Les bâtiments ayant portés le nom de Prairial


Le premier Prairial fut une chaloupe canonnière (1795-1797) armée de trois canons de 24 basée à Toulon.
De vendémiaire An IV (octobre 1795) à pluviôse An V (janvier 1797), on la voit effectuer une demi-douzaine de missions de patrouille côtière entre Toulon et Marseille. Elle appareille alors avec un équipage de 44 à 56 hommes et munie de 4 à 5 semaines de vivres.
Elle fait aussi du transport. Ainsi fin brumaire An IV, le Prairial est chargé de transporter des munitions et du matériel militaire à destination de l'Armée d'Italie. Sérieusement avarié par une tempête, il est obligé de rentrer à Toulon le 4 frimaire.
Sa dernière mission connue sera une mission de transport pour laquelle il avait appareillé de Toulon le 15 pluviôse An V (5 janvier 1797) avec un équipage réduit à 15 hommes et muni de 15 jours de vivres.

Cent dix ans plus tard, le deuxième Prairial est un sous-marin à vapeur (1906/08-1918), le cinquième de la série des Pluviôse du programme de 1905. Mis sur cale à Cherbourg en 1906, " lancé avec succès " le 26 septembre 1908, il terminera ses essais le 19 juin 1909.
En 1912, son commandant (L.V. Latron) le jugeait " excellent plongeur " mais trouvait sa vitesse tant en surface qu'en plongée trop faible : " Pour attaquer les bâtiments actuels, écrivait-il, il faut aux sous-marins 20 nœuds en surface et 11 à 12 en plongée ". Il estimait en outre son effectif insuffisant. D'autres après lui demanderont l'installation de bouilleurs.
Affecté en 1909 à la 1ère flottille des sous-marins de la Manche, le Prairial fut en 1912 incorporé à la 2ème escadre légère jusqu'à dissolution de cette force navale. Il appartint alors successivement au Front de mer du Havre, au Front de mer de Cherbourg, à la 3ème escadrille de sous-marins de Normandie (division des patrouilles de Normandie).
Dans la nuit du 29 avril 1918, par mauvais temps et mauvaise visibilité, le Prairial se trouvait en patrouille aux abords du Havre, à proximité de la zone interdite, en compagnie du Chasseur II. C'est alors, à 3h48, qu'il fut abordé par le vapeur anglais Tropic qui, venant de Spithead escorté par un destroyer anglais, s'était trouvé déporté vers Antifer. Deux minutes après le choc, le Prairial avait disparu entraînant avec lui dix-huit membres de son équipage (dont le commandant). Il n'y eut que sept survivants. Le choc ressenti par le Tropic avait été si faible qu'on ne pensait pas, à son bord, avoir coulé le sous-marin.

(d'après la revue Marine n°153 octobre 1991)


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