Historique du Charles de Gaulle (année 2010)


Ravitaillement rotor tournant du Dauphin « Pedro » (février 2010).

De la Méditerranée orientale au Nord de l'Europe

Le 23 février, le porte-avions quitte son port base de Toulon pour un long déploiement en Méditerranée, Atlantique et Mer du Nord. Ce déploiement commence dans un premier temps par un entraînement dans la zone d'exercice à proximité de Toulon. Le CDG embarque le 2 mars, le président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et le Délégué à la Sûreté Nucléaire et à la radioprotection pour les activités et installations intéressant la Défense (DSND).

Le 4 mars, à quai à Toulon pour quelques heures, c'est au tour de l'état-major embarqué avec à sa tête le contre-amiral Philippe Coindreau, commandant la Task Force 453 (TF453), de monter à bord. Le même jour, à l’occasion d’une inspection générale du centre d’entraînement, d’instruction et de préparation de missions (CEIPM) et de la flottille 4F, le contre-amiral Henri Bobin, commandant la force de l’aéronautique navale (ALAVIA) embarque également pour une journée.


Super Etendard à l'appontage à bord du porte-avions Charles de Gaulle (9 mars 2010 - © JM Roche)

Entretien d'un déflecteur de jet (mars 2010).

Le Charles de Gaulle fait alors route vers la Méditerranée orientale. En prélude à une escale à Chypre, il accueille le 11 mars au large de Paphos les principales autorités militaires chypriotes, parmi lesquelles M. Papacostas, ministre de la Défense. Puis, il fait escale à Limassol du 12 au 16 mars 2010, où il stationne à quai au port de commerce.

Quittant l'île de Chypre, et faisant route à l'ouest, il rencontre le 18 mars, le groupe amphibie « Jeanne d’Arc » constitué du BPC Tonnerre et de la frégate Georges Leygues.

Avant de gagner l'Atlantique, il fait un dernier passage sur les côtes de Provence, pour participer le 23 mars à la Journée de Présentation Marine (JPM) devant Hyères. Un mouillage a lieu en grande rade de Toulon, en soirée, pour recomplètement en vivres et matériel.

Ce passage à Toulon sera également l'occasion d'embarquer le plot RESCO (Recherche Et Sauvetage de COmbat) du groupe aérien embarqué, composé de deux hélicoptères Puma de l'escadron Pyrénées 1/67 et de commandos de l'Air du CPA 30. Le groupe aéronaval organisera, les 24 et 25 mars, un exercice CSAR (Combat Search And Rescue) au camp des Garrigues près de Nîmes.

Le porte-avions Charles de Gaulle en escale à Limassol (14 mars 2010).

Le Forbin salue le porte-avions à l'arrivée à Lisbonne (29 mars 2010).

Puis, le Charles de Gaulle, accompagné des frégates Forbin et Cassard, ainsi que du BCR Marne, franchit le détroit de Gibraltar le 27 mars et retrouve l'océan Atlantique.

Durant cette période au large de la péninsule ibérique, des interactions ont lieu avec les forces armées espagnoles et portugaises. La TF453, est rejointe par la frégate espagnole Numancia, les frégates portugaises Bartolomeu Dias et Corte Real, ainsi que le pétrolier-ravitailleur portugais Berrio. Le 29 mars, deux avions AV-8B+ Harrier de l'Armada appontent verticalement à bord.

Une escale à Lisbonne, au mouillage à l'embouchure du Tage, a lieu du 30 mars au 2 avril.

Remontant plus au Nord, après un ravitaillement à la mer avec la Marne le 5 avril, il franchit le détroit du Pas de Calais le 8, pour effectuer la première escale de son histoire en Allemagne, dans la petite ville allemande de Cuxhaven (9 au 11 avril).


Le porte-avions Charles de Gaulle et la frégate Forbin, à quai au porte de commerce de Cuxhaven, Allemagne (10 avril 2010).

L'équipe de l'émission de télévision « C'est pas sorcier » à bord du porte-avions Charles de Gaulle (11 avril 2010).

L'équipe de l'émission de télévision « C'est pas sorcier » vient quelques jours à bord. Leur visite donnera lieu à deux émissions : « Le porte-avions c'est quoi ? » et « Un porte-avions à quoi ça sert ? » diffusé sur France 3. L'équipe est une habituée des porte-avions français, puisque leur premier reportage a été réalisé à bord du Foch en 1999.

Du 10 au 23 avril, l'exercice OTAN « Brillant Mariner » se déroule en mer du Nord et regroupe 11 pays de l'OTAN, ainsi que la Suède. Son but est de préparer les unités navales qui seront mises au service de l'Alliance en cas d'activation de la Nato Response Force (NRF). La France prendra au 1er juillet 2010, le 15e tour d'alerte de la NRF pour la partie maritime. Durant six mois, elle devra, en cas d'opération, assurer le commandement de la force navale de la NRF 15. Les unités françaises engagées dans l'exercice sont les : Charles de Gaulle, Mistral, Emeraude, Forbin, Cassard, Latouche-Tréville, Marne, Aigle et Andromède.

Samedi 17 avril 2010, à vingt trois heures, cinq minutes et dix secondes, le porte-avions vient de franchir le cercle polaire ! La récente éruption volcanique survenue en Islande a contraint le Charles de Gaulle à faire route au Nord, franchement au Nord d'ailleurs, afin de se positionner dans une zone où l'immense nuage de cendres qui commence à paralyser le ciel européen ne perturbera pas ses activités aériennes.


Catapultage d'un E-2C Hawkeye (27 avril 2010).

La traditionnelle cérémonie de passage de cercle a lieu le 20 avril.

Sur le chemin du retour, le porte-avions relâche à Brest (29 avril au 3 mai). Une sortie des familles a lieu le 1er mai, au large de Brest. C'est aussi l'occasion pour retrouver une dernière fois dans les eaux de la mer d'Iroise, le porte-hélicoptères Jeanne d'Arc de passage lors de sa dernière campagne.

Le retour à Toulon se fait avec les entraîneurs d'ALFAN pour divers exercices.

Manoeuvres avec l'USS Harry S. Truman

Début juin, le porte-avions effectue cinq jours de manœuvres en Méditerranée avec le « Harry S. Truman Carrier Strike Group », auxquels participent également le croiseur USS Normandy, ainsi que les frégates Hessen et Cassard.

A cette occasion, les Rafale du Charles de Gaulle réalisent des appontages et catapultages sur le USS Harry S. Truman. Le Rafale M16 de la 12F fait même l'objet, le 4 juin, d'un échange de moteur à bord du porte-avions américain. L'opération, qui constituait une première, est réalisée en 3 heures par 7 techniciens de la 12F présents à bord du bâtiment américain.


Chien et tracteur jaunes (avril 2010).

Verticale vivre : la cambuse est bien remplie (avril 2010).

Discours du président de la République, Nicolas Sarkozy (10 juin 2010).

Après ces manoeuvres, l'USS Harry S. Truman met le cap sur Marseille pour y faire escale. Le 6 juin, il retrouve le Charles de Gaulle en rade d'Hyères dans le cadre des célébrations marquant le centenaire de l'aéronautique navale.

Visites VIP

Le 10 juin, le président de la République, Nicolas Sarkozy, embarque à bord du Charles de Gaulle dans le cadre d'une visite aux forces armées. Il est accompagné du ministre de la Défense, Hervé Morin, ainsi que du secrétaire d'Etat aux anciens combattants, Hubert Falco, pour assister à des manœuvres d'appontage et de catapultage.

Dans une allocution devant les membres d'équipage, le chef de l'Etat précise « « Le porte-avions est un outil décisif pour l'exercice de la France en tant qu'acteur majeur sur la scène internationale. Je sais que nous pouvons compter sur vous et nous avons besoin de vous. Que nul n'en doute ».


Lors d’une visite du maire de Paris, Bertrand Delanoë, le CV Rolland, commandant du Charles de Gaulle remet au maire de la capitale et ville marraine, un tableau souvenir (21 septembre 2010).

Le 21 septembre, lors d’une visite du maire de Paris, Bertrand Delanoë, la coursive centrale du porte-avions est baptisé « Place de la Concorde ». Le commandant du Charles de Gaulle remet également au maire de la capitale et ville marraine depuis le 9 octobre 2001, un tableau souvenir de cette journée représentant tous les métiers présents à bord du bâtiment.

En octobre, le porte-avions est à la mer, où il enchaîne les entraînements dans la perspective d’un prochain déploiement en océan Indien.

Le 6 octobre, il effectue un ravitaillement à la mer avec la Meuse au large de la Corse.

Immobilisation suite à une avarie

Le jeudi 14 octobre, alors qu'il était en entraînement au large de Toulon et à 24 heures d'un départ en déploiement de 4 mois en Océan Indien, le porte-avions rentre à quai pour corriger un défaut d'isolement électrique détecté sur une armoire de contrôle d'une soupape de sécurité du circuit de propulsion arrière. Cependant, les investigations menées mettent en évidence un dysfonctionnement sur une soupape de sécurité.
Après expertise, la décision est prise le 16 octobre de procéder à un échange standard de la soupape. Pour réaliser cette opération, il est nécessaire de procéder à un « arrêt froid » de l'ensemble propulsif arrière.

La réparation est terminée le 29 octobre, soit 15 jours après la déclaration d’avarie. Ces quelques jours d’indisponibilité auront toutefois suffit à la presse pour une nouvelle fois se déchaîner.

Départ pour l’océan Indien - Mission Agapanthe

Le Charles de Gaulle appareille le 30 octobre de Toulon pour une mission « Agapanthe 2010 » de quatre mois jusqu'en océan Indien. Outre le porte-avions, le groupe aéronaval (GAN) comprend les frégates Forbin et Tourville, et le pétrolier-ravitailleur Meuse.

Il sera rejoint par le sous-marin Améthyste, même si ce dernier a été contraint de rentrer au bassin à Toulon le 19 octobre suite à un bruit détecté sur sa ligne d'arbres.

Le groupe aérien embarqué (GAé) du porte-avions rassemble 10 Rafale F3 de la 12F, 12 Super Etendard Modernisés (SEM) de la 17F, 2 Hawkeye de la 4F et des hélicoptères.


Le CA Kérignard accueille le CA Coindreau, commandant la force de l’opération de lutte contre la piraterie Atalante (21 novembre 2010).

La Task Force 473 (TF473) est placée sous les ordres du contre-amiral Jean-Louis Kérignard.

Le 10 novembre, le Charles de Gaulle, précédé du Forbin, traverse le canal de Suez, pour rejoindre la mer Rouge où les attendait le Tourville et la Meuse qui avaient passé le canal la veille.

Le 13 novembre, le porte-avions ressent, sans en subir aucun dommage, les effets d’un séisme sous-marin de magnitude 5,2 sur l'échelle de Richter et dont l'épicentre est à moins de 10 nautiques du porte-avions.

Opération Pamir : Premiers vols au dessus de l'Afghanistan

Après une escale technique à Djibouti (16 au 19 novembre), le Charles de Gaulle se prépare à débuter, au large des côtes pakistanaises, sa mission - nom de code Pamir - de soutien aux troupes à terre de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS).


Préparation des avions pour les premiers vols (25 novembre 2010).

Le 21 novembre, le contre-amiral Kérignard accueille à bord du porte-avions à la mer, le contre-amiral Philippe Coindreau, commandant la force de l’opération européenne de lutte contre la piraterie Atalante. Les deux hommes se connaissent bien.

Le 25 novembre, le groupe aérien embarqué (GAé) conduit ses premiers vols, en appui de la FIAS en Afghanistan.

Dans le cadre de l’opération Pamir qui s'étale jusqu'au 25 décembre, les appareils du GAé, après avoir été catapultés, rejoignent le théâtre afghan à quelque 1 000 kms, armés de bombes à guidage laser, ainsi que de missiles AASM (armement air-sol modulaire).

Evoluant au nord de la Mer d’Arabie, le Charles de Gaulle catapulte chaque jour ses appareils avec, en moyenne, 3 patrouilles mixtes Rafale/SEM de 5 à 6 heures chacune, accompagnés d'un Hawkeye.


Bombe guidée laser (25 novembre 2010).

L’intervention aérienne des chasseurs au-profit des troupes au sol, dans le cadre du soutien aérien rapproché (CAS – close air support), est graduée. De la simple dissuasion à la neutralisation de l’adversaire, en passant par la prise en compte de l’imbrication des insurgés avec les troupes alliées ou la population civile, l’emploi de l’arme aérienne permet d’adapter l’usage de la force à la situation.

  • Show of presence : passage à haute vitesse et altitude relativement haute, pour montrer à l’adversaire la présence d’un appui aérien.
  • Show of force : passage à haute vitesse à basse altitude, pour dissuader l’adversaire de poursuivre le combat et montrer la résolution du chasseur à engager le feu si besoin. Peut être accompagné de tir de leurres, inoffensifs mais dissuasifs.
  • Tir de semonce : tir canon à proximité de la position adverse. Accroît la pression sur l’adversaire. Employé quand les insurgés sont imbriqués avec des civils.
  • Tir au but : tirs canon ou bombes pour neutraliser l’adversaire.

Une nouvelle nacelle de reconnaissance RECO NG, est embarquée sur Rafale (novembre 2010).

Nouvelle nacelle de reconnaissance « RECO NG »

Outre l'armement désormais classique, une nouvelle nacelle de reconnaissance RECO NG, est embarquée sur Rafale pour la première fois.

Ce pod, développé par Thales, permet la transmission instantanée d'images haute-résolution du théâtre vers le porte-avions, grâce à une liaison de données.

La révolution est de taille : aux capteurs argentiques intégrés du Super Etendard Modernisé et du Mirage F1 vient se substituer un système qui combine deux capteurs optroniques : l’un à très haute résolution pour la moyenne altitude, l’autre pour la prise de vues à basse altitude et haute vitesse.

Manoeuvres avec le CSG de l'USS Abraham Lincoln

Le 25 novembre, jour de la fête traditionnelle américaine de Thanksgiving, le contre-amiral Mark Guadagnini commandant le groupe aéronaval américain, le « Carrier Strike Group 9 » articulé autour du porte-avions USS Abraham Lincoln, est reçu à bord.


Le contre-amiral Mark Guadagnini commandant le groupe aéronaval américain, le « Carrier Strike Group 9 » articulé autour du porte-avions USS Abraham Lincoln, en visite à bord du porte-avions Charles de Gaulle (25 novembre 2010).

Ces premiers liens tissés seront utiles puisque pendant les 31 jours d'opérations, les marins français vont réaliser des manœuvres conjointes avec l'US Navy. Ainsi, deux séances croisées de Touch and Go (TAG) permettent d’exercer des F/A-18 de l’USS Abraham Lincoln à l'appontage sur le Charles de Gaulle, alors que les Rafale et SEM en font de même sur le porte-avions américain. De plus, les appareils français sont régulièrement ravitaillé par des tankers américains et britanniques au-dessus du ciel afghan, voire sur des F/A-18 du Lincoln équipés pour le ravitaillement en vol.

Le 27 novembre, le 24 000ème appontage est réalisé à bord du porte-avions, par un Super Etendard Modernisé.

Perte d’un Rafale

Le 28 novembre, l'un des Rafale, qui devait participer à une mission de soutien aérien, s'abîme en mer peu après son catapultage. Le pilote peut néanmoins s'éjecter avant le crash et il est récupéré, sain et sauf, par l'hélicoptère Pedro assurant la sécurité autour du porte-avions durant les manœuvres aviation. En attente des premières conclusions d’une enquête technique, les vols Rafale seront suspendus jusqu’au 1er décembre. L’enquête montrera que le problème survenu le 28 novembre ne concernait pas la flotte de Rafale mais seulement l'appareil perdu.

Du 23 au 25 décembre 2010, l’amiral Edouard Guillaud, chef d’état-major des armées, est en visite à bord pour rencontrer les marins du groupe aéronaval (GAN).

L’amiral Edouard Guillaud, chef d’état-major des armées, en visite à bord du porte-avions Charles de Gaulle (24 décembre 2010).

Jusqu’au 25 décembre, quelques 240 missions auront été menées au profit de la FIAS. Les Rafale et Super Etendard Modernisé ont aussi conduits 10 missions de reconnaissance dont certaines, ont permis la première utilisation opérationnelle sur Rafale de la nacelle Reco NG.


Jean-Michel Roche pour Net-Marine © 2012. Copie et usage : cf. droits d'utilisation ; Sources : Communiqués de presse, presse nationale et régionale.

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