défense, Robert Hill, se dit « très intéressé
» par l’acquisition des plans du Mistral
et le transfert de technologies, pour réaliser un sister ship. Pour preuve,
le 30 septembre, l'Australie signe avec Armaris (une filliale de DCN et Thales)
un contrat d'étude pour la faisabilité de la construction de deux BPC en
Australie. On
se souvient qu'un pétrolier-ravitailleur (HMAS Success) avait
été construit sur le modèle de nos PR Durance
en Australie. La France est en concurrence avec le chantier espagnol Izar dans
cette affaire... (NDRL : En juin 2007, ce sera finalement le chantier espagnol
qui sera choisi. Il est vrai que la concurence était un peu biaisée
dans le sens où Navantia - ex-Izar - proposait un package comprenant
"frégates type F100 + BPC" qui convenait plus aux australiens).
La
cérémonie de mise à flot du Mistral
a lieu le 6 octobre 2004. Aidé par quatre remorqueurs et deux pousseurs,
le BPC s'élance pour la première fois dans la rade de Brest. Sans fausse
note.

Lancement du BPC à Brest (6 octobre 2004) |
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Lancement du BPC à Brest (6 octobre 2004) |
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Au mouillage à Brest (12 février 2005). |
Le vice-amiral Alain
Dumontet, commandant la FAN, est enthousiaste.
Tout l'"état-major" de DCN est présent, mais également
Patrick Boissier, président d'Alstom marine (Chantiers de l'Atlantique). Ce dernier
souhaite montrer qu'il n'est pas là en simple co-traitant, mais tente de "marquer
des points" dans la perspective de futurs contrats, tel le programme du futur
porte-avions. Les deux BPC en construction (Mistral
et Tonnerre) représentent à eux deux
un coût de 560 millions d'euros, hors certains équipements fournis par la Marine.
En comparaison, le BPC Ocean de la Royal Navy aurait coûté 50% de plus
que le Mistral.
2005
- Essais et retard dans la mise au point du système de combat
Amarré
au quai d'armement de l'arsenal de Brest, le Mistral
poursuit ses travaux de finition et d'aménagements intérieurs. Le 28 janvier,
il quitte le quai d'armement pour un mouillage sur coffre en en rade abri, pour
y effectuer des essais d'équipements et de matériels. Une première mise en
fonction des PODs a eu lieu le 31 janvier 2005. Du
12 au 16 février 2005, le bâtiment devait embarquer au port de commerce pour
l'essais contractuel d'embarquement d'un Groupement Interarmées Embarqué (450
hommes de troupe et leur matériels, 60 véhicules projettables de différents
types. Les essais seront toutefois repoussés suite à des conditions
météorologiques défavorables.
Le
Mistral reçoit le 8 février
ses premiers hélicoptères sur le pont d’envol. Ainsi à 10h10, un Lynx
de la 34F a apponté au spot
5, suivi à 10h30 par un Cougar de l’armée de Terre. Celui-ci a participé
aux essais contractuels d’alimentation électrique. Ces exercices sont les premiers
d’une longue série qui permettront de valider la plateforme et les interfaces
pour les différents modèles d’hélicoptères qui armeront le bâtiment ou seront
susceptibles d’y apponter.

Prise de commandement du CV Jubelin
(4 mars 2005 - Photo Marine nationale - Alain Monot). |
Du
17 au 21 février 2005 le Mistral
retrouve le bassin 9 qui l'a vu naître, pour une expérience de stabilité et
le nettoyage de sa carène.
Le
4 mars 2005, le commandant de la Force d'action navale, le vice-amiral d'escadre
Alain Dumontet est venu à Brest faire reconnaître le capitaine de vaisseau
Frédéric
Jubelin comme commandant du bâtiment de projection et de commandement Mistral.
Le
CV Jubelin est entré à l'Ecole navale en 1979, il a successivement été affecté
sur le patrouilleur Canopus aux Antilles, puis sur la vedette Aramis
à Bayonne, avant d'occuper des fonctions à bord de la frégate Georges-Leygues.
Après avoir été professeur au CIN de Saint-Mandrier, il rejoint, en 1990, les
services de l'Etat-major à Paris. Il prend ensuite le commandement du Batral
La Grandière avant de rejoindre
le collège interarmées de Défense. Nommé, en 1995, chef du groupement opérations
sur le Jean-Bart, il
prend part au conflit en ex-Yougoslavie, puis revient au CIN de Saint-Mandrier
en qualité de chef du département systèmes de combat. Il commande alors, pendant
deux ans, le TCD Ouragan et il est
affecté comme attaché naval à l'ambassade à Rome ainsi qu'attaché de défense
non résident à Malte. Il a rallié Brest depuis septembre dernier et, après avoir
suivi la fin de la construction du navire, il est chargé d'assurer la conduite
des essais en mer.
Le
BPC Mistral a effectué sa première
sortie en mer le 21 mars 2005. Cette sortie marque le début d'une campagne
d'essais ayant pour but de vérifier les performances du navire. Elle permet
également à l'équipage de la Marine de prendre en main le navire. Cette campagne
de plusieurs mois aboutira à l'été avec la réception du Mistral
et son transfert vers le port de Toulon.

Au bassin du port de commerce de Brest (2 septembre 2005). |
Le 5 avril 2005, plus
de 450 militaires de différents corps de l'armée de Terre, auxquels se joignent
des élèves de l'École de maistrance, embarquent à bord à
l'occasion d'essais en charge. L'opération la plus spectaculaire est l'embarquement
des 55 engins, camions de matériel, tractopelle du génie, chars de reconnaissance,
et véhicules blindés qui prennent place dans les ponts du navire.
Du
1er au 9
septembre 2005, le Mistral
est dans la forme numéro deux du port de commerce. Ce passage en bassin est
l'occasion d'effectuer un nettoyage de la carène et des petits travaux, ainsi
que divers réglages. Il sera également utilisée pour des vérifications sur le
pod de propulsion ainsi qu'à une visite du pod tribord.
Alors
que le premier BPC, le Mistral,
est encore en essais à Brest, un contrat de faisabilité a été achevé pour un
navire dérivé destiné à la marine australienne (ce bâtiment serait un
peu plus gros, avec une section supplémentaire de 20 mètres). Si le projet australien
est connu de longue date, selon la lettre d’information stratégique TTU, l’Espagne
serait également intéressée par le BPC et le projet en serait au même niveau.
« Une fois cette phase (définition du design) de réduction des risques terminée,
les deux pays pourraient lancer des appels d’offres ». Mais ce n'est pas
tout car dans une interview à l'Indian Express, l'amiral Prakash, chef
d'état-major de la Marine indienne, montre un certain intérêt
pour le Mistral, qui pourrait
équiper la Marine indienne, en attendant la construction de navires
de conception locale.
2006
- Livraison à la Marine - Intervention au Liban

Au quai d'honneur de la base navale de Toulon, face au ferry Mega Express
II de la compagnie Corsica Ferries (23 février 2006). |
Le
calendrier du Mistral prend
du retard. En cause, des problèmes de mise au point du système de combat.
Le SENIT 9 (système d'exploitation
naval des informations tactiques) est un outil complexe, et la mise au point
d’un tel ensemble réclame du temps.
Le
Mistral quitte Brest le 7 février.
Après avoir franchit le détroit de Gibraltar, il rallie Toulon,
son nouveau port base le 14 février 2006. Le bâtiment est toutefois
encore sous "pavillon DCN", le transfert à la Marine étant
prévu à la fin du mois. Le
14 février également, le maire du Havre, Antoine Rufenacht, confirme
que le Mistral, aura bien la
ville du Havre comme marraine. Une fois admis au service actif le bâtiment devrait
venir en escale au Havre en 2007.
Le
service des programmes navals de la délégation générale pour l'armement (DGA/SPN)
procéde, le 27 février 2006, à la réception contractuelle du Mistral
à Toulon
et le remet à la Marine nationale. La cérémonie de baptême du bâtiment
qui devait se dérouler ce jour est toutefois annulée, en raison des réserves
qui sont émises sur le système de combat, toujours en cours de
réglage. La plate-forme (coque, propulsion, énergie) ne pose de son coté
pas de problème majeur.
Le
8 mars 2006, le BPC Mistral
effectue son premier ravitaillement à la mer avec le pétrolier-ravitailleur
Meuse.
Une
opération de présentation à la presse a lieu le 9 mars.
De nombreux journalistes, dont ceux de de TF1, France 2, France 3 et du Monde,
sont embarqués à bord du BPC pour une
journée à la mer au large de Toulon. A cette occasion et pour
la première fois, un hélicoptère de transport NH90 version navale apponte
sur le Mistral.

Premier appontage d'un NH90 au large de Toulon (9 mars 2006). |
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Au quai d'honneur de la base navale de Toulon (23 février 2006). |
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A l'occasion de sa traversée de longue durée, le BPC Mistral
embarque deux Chalands de Transport de Matériel (CTM) de la flottille
amphibie de Toulon (avril 2006). |
Traversée
de longue durée en océan Indien (21 mars - 31 mai 2006)
Parti de Toulon
le 21 mars pour sa traversée de longue durée, avec à son
bord les CTM 30 et 31 de la flottille amphibie, le BPC Mistral
arrive le 27 au large de La Rochelle, où le rejoignent la
Foudre, de retour de mission Corymbe, et l'aviso LV
Lavallée. Les bâtiments participe jusqu'au 30 mars à l'exercice
Skreo avec les embarcations du 1er escadron amphibie du 519e régiment
du train de La Palice.
Du 8 au 12 avril,
le Mistral effectue une escale
à La Sude (Crète). C'est sa première escale à
l'étranger. Le bâtiment franchit le canal de Suez les 14
et 15 avril, puis débute son transit en mer Rouge.
Le 17 avril, à
peine franchi le détroit de Jubahl, le Mistral
est sollicité pour porter secours au porte-conteneurs français Chopin
de la compagnie CMA-CGM dont l’un des marins doit être rapidement examiné par
un médecin. Dans une mer bien formée, l’équipe médicale et son matériel sont
transférés de nuit à bord du navire pendant que le BPC patiente en patrouille
à proximité du géant de 90 000 tonnes. Une demi-heure plus tard, le Chopin
reprend sa route vers Suez, rassuré sur l’état de santé de son mécanicien qui
a pu rester à bord.
Le 19 avril, à
l'issue du déradiage des 2 CTM, le Mistral
accoste à Djibouti où il stationne jusqu'au 22. Au cours
de cette escale, un ravitaillement humanitaire est réalisé à Tadjoura par les
chalands de transport de matériel (CTM) de la flottille amphibie embarquée à
bord. Le Mistral effectue également
un entraînement avec l'EDIC Dague,
stationné à Djibouti. Quittant
Djibouti le 22 avril, le bâtiment transite vers le golfe d'Aden et l'océan
Indien. Divers essais ont lieu pendant ce transit, dont des essais d'arrosage
en pluie et de protection NRBC.

Evacuation de ressortissants français et étrangers à Beyrouth (25 juillet
2006 - Photo Mindef) |
Du 29 avril au
5 mai, le Mistral est en escale
à Cochin (Inde). A cette occasion a lieu le 2 mai la manifestation
"Defense Industrial Days" qui permet aux industriels militaires français
et indiens de se rencontrer. Quittant l'Inde, le BPC rallie Djibouti
où il stationne du 11 au 16 mai. De nombreux exercices sécurité
ont lieu jusqu'au franchissement du canal de Suez le 21 mai. Puis il fait escale
à Akzaz (Turquie) du 23 au 28 mai. Le
Mistral est de retour à
son port base de Toulon le 31 mai.
Début juin,
le Mistral effectue les exercices
BAM (Brigade aéromobile) puis Caïman, ce dernier étant spécialement
dédié à l'action amphibie. Le 19 juin, le bâtiment,
alors à quai, accueille à son bord le ministre de la Défense,
Michèle Alliot-Marie.
Intervention
au Liban
Le 12 juillet, à la suite de l'enlèvement par les chiites libanais du
Hezbollah de deux soldats israéliens et de la mort de trois autres dans
la même attaque, Israël lance une offensive aérienne et maritime au Liban
d'une ampleur sans précédent depuis 1996. Un blocus général est opéré.
Comme en
1982, une noria va s'établir entre Larnaka (Chypre) et Beyrouth
pour évacuer les ressortissants. La Marine met en place des moyens maritimes
dans le cadre de l'opération Baliste : (Jean
de Vienne , Siroco,
Jean Bart, ...).
Le BPC Mistral
appareille dans la nuit du 19 juillet de Toulon. Son escorte est assurée
par la frégate (un Panther
de la 36F) qui appareille le
18 juillet, et arrive sur zone le 22 juillet. Les français ne sont pas
seuls, puisqu'au total une quarantaine de bâtiments de diverses nationalités
se retrouvent sur zone.

Prise de commandement du capitaine de vaisseau Gilles Humeau (08/06/2006
- Photo Raymond Reboul). |
Le 28 juillet, il
effectue la dernière rotation de la journée avec 1 300
ressortissants à son bord qui seront débarquées
le samedi 29 à Larnaca.
Le 1er août, escorté par le Jean
Bart, il débarque 200 tonnes de fret humanitaire au port de Beyrouth.
Une nouvelle rotation est effectuée le 6 août, le Mistral débarque
262 palettes de fret humanitaire avant d’embarquer des ressortissants. Le
10 août, une nouvelle rotation entre Larnaca et Beyrouth est effectuée
: à l'aller, le Mistral débarque les 160 palettes de fret
embarquées la veille à Larnaca, au retour, il procède à
l'évacuation de 600 ressortissants dont 400 Français. Le 17 août,
accompagné du Jean Bart,
il débarque à Saïda 215 palettes de fret. Le Mistral
est de retour à Toulon le 31 août.
Le 8 septembre
2006, le capitaine de vaisseau
Gilles
Humeau a été reconnu comme nouveau commandant du BPC
Mistral par le vice-amiral
d’escadre Philippe Sautter, commandant la force
d’action navale. Le CV Humeau, commandant en second depuis le 29 juillet
2005, succède au CV Frédéric Jubelin, commandant du Mistral
depuis le 6 septembre 2004, qui prendra la direction du DIRSIM de Toulon. Une
cérémonie a eu lieu à bord du bâtiment.
Du 29 septembre
au 13 octobre, le BPC Mistral,
les frégates Jean Bart
et Guépratte, le BCR
Marne, le BTS Bougainville,
les chasseurs de mines Lyre et
Capricorne, ainsi que le
BSP Malin
participent à l'exercice Brillant Midas en Méditerranée
occidentale. Cet exercice maritime et amphibie majeur rassemble pas moins de
34 bâtiments de surface, 6 sous-marins, 35 aéronefs et plus de 5000 militaires
venus de 10 pays différents. Il permet de certifier la marine espagnole
qui prendra, en janvier, le commandement de la composante maritime de la force
de réaction rapide maritime de l’OTAN (Nato Response Force – NRF), dont la France
fournira la composante amphibie. Un spectaculaire débarquement amphibie
a lieu le 9 octobre sur une plage près de Perpignan. Quatre-vingt véhicules
et environ 350 hommes se sont alors déployés sur la plage et ont
emprunté en convoi les routes avoisinantes vers Port Vendres avec pour
mission de prendre le contrôle du port afin de pouvoir y acheminer des
renforts éventuels.

En rade de Toulon (25 novembre 2006). |
Le Mistral
effectue le 23 novembre, au cours d'une sortie d'exercice en Méditerranée, un
tir de missile portant son nom (Mistral)
qui a été tiré avec succès depuis son lanceur Simbad,
explosant en détruisant sa cible Dornier. Il s'agissait du tout premier tir
de missile effectué par le navire.

Le capitaine de vaisseau Gilles Humeau. |
Très apprécié pour
ses importantes capacités de commandement, de logement et de manoeuvrabilité,
le Mistral reste, au
goût des marins, trop peu équipé en matière d'autoprotection. Cette situation
empêche tout déploiement sans escorte du BPC dans une zone pouvant présenter des
risques. Faute de crédits, les deux canons de 30 mm, initialement prévus, n'ont
toujours pas été embarqués. Toutefois, le ministère de la Défense envisage, ultérieurement,
de remplacer les deux lanceurs doubles Simbad
par des Mica VL, dérivés des missiles air-air équipant les Rafale
et Mirage. Les cellules seraient logées dans les encorbellements de la
poupe. DCN Equipements Naval, à Ruelle (Charente), travaille à la mise au point
des futurs lanceurs du Mica VL. Un premier tir d'essai doit être effectué début
2007 (source Mer&Marine).
Le Mistral
est admis au service actif à compter du 15 décembre 2006.
Cette décision est l'aboutissement d'années d'efforts et de persévérance.
L'admission au service actif est faite avec toutefois encore des réserves
concernant le système de combat, la mise au point d'une version acceptable
prendra quelques mois.
Suite
de l'histoire...
Texte
Jean-Michel Roche pour Net-Marine © 2007. Copie et usage : cf. droits
d'utilisation.