Historique du Charles de Gaulle (année 2009)

Jusqu’au printemps 2009, l’équipage va se ré-entrainer. Le Groupe Aérien Embarqué (GAE) va mener une campagne de qualification de ses pilotes, et le porte-avions Charles de Gaulle va mener des campagnes de qualification de l’ensemble de ses personnels de pont d’envol, du central opérations et de la passerelle. Ces qualifications seront obtenues suite à la réalisation/réussite d’exercices dont la difficulté sera croissante.

Le 16 janvier, au cours d'une manoeuvre de déplacement d'un Rafale remorqué par un engin spécialisé, un matelot du service pont d'envol-hangar chargé de placer des cales devant les roues des avions, a eu le pied gauche écrasé par une roue latérale du chasseur. Il a été aussitôt évacué par hélicoptère vers l'hôpital interarmées Sainte Anne de Toulon. Au moment de l'accident, le porte-avions Charles de Gaulle se trouvait en mer, à une quarantaine de kilomètres au sud ouest de Toulon, où il venait de débuter la deuxième phase de l'entrainement élémentaire du groupe aérien embarqué.


Deux pièces d’accouplement reliant deux des quatre turbines à leurs lignes d’arbres se sont révélées anormalement usées.
À la suite du signalement d'une agression à caractère sexuel à bord du Charles de Gaulle, le commandement en a référé à l'autorité judiciaire compétente et a sollicité une enquête de gendarmerie. Une plainte a été déposée auprès de la gendarmerie maritime dépêchée à bord pour mener cette enquête.

Le porte-avions est en mer depuis le 4 février dans le cadre de sa remontée en puissance.

Le ministre de la défense Hervé Morin était à bord du porte-avions Charles de Gaulle le 5 février pour adresser un message d’encouragement à l’équipage et au groupe aérien embarqué. Après 15 mois d’IPER (Indisponibilité Périodique pour Entretien et Réparations), le porte-avions a repris la mer pour ré-entrainer les marins et re-qualifier les pilotes. Cette «remontée en puissance » commencée en décembre dernier durera jusqu’à la fin du printemps.

Le Charles de Gaulle ne fera pas escale à Brest du 28 mars au 4 avril comme prévu, sa sortie d'entraînement en Atlantique ayant été annulée. Pour des raisons opérationnelles, l'état-major préfère garder le porte-avions en Méditerranée.

Immobilisation suite à une avarie

Durant les dernières sorties à la mer, des vibrations élevées ont été détectées dans le compartiment de propulsion. Après examen, deux pièces d’accouplement reliant deux des quatre turbines du Charles de Gaulle à leurs lignes d’arbres se sont révélées anormalement usées.
Le 13 mars, la marine nationale annonce alors que cette anomalie nécessite des examens complémentaires. Il s’agit de déterminer les mesures à prendre et leurs conséquences sur le programme du bâtiment. La durée d’immobilisation pourrait durer entre plusieurs semaines et plusieurs mois.


Le Rafale n°19 effectue un « Touch and Go » sur l'USS Dwight D.Eisenhower (CVN 69) croise au large de la Bretagne (juillet 2009).

Début mai, on apprend que l'anomalie a pour origine une malfaçon sur une pièce qui présente un défaut d'usinage de quelques dixième de millimètres. Cette erreur, infime, a entraîné un frottement trois fois plus important que la normale, et donc une usure accélérée.

Interrogé, l'amiral Pierre-François Forissier, chef d’état-major de la marine, précise « les avaries ne sont pas des choses scandaleuses ! Un bateau, ça casse tous les jours. Et tous les jours on répare… Quand plus de la moitié de la flotte du Vendée Globe est victime de casse, on ne dit rien. Quand un navire de la marine nationale casse, on crie au scandale ! ».

Nouveau commandant

Le 3 juillet 2009, lecapitaine de vaisseau Jean-Philippe Rolland prend le commandement du Charles de Gaulle.

Du 18 juillet au 20 juillet 2009, alors que l'USS Dwight D.Eisenhower (CVN 69) croise au large de la Bretagne, le groupe aérien embarqué a l'opportunité de mener des vols en commun avec le « Air Wing 7 ». Compte tenu de l'annulation de l'escale britannique du porte-avions américain et pour éviter tout risque de panne technique à bord pour les Rafale, seul un E2C de la flottille 4F a été embarqué pendant ces trois jours : les Rafale se limitant à des « Touch an Go » à l'issue de leurs missions.

Le Charles de Gaulle reprend la mer du 25 au 31 août pour procéder à des essais techniques, puis reprend son programme de remise en condition opérationnelle qui comprend l'accueil des nouveaux personnels, la remise à niveau à quai et en mer et la requalification des pilotes du groupe aérien et la qualification des nouveaux pilotes.

Pendant ce temps à terre, le réentraînement des pilotes du Groupe Aérien Embarqué se poursuit. Ainsi, la base d'aéronautique navale de Nîmes-Garons accueille du 14 au 18 septembre 2009 un détachement des flottilles 11F et 12F, composé de six Super-Étendard Modernisé, et ponctuellement de deux Rafale, avec pour mission principale l'appontage simulé sur piste (ASSP).

Du 8 octobre au 3 novembre 2009 (date de son retour au port base), le Charles de Gaulle effectue une période de navigation qui marque une étape importante dans le cadre de sa remontée en puissance. En effet, l’activité du porte-avions va être essentiellement consacrée à la formation des pilotes du groupe aérien embarqué (GAé) au travers de l’école de l’aviation embarquée (EAE).


Le robot sous-marin Ulisse à bord de l'Ailette.
Crash de deux Rafale

Catapultés depuis le porte-avions, les Rafale M25 et M22 se percutent et s'abîment en mer le 24 septembre, au large de Perpignan. Les Rafale effectuaient des essais en configuration lourde, avec sous les ailes des maquettes de différents armements. Le M25 embarquait quatre AASM (Armement Air-Sol Modulaire) à guidage GPS, quatre missiles air-air Mica et deux bidons de kérosène externes. Le M22, disposait quant à lui de six bombes GBU 12, deux Mica et deux bidons d'essence externes.

Le Rafale M25 était piloté capitaine de corvette Yann Beaufils, du Centre d'Etude Pratique de l'Aéronautique navale (CEPA). Il est récupéré sain et sauf le soir même. N'ayant pas pu s'éjecter du M22, le capitaine de frégate François Duflot, pilote de la Délégation Générale pour l'Armement (DGA) est décédé.

Dès l'annonce de l'accident, de très importants moyens de secours sont déployés. Localisée par le robot sous-marin ULISSE de la Cellule de Plongée Humaine et d'Intervention sous la Mer (CEPHISMER), embarqué à bord de l'Ailette, l'épave du M25 est découverte par 700 mètres de fond, à 35 kilomètres à l'Est du Cap Béar, sur un sol vaseux et en forte pente.

Le corps du CF (R) Duflot sera retrouvé dans la carcasse de son avion le 5 octobre. La dépouille est transférée à l'institut médico-légal de Marseille. En parallèle, l'enregistreur de vol (ESPAR) du Rafale M25 est récupéré le 24 octobre. Celui du M22, qui gisait par 600 mètres de fond, sera remonté à la surface le 17 novembre. Les enregistreurs serviront aux autorités judiciaires pour déterminer les circonstances exactes du crash des deux avions.


Catapultage d'un Super Etendard (25 novembre 2009).

Le porte-avions qualifié toutes missions

Le porte-avions repart en mer, puis fait un bref passage à quai à Toulon le 21 novembre, avant d’être rejoint à la mer par l’ensemble du groupe aéronaval (Cassard, Aconit, Jean Bart, Jean de Vienne, Commandant Ducuing, Primauguet).

L'exercice PEAN (Période d'Entraînement de l'Aéronautique Navale) a lieu du 23 novembre au 11 décembre 2009 en Méditerranée. Le commandement tactique est placé sous la responsabilité du commandant de la force aéromaritime de réaction rapide (COMFRMARFOR), le contre-amiral Jean-Louis Kérignard.

Le groupe aérien embarqué est formé de 11 Super Etendard Modernisés, 7 Rafale, 2 Hawkeye, 2 Alouette III, un Dauphin, un Panther et un Puma de l’aviation légère de l’armée de Terre (ALAT).

Les 25 et 26 novembre, le ministre de la défense, Hervé Morin, embarque à bord du porte-avions et confie lors d’un discours que « le Charles de Gaulle ne restera pas inactif en 2010... ».


Le SEM 35 se prépare au catapultage (11/2009)

Entretien dans le hangar avant du porte-avions (11/2009)

Elingeurs cables à la main (11/2009)
La première phase de l'exercice voit les bâtiments s’entraîner entre Toulon et la Corse. Profitant d’une traversée de la Sardaigne à la Sicile, les bâtiments entame la deuxième phase de l’exercice du 27 au 30 novembre, comprenant des entraînements avec l’armée de l’Air italienne. Puis les bâtiments font cap sur l’ouest du Péloponnèse, le nord de la Crête, le large d’Athènes, où des interactions ont lieu avec les forces navales et aériennes helleniques.

Dans le prolongement, diverses manifestations de relations publiques vont être organisées. Accompagnées de M. Farnaud, l'ambassadeur de France en Grèce, dix-huit personnalités grecques de haut niveau sont accueillis à bord du porte-avions, alors en route vers le Pirée. Les représentants grecs peuvent assister à une présentation en vol du groupe aérien embarqué.

Le 3 décembre, de 16h00 à 23h00, le Charles de Gaulle effectue un mouillage en baie de Phalère, à quelques encablures du port du Pirée. Une réception est organisée pour environ 600 invités extérieurs, dont de nombreuses autorités civiles et militaires.

Du 4 au 8 décembre, le porte-avions effectue une escale de routine au port OTAN de La Sude (Crête) avec le Primauguet et la Meuse. Toujours en Crète, le Cassard fera escale à Héraklion aux même dates. Les autres bâtiments relâchant au Pirée (Jean Bart), à Rhodes (Aconit), Malte (Cdt Ducuing). Le Saphir, quand à lui fera escale à Augusta, soutenu par la Gazelle.

Faisant retour par le détroit de Messine et les côtes italiennes, la plupart de ses bâtiments rallient Toulon le 11 décembre. Le porte-avions Charles de Gaulle et son groupe aérien embarqué sont désormais aptes à réaliser toutes missions, et prêts à être déployé à tout moment.


Hawkeye, ailes repliées (11/2009).

Rafale au parking (11/2009)

Jean-Michel Roche pour Net-Marine © 2009. Copie et usage : cf. droits d'utilisation ; Sources : Communiqués de presse, presse nationale et régionale.

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