Historique du Charles de Gaulle (année 2002)


Alain Richard à bord le jour de l'an.

Accueilli par le CA François Cluzel, commandant la TF 473 et le CV Richard Laborde, commandant le porte-avions, le ministre de la Défense a voulu, le jour même du 1er janvier 2002, saluer les forces françaises participant mission Héraclès : "J'ai tenu à être présent, à vos côtés, en ce jour de l'an car votre esprit de sacrifice doit être pleinement soutenu et reconnu par les pouvoirs publics alors que tous les Français ont pu passer les fêtes de fin d'année en famille. Votre sacrifice doit être salué". Après un briefing sur le groupe aéronaval français et un autre sur le suivi des opérations, le ministre, très décontracté, s'est entretenu pendant une quarantaine de minutes avec des marins, sur le pont d'envol. Alain Richard a aussi donné une interview à la télévision du bord puis s'est adressé à la délégation de l'équipage réunie dans la salle de distractions. TAOPM, durée de la mission Héraclès, conditions du personnel embarqué, revalorisation des salaires et des primes, état des lieux sur la professionnalisation…

L'équipage du porte-avions nucléaire français Charles de Gaulle, alors en mer d'Oman, s'est « rué » le 1er janvier sur les euros disponibles à bord. Plus de 1200 personnes ont fait l'échange de francs ou de chèques contre des billets en euros. Le porte-avions avait été approvisionné en euros (pièces et billets) avant son départ de Toulon, le 1er décembre. Les 1100 kits de pièces, de 50 F et 100 F, confectionnés à bord, ont tous été vendus.

Les missions réussies du Charles de Gaulle
Depuis le 19 décembre, les pilotes embarqués ont déjà mené 140 missions aériennes dont de nombreux vols de reconnaissance et d'appui au dessus de l'Afghanistan depuis le Charles de Gaulle, soit une moyenne de 12 sorties par jour pour les Super Etendard de la 11F et les Hawkeye de la 4F. La distance parcourue par les avions lors de chaque mission est de l'ordre de 3000 km entre le catapultage et l'appontage sur le porte-avions. Les missions de reconnaissance photo durent près de trois heures et demie chacune. Quatre porte-avions, intégrés chacun au sein d'un groupe aéronaval, forment actuellement en océan Indien, la composante navale de la coalition interalliée menée par les Etats-Unis : les américains Theodore Roosevelt et USS John C. Stennis, l'italien Garibaldi et le Charles de Gaulle. Les pilotes de Super Etendard ont essuyé 5 tirs de missiles Stinger depuis le début du mois de janvier.


Un Super Etendard sur le pont d'envol (février 2002)

L'amiral Collinet, commandant en chef pour la Méditerranée déclarait à Var Matin le 10 janvier : "Les missions aériennes sont un véritable succès. Alors qu'initialement les Super Etendard ne devaient rester sur zone qu'une demi-heure, ils sont capables de survoler les objectifs à reconnaitre pendant près d'une heure et demie ! Nos pilotes font un travail remarquable. Au point que les Américains utilisent désormais, pour leurs missions de bombardement, les photos prises par les avions de l'aéronavale française".

23 janvier : 60 % des missions des Super Etendard sont des missions d'appui des troupes engagées dans le sud de l'Afghanistan. Le reste, ce sont des vols de reconnaissance qui poussent jusqu'à Kaboul. Le porte-avions n'emporte que 16 Super Etendard venus de Landivisiau, auxquels s'ajoutent deux avions de guet embarqués Hawkeye et deux Rafale, actuellement confrontés à des problèmes techniques. 350 bateaux civils ont été contrôlés par les frégates et 140 par le sous-marin Rubis. "On a battu tous les records d'endurance à la mer", se réjouit un capitaine de frégate. "Ça prouve que ce navire est fiable, qu'il remplit bien les missions qu'on lui confie et que son équipage n'a jamais baissé les bras en dépit des problèmes techniques passés et des railleries". Le Charles de Gaulle est en train de retrouver son honneur.


Concert surprise en direct du PAN

Le porte-avions et la frégate Jean Bart effectue une escale technique à Djibouti du 6 au 11 février 2002. Celle-ci permet notamment le remplacement de 130 personnes, sur les 1900 que compte l'équipage, ainsi que celui de 4 Super Etendard qui ont effectué plus de 800 heures de vols. Cette escale sera mise également à profit pour effectuer des opérations de maintenance et de chargement de 50 tonnes de matériels ( pièces de rechange, matériels aéronautiques). Ce premier mouillage du porte-avions intervient après 68 jours de missions effectuées en mer, dans le cadre de l'opération Héraclès.


Autour du CA Cluzel : Arthur, Lara Fabian, le CV Laborde, Annabelle et sa mère Marie, et un midship ravi (qui ne le serait pas...).

L'animateur "Arthur" présente, le 8 février, son émission "Planetarthur", sur Fun Radio, en direct du porte-avions, au large des côtes de Djibouti. De 16h à 18h30, Arthur était entouré d'invités surprise, aux côtés de 2000 soldats français et de 40 avions de chasse. C'est ainsi que Lara Fabian, alors en pleine tournée française, et Marc Lavoine ont pourtant accepté 72 heures de vol pour donner à l'émission d'Arthur, "Rêve d'un jour", sa pleine (dé)mesure : Se retrouver à chanter sur le porte-avions au large de Djibouti devant 2000 marins.

Une véritable salle de cinéma a aussi été installé sur le Charles de Gaulle pour diffuser, avec l'autorisation d'Alain Chabat, le film "Astérix, mission Cléopâtre". L'équipe a également joué au Père-Noël. Ils avaient reçu 250 000 lettres et un million d'appel leur proposant des rêves. Marie rêvait de retrouver sa fille, Annabelle, marin sur le porte-avions. C'était un des rêve les plus fous à accomplir. Un Boeing 737 a été loué pour transporter les 22 tonnes de matériel sur place.


Un Super Etendard en ravitaillement avec un KC10

En escale pour une semaine à Djibouti, la grogne gagne le Charles de Gaulle, les hommes du porte-avions en ont plein les bottes. Le malaise qui se manifeste depuis quelques mois dans les rangs de l'armée française n'épargne pas le navire amiral de la Marine. Le médiocre entretien de la flotte française qu'engendre un budget de l'équipement jouant les peaux de chagrin, n'est qu'un volet du malaise. « La méconnaissance et le mépris de nos dirigeants pour le domaine militaire » risque d'amener bientôt la marine au « seuil de rupture », diagnostique un officier supérieur. (Le Figaro - 11 février 2002 - Philippe Migault)

Le jeudi 14 février, deux Rafale Marine venus de Istres (Bouches-du-Rhône) ont rallié directement le porte-avions Charles de Gaulle en mer d'Arabie. Istres 05h00Z, les deux Rafale M4 et M8 de la flottille 12F débutent leur course au décollage pour rallier dans le ciel provençal un avion ravitailleur C135-FR de l'armée de l'Air. 12h10Z, à bord du porte-avions Charles de Gaulle, en opérations dans le sud du Pakistan, complétant à 5 le nombre des Rafale du groupe aérien embarqué. Sept heures dix minutes de vol d'une traite, dont une heure de nuit ; 3300 nautiques parcourus, 24,8 tonnes de carburéacteur transférés en 4 ravitaillements sur le C135-FR : un nouvel exploit est inscrit aujourd'hui dans le livre des records de l'Aviation navale. Les limites du possible sont encore repoussées et le LV Teste "père de tous les Pingouins" peut être fier de ces "canards au tromblon" (emblème 12F) qui ont accompli avec succès leur migration vers l'Est.

Le 18 février, un satellite (Hélios ?) repère une activité anormale dans une vallée à l'ouest de Gardez. Les français transmettent les photos au Caoc (centre allié de commandement des opérations aériennes). Des soldats des forces spéciales américaines sur place confirment les observations spatiales. Le 19 février, le porte-avions catapulte deux Super Etendard avec caméras embarquées pour compléter les infos recueillies (mission 112). Le lendemain, les forces américano-britanniques entrent dans la vallée. Un Super Etendard appuie l'avancée des troupes en largant une bombe de 250 kg sur la cible (la cible est illuminée par un deuxième Super Etendard).


Le 16 février, un C-2 Greyhound de l'USS Théodore Roosevelt effectue une série de présentations sur le Charles de Gaulle.

Depuis le 2 mars, des Super Etendard et des Mirage 2000 participent à des frappes contre 3 objectifs du réseau Al-Qaïda dans la région de Gardez, dans l'est de l'Afghanistan. C'est la première fois que la France prend part à des frappes aériennes dans la région aux côtés de ses alliés. Les 16 Super Etendard et les six Mirage 2000-D ont frappé 25 objectifs dans le cadre de l'opération Anaconda lancée le 2 mars dans l'Est de l'Afghanistan pour déloger des montagnes les talibans et combattants d'Al-Qaïda. Certains objectifs (fixés par les Américains) ont cependant été refusés, pour des raisons techniques, ou par la crainte de toucher des alliés ou des civils.

Alors que le porte-avions est sur le point de recevoir prochainement deux Rafale supplémentaires, qui viendront s'ajouter aux cinq déjà embarqués, l'engagement français est souligné par le président G.W. Bush le 11 mars dans un discours salue "notre bon allié, la France, qui a déployé le quart de sa marine dans l'opération Enduring Freedom". Les moyens aériens mis en œuvre par la France dans cette opération sont les suivants : seize Super Etendard, six Mirage 2000 D, cinq Rafale, deux ravitailleurs KC-135, et deux appareils d'observation Hawkeye.


Le 28 février 2002 a lieu l'appontage du premier avion étranger sur le Charles de Gaulle : un Hawkeye de l'escadron VAW112 embarqué à bord du porte-avions USS John C. Stennis.

Le 16 février, un C-2 Greyhound catapulté de l'USS Théodore Roosevelt effectue une série de présentations sur le Charles de Gaulle. Le C-2A est une variante des deux E-2C Hawkeye embarqués à bord du porte-avions français, dédiée au transport de personnel ou de matériel. D'une longueur de 17 mètres et d'une envergure de près de 25 mètres et de 25 tonnes, il peut emporter une vingtaine de personnes ou du fret.

Le 28 février a lieu l'appontage du premier avion étranger à bord : un Hawkeye de l'escadron VAW112 embarqué à bord du porte-avions USS John C. Stennis.


Un Rafale en présentation sur le porte-avions USS John C. Stennis (14 mars 2002).

La présence simultanée du Charles de Gaulle et du USS John C. Stennis en mer d'Arabie donne lieu à la réalisation de "cross decks" d'E-2C de l'escadron américain VAW112 et de la flottille 4F. Un des Hawkeye français effectue, le 14 mars, plusieurs présentations sur le pont du Stennis avant de conclure par un appontage parfait (brin 3 pinenho..pour les amateurs…) sous la houlette d'un officier d'appontage du CEIPM Landivisiau transféré à bord du porte-avions américain pour l'occasion. L'appontage à bord du Stennis s'inscrit dans la continuité des échanges d'aéronefs et d'équipages réalisés depuis l'arrivée de la TF 473 sur zone (quelques semaines auparavant, et démontrent l'interopérabilité existant entre les porte-avions, les aéronefs et les équipages des marines françaises et américaines.


Le 10 avril 2002, un C-2A Greyhound a apponté à bord du Charles de Gaulle en Mer d'Arabie.

Dans l'est de Afghanistan, l'opération de fouilles dans les cavernes des montagnes d'Arma pour éliminer les poches de résistance d'Al Qaïda et des Talibans se poursuit, avec l'appui au sol rapproché des avions de chasse français. Les Super Etendard du Charles de Gaulle, qui totalisent 1550 heures de vol pour 217 missions, et les Mirage 2000 D, qui interviennent depuis le 2 mars, ont déjà traité 31 objectifs dans la région de Gardez.

Le bâtiment a fait escale du 24 au 31 mars 2002, à Abou Dhabi (Emirats arabes unis), afin de procéder à des mouvements de matériels ainsi qu'à une relève des personnels de l'état-major, du groupe aérien embarqué, et de l'équipage. Quatre Super Etendard ont également apponté le 21 mars, en remplacement des quatre autres rentrés en France. Il s'agit de la deuxième relève effectuée sur le bâtiment, depuis qu'il a pris part aux opérations de lutte contre le terrorisme, en décembre 2001.


EUROPE 1 diffuse le 21 avril un reportage sur le Charles de Gaulle, dans le cadre de l'émission Europe.net de Nicolas Robin.

Le 10 avril , un C-2A Greyhound a apponté à bord du Charles de Gaulle en Mer d'Arabie. Après une courte escale, cet appareil a été catapulté pour rejoindre au large des côtes pakistanaises l'USS John C. Stennis à bord duquel il est embarqué.

Rolls-Royce va livrer à la fin de cette année deux hélices destinées au Charles de Gaulle. Ces hélices sont fabriquées par la société Bird Johnson, filiale de Rolls-Royce, à Pascagoula (Mississipi, Etats-Unis). Elles sont en cours de finition et seront livrées à la Direction des constructions navales (DCN) à la fin de l'année. Deux autres hélices destinées au porte-avions ont été commandées à Atlantic Industrie, basée à Nantes. C'est cette société qui avait réalisé les quatre premiers exemplaires, dont un avait cassé. DCN a reçu une indemnisation de 686020 euros versée par l'assureur des Fonderies de l'Atlantique en réparation du préjudice subi pour les défauts d'hélices du porte-avions Charles de Gaulle. La société nantaise avait réalisé les 4 hélices d'origine du bâtiment, dont l'une avait cassé en novembre 2000. Les trois autres avaient été mises au rebut.


Les bâtiments de 5 nations engagées dans l'opération Enduring Freedom en mer d'Oman.

A la mi-avril, la livraison de la première hélice de remplacement pour le porte-avions a été refusée fin mars par DCN pour défauts métallurgiques. Une deuxième hélice vient d'être livrée par la société Atlantic Industries, hélice pour laquelle les responsables se disent "optimistes". La société américaine connaît, elle aussi, des déboires avec une tout autre technique : elle ne procède pas par fonderie, mais par sculpture d'un bloc homogène de bronze. La première hélice américaine donne toute satisfaction, mais pas la seconde qu'il faut refaire. Dans un communiqué du 24 avril, le ministère de la Défense annonce le retour du porte-avion en France pour l'été.


Un Rafale du porte-avions Charles de Gaulle au coté d'un F18 Hornet du Squadron VMFA 251 (Marines) basé sur le porte-avions USS Roosevelt (mars 2002).

Après près de 150 jours de mer, le porte-avions arrive le 2 mai à Singapour pour permettre à ses 2000 marins de se reposer. Il retournera en mer d'Oman le 18 mai. D'autre part, le vice-amiral Francois Cluzel a déclaré lors d'une conférence de presse : "La France s'oppose à toute action contre l'Irak. Si quelque chose est entrepris, nous ne prendrons probablement pas part à la coalition".

Le ministre indien de la Défense, M. George Fernandes, et le chef de la Marine indienne, l'amiral Madhvendra Singh se sont rendus sur le porte-avions, le 14 mai 2002. Cette visite a été effectuée dans le cadre d'un exercice conjoint mené avec la Marine indienne. Baptisé Varuna II, l'exercice s'est déroulé au large de Goa (ouest de l'Inde) et a impliqué le groupe aéronaval du porte-avions ainsi que deux navires de guerre indiens (une frégate et un destroyer).

Le Charles de Gaulle quitte le théâtre d'opérations au large du Pakistan, accompagné par 2 frégates anti-sous-marines dont le Latouche-Tréville, le Cassard, un pétrolier ravitailleur et un sous-marin Saphir pour rejoindre les côtes de la Mer rouge, où il participe du 19 au 29 mai à un exercice conjoint franco-saoudiens baptisé Red Shark 1. Il rejoint ensuite l'Océan indien début juin, et y reste le temps de la tenue de la Loya Jirga (l'assemblée traditionnelle afghane qui désigne un gouvernement de transition). Avec plus de 777 vols opérationnels, les avions du Charles de Gaulle ont réalisé jusqu'au 19 juin, 165 missions d'appui sol et 100 missions de reconnaissance (Super Etendard) pour 2200 heures de vol, 126 missions de guet aérien (Hawkeye) pour 500 heures de vol et 120 missions de ravitaillement en vol (Super Etendard). Le porte-avions a parcouru depuis le 1er décembre 2001 près de 3 fois le tour de la Terre.


Le porte-avions rentre à Toulon le 1er juillet 2002, après 7 mois d'absence.

Une mission secrète pour le baptème du feu du Rafale
Du 9 au 19 juin, le groupe aéronaval français s'interpose entre l'Inde et le Pakistan, alors en pleine crise. S'affrontant au Cachemire, ces deux puissances nucléaires menaçaient d'en venir aux armes. Pour la première fois, les Rafale effectuent des missions réelles de combat air patrol. Armés de missiles air-air, ils assurent, plusieurs fois par jour, des patrouilles de deux heures, en collaboration avec les F-14 et F-18 de l'US Navy.En volant au large des côtes indiennes et pakistanaises, ces avions de chasse «neutralisent» la zone pendant que les Hawkeye participent à la surveillance aérienne et maritime. Par leur présence dissuasive, ils interdisent aux aviations des deux pays rivaux de procéder à des incursions à partir de la mer, comme cela s'est produit auparavant à plusieurs reprises (En 1999, l'Inde avait ainsi abattu un Breguet Atlantic pakistanais, sans doute en mission de renseignement).


Défilé aérien dans le ciel de Toulon.

Le Charles de Gaulle est de retour à Toulon le 1er juillet 2002, après 7 mois d'absence. Le Président de la République, Jacques Chirac, est à bord pour l'entrée du bâtiment en rade de Toulon. Rentré au port, le bâtiment sera en entretien jusqu'en octobre, date à laquelle il pourra éventuellement repartir dans l'océan Indien. Un arrêt de six mois est programmé pour 2003, les chantiers navals de DCN Toulon pourront alors changer les hélices...

Le 10 juillet 2002, près de 4 000 personnes sont conviées à un immense « cocktail » en l'honneur du groupe aéronaval, de retour de mission Héraclès après sept longs mois passés dans l'océan indien. Au menu : la visite partielle du porte-avions ou bien celle du transporteur de chalands de débarquement Siroco et du chasseur de mines L'Aigle, accostés en vis à vis. Après Héraclès le Charles de Gaulle a gagné son prestige et surtout, son âme. Bref, il est devenu populaire.

Le 14 septembre, le porte-avions a reçu la visite du premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, accompagné du ministre de la Défense, Michelle Alliot-Marie. Le premier ministre a indiqué, que l'une de ses "blessures... la plus profonde, c'était de voir tout ce matériel militaire indisponible par manque de pièce de rechange". Au cours de sa dernière période d'entretien, le porte-avions a vu des travaux importants être réalisés, entre autre : la peinture du pont d'envol, le martelage des lignes de cylindres catapultes, le changement des 400m² de filets de sécurité.

Le 9 octobre , trois membres d'équipage d'un voilier en perdition à une centaine de kilomètres au large de Toulon ont été secourus par le porte-avions Charles de Gaulle. Le CrossMed (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage en Méditerranée) a reçu, mercredi vers 16 h , un appel de détresse du Babolin, un voilier de 7,80 m, qui subissait une voie d'eau. Le porte-avions, en exercice dans la zone, averti, a envoyé l'un de ses hélicoptères. La mer était assez formée avec 35 nœuds de vent . Il y avait aussi une mauvaise visibilité. Ce n'était pas un sauvetage aisé. Les trois plaisanciers ont été hélitreuillés avant de rejoindre indemnes le porte-avions. Ils ont été de nouveau transportés par hélicoptère jusqu'à la base navale de Hyères où les attendaient des proches. C'est la première fois que le Charles de Gaulle effectue ce genre de sauvetage. Le voilier Babolin a été laissé à la dérive.


Premier tir de missile antiaérien Aster 15 à partir du Charles de Gaulle (octobre 2002 - photo Frédéric Watbled)

L'hebdomadaire L'Express rappelle que le 9 octobre dernier, le chef d'état-major de la marine, l'amiral Jean-Louis Battet, a été interrogé par la commission de la Défense de l'Assemblée nationale, sur le mode de propulsion du futur second porte-avions français. Partisan de la propulsion classique, le chef d'état-major a brandi une photo du pétrolier français Limburg, percuté par une barque bourrée d'explosifs, au large du Yémen, en évoquant les conséquences d'une telle attaque contre un bâtiment à chaudière nucléaire. Selon l'hebdomadaire, cette présentation a choqué certains parlementaires. L'un d'entre eux aurait écrit à l'amiral Battet en lui demandant « ce que doivent en penser les équipages du Charles de Gaulle ». Recevant par suite le parlementaire, le chef d'état-major de la marine s'est montré peu rassurant sur les risques actuels d'attentats, tout en précisant que le Charles de Gaulle était très bien protégé, indique L'Express.

Une panne sur le Charles de Gaulle ? L'hebdomadaire satyrique Le Canard enchaîné rapporte que lundi 21 octobre, alors que le porte-avions s'apprête à sortir de la rade de Toulon, « une épaisse fumée envahit le pont et le bâtiment semble chercher sa direction. Arrivent alors, à vive allure, un puis deux remorqueurs qui le guident vers le grand large ». L'hebdomadaire indique que le service d'information de la marine « a reconnu qu'il y avait bien eu un "incident mineur" », sans préciser la nature de la panne. En fait, le quotidien Ouest-France révèle, le 20 novembre, que ces fumées n'étaient dues qu'au lancement de diesels-alternateurs (NDRL : TAG ?) venu suppléer une défaillance temporaire du système de production électrique du bâtiment, mais précise que cela a nécessité un "verrouillage de l'enceinte de confinement".


Une émission de variété présentée par l'animateur de télévision Michel Drucker.

Le 30 octobre, a eu lieu au large de Toulon, le premier tir Aster 15 à partir du Charles de Gaulle. L'Aster est un missile anti-missile d'une portée de 30 km. La cible, censée représenter un missile assaillant a été impactée sans problème par l'Aster. Ce succès permet de démontrer la pleine efficacité du système d'autodéfense du porte-avions.

L'exercice Péan, commencé le 12 novembre 2002, a pour théâtre la Méditerranée occidentale. Outre le porte-avions nucléaire Charles de Gaulle avec à son bord des Super Etendard (11F), Hawkeye (4F), Dauphin (35F), et son fidèle chien de garde la frégate antiaérienne Cassard, participaient également le pétrolier ravitailleur Meuse, la frégate anti-sous-marine Tourville, les frégates furtives Courbet et Aconit, et le sous-marin nucléaire d'attaque Améthyste. Après 10 jours d'entraînement commun, les bâtiments des marines françaises, italiennes et américaines se sont séparées le 22 novembre.

En novembre, le "Nouvel Economiste" rapporte que Rolls-Royce, dont une des deux filiales américaines livre en ce moment les deux nouvelles hélices du porte-avions Charles de Gaulle, a mis en garde DCN sur un nouveau risque de casse. Le nouveau jeu d’hélices a en effet été refabriqué sur le modèle de celles qui se sont brisées dans le golfe du Mexique en 2001. Or, concernant leur conception, le constructeur britannique parle de « design à risque ».

En décembre, Francis Bergèse, dessinateur et scénariste de Buck Danny, a pendant trois jours, visité les installations, assistant aux catapultages et aux appontages au plus près des machines. Cette visite pourrait donner lieu à un prochain album.

Le 26 décembre une émission de variété présentée par l'animateur de télévision Michel Drucker est diffusée sur France 2. Réalisée à bord du porte-avions, cette émission de prestige, a pour invités Franck Dubosc, Jane Birkin, David Hallyday, Roberto Alagna, Axelle Red, Thierry Lhermitte, Zazie, Cheb Mami, et Richard Virenque. Les échos de la presse sont assez bons, à l'exception de Libération, où JD Merchet se demande s'il est nécessaire et décent de "transformer le porte-avions en une succursale de l'Olympia", en échange de "deux heures de promotion [pour la Marine] en prime time".

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Jean-Michel Roche pour Net-Marine © 2002. Copie et usage : cf. droits d'utilisation ; Sources : Communiqués de presse, presse nationale et régionale.


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