Les bâtiments ayant porté le nom de Junon

Dix bâtiments de la marine de guerre française ont porté le nom de Junon :

Un vaisseau de 44 canons (1748 - 1757) mis en chantier au Havre en janvier 1747, et lancé en septembre de la même année. Basé dans un premier temps à Brest, puis à Toulon, il effectue, depuis cette dernière base, la campagne de Tripoli en 1752. En avril 1756, il prend part à l'expédition de Minorque, la prise de Mahon (23/4/1756) et la bataille navale qui s'en suit. Rentré à Toulon, il repart à Minorque où il est gravement avarié. il terminera sa vie sur place en ponton à Port Mahon, échoué en très mauvais état. Il sera vendu en décembre 1757.
(Caractéristiques : 780 t ; 44,6 x 12,2 x 5,7 m ; Chaillé ; Moitié vaisseau, moitié frégate ; En forme de poisson, gros avant et arrière mince ; Conception mauvaise, on le chargea de gueuzes pour améliorer sa navigabilité ce qui conduisit à supprimer VI.18 en batterie basse et I.XII à la 2e batterie ; XXXX à XXXXIV).


Plan des frégates à canons de 12 livres Charmante et Junon construites à Rochefort en 1778 par Chevillard cadet
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Une frégate de 32 canons type Charmante (1778 - 1780) construite à Rochefort en 1777-78. Elle participe à la bataille d'Ouessant dans l'escadre D'Orvilliers (27 septembre 1778), et capture, avec cette même escadre, HMS Fox lors d'une sortie devant Ouessant et le ramène à Brest. Le 17 août 1779, elle capture, aidée de la Gentille, le vaisseau HMS Ardent de 64 canons en Manche. Lors d'une campagne aux Antilles, elle prend le 13 septembre 1780 HMS Rover. Sa carrière s'arrête brutalement lorsqu'elle fait naufrage à l'île Saint Marcouf (Saint Vincent) le 11 octobre 1780 lors d'un cyclone. (Caractéristiques : 540 t ; 44,2 x 11,2 x 5,4 m).

Une corvette de 14 canons (1779 - 1779) ex-anglaise, prise en mars 1779 aux îles de Los par la frégate Nymphe et la corvette Epervier. En août 1779, elle est considérée comme en mauvais état à Lorient, et doit être vendue.


Modèle de l'atelier de sculpture de Rochefort (Musée de la Marine Rochefort).

Une frégate de 40 canons type Minerve (1786 - 1799) mise en chantier à Toulon le 10 février 1782, et mise à flot le 14 août 1782. Elle participe la 24 juin 1786 à la revue navale en présence de Louis XVI à Cherbourg. De 1786 à juin 1787 elle fait campagne en Afrique. En décembre 1792, elle fait un voyage de Toulon à Constantinople pour y porter le nouvel ambassadeur M. Semonville. En janvier 1793, elle protège le débarquement de la baie des Salines (expédition contre la Sardaigne). Echouée le 16 juillet 1798, en arrivant à Aboukir, elle est réparée à Alexandrie. D'Alexandrie, elle part en juin 1799, avec la division Perrée, pour rentrer à Toulon. Hélas, le 18 juin 1799, tous ces navires sont pris par les Anglais devant Toulon. La Junon est prise par HMS Bellona. Incorporée dans la Royal Navy, elle devient HMS Princess Charlotte, puis en janvier 1812, HMS Andromache. Elle sera démolie en 1828 à Deptford. (Caractéristiques : 700 t ; 46,1 x 11,7 x 5,5 m ; XXVIII.18 + XII.8).

Une galère ex vénitienne type Pace (1797 - 1798) construite à Venise. Elle est prise dans ce port en mai 1797. Non réarmée, elle sera sabordée en janvier 1798 avant la remise de la ville aux Autrichiens. Son épave sera renflouée.
(Caractéristiques : 250 t ; 46,5 x 6,4 x 2,5 m ; 3 canons).

Une frégate de 40 canons type Junon (1809 - 1809) mis en chantier au Havre en mars 1805 sur les plans constructeur Forfait de la Pensée, et mise à flot le 16 août 1806. Le 10 novembre 1808, elle part avec Venus, Amphitrite, Cygne et Papillon de Cherbourg pour la Martinique, les navires sont peu après séparés, et, le 10 février 1809, elle est prise après une belle défense par les frégates HMS Horatio et Latona et les corvettes HMS Driver et Superior aux Saintes. Incorproré dans la Royal Navy, elle sera reprise le 13 décembre 1809 à 70 nq à l'Est d'Antigua par la Renommée et la Clorinde. La Junon était dans un si mauvais état après le combat qu'il fallut la la brûler. (Caractéristiques : 1100 t ; XXXX.18).

Une frégate de 46 canons (1808 - 1842) baptisée Amélie, en souvenir d'une soeur de Napoléon morte en bas âge, le 10 octobre 1807. Sa construction débute à Toulon en 1807 sur plans Sané, et mise à flot le 21 juillet 1808. Quittant Toulon le 21 octobre 1809, en escorte de convoi avec la division Baudin, pour ravitailler l'armée de Catalogne à Barcelone, elle est poursuivie par l'escadre du VA Collingwood, et se réfugie dans le port de Sête. Le 11 avril 1814, elle est renommée Junon. Refondue en 1820, elle fait campagne l'année suivante aux Antilles et USA, en 1822 à Cuba. En 1823, elle participe à la guerre d'Espagne, capture un brick corsaire espagnol, et combat devant Barcelone. En 1827, elle prend part à la bataille de Navarin. Refondue en 1829, elle transporte des troupes à Madagascar l'année suivante. En 1833, elle fait une nouvelle campagne aux Antilles puis dans les mers du Nord. Elle est rayée des listes le 17 août 1842.

Une frégate à voiles transformée sur cale (1861 - 1872) mise en chantier à Brest le 17 avril 1847 comme frégate à voiles de 46 canons, elle est transformée sur cale et allongée en 1858, puis mise à flot le 28 janvier 1861. En 1863-67, elle fait campagne dans la division des côtes occidentales d'Afrique. En novembre 1867, elle est affectée à la division des mers de Chine. Stationnaire, puis en réserve à Saïgon (janvier 1869). Elle est rayée le 24 mars 1872, et démolie en 1876. (Caractéristiques : 3500 t ; 2400 cv ; 77 x 13,5 x 6,5 m ; En bois ; 11 nds ; 397 h ; XXVIII).


Le sous-marin Junon (1937-1954) en rade de Toulon (1950 - Photo Jean Guiglini)
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Un sous-marin type standard Amirauté T2 Minerve (1937 - 1954) dont la construction débute au chantier Augustin Normand du Havre le 9 juin 1932. Mis à flot le 15 septembre 1935, il entre en service le 20 septembre 1937. Basé à Oran, puis à Casablanca au début de la guerre, il rallie Cherbourg pour entrer en carénage le 29 mars 1940. En juin 1940, il est remorqué à Plymouth. C'est dans ce port qu'il est saisi par les Anglais le 3 juillet 1940. Transféré aux FNFL le 27 juillet, il participe à la campagne de Norvège en mars 1942, où il sera grenadé le 13 mars. En 1943, après un carénage à Dundee, il repart pour une patrouille en mer de Norvège (14-26/4/1944), puis rallie Alger le 30 mai 1944. Il est mis en réserve à Oran du 11 août 1944 jusqu'à août 1945. Le 19 octobre 1945, il rallie Brest pour carénage. Il sert ensuite d'école d'écoute puis est affecté au GASM à Toulon. Condamné le 6 décembre 1954 (n°Q37) et mis à disposition de l'ENSM pour instruction. Il est démoli en 1960. (Caractéristiques : 597 t ; 1800 cv ; 68,10 x 5,60 x 3,66 m ; 856t.pl ;2 moteurs électriques 615cv ; 2 diesel 900cv ; 42 h ; VI.TLT.550 + I.75 + I.mitrailleuses.13,2 + II.mitrailleuses.8 ; Symb. de coque : P19, S605).

Le dernier bâtiment ayant porté le nom de Galatée est donc un sous-marin de 800 tonnes (1966-96).

(Texte : Jean-Michel Roche pour Net-Marine ; Pour en savoir plus : Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre de Colbert à nos jours)


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