Historique
du Charles de Gaulle (1980-1998)

Découpage de la première tôle (24 novembre 1987). |
La décision de
remplacer les deux porte-avions Clemenceau
et Foch par deux porte-avions nucléaires
(PAN) est prise en septembre 1980. En juin 1984, le Conseil Supérieur de la
Marine adopte un avant projet de PAN, présenté par la DGA.
Le 14 mai 1985,
le programme militaire est notifié à l'industriel, dont le
dossier de lancement est prêt le 20 décembre de la même
année.
Trois
mois plus tard, le 3 février 1986, la construction du premier
porte-avions nucléaire, baptisé Richelieu,
est autorisée. C'est la phase de lancement du développement
et de la réalisation.
En mai 1986,
le gouvernement de Jacques Chirac, alors premier ministre, rebaptise le
porte-avions Charles de Gaulle. C'est
aussi lui qui, en tant que maire de Paris, entre 1986 et 1988, propose le
parrainage du porte-avions par la ville de Paris, ville « compagnon
de la Libération ».
La decision
ministérielle de mise en chantier à Brest, est prise le 20 janvier 1987,
et le 24 novembre a lieu le découpage de la première tôle.
La directive
opérationnelle est établie le 31 mars 1989, et les deux
premiers blocs de la coque sont assemblés dans le bassin
9 de l'arsenal de Brest.
La construction
avance doucement, au rythme des restrictions budgétaires.
En septembre 1991, le premier turbo-alternateur du groupe moteur
est embarqué. Pendant sa construction, la taille du programme
et la complexité des systèmes à intégrer, ont nécessité l'intervention
de plus de 1 000 entreprises, de la PME aux plus grands industriels

Mise à flot officielle (7 mai 1994). |
Mais il faudra
attendre le 19 décembre 1992, soit 5 ans après le découpage
de la première tôle pour que le bâtiment soit mis à
flot au bassin.
Cette mise
à flot technique précèdera, de quelques mois, la mise
à flot officielle, le 7 mai 1994, en présence du Président de
la République, François Mitterrand, du Premier Ministre, Edouard Balladur,
du Ministre de la Défense, François Léotard, du Maire de Paris, Jacques
Chirac et de 4000 invités.
Quelques 200
figurants de DCN Brest et 40 commandos Marine enlevent les 30 000 m2 de
tissus bleu-blanc-rouge qui drapait le port-avions dans une mise en scène
sobre et émouvante.

Embarquement des deux réacteurs nucléaires (1994). |
Le lendemain,
à l'occasion d'une journée porte-ouverte, plus de 40 000
visiteurs prennent d'assaut les abords du chantier et les quais de Laninon.
Un
mois après la mise à flot, la livraison le 14 juin 1994 à
DCN Brest des deux réacteurs nucléaires dans leurs enceintes
de confinement marque un jalon majeur dans le programme de réalisation.
Après 3 années de montage en atelier « blanc »
à DCN Indret, les 2 colis, soigneusement emballés, sont chargés
sur la barge Dino II par une grue géante de 1600 tonnes. Le
positionnement réalisé sur la barge était à moins
de 5 millimètres de l'emplacement théorique !
Au
terme d'une navigation de 2 jours, de la Loire à Brest, la grue géante
et les deux enceintes se retrouvent à l'arsenal de Brest, et, après
une semaine de d'intense préparation, les équipes de techniciens
déposent les enceintes à bord.
Le 25 avril 1994,
le conseil de Paris approuve à l'unanimité le parrainage du porte-avions Charles
de Gaulle par la Ville de Paris, ville « compagnon de la Libération ».
Le 14 mai 1994,
le Charles de Gaulle sort pour la première
fois du bassin pour être mis à quai.
La période
d'essais débute en mars 1996. Elle va durer 5 ans ! En 1996, les essais
les plus significatifs sont les essais d'endurance de 2 moteurs diesel alternateurs,
et les essais constructeur d'un tableau principal de secours.
Le 25 avril 1994,
le conseil de Paris décide à l’unanimité de faire parrainer le porte-avions
Charles de Gaulle par la Ville de Paris, ville
« compagnon de la Libération ».
Au
printemps 1996, une première anomalie est constatée sur le prototype
à terre de
ses deux réacteurs nucléaires. Elle oblige les ingénieurs à adapter les deux
cuves de confinement à bord du navire, qui est alourdi de plusieurs dizaines
de tonnes, ce qui aura pour effet de réduire sa vitesse d'un demi-noeud
(9 km/h).
Un
début d'incendie se déclare, le 6 mai 1996, peu après 18h30, sur le chantier
de construction du porte-avions. Le feu, d'ampleur limité, se déclenche dans
un local situé sous l'îlot et le pont d'envol. Le sinistre est rapidement maîtrisé
par les marins-pompiers, après l'évacuation du personnel de service. On ne déplore
aucun blessé. Les dégâts sont limités. Une expertise est diligentée pour déterminer
les causes de l'incident.
Le 14 juin 1996,
le Président de la République, Jacques Chirac, visite le porte-avions
nucléaire. En juillet a lieu la manisfestation nautique Brest 1996. Le porte-avions,
alors au bassin, ne pourra être vu que par quelques privilégiés.
Henri
Brisson, qui depuis quatre ans et demi, était l''ingénieur chargé du
porte-avions Charles-De-Gaulle a laissé
sa place à Pascal Le Roy le 1er septembre 1996.
Le
porte-avions Charles De Gaulle a depuis le 1er
octobre 1996 son motif symbolique. Il est présenté officiellement
à Paris au ministre de la Défense Charles Millon par le chef d'état major de
la Marine, l'amiral Lefèbvre. Sur l'emblème du porte-avions, la croix de Lorraine,
une ancre dont le diamant suggère l'étrave du bâtiment ; l'envolée sur la droite
symbolise les avions qui décollent. Ce motif symbolique avait fait l'objet d'un
concours en 1996, ouvert aux professionnels des Arts appliqués,
dont M. Georges Yoldjoglou, artiste peintre, a été le lauréat.
Contrôle d'une hélice avec l'accélérateur
linéaire à double niveau d'énergie (2 et 6 MeV) d'Indret.
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octobre :
Alerte à la bombe sur le chantier du CDG. Tout le personnel travaillant
sur le site était aussitôt évacué tandis que les services concernés procédaient
à la visite du bâtiment. Une heure plus tard, force était de constater qu'il
s'agissait d'une mauvaise plaisanterie, aucun engin suspect n'ayant été découvert.
Quelques temps après, le mauvais plaisantin, un jeune appelé de 19 ans,
qui avait téléphoné depuis une chambre du Foyer du Marin
reconnaissait les faits.
Novembre
: DCN présente les hélices du PAN. Rarement dévoilées,
les hélices sont pourtant le fruit de nombreuses heures de calculs et d'essais.
DCN Indret en présente une. Avec ses 30 tonnes et plus de 6 m de tour
de taille, elle représente une prouesse en fonderie. A partir d'une maquette
conçue et testée au bassin d'essais des carènes, les équipes d'Indret ont intégré
le profil de l'hélice sur son moyeu et réalisé les plans de fabrication. La
première pièce est coulée à la Fonderie de l'Atlantique à Nantes, puis elle
est contrôlée par radiographie à Indret. Désormais, il reste encore plusieurs
mois de fabrication pour l'usinage du moyeu et le meulage des pales, qui demande
le savoir-faire des compagnons expérimentés pour obtenir un profil régulier
et un équilibrage parfait. Les 2 hélices définitives seront montées à la fin
97 sur le porte-avions, 2 autres serviront de pièces de rechange. (photo
DCN Indret)
Le
1er février 1997, a lieu la prise d'armement pour essais. Le premier
commandant et le premier équipage prennent possession des lieux qu'ils partagent
jusqu'à la mise en service actif avec le personnel de la DCN. La prise d'armement
pour essais marque aussi la date de l'ouverture de l'agence postale du Charles
de Gaulle.
La
construction et les essais se poursuivent. Les deux premiers essais de tirs
de catapulte à bord du porte-avions sont réalisés le 22 juillet
1997, et en novembre débute le chargement des coeurs des réacteurs
nucléaires.
Le 17 décembre, le premier affût Sagaie est installé à tribord
avant puis un deuxième sur bâbord arrière afin de permettre les
essais mécanique du système. Le 22 décembre 1997, une petite cérémonie a lieu
sous la grande verrière métallique des ateliers de la Fonderie de l'Atlantique,
à Nantes. La première hélice du PAN est officiellement livrée : c'est
un monstre de 19 tonnes et 6 mètres de diamètre, doté de quatre pales et fondu
dans un alliage de cuivre et d'aluminium.
Début
des années noires...
1998 marque
le début des années noires du Charles de
Gaulle : La construction est retardée de trois mois en raison de
la baisse des crédits d'équipement de la Défense dans la loi de finances
1998. Ce n'est pas le premier retard, et ce ne sera pas hélas le dernier.
La multiplication des retards entraînera des surcoûts importants.
La construction
ne s'arrête pas pour autant, et le 25 mai a lieu la divergence de la
chaufferie arrière (démarrage du réacteur nucléaire).
Le 5 juin, un premier Super
Etendard arrive...par la route, depuis la BAN de Landivisiau, pour la
réalisation d'essais de compatibilité entre un avion et les catapultes du bord
(l'avion est placé sur le pont d'envol à l'aide d'une grue). Le 10 juin, a lieu
la divergence de la chaufferie avant. En novembre, les ingénieurs de
la Direction des Constructions Navales s'aperçoivent par simulation qu'un débit
de neutrons rapides dans les réacteurs est supérieur aux prévisions. Ceci nécessite
une radioprotection spécifique en isolant davantage les réacteurs qui sont momentanément
mis à froid.
7
décembre 15h00 : 1er appontage d'un hélicoptère
: Une Alouette III
survole la rade et se présente à l'appontage sur la plate-forme avant du Charles
de Gaulle. Ce jour marque la naissance effective d'un porte-aéronefs
qui deviendra prochainement porte-avions. L'Alouette
III contourne l'îlot du Charles de Gaulle
avant de se présenter face au vent sur la plate-forme avant. Aux ordres du directeur
du pont d'envol, le pilote d'essai du Centre d'expérimentation pratique de l'Aéronautique
navale de Hyères, le CF Louis-Dominique Depretz, met appareil en station. Puis,
suivant les gestes du directeur, il descend doucement son appareil sous les
regards des dizaines d'équipiers de pont d'envol et d'une partie du personnel
du navire perché qui suit l'opération depuis la passerelle du sommet de l'îlot.
20
décembre : Essais sur coffre : Le porte-avions quitte
pour la première fois le quai d'armement , pris en remorque par 8 remorqueurs
de la Direction du port qui l'achemine à la vitesse de 4 noeuds jusqu'à la baie
de Roscanvel, à proximité de l'île Longue, où ce dernier s'amarre à un
coffre. Là, il effectue durant trois jours des essais de l'appareil propulsif
à point fixe, de manoeuvre et de mise à l'eau d'embarcations.Un Dauphin,
un Lynx, une Alouette
III et un Super
Frelon, réalisent également plusieurs appontages.
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Texte Jean-Michel Roche
pour Net-Marine © 1998. Copie et usage : cf. droits
d'utilisation. Sources : Cols
bleus, Site
officiel Marine nationale, Le
Télégramme, Var-Matin
- Nice-Matin, Le Monde,
Libération, Le
Figaro, Le Point, AFP,
Reuters, France
Info, TF1, France
2, France3, Extraits
de l'ouvrage: Reflets de l'histoire des bâtiments de la Marine française d'hier
et d'aujourd'hui par la philatelie et la marcophilie. Cachets obliterations,
illustrés depuis 1838 par Joël Moreau 20 rue de Belfort 75011 Paris)