Le premier Ventôse fut une tartane canonnière (1794-1796) arrivée à Toulon sans canons, le 28 floréal An II (18 mai 1794) en provenance d'Agde et Sète où se trouvait la division Castagnier.
Armée en juillet 1794 de trois canons de 12 qui seront remplacés l'année suivante par trois canons de 18, le Ventôse aura des activités d'escorte et de transport. Par exemple :
Le dernier appareillage connu de cette tartane se situe le 9 floréal An IV (29 avril 1795), jour où elle sort de Toulon à l'effectif de 36 hommes avec 15 jours de vivres. Elle a du être désarmée peu après car il n'y a plus d'autre trace de ses mouvements.
C'est un sous-marin à vapeur (1906/07-1919), deuxième de la série des dix-huit pluviôse du programme 1905, qui 110 ans plus tard sera le deuxième Ventôse de notre marine.
Mis sur cale à l'arsenal de Cherbourg en 1906, lancé le 28 août 1907, il fut armé pour essais moins de trois semaines plus tard, le 11 septembre. Les essais furent rapidement conduits et dès la fin de 1907, le Ventôse était rattaché aux Patrouilles de Bretagne.
Du 6 au 11 mai
1909, en compagnie du Pluviôse, il accomplit une sorte de record
pour des sous-marins à vapeur à cette époque : 1000
milles en six jours sans ravitaillement.
En 1910, le Ventôse est l'un des trois sous-marins basés
à Calais, les deux autres étant le Pluviôse et le
Germinal. Le 26 mai, Pluviôse et Ventôse appareillent
pour exercice et plongent dès la sortie du port. Le capitaine de frégate
Prat, commandant la base des sou-marins de Calais, a pris passage sur le Pluviôse
pour le voir à l'oeuvre dans un simulacre d'attaque de navire en profitant
de sortie de la malle de Douvres. Celle-ci, le paquebot à roues Pas-de-Calais,
sort du port à 13h36, une demi-heure après la prise de plongée
des sous-marins. A 2 milles des jetées, le Pas-de-Calais est en route
à 17 noeuds quand il voit ce qu'il prend d'abord pour un mât de
bouée de filet : c'était le périscope du Pluviôse
qui venait à l'instant d'être hissé pour faire un tour d'horizon
! Le choc a lieu, brutal, et le Pluviôse coule avec tout son
monde par 20 mètres de fond.
Le Ventôse était rentré à Calais juste après
l'accident et c'est de Calis comme base qu'il participa aux opérations
en Manche en 1914, 1915 et 1916. Son activité paraît n'avoir été
troublée que par un seul incident, un abordage le 22 décembre
1916 par le Capricorne, dans le bassin même de Calais, avec pour
seule conséquence une indisponibilité de 8 jours.
Après un carénage à Brest, le Ventôse appareille
le 12 octobre pour faire route sur Moudros par Bizerte et Corfou. Après
plusieurs mois d'opérations en mer Egée, son commandant, le lieutenant
de vaisseau Ven rend compte le 3 août 1918 du trés mauvais état
dans lequel se trouve son bâtiment, en service depuis onze ans : mauvaise
état des "soutes à naphte" entraînant des mélanges
eau de mer/mazout, temps nécessaire à la plongée 10 minutes...
"J'estime, écrit-il, que le Ventôse n'est plus actuellement
un bâtiment de combat, qu'il n'est même plus un sous-marin d'exercice."
Le Ventôse sera alors replié sur Bizerte où il
est déclaré indisponible le 15 octobre 1918. Rayé des listes
de la Flotte le 1er décembre 1919, il sera vendu à la démolition
le 1er août 1921 à M. Ralfon Vita, de Tunis pour la somme de 33
000 francs.
En 1924 à Blainville-sur-Orne, un charbonnier de 2031 tonneaux de jauge brute fut mis sur cale sous le nom de Ventôse, aux Chantiers Navals Français, pour le compte de la Compagnie des Affréteurs Français. Malheureusement, cette société fit faillite en 1925. Le navire fut repris par la Société Navale Caennaise qui le fit naviguer sous le nom de Circé jusqu'à ce qu'il quitte le pavillon français en 1957.
Il y eut pendant la seconde guerre mondiale, un chalutier du nom de Ventôse, construit à Rouen en 1936, et qui fut réquisitionné le 2 septembre 1939 sous le commandement de l'EV2R Mequin, pour être affecté à la 36ème section de draguage à Dieppe. Cette section comprenait l'AD31 Tartarin (chalutier de Boulogne sur mer réquisitionné, jb : 288 tx, construit en 1931, cdt à compter du 9/9/39 : EV1R Masso), l'AD24 Etienne Rimbert (chalutier de Dieppe réquisitionné, jb : 197 tx, construit en 1935), l'AD Trouville (navire à passagers du Havre réquisitionné, jb : 294 tx, construit en 1910), l'AD Geneviève (chalutier de Boulogne-sur-Mer réquisitionné, jb : 224, construit en 1917). L'AD32 Ventôse fut équipé en D.O. (Dragueur Ordinaire), c'est à dire muni d'une drague Ronac'h ordinaire.
En opération devant Dieppe le 19 mai 1940 et devant Fécamp le 23, ce petit bâtiment participa en juin à l'évacuation du Havre et parvint finalement à Southampton le 21 juin. Saisi par les Anglais le 3 juillet 1940 (opération Catapult)en même temps que l'AD31 Tartarin, il navigua sous leur pavillon jusqu'en 1945 sous le numéro de coque FY 1754. Il fut réarmé en patrouilleur auxiliaire en octobre 1940. A partir de juin 1944, il servit de bateau pompe sur la rivière Tyne. Il fut rendu à la vie civile le 21 septembre 1946.
On distingue encore
un pétrolier du nom de Ventôse. Construit avant 1944, il
navigua dans un premier temps pour le compte de la Compagnie Nationale de Navigation.
Il était équipé d'une propulsion par turbine à vapeur
et d'un moteur électrqiue (1 seule ligne d'arbres). En 1961, il fut vendu
à Heathcote Shipping Ltd. et navigua sous le pavillon britannique sous
le nom de Transasia. En 1962, il fut à nouveau vendu à
la Compania Naviera Continental. Il conserva son nom mais navigua sous le pavillon
du Libéria. En 1965, il fut vendu une dernière fois à la
compagnie Naviera Pan-Americana et renommé Don Segundo Sombra.
Il termina sa carrière sous le pavillon argentin.
Le dernier Ventôse fut encore un pétrolier, construit à La Ciotat. Mis sur cale le 12 juin 1965, lancé le 15 novembre 1965, il entra en service le 12 mai 1966. Il fut retiré du service puis renommé "U.S.F. 1" quand il servit de barge de stockage sans propulsion. Il appartient (encore à l'heure actuelle ?) à la Nouvelle Compagnie de Navigation (NCN). Le bâtiment est resté tout au long de sa carrière sous le pavillon français.