Histoire et actualités du SNLE-NG Le Téméraire
![]() Assemblage dans la nef construction-assemblage du chantier Lauboeuf. |
(Sources : Cols Bleus, Le Télégramme, Ouest-France, Emergence photo © DCN/CDIT)
Fin 1989 : Découpage de la première tôle
Mi 1990 : Début de montage des tronçons
![]() Embarquement du SP2 |
Septembre 1994
: Début de phase propre du compartiment chaufferie nucléaire.
Le navire est désormais coiffé d'un sas pour permettre le montage
de la chaufferie nucléaire.
9 juin 1995 : Embarquement du berceau Sécurité plongée
n°2 (SP2)
13 juin 1995 : Embarquement de la verticale électrique
30 juin 1995 : Embarquement du berceau Sécurité plongée
n°3 (SP3). Ces berceaux sont largement pré-équipés, résultat d'une nouvelle
approche industrielle amorcée avec Le Triomphant
et qui doit permettre un gain de temps et une meilleure productivité. Les berceaux
sont ainsi pré-équipés à 70 % pour la chaudronnerie et à 90 % pour les carlingages.
L'organisation et le management sont essentiels dans cet objectif où la planification
des travaux joue un grand rôle. Avec le berceau SPI, le bateau a pris 150 tonnes
d'un coup, mais "150 tonnes de travail pratiquement fini".
![]() Mise en place de la cuve K15 du Téméraire. |
21 août 1995
: DCN Indret livre à Cherbourg la cuve K15 de la chaufferie nucléaire. Elle
est mise en place dans son tronçon de coque par le personnel d'Indret de l'ECTIME
(Echelon Cherbourgeois Technicatome-Indret de Montage et d'Essais).
30 août 1995 : Embarquement de la cuve du réacteur. Début
septembre, le Groupe Moteur entame une campagne d'essais, après son premier
tour de ligne d'arbre à la station d'essais SESAME d'Indret.
15 mars 1996 : Mise sous tension de l'usine électrique
26 avril 1996 : Embarquement du massif
![]() Le centre d'entraînemment SOUMENT. (photo © DCN Toulon) |
24 mai 1996
: DCN livre à la FOST (Force Océanique STratégique) le centre d'entraînement
SOUMENT/NG (SOUs-Marins ENTrainement) équipé de 6 simulateurs. Objectif de cet
outil : former et entraîner, avec des équipements réels, le personnel embarqué,
afin qu'il assure les fonctions de quart à la mer et au mouillage, ainsi que
la maintenance. Ces 6 outils de formation assistée par ordinateur couvrent les
domaines suivants : sécurité plongée pilotage, énergie propulsion, navigation
dissuasion et tactique. Le Centre d'informatique Opérationnel de Brest (CIOB)
a joué un rôle majeur. De son côté, DCN Ruelle a réalisé divers équipements
reconstituant les environnements à bord, et notamment la cabine élève du simulateur
"sécurité plongée pilotage".
Juin 1996 : Embarquement du groupe moteur
20 juin 1996 : Jonctionnement de l'arrière
30 août 1996 : Embarquement des diesels générateurs
23 septembre 1996 : Jonctionnement de l'avant
![]() Embarquement d'un élément de la batterie arrière. |
Janvier 1997
: Embarquement de la batterie arrière. L'embarquement s'est déroulé
pendant 2 semaines à partir du 6 janvier. Le sous-marin fonctionne en
349 volt continu. Chaque élément fournit un peu plus de 2 volts.
Il en faut donc 160 à l'arrière, montés en série
et autant à l'avant, pour arriver à la tension de 349 volts continus.
Chaque alternateur pesant 600 kilo, le Téméraire a donc pris d'un
seul coup 100 tonnes. Ces batteries au plomb et à l'acide sulfurique
viennent en relais des turbines alternateurs-redresseurs alimentées par
la chaufferie nucléaire. Elles sont fabriquées par la CEAC (Compagnie
Européenne des Accumulateurs) de Lille, spécialement pour l'utilisation
à bord des sous-marins.
Avril-mai 1997 : Essais globaux de la chaufferie nucléaire
Avril 1997 : Positionnement de la sphère de discrétion
acoustique. Embarquement de la batterie avant.
Mars 1997 : Essai globaux de la chaufferie nucléaire (qualification de
l'ensemble des installations aux conditions de température et de pression)
5 juin 1997 : prise d'Armement pour Essais
![]() Chargement du combustible à partir de l'Atelier Mobile d'Intervention |
Août 1997
: Le Téméraire a maintenant un coeur. Ce dernier a été "greffé" à son
réacteur à la fin du mois de septembre au terme d'une opération délicate qui
s'est déroulée sur le site de Cachin, dans un atelier mobile d'intervention,
qui a la particularité d'être étanche par rapport à l'atmosphère. Stockées dans
un endroit spécial sur la zone du Homet, la trentaine de barres constituant
le combustible, fabriquées à Cadarache (Bouches-du-Rhône), ont été une à une
placées à l'aide d'un pont roulant au-dessus de la cuve du réacteur, puis déposées
chacune dans une alvéole prévue à cet effet, grâce à une machine manuelle. L'équipe
de chargement créée il y a environ un an est composée exclusivement d'opérateurs
des DCN et de Technicatome spécialisé dans ce type de travail. Ils auront
fait ou préalable des répétitions sur maquettes. Le jour "J", des contrôleurs
sont également présents pour vérifier si les opérations se déroulent bien comme
prévu sur le papier. Quant à la manipulation du combustible "elle ne nécessite
pas de précautions particulières remarque Patrick Momeux. Les techniciens ont
juste des gants blancs, car, quand il est neuf, les protections sont beaucoup
moins lourdes". Détail essentiel pour l'environnement : "en cas d'incident,
cela resterait de toute façon confiné dans l'AMIP. Après l'embarquement du coeur,
on procède à la mise en place des structures supérieures, en particulier le
générateur de vapeur. Des tests d'étanchéité sont bien entendu effectués. Les
barreaux chargés récemment dans le réacteur sont les premières matières nucléaires
du sous-marin. Ils sont destinés à fournir l'énergie permettant de faire tourner
les deux turbines qui servent à faire avancer le bateau.
8 août 1997 : Sortie de la nef Construction-Assemblage du chantier
Laubeuf vers le Dispositif de Mise à l'Eau
Octobre 1997 : Phase d'essai des diesels-générateurs
![]() Vue d'ensemble d'un turbo-alternateur |
Novembre 1997 : Les essais sous vapeur fossile des turbo-alternateurs ont été achevés le 14 novembre pour le "TA" bâbord, et le 21 novembre dernier pour le "TA" tribord. Les turbo-alternoteurs, qui ont pour rôle d'assurer la production d'électricité à bord, ont été concus pour la partie turbine par Thermodyn, pour les alternateurs par Jeumont Industrie pour la régulation de vitesse par Neyrpic, pour la régulation tension par Cégélec et pour la conduite par DCN Indret.
C'est au Creusot chez Thermodyn que les essais de qualification de performance ont d'abord été réalisés. Une première recette a été faite puis les 2 machines ont été livrée à Indret pour être montées sur le GMS (Groupe Moteur de Série). A partir de ce moment, une deuxième série d'essais contractuels de sécurité, d'endurance, de régulation et de performances en limite de puissance a eu lieu d'avril à novembre 1995 dans le contexte du GMS du Téméraire et dans une nef spécifique : la nef Sésame à Indret.
Au terme de cette
phase, les turbo-alternateurs ont été livrés sur le GMS à Cherbourg afin d'introduire
celui-ci dans le troncon de coque prévu à cet effet. De nouveau, des essais
de remise en service hors vapeur ont été lancés pendant 4 mois, puis d'autres,
sous vapeur cette fois ont suivi pendant un mois.
![]() Embarquement d'une maquette de missile. |
3 décembre 1997 : Une maquette fonctionnelle représentative d'un missile M45, en provenance de l'Aérospatiole, a été embarquée dans le tube lance-missile numéro 3 du Téméraire. Cette maquette, inerte d'un point de vue pyrotechnique et nucléaire, permet de tester les fonctions du futur missile par les logiciels du sous-marin.
Elle sera ensuite embarquée successivement dans les tubes 8 et 9. Une opération qui s'effectue sur une journée pour chaque tube, et, qui nécessite le concours des Mouvements Généraux, du Groupe Exploitation Missile, de l'Aérospatiale et de l'équipage du Téméraire.Cette intervention marque le premier grand jalon du long processus de qualification du Système d'Armes de Dissuasion M-45 du Téméraire. En effet, elle sera suivie à 1'lle-Longue d'un essai de Qualification Provisoire, réalisé cette fois avec une maquette pyrotechniquement active. Puis, le système sera validé à l'issue d'un essai de Confirmation de Qualification, exécuté avec un véritable missile opérationnel. Le système d'armes pourra alors être déclaré apte à remplir sa mission
![]() Depuis le Pupitre de Commande de la Propulsion (P.C.P), l'opérateur commande au moyen d'un levier la levée des absorbants de contrôle jusqu'à ce qu'apparaissent les premiers neutrons. |
12 janvier 1998
: Divergence du réacteur nucléaire. L'aboutissernent de tous les
travaux de montage, la divergence consiste à provoquer la première réaction
nucléaire de fission sur le réacteur du bateau. Si elle est importante sur le
plan de la soreté, l'opération proprement dite n'a duré qu'une heure et impliqué
juste quelques hommes, en l'occurrence une équipe de conduite de Technicatome
venue tout spécialement de Cadarache. Depuis le Pupitre de Commande de la Propulsion
(P.C.P), l'opérateur commande au moyen d'un levier la levée des absorbants de
contrôle jusqu'à ce qu'apparaissent les premiers neutrons. Ayant atteint une
cote critique, on va alors commencer à créer de l'énergie. La divergence marque
le début d'une période d'essais d'un mois et demi destinée à valider le fonctionnement
du réacteur avec son combustible. L'équipage d'armement n'assure pas encore
la conduite de la chaufferie nucléaire - la passation de pouvoirs entre Technicatome
et l'équipage se faisant une fois la chaufferie qualifiée pour essais. Durant
toute la phase d'essais, du personnel militaire est néanmoins intégré aux équipes
de quart de Technicatome. Une semaine après la divergence, le Téméraire
a été mis en eau afin de procéder aux essais en puissance.
![]() Le Téméraire a été mis en eau pour pouvoir poursuivre les essais de la chaufferie nucléaire. |
Janvier 1998
: Le Téméraire a été mis en eau pour
pouvoir poursuivre les essais de la chaufferie nucléaire en utilisant
les moyens de réfrigération naturels. C'est le 19 janvier que
le bassin Cachin a atteind le niveau d'eau optimal de 9.50 mètre. Un
niveau qu'il faut maintenir à 5 cm près, car un des plus grand
risque est le déséchouage du bateau. C'est un problème
de baignoire et de robinets, sauf que la baignoire fait plus de 4000 m2 !
![]() Prêt pour le grand bain ! Le Téméraire à quelques jours de sa première sortie de bassin |
Février 1998 : La montée en puissance du réacteur du Téméraire a démarré début février. Techniquement, l'opération consiste à ouvrir les vannes de vapeur et à distribuer cette dernière sur l'appareil moteur. Les turbines de propulsion tournent alors à vide jusqu'à un élément qu'on appelle l'embrayeur". Et pas au-delà, puisque le but de la manoeuvre bien sûr n'est pas de faire avancer la bateau mais de valider les interfaces entre la chaufferie nucléaire et l'appareil moteur ainsi que l'alimentation électrique fournie par les turbo-alternateurs. Une fois cette manoeuvre réalisée, au bout de trois semaines environ, cela veut dire que le sous-marin est autonome du point de vue électrique. Cependant on garde toujours les sources d'alimentation à terre.
Ces essais qui
sont les derniers finalement avant de faire tourner l'hélice du, Téméraire,
mobilisent les équipes de Technicatorne, l'équipage, qui a la conduite de l'appareil
moteur, ainsi qu'une équipe de DCN Indret.
Juin 1998 : Première sortie de bassin.
Décembre 1999 : Admission au Service Actif
![]() Le Téméraire au bassin à l'Ile Longue (photo MN) |
Depuis
le 18 juin 2001, et après 4 patrouilles opérationnelles depuis son admission
au service actif fin 1999, Le Téméraire
est en IE dite "longue". Par rapport à une IE opérationnelle de SNLE, qui
dure environ six semaines, cette période d'entretien s'étend sur neuf mois,
jusqu'en mars 2002, mais sans toutefois mériter l'appellation d'IPER, puisque
les éléments combustibles irradiés ne seront pas débarqués : il faudra encore
attendre quelques années avant que Le Téméraire
ne rentre en IPER.
Après des négociations serrées avec DCN et une phase de préparation de plusieurs mois, le contrat a été signé puis notifié le 1er juin pour un montant forfaitaire de 85MF, auquel il faut ajouter 37MF financés par la direction de programme Coelacanthe pour les travaux sur les circuits eau de mer. Ces travaux constituent en effet la raison d'être principale de cette IE, et les circuits eau de mer seront pour la plupart démontés et contrôlés, et éventuellement repris ou modifiés. Cette période est bien évidemment mise à profit pour réaliser également un entretien préventif un peu plus musclé que pour des IE classiques, ainsi que des contrôles sur la deuxième barrière de confinement de la chaufferie nucléaire, en avance de phase sur l'IPER, et des expertises et modifications diverses. L'état de besoin émis par l'équipage au retour de sa dernière patrouille n'a pas non plus été oublié, et certaines opérations de type correctif (débarquement de pompes d'assèchement pour visite) plus difficilement réalisables en IE, y ont été programmées. Les travaux ont lieu au bassin Nord de 1'lle Longue, et sont conduits par le chantier sous-marins de DCN Brest, en parallèle du cycle des IE opérationnelles, qui continuent à se succéder dans l'autre bassin, jusqu'à accueillir le SNLE Le Triomphant qui, avant de commencer sa première IPER, cédera sa dotation de missiles stratégiques au Téméraire. Celui-ci pourra alors, après cette période de travaux qui lui aura redonné le potentiel nécessaire, ayant retrouvé sa disponibilité opérationnelle, reprendre sa place dans le cycle de la dissuasion qui ne s'arrête pas.
![]() Signature de la charte de parrainage (photo MN). |
Le SNLE Le Téméraire et le 501/503e régiment de char de combat de Mourmelon ont signé leur charte de jumelage le 25 octobre 2001. À cette occasion, 20 sous-mariniers de l'équipage bleu se sont rendus à Mourmelon et une délégation du 501/503e RCC a visité la cité du Ponant et l'île Longue.
Mercredi 15 janvier 2003, une vingtaine de lycéens brestois de la classe préparatoire Marine du lycée Dupuy-de-Lôme ont visité le SNLE Le Téméraire. Cette visite à l'île Longue s'inscrit dans le cadre de leur formation complémentaire post-BEP.
Le Téméraire, sort, en janvier 2003, d'une période d'entretien d'environ cinq semaines à l'Ile Longue. Avec ses 130 marins, il s'apprête à partir pour une patrouille de 70 jours, coupé du monde.
Le 7 juillet 2004, la cérémonie de parrainage du sous-marin par le Conseil Général de la Haute-Marne a eu lieu à Chaumont, en présence du président du conseil général monsieur Bruno Sido. Le capitaine de vaisseau Charles Edouard de Coriolis, commandant Le Téméraire équipage bleu, et le capitaine de vaisseau Vincent Larnaudie Eiffel commandant Le Téméraire équipage rouge, ont signé la charte de parrainage.
Le 16 décembre 2005, Le Téméraire débute une période d'indisponibilité programmée pour entretien et réparations (IPER) à la base de l’Ile-Longue près de Brest. Cette IPER ne sera pleinement effective qu’à la remise en service de L’Inflexible. Ce dernier dont la période d'entretien était prévue à l’origine pour durer quelques semaines, va voir celle-ci prolongée de quatre mois. 750 personnes vont travailler sur le chantier du Téméraire pendant 21 mois.
En avril 2006, Le Téméraire débute la phase principale son entretien de longue durée, au fond du bassin 8 de la base navale, avec un an de travaux programmés à Brest, avant de finir son IPER à l’Ile-Longue. Après avoir laissé à sa base ses missiles et son cœur nucléaires, la coque, allégée de plusieurs centaines de tonnes (9 m de tirant d’eau au lieu des 11 habituels). Le Téméraire est le deuxième SNLE nouvelle génération à passer au contrôle technique de grande ampleur. DCN a réussi à présenter un devis de 30 % inférieur au premier, la facture de cet entretien s’élevant à 200 millions d’euros.
Le 21 juillet 2007, conformément au planning des travaux engagés en décembre 2005, dans le cadre du grand carénage du SNLE Le Téméraire, le transfert de responsabilité de DCNS vers la marine nationale a été effectué. Entre le 10 février 2006 (prise en charge du Téméraire par DCNS), les équipes DCNS ont assuré la conduite des installations du sous-marin sur la base de l’Île-Longue dans un premier temps, puis au bassin 8, situé sur la base navale de Brest, jusqu'au retour à l’Île-Longue le 10 avril 2007. Le planning prévoit maintenant les essais en arrêt chaud de la chaufferie nucléaire pour une première divergence qui intervient début août. DCNS procéde ensuite aux essais de propulsion sous vapeur, à quai puis à la mer courant septembre.