Historique du Charles de Gaulle (année 2007)


Un Rafale de la flottille 12F en survol du porte-avions Charles de Gaulle à l'occasion de la journée de présentation marine (30 janvier 2007).
Une journée de "présentation marine" a lieu le 30 janvier 2007. A cette occasion, près de 500 invités, dont les élèves du Collège Interarmées de Défense, embarquent sur le Charles de Gaulle pour assister à diverses démonstrations. Le Mistral effectue des exercices amphibies avec le CDIC Hallebarde et deux CTM (Chalands de Transport de Matériel), ainsi que des exercices aéroportés avec divers hélicoptères.

Opération « Héraclès Air Indien »

Le porte-avions Charles de Gaulle quitte Toulon le 11 février pour une mission Agapanthe 07 de plusieurs mois en océan Indien. Son escorte sera constituée du Tourville, du Cassard, du Dupleix, de la la frégate espagnole Blas de Lezo, du sous-marin nucléaire d'attaque Casabianca, et du BCR Marne.

Son groupe aérien est composé de 16 avions d'assaut Super-Etendard, 11 Rafale (dont 2 en version F2), 2 avions de guet aérien Hawkeye, 3 hélicoptères Dauphin et Alouette III, ainsi que deux Puma de l'armée de Terre et de l'armée de l'Air. Les deux Rafale qui effectuent une évaluation du standard tactique F2 rejoindront les neuf Rafale-F1 sur le porte-avions, qui sera sur zone pendant un mois à partir de la mi-mars. Dans la version F2, le Rafale peut tirer des bombes guidées par laser. Il pourra embarquer jusqu’à six bombes de 250 kg, mais la cible au sol devra être « éclairé » par un autre avion, Mirage 2000 ou Super-Etendard. Au total la France enverra cinq avions de combat en Afghanistan à la mi-mars. Trois Rafale de l’armée de l’air s’installeront également sur la base de Douchambé, au Tadjikistan.

Le Charles de Gaulle effectue dans un premier temps des entraînements pour qualifier les pilotes. Le 13 février, a lieu un exercice avec le porte-aéronefs espagnol Principe de Asturias. Une dizaine de Super-Etendard et Rafale simule une attaque du navire amiral espagnol, sur lequel se trouvait un observateur de marque en la personne du roi Juan Carlos. Le transit du porte-avions vers l'océan Indien est aussi l'occasion de mener un exercice avec des chasseur Eurofighter de l'armée de l'air italienne, les 15 et 16 février.

Après le franchissement du canal de Suez, le 25 février, le Charles de Gaulle fait escale à Djibouti (3 au 7 mars). De son coté, le sous-marin nucléaire d’attaque Casabianca quitte Toulon le 3 mars pour transiter vers l’océan Indien afin de rejoindre le groupe aéronaval. Il est accompagné pour passer le canal de Suez du Chevreuil qui quitte le 6 mars Héraklion. Le 5 mars, deux Super-Etendard modernisés standard V de la flottille 17F quitte Landivisiau pour rallier le groupe aérien embarqué à bord du porte-avions à Djibouti. Début mars, la frégate espagnol Blas de Lezo quitte la force française pour regagner sa base du Ferrol, la TF 473, reçoit alors l'appoint de la frégate britannique HMS Sutherland, qui accompagnera le groupe jusqu'au 26 mars.


Le porte-avions Charles de Gaulle (droite), la frégate Cassard (centre), le porte-avions USS John C. Stennis (gauche) et les autres bâtiments d'escorte en océan Indien (25 mars 2007 - Photo US Navy).

Quittant Djibouti, le Charles de Gaulle et son escorte font route vers le nord de l'océan Indien, où ils retrouvent le 16 mars, le porte-avions USS John C. Stennis et son escorte (USS Antietam, O'Kane, Preble, ravitailleur USS Bridge). L'amiral Xavier Magne, commandant de la TF 473, accompagné de 15 officiers français rencontrent leurs homologues américains à bord du John C. Stennis.

Baptème du feu pour le Rafale F2

Depuis le 15 mars 2007, les avions du porte-avions Charles de Gaulle conduisent des missions d’appui-feu sur demande des forces terrestres de la Force Internationale d’Assistance à la Sécurité (ISAF) déployées dans le Sud de l’Afghanistan.

C’est le 24 mars dernier que les Rafale F2 entament leurs opérations au-dessus du territoire afghan aux côtés des Super-Etendard Modernisé, Hawkeye et Rafale F1 du groupe aérien embarqué. Après une journée de « no fly day », pour entretien, le 25 mars, les opérations reprennent.


Le porte-avions est de retour le 15 mai 2007 à Toulon.
A partir de la côte pakistanaise, les avions montent vers le Nord, empruntant le « driveway », un couloir aérien de 30 nautiques de large situé à quelques dizaines de kilomètres de la frontière iranienne. L'ensemble du théâtre est contrôlé depuis le CAOC (Centre d'opérations aériennes) américain installé au Qatar sur la base d'al-Udeid. les avions de la coalition gagner le ciel afghan, attendant que le commandement au sol leur assigne une mission de surveillance, de reconnaissance photographique, de « show of force » (le passage des avions à basse altitude suffit souvent à disperser les combattants isolés), ou de bombardement d'objectifs. Les missions sont de 5 à 6 heures pour les avions français, avec 3 ou 4 ravitaillements. Dans le ciel afghan, les Rafale marine et Super-Etendard retrouvent les Rafale air et les Mirage 2000 français qui interviennent à partir de Douchanbé, au Tadjikistan, tandis que les F-18 du porte-avions USS John C. Stennis se mêlent aux chasseurs américains, britanniques, néerlandais, allemands et belges qui ont décollé des bases de Bagram, Kandahar et Mazar-e-Charif.Le 28 mars, un Rafale F2 de la flottille 12F engage un groupe armé de talibans avec une bombe guidée laser de 250 kgs (GBU 12 / Paveway II). Cette mission de combat, première du genre pour le Rafale, est menée pour appuyer au sol des troupes néerlandaises prises à partie par l'ennemi.

Le Charles de Gaulle et le groupe aéronaval font escale à Abu Dhabi (Emirats Arabes Unis) du 19 au 24 avril. Les bâtiments sont le 30 avril à hauteur de Djibouti, avant de prendre le chemin du retour vers la métropole.

Le porte-avions et la frégate Cassard sont de retour à Toulon le 15 mai, accueilli par la musique des équipages de la flotte, et les familles venues nombreuses sur le quai.


Le nouveau ministre de la défense, Hervé Morin, rencontre les marins du porte-avions (Photo MN/Bernard Plouviez - 20/06/07)

Au bilan, lors de cette opération « Héraclès Air Indien », les appareils mis en oeuvre à partir du Charles de Gaulle ont réalisé 370 sorties et 1300 heures de vol, soit :
 - 154 missions d'appui (Super-Etendard - Rafale F2) ;
 - 54 missions de reconnaissance (Super-Etendard) ;
 - 45 missions de contrôle aéroporté (Hawkeye) ;
 - 117 missions de ravitaillement (Super-Etendard - Rafale).

Campagne CDG 07

Le Charles de Gaulle appareille de nouveau le 4 juin. Cette sortie vise à entraîner les nouveaux pilotes sortant de leur formation aux Etats-Unis, ainsi que leurs collègues, restés à Landivisiau durant la mission Agapanthe, avant une indisponibilité d'un an et demi, pour cause de premier grand carénage du bâtiment. Ces manoeuvres sont également l'occasion, pour Dassault Aviation, de mener des essais pour les Rafale au standard 2 et 3.
Le premier tir d'un missile antinavire Exocet AM39 Mod2 Block2 est réalisé le 14 juin depuis un Rafale catapulté du Charles de Gaulle. Cet essai, mené au large du Centre d'Essais et de Lancement de Missiles (CELM) du Levant.
Cette campagne est ponctuée de nombreux « touch and go » à Toulon. Ainsi, le porte-avions revient quelques heures à quai, le 8 juin, avant de regagner le large. Il est en mer du 4 au 15, puis du 18 au 21 juin. Une journée des familles a lieu le 16. Pour en savoir plus sur la campagne CDG 07

Le nouveau ministre de la défense, Hervé Morin, rend visite à la Marine le 20 juin. Après avoir embarqué sur le porte-avions Charles de Gaulle afin d’assister à des manœuvres aviation, il se rend à bord du Surcouf pour une démonstration de lutte contre le narcotrafic. Ces visites sont l’occasion pour le nouveau ministre de rencontrer les marins embarqués et d’appréhender leur cadre de vie et de travail.

Nouveau commandant

Le vendredi 29 juin 2007, le vice-amiral d'escadre Philippe Sautter, commandant la force d'action navale, fait reconnaître le capitaine de vaisseau Stéphane Boivin comme nouveau commandant du porte-avions Charles de Gaulle. Le capitaine de vaisseau Stéphane Boivin succède au capitaine de vaisseau Denis Béraud, commandant du porte-avions depuis le 5 août 2005.


Le VAE Philippe Sautter félicite le CV Stéphane Boivin, nouveau commandant du porte-avions (Photo © MN / Bernard Plouviez).

Le CV Denis Béraud, commandant du Charles de Gaulle depuis le 5 août 2005, quitte le bord (Photo © MN / Thibaut Claisse).


Le porte-avions entre au bassin Vauban (31 juillet 2007).
Arrêt technique majeur

A l'issue de cette sortie, le porte-avions regagne les appontements Milhaud, avant d'être placé au bassin sud-ouest de la zone industrielle Vauban le 31 juillet, après avoir été allégé de ses munitions et carburant pour avions. Sans propulsion ni appareil à gouverner, il est pris en charge par les remorqueurs et pilotes de la base navale de Toulon, pour un bref mouvement, mais qui a nécessité une préparation minutieuse.

D'importants préparatifs ont été nécessaires pour remettre la zone Vauban à niveau avant ce chantier d'une ampleur sans précédent dans la base. 35 000 m2 ont été rénovés. Un village en préfabriqués accueille au pied du navire un millier de membres de l'équipage qui participeront aux travaux aux côtés de quelque 600 salariés pour DCNS et ses sous-traitants.

Cette première Indisponibilité Périodique pour Entretien et Réparations (IPER) du Charles de Gaulle, est menée par DCNS et sous maîtrise d’ouvrage du service de soutien de la flotte. Le coût total de cet arrêt technique est estimé à 287 millions d'euros.

Cette IPER débute officiellement le 1er septembre, la période du 31 juillet au 1er septembre étant la période de préparation.


Le porte-avions au bassin Vauban (décembre 2007).
Pas moins de 16500 interventions sont réalisées au cours de cette IPER. Le chantier voit notamment D'autre part, des modifications seront réalisées au cours de cette période :

Le pont d’envol a été retracé sur la piste d’un parking de la BAN Landivisiau pour faciliter l'entraînement des pilotes.
Le 22 novembre, le général Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des armées, accompagné de l’amiral Alain Oudot de Dainville, chef d’état-major de la marine, se rend sur la base navale de Toulon pour visiter le porte-avions Charles de Gaulle. Le CEMA effectue une visite complète des installations du navire, guidé par le capitaine de vaisseau Boivin, commandant le porte-avions. Le navire sera rendu à la marine nationale le 30 novembre 2008.

Du 3 au 14 décembre 2007, des exercices d'appontage et décollage simulés ont lieu sur la base d’aéronautique navale de Landivisiau. Pour pallier à la longue période d’entretien du porte-avions Charles de Gaulle, et se rapprocher au maximum des conditions de travail à bord du porte-avions, le pont d’envol du Charles de Gaulle a été retracé sur la piste d’un parking pour délimiter la zone sur laquelle les aéronefs appontent habituellement et se déplacent sur le pont. Participent à cet exercice des Super-Etendard, des Rafale, un Hawkeye et un Super Frelon.

Le 6 décembre, les hélices du porte-avions Charles de Gaulle sont déposées, en prévision de leur changement.

Une équipe de techniciens américains de la Navair est présente depuis mi-janvier sur le chantier de l’IPER. Pour l’entretien de la presse de freins, le savoir-faire des américains a été sollicité. Plusieurs techniciens ont fait le déplacement jusqu’à Toulon pour apporter leur expertise dans la maintenance du système de freinage des aéronefs à bord d’un porte-avions.


Jean-Michel Roche pour Net-Marine © 2007. Copie et usage : cf. droits d'utilisation ; Sources : Communiqués de presse, presse nationale et régionale.

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