Histoire et actualités du SNLE-NG Le Vigilant
![]() Embarquement de la piscine du réacteur. |
1er octobre
1997 : Embarquement de la piscine du réacteur. Cette pièce,
importante à la fois par sa fonction et par ses dimensions, fait six mètres
de diamètre, dix mètres de haut et pesait 220 tonnes au moment de son installation
dans le sous-marin. Avant de l'embarquer à l'aide d'un système de palonniers
dans le Compartiment Chaufferie Nucléaire (CCN), il aura fallu au préalable
procéder au montage d'un chemin de glissement. Un travail d'une durée d'un mois.
Une fois la piscine en place, une deuxième journée est nécessaire .. pour parfaitement
disposer le bloc au millimètre près dans la couronne, aussi bien en position
axiale qu'en rotation explique Fabrice Voisin, jeune chef de travaux montage
mécanique.
![]() La section 2 du Vigilant. |
L'opération d'embarquement proprernent dite a été effectuée pur une équipe de huit personnes concernant la partie mécanique, à laquelle il faut ajouter une équipe des Mouvements Généraux ainsi que des échafaudeurs.
La section 2 du 3ème SNLE de la série type Le Triomphant a été positionnée le 17 décembre, sur sa ligne de tins au chantier Laubeuf. D'une trentaine de mètres pour un poids de 1500 tonnes, la section, composée du compartiment chaufferie nucléaire et d'une soute missiles a été transférée de la nef PL à la nef CA par douze marcheurs. Cette opération, parfaitement réalisée par du personnel du service des mouvements généraux, aura duré une douzaine d'heures.
Le 18 mars 2003, le glissement de la ligne d'arbre, dernière opération d'envergure avant la mise en bassin, s'est effectué sur Le Vigilant, dans l'enceinte du chantier Laubeuf. 22 tonnes, 18 mètres de long, la ligne d'arbre construite à l'établissement de Ruelles est la liaison entre le moteur du sous-marin est l'hélice qui va le propulser. Malgré la simplicité de sa fonction, les ingénieurs de DCN ont accordé une attention particulière à sa conception. Les supports, également appelés paliers, « chantent » lors de la rotation de l'arbre. Le seul palier en place sur Le Vigilant assure une acoustique quasi nulle.
![]() Le Vigilant au bassin. |
Le Vigilant devait être présenté officiellement le 12 avril dans la nef de « construction assemblage » du chantier Laubeuf. Mais, le 17 avril au soir, la direction de DCN décidait d'annuler la cérémonie de présentation suite à une action "musclée" (saccages de bureaux de cadres) de quelques uns parmi les 1500 salariés le matin même. De leurs côtés les syndicats condamnent l'annulation des cérémonies de présentation et considère que leur manifestation a été prise comme « un alibi facile ».
Le sous-marin est toutefois acheminé de son hall d'assemblage vers le bassin d'achèvement, l'ouvrage Cachin, via des robots marcheurs. Une opération qui débute à la mi-avril 2003 et dure huit heures pour parcourir les 250 m grâce à 36 robots mobiles synchronisés. Une semaine après son transfert, Le Vigilant est descendu peu à peu au fond du bassin où il est fin prêt, à être transféré sur le dispositif de mise à l'eau pour ses premiers essais en mer avant de rejoindre la FOST.
Le 19 avril 2003, sous l'oeil attentif des responsables du chantier de la DCN, le sous-marin entame sa lente descente vers le fond du bassin dans lequel il repose pour quelques mois encore. Les travaux à bord reprendront dès mardi et le chargement du coeur nucléaire est prévu en juin.
Le 16 mai 2003, le SNG est au coeur d'un scénario d'exercice pour l'arsenal : « La chute d'un objet lourd dans le compartiment chaufferie nucléaire provoqué la dépressurisation et la vaporisation du circuit primaire, entraînant la détérioration de 1 % du combustible du coeur ». Cet exercice qui présage la mise en place prochaine du coeur nucléaire dans Le Vigilant, permet d'entraîner les marins-pompiers et les spécialistes en radioprotection. Les faux blessés sont isolés avant d'être décontaminés sous tente. Cinq heures plus tard, tout est rentré dans l'ordre.
![]() Le sous-marin sort le 17 mars 2004 de son bassin d’achèvement. |
Livré à la Direction des constructions navales (DCN) en juillet, le réacteur a divergé (démarré) le 12 septembre. Depuis le 19 septembre, la longue coque noire du Vigilant baigne dans l'eau de mer. Le bâtiment de guerre ne flotte pas encore, il procède d'abord aux différents tests d'étanchéité. Cette mise en eau permet également d'entamer la phase de contrôle du fonctionnement en autonomie du réacteur nucléaire. Une maquette, à l'échelle 1, d'un missile M 45 et de son enveloppe a également été embarquée.
Le 23 octobre 2003, le capitaine de vaisseau Éric Schérer est reconnu comme premier commandant du Vigilant.
Le sous-marin sort le 17 mars 2004 de son bassin d’achèvement, à l’arsenal de Cherbourg. Après un an de finitions, cette étape marque le début de la phase active du bâtiment qui effectue des essais dans la rade de Cherbourg, avant de rejoindre Brest le 1er avril.
Au large de la cité du Ponant, il effectue ses premiers essais de plongée par grands fonds.
Le 2 juin 2004, à 00h01B, dans l’Atlantique nord, Le Vigilant effectue avec succès le 34e tir d’un missile mer-sol balistique stratégique d’exercice (et le 5e du type M45) de l'histoire de la dissuasion océanique. Nom de code «Teutatès». Tout au long du vol, de la pointe Sud de la Bretagne jusqu’à la cible proche de la Guyane, la DGA et ses partenaires ont analysé le comportement du missile mais aussi testé les innovations technologiques liées au développement du M51 appelé à remplacer progressivement le M45 à partir de 2010.
![]() Le Président de la République à bord du Vigilant ( Photo © Service photographique de la Présidence de la République) |
Sur la base navale de Faslane a été officialisé, les 1er et 2 juillet, le jumelage des SNLE français Le Vigilant et britannique HMS Vigilant. 25 marins du submersible français ont accompagné le VAE Thierry d’Arbonneau. La veille de la cérémonie, les marins français ont pu visiter une filiale de Thales, implantée près de Glasgow, et se mesurer ensuite au fighting-spirit des Britanniques lors d’un match de football.
Le 26 novembre 2004, Le Vigilant est admis au service actif.
Le Président
de la République Jacques Chirac se rend le 19 janvier 2005 à l'Ile-Longue
et sur la base aéronavale de Landivisiau. Au cours de sa visite à Landivisiau,
il passe en revue la composante aérienne des forces de dissuasion. Cinq appareils
lui sont présentés : un Mirage 2000N, un Super-Etendard modernisé,
un Rafale Marine, un Rafale Air, un avion ravitailleur C-135.
Puis le chef de l'État se rend sur la base sous-marine de l'Ile-Longue, où il
visite Le Vigilant. Lors d'un discours solennel,
Jacques Chirac confirmera son attachement à la dissuasion nucléaire.
Jean-Michel Roche pour Net-Marine © 2006. Pour copie et usage : cf. droits d'utilisation. Sources : Cols Bleus, Emergence, MCO.COM, Ouest France, Brèves MN, Le Télégramme - photo © DCN/CDIT.