Les bâtiments ayant porté le nom de Saphir

(Source : Notice sur les bâtiments (R à Y) 45124 bis n°3 ; Les navires de guerre français de 1850 à nos jours - F.Doucet - éd. de la Cité Paris 1980 ; Les sous-marins français des origines (1863) à nos jours - H.Le Masson - éd. de la Cité Paris 1980 ; Flottes de combat 1988 - B.Prézelin éd. Maritime et d'Outre-mer, Paris 1989 ; Conway's directory of modern naval power 1986 - H.W.Conway - Conway Maritime London 1985 ; Cols Bleus 21/12/1951; photos collection Jackie Martin-Desbois / Yannick Le Bris)

1886-1897 : Une chaloupe canonnière à hélice.
Le nom de Saphir est utilisé tardivement comme nom de navire de guerre. Il est donné pour la première fois en 1886 à un bâtiment de surface, une chaloupe canonnière à hélice utilisée comme garde-pêche. Construit à Nantes, dans les chantiers Dubigeon. Sa carrière est de courte durée, et ne se distingue par aucune action significative. Après avoir servi aux colonies, surtout en Afrique, il est rayé des listes de la flotte française le 8 juillet 1897.
1908-1915 : Un sous-marin type Emeraude.
L'appellation est reprise, non pas par un bâtiment de surface, mais par un sous-marin, lancé à l'arsenal de Toulon le 6 février 1908. Sa carrière est beaucoup plus mouvementée. Il participe en effet activement aux opérations qui ont lieu autour de 1914 dans les parages de la mer de Marmara au début de la première guerre mondiale.
Après l'échec de la traversée des Dardanelles par les bâtiments de surface à cause des mines, décision est prise d'envoyer un sous-marin qui soit moins désavantagé à cet égard. Précisément, Bizerte venait d'équiper avec une batterie neuve le Saphir, sous-marin à coque unique type Maugos de la classe Emeraude. A Malte, on équipe les barres de plongées et le gouvernail avec des gardes antimines. Le Saphir pénètre alors dans le détroit. Mais au moment ou il arrive devant Nagara, après avoir avec succès traversé le champ de mines, une voie d'eau accidentelle se déclare alors qu'il se trouve par seulement 22 mètres de fond. Le Saphir s'échoue. En mettant les moteurs arrière toute, et en vidant les ballasts avant, il se dégage puis s'enfonce avec une bande de 45°. L'acide sulfurique des accus se déverse et l'air devint vite irrespirable. Le fond est touché, le manomètre indiquant 70 mètres. Les joints se mettent à fuir, et l'air comprimé étant épuisé, il faut pour remonter, recourir à la dernière ressource : larguer les plombs de sécurité.
En émergant, le Saphir est accueilli par le feu des forts du Détroit et de deux canonnières. Le commandant, le lieutenant de vaisseau Henri Fournier, essaie de replonger mais doit renoncer et voyant son navire perdu, il s'efforce de regagner le détroit pour être certain que celui-ci disparaîtra par le plus grand fond possible. Il essaie encore d'aborder deux torpilleurs ennemis, puis, à 1500 mètres de la côte, il fait remplir les ballasts et ouvrir les dernières prises d'eau (15 janvier 1915). Le commandant disparaît avec son sous-marin. Seul dix hommes seront repéchés.

1930-1943 : Un sous-marin mouilleur de mines.
Le troisième bâtiment à porter le nom de Saphir est un sous-marin mouilleur de mines type Normand-Ferraux armé par l'arsenal de Toulon et mis en service en novembre 1930. Il est en activité dès les premiers jours de la 2ème guerre mondiale. Au début des hostilités, en septembre 1939, le Saphir fait partie de la 2ème division de sous-marins, basée à Bizerte, avec le Rubis, le Turquoise et le Nautilus.
Le 7 février 1940, la 2ème DSM, à l'exception du Turquoise quittent Oran pour aller se faire caréner à Brest où elle arrive le 13 avec le Commandant Rivière et le Savorgnan de Brazza et le convoi 9R qu'elle avait escorté pendant cette traversée. Le Saphir quitte Brest le 21 avril 1940, escorté par l'Isère. Du 26 au 28 avril, il fait escale avec le reste, de la 2ème DSM à Gibraltar. Puis le Saphir est transféré à Bizerte. La seule opération de guerre effectuée par le sous-marin est le mouillage de 32 mines devant Cagliari en Sardaigne, le 12 juin 1940, ce pour quoi il est cité à l'ordre du groupe des sous-marins de Bizerte (citation de brigade) pour "opération de guerre particulièrement dangeureuse à proximité immédiate des côtes ennemies". Après l'armistice, le Saphir est placé en gardiennage à Bizerte. Il se trouve encore dans cette situation quand il est saisi par les Italiens le 9 décembre 1942. Remorqué à Naples, il n'est pas réarmé et est sabordé par les Allemands le 15 septembre 1943 après la capitulation italienne, en même temps que le Requin, l'Espadon et le Dauphin.

1952-1962 : Un sous-marin de type S.
Le quatrième Saphir est l'ex HMS Satyr, sous-marin type S construit aux chantiers Scott Greenock et lancé le 28 septembre 1942. En effet, avant de pouvoir disposer de sous-marins neufs, la France obtient de la Grande-Bretagne le prêt de quatre bâtiments pour l'entraînement à la lutte anti-sous-marine. Cette incorporation a lieu en 1952, il s'agit d'un sous-marin de type S, proche des Minerve français de 715 tw, construit pendant la guerre. Il est transformé pour son nouveau rôle : l'armement est débarqué et les superstructures carénées, ce qui lui permet d'atteindre en plongée 12 noeuds au lieu de 9. Il ne participe à aucune opération militaire. Désarmé le 11 août 1961, il est restitué à la Grande-Bretagne.


1984-... : Un sous-marin nucléaire d'attaque.
Le cinquième bâtiment à porter le nom de Saphir est un sous-marin nucléaire d'attaque actuellement en service. Il fait partie d'un groupe de 6 SNA 72 construit à Cherbourg (Rubis, Casabianca, Emeraude, Améthyste, Perle). Lancé sous le nom de Bretagne, il a été rebaptisé Saphir. C'est le 2ème de la série. Mis sur cale à Cherbourg le 1er septembre 1979, lançé le 1er septembre 1981, il a été admis au service actif le 6 juillet 1984.


. [Sommaire SNA Saphir]. [Sommaire Net-Marine]