Hervé de Portzmoguer


Hervé de Portzmoguer, dit Primauguet, est né à Plouarzel en Bretagne, vers 1470; on ne sait à peu près rien de sa vie en dehors de son dernier combat.

Au début du XVIème siècle, la faiblesse de la flotte royale laissait le champ libre aux ennemis du royaume qui venaient impunément faire des descentes meurtrières sur nos côtes. Commandant la nef La Cordelière, Portzmoguer, au cours d'une rencontre au large de la pointe Saint-Mathieu, le 10 août 1512, avec l'escadre anglaise de Howard qui venait de piller Le Conquet et Crozon, aborda Le Régent. Les deux bâtiments s'étant accrochés l'un à l'autre, et les équipages se battant au corps à corps, le feu se déclara à la sainte-barbe de La Cordelière : il y eut environ 1.500 victimes, dont les deux tiers du côté breton, parmi lesquelles le capitaine, Hervé de Portzmoguer.

Ce désastre eut un retentissement considérable en Bretagne, et il ne faut pas s'étonner qu'il ait pris, avec le temps, des dimensions presque mythiques. Certains, parmi lesquels le poète Théodore Botrel, ont voulu voir dans l'explosion un acte d'héroïsme désespéré. En réalité, comme l'explique clairement Max Guérout dans l'excellent ouvrage qu'il a publié cette année, on ne connaît pas les causes exactes du drame, et on ne sait pas grand-chose non plus sur Portzmoguer ni sur La Cordelière, à part qu'elle a été construite à Morlaix. Même son épave, malgré plusieurs campagnes de fouilles, n'a pu être localisée. Notre marine en tout cas a conservé le souvenir de Portzmoguer, quoique, on ne sait pourquoi, son nom ait été francisé en Primauguet.

(Source : Dictionnaire des marins français - Etienne Taillemite, Ed. maritimes et d'outre-mer ; Le Télégramme 17/08/2002 article de Pierre Deloye Portzmoguer ; photo Guillaume Rueda - Buste à bord de la frégate Primauguet)


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