Historique du Charles de Gaulle (année 2006)


Le Super Etendard n°15 de la flottille 11F lors de la "Journée de présentation Marine" au large de Toulon (1er février 2006).
Le Charles de Gaulle quitte Toulon le 16 janvier avec un ensemble de bâtiments de la Force d’action navale, dont le porte-avions Charles de Gaulle, les deux frégates anti-aériennes Jean-Bart et Cassard et la frégate anti-sous-marine Montcalm participent à un stage de remise à niveau opérationnel (RANO) de grande ampleur. Ce stage mène les bâtiments de Toulon au large de la Corse.
Les armées de terre et de l’air apporte leur concours avec la participation du 54e Régiment d'Artillerie de Hyères. Des réacteurs, des ravitailleurs, des PUMA, un C160 Gabriel de l’armée de l’air seront positionnés sur les bases de Nîmes-Garons et de Hyères. Dans la seconde phase de l’exercice, qui s’attache à immerger les bâtiments dans un scénario de crise inspiré d’une situation réelle, une dizaine de bâtiments de la force d’action navale et trois sous-marins (dont un espagnol) se joignent à l’exercice. Près de 4 000 marins sont impliqués dans cet entraînement majeur annonçant le déploiement pour quatre mois du groupe aéronaval en océan Indien (GAN06). Plus de 300 sorties d’aéronefs sont prévues pour le groupe aérien embarqué, une centaine pour les réacteurs de l’armée de l’air et une quarantaine pour les avions de la Royal Air Force.

Le 19 janvier 2006, les membres du Bureau du Sénat se sont rendus sur le Charles de Gaulle. A cette occasion, M Christian Poncelet, président du Senat, s'est exprimé sur les enjeux maritimes et militaires d'aujourd'hui.

En janvier Maud Fontenoy, navigatrice, première femme à avoir traversé l’Atlantique et le Pacifique à la rame, a découvert le porte-avions guidée par l’enseigne de vaisseau Emilie Denis, première femme pilote de chasse de la Marine. Mues par la passion et le goût du dépassement de soi, Emilie et Maud ont pu échanger leurs expériences avec une belle complicité.

Le 31 janvier, le porte-avions est à la mer pour une répétition de la Journée de présentation Marine. Celle-ci se déroule le 1er février. De nombreuses autorités maritimes et personnalités de la société civile (préfet, Cecmed, Alfan, présidents de tribunaux, IHEDN, CID) embarqueront à bord pour suivre diverses démonstrations allant de la lutte anti-terroristes à l'action de l'Etat en mer (lutte antipol, sauvegarde maritime,...).

Du 24 février au 9 juin 2006, la mission Agapanthe 06 conduit le groupe aéronaval (GAN) constitué du porte-avions Charles de Gaulle, son escorte (Cassard, Montcalm, Saphir, Somme) et la frégate antiaérienne britannique HMS Lancaster vers l'océan Indien pour une durée de trois mois et demi. Cette mission a pour principal objectif d'entretenir et affirmer la capacité de projection de puissance de la France et de la coalition au profit de l’opération Enduring Freedom (OEF) et de la FIAS (force internationale d’assistance à la sécurité de l’OTAN). Le groupe aérien embarqué (GAé) est constitué de 14 Super Etendard modernisés (SEM), 8 Rafale, 2 E2C Hawkeye, 2 Dauphin, 1 Puma de l‘ALAT (aviation légère de l‘armée de Terre) pour les liaisons logistiques, 1 Puma SAR/CSAR (Search and Rescue / Combat Search and Rescue) de l‘armée de l‘Air.


Carte de la mission Agapanthe.

Visite du président djiboutien à Djibouti (mars 2006 - Photo MN).
Lors du passage du canal de Suez, le 6 mars, les vols d’avions sont bien sûr interrompus (raisons de sécurité, et vent relatif lié à la vitesse du bâtiment insuffisant pour permettre les manœuvres aviation). En conséquence, le pont d’envol est accessible à tous. Profitant de cette occasion, une grande course de relais à bord, intitulée « Les 6 heures de Suez ». Regroupés par équipes mixtes ou non, les membres de l’équipage courent courageusement 6 h durant, à tour de rôle, dans l’espoir d’effectuer la plus longue distance. La participation est active, et l’ambiance festive - musique rock sur le pont ! - absolument sympathique.

Le programme du groupe aéronaval comprend notamment les activités suivantes : Mission de présence dans le Nord de l'océan Indien avec soutien aux opérations Enduring Freedom et ISAF, l'exercice « Red Shark » avec les forces armées saoudiennes mi-mars, l'exercice avec les forces françaises à Djibouti où il arrive le 16 mars.

Après une escale à Goa, du 29 mars au 2 avril, le groupe aéronaval effectue jusqu'au 5 avril l'exercice Varuna 2006 avec des bâtiments de la marine indienne (porte-aéronefs Viraat, destroyer Mumbai, frégates Betwa et Gomati, sous-marin Shankul et pétrolier-ravitailleur Aditya). Au cours de cet exercice, deux avions Sea Harrier indiens se sont posés sur le porte-avions.

Un exercice « Big Fox » avec les forces armées des Emirats Arabes Unis a lieu à la mi-avril, puis des entraînements avec les forces armées du Sultanat d’Oman.


En escale à Abu Dhabi (23 avril 2006).

Le groupe aéronaval mène du 26 au 27 avril des exercices conjoints avec le groupe aéronaval américain, le Carrier Strike Group, appartenant à la force américaine pré-positionnée dans l’océan Indien. Le CSG est composé du porte-avions Ronald Reagan, du destroyer lance-missiles Mac Campbell et du croiseur lance-missiles Vicksburg. Les aéronefs des deux groupes ont pu s'entraîner au combat aérien et les hélicoptères ont réalisé des appontages croisés. Le contre-amiral Xavier Magne, a rencontré son homologue américain, le contre-amiral Miller. La journée se conclue par un défilé des aéronefs français.

Du 10 au 14 mai, la présence du groupe aéronaval au large du Pakistan permet de mener des exercices de défense et d’attaque aériennes avec les Mirage III pakistanais, et des exercices de lutte surface et anti sous-marine avec les frégates pakistanaises Badr et Tippu Sultan.

Missions de guerre au dessus de l'Afghanistan

Jusqu'au 25 mai, la Task Force 473 (Charles de Gaulle, Cassard, Montcalm, HMS Lancaster, Saphir) apporte son concours aux opérations militaires en Afghanistan voisin, soutenant à la fois les troupes de l'OTAN, qui étendent progressivement leur zone d'opérations dans le sud de l'Afghanistan, et les forces de la coalition conduite par les Etats-Unis, qui traquent les combattants talibans et d'Al-Qaïda depuis 2001.


Le Super Etendard n°18 paré au catapultage (mai 2006).
Les avions font du renseignement : photos des positions ennemies et des caches possibles, qui seront transmises au commandement américain. Les aéronefs accompagnent aussi les convois de la coalition pour prévenir toute attaque. Quand une situation devient dangereuse, ils procèdent à une démonstration de force, un passage à 80 m du sol et à près de 1 000 km/h au-dessus des belligérants. Près de 120 missions ont lieu en à peine 19 jours.

Le Charles de Gaulle est de retour le 9 juin à Toulon.

Le 22 août, un varois de 18 ans, auteur d'une fausse alerte à la bombe visant le porte-avions écope de six mois de prison dont deux fermes. A la mi-juillet, le jeune homme qui " s'ennuyait " à son domicile à Saint-Cyr, dans le Var, avait prévenu par téléphone la Marine nationale qu'une bombe exploserait sur le bâtiment, alors à quai à Toulon. " A minuit ça va péter ", avait-il dit. L'auteur du coup de fil a aussitôt été localisé, interpellé puis déféré devant le tribunal correctionnel.

A l'issue de la période de permissions d'été et d'une période d'entretien, le bâtiment reprend la mer. Il appareille le 6 novembre de Toulon pour deux semaines d'entraînement. Cette sortie comprend deux phases. La première du 6 au 12 novembre est dédiée aux qualifications des pilotes de l'aviation embarquée. Durant cette semaine, de jeunes pilotes de Super Etendard et de Rafale appontent pour la première fois de leur carrière à bord du porte-avions, pendant que les pilotes plus confirmés passent leur qualifications de nuit sur Super Etendard, Rafale, et E2C. Etaient par ailleurs présents à bord lors de cette semaine : 6 personnes de MOPA2 pour analyse retour expérience, une douzaine de membres de la sécurité civile, et un groupe de 5 stagiaires du collège interarmée de défense.


Appontage du Rafale n°7 (mai 2006).

La deuxième phase d'entraînement du porte-avions, accompagné des frégates Jean-Bart, Tourville, La Motte-Picquet et du pétrolier ravitailleur Meuse, est consacré à l'exercice Péan 2006, du 13 au 24 novembre. L'objectif de cet exercice est d'entraîner le groupe à travailler ensemble. Le retour à Toulon est prévu pour le 24 novembre. Cet entraînement est aussi l'occasion d'embarquer, pour la première fois, deux Rafale au standard F2.

En fin d'exercice dans la nuit du 22 au 23 novembre, un hélicoptère Dauphin Pedro évacue, à la demande du CROSS Méditerranée, plusieurs membres de l’équipage du cargo français Scandola au large de Toulon. Cette évacuation sanitaire a lieu après repérage du Scandola par un avion de patrouille maritime Atlantique 2. L’une des personnes hélitreuillées, blessée, a pu recevoir des soins à bord du porte-avions.

Du 4 au 15 décembre, se déroule à bord la campagne OCTOPALE – E- 2C NP2000, organisée suite au changement des hélices du Hawkeye, pour passer d'une hélice à quatre pales à une hélice à huit pales. Le but de ces essais est la qualification de l'E-2C équipé des hélices NP2000 à bord du porte- avions Charles de Gaulle. Cette campagne fait suite à une campagne d'un mois qui s'est déroulée à Lorient en novembre.

Du 4 au 15 décembre, se déroule à bord la campagne OCTOPALE – E- 2C NP2000, organisée suite au changement des hélices du Hawkeye, pour passer d'une hélice à quatre pales à une hélice à huit pales.

Le 9 décembre, deux leurres électromagnétiques Sagaie sont tirés, un avion bardé d’électronique étant venu jouer le rôle du missile ennemi. Le lendemain, ont lieu des tirs Aster et Sadral sur des cibles GT 400 et SK 6 mises en oeuvre par deux Falcon 20 simulant les menaces.

Le 19 décembre, DCN a signé avec le SSF (Service du Soutien de la Flotte) un contrat de 287 millions d'euros – dont la première tranche ferme est de 70 millions d'euros – sur cinq ans pour le maintien en condition opérationnelle (MCO) Charles de Gaulle. Ce contrat généralise l'approche contractuelle globale poursuivie par le client SSF et regroupe ainsi l'ensemble des activités concourant au maintien en condition opérationnelle du porte-avions. Le périmètre du marché couvre la préparation et l'IPER (Indisponibilité Périodique pour Entretien et Réparation) du porte-avions, ainsi que 3 périodes successives d'entretien courant. Cette offre engageante comprend une part de rémunération à la journée de disponibilité du navire.

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Jean-Michel Roche pour Net-Marine © 2006. Copie et usage : cf. droits d'utilisation ; Sources : Communiqués de presse, presse nationale et régionale.


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