L'histoire de la frégate La Motte-Picquet (1982-1990)


En forme de construction à Lorient (1984).
1982-85

La sixième frégate de la série du Georges Leygues est mise sur cale au chantier de DCN Brest le 12 février 1982.

En 1983, La coque est remorquée de Brest à Lorient pour achèvement, fournissant ainsi quelques 1 400 000 heures de travail à la DCN locale et 200 000 heures pour Indret chargé de l'appareil propulsif. C'est dans la grande forme du chantier de DCN Lorient que se poursuit la construction. Les lignes d'arbres sont mises en place en juillet 1984, le montage des hélices n'intervenant qu'en mars de l'année suivante.


Le capitaine de vaisseau Monnier, commandant le La Motte-Picquet (1986).
Le 6 février 1985, c'est une quadruple mise à flot qui se déroule sous la présidence de M. Charles Hernu, ministre de la Défense. Tour à tour, la corvette La Motte-Picquet, la corvette anti-aérienne Cassard, les CMT Orion et Croix du Sud quittent la grande forme de l'arsenal de Lorient.
En octobre les turbines à gaz Rolls Royce Olympus TM3B qui vont pouvoir donner toute sa puissance au bâtiment sont montées à bord.

1986


16 avril 1986 : Prise de commandement du capitaine de vaisseau Monnier, premier commandant.

Les premiers essais au point fixe ont lieu le 2 avril. La prise d'armement pour essais, le 16 avril, coincide avec la prise de commandement ducapitaine de vaisseau Monnier, premier commandant du bâtiment. Le La Motte-Picquet est sous l'autorité organique du commandant de la Marine à Lorient.

L'association des anciens marins des Forces Navales d'Extrême-Orient (FNEO) participe aux cérémonies de prise d'armement et de parrainage (24 mai 1987) du bâtiment, le nom de La Motte-Picquet ayant été porté par le bâtiment chef de division des Forces Navales d'Extrême Orient.

Du 6 juin au 25 juillet, la frégate poursuit ses essais à la mer de la propulsion. Le 4 septembre, le groupe Océan de l'AOVC visite le bord.


Un buste grandeur nature de La Motte-Picquet est offert par la ville de Rennes (24 mai 1987).

1987

Première mission pour le La Motte-Picquet : du 17 au 18 avril, le bâtiment prête assistance au chalutier La Confiance dont l'hélice était immobilisée par son chalut. L'intervention des plongeurs permet au chalutier de récupérer son autonomie.

Le parrainage du bâtiment par la ville de Rennes, le 24 mai a lieu en présence d'une importante délégation de la ville, conduite par Monsieur Edmond Hervé, député-maire. A cette occasion, un buste grandeur nature de La Motte-Picquet, copie de l'original conservé au Musée de la Marine, est offert par la ville. La cérémonie est suivie d'une courte sortie à la mer.

Le bâtiment poursuit ses essais du 30 mars au 9 juillet (essais à la mer Armes-Equipements). Le 6 juin, les personnels de la DCAN Lorient ayant participé à la construction du bâtiment et leurs familles (soit plus de 800 personnes) visitent le bord.


6 août 1987 : La frégate La Motte-Picquet quitte Lorient pour sa traversée de longue durée.

La cloture d'armement, qui vient marquer la fin de la période d'essais, intervient le 31 juillet. Quelques jours après après, le 6 août, le La Motte-Picquet largue les amarres et quitte Lorient pour entamer sa Traversée de Longue Durée. Un groupe de 3 jeunes gens des villes marraines (Villeurbanne, Belfort et Rennes) embarquent à Lorient pour la traversée jusqu'à Toulon. Le La Motte-Picquet arrive à à Toulon le 12 août, puis fait escale à Djibouti (24 août ), Bombay (Inde - 31 août au 3 septembre), Djakarta (Indonésie - 12 au 16 septembre), Qingdao (Chine Populaire - 25 au 30 septembre), Pusan (Corée du Sud - 2 au 7 octobre), Tokyo (Japon - 9 au 15 octobre), Pearl Harbour (Etats-Unis - 26 au 29 octobre), San Diego (Etats-Unis - 6 au 11 novembre), Acapulco (Mexique - 16 au 20 novembre), Panama City (Panama - 25 au 28 novembre), Ireland Island (Bermudes - 7 décembre). La traversée de longue durée est l'occasion d'effectuer de nombreuses manifestations de relations publiques. Ainsi en coopération avec des industriels français, une action de promotion des matériels français a été conduite dans certains ports étrangers. Le 19 décembre, le La Motte-Picquet est de retour à Brest.

1988


Un hélicoptère Lynx WG13 en phase d'appontage sur la plate-forme de la frégate La Motte-Picquet (1988).

La traversée de longue durée permet de montrer l'endurance du bâtiment et, après une dernière série d'essais à la mer artillerie et Crotale (1er au 12 février), la commission d'armement du bâtiment prononce le 18 février son admission au service actif du La Motte Picquet. Brest est le nouveau port base du bâtiment qui passe sous l'autorité organique de l'amiral commandant l'Escadre de l'Atlantique (ALESCLANT).

Première sortie pour la frégate avec l'exercice Albacore (20 février au 13 mars), suivi d'escales à Cadix (Espagne - 29 février au 2 mars) et Casablanca (Maroc - 10 au 13 mars). Le 16 mars, a lieu la prise de commandement ducapitaine de vaisseau Varaut.

Des activités variées agrémentent les premières sorties opérationnelles du bâtiment : Stage avec le Centre d'Entraînement de la Flotte (25 avril au 12 mai), tir de missile Exocet MM40 (17 et 18 mai), exercice interallié Suroît (25 au 31 mai). Du 13 juin au 31 août, le La Motte-Picquet, bâtiment de visite, accueillent 7500 visiteurs (groupes, organismes militaires et civils, population). Les visites d'une délégation délégation technique chinoise (6 juillet) ainsi que celle de l'amiral Al Granizo, chef d'Etat Major de la Marine espagnole (18 juillet) sont particulièrement remarquées.

Reprenant la mer, la frégate effectue un passex avec le RFA Gold Rover (12 octobre), une mission Morgane avec l'Escadre de l'Atlantique (24 octobre au 3 novembre), et l'embarquement de stagiaires de l'IHEDN, Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale (14 décembre). Le 2 décembre, une délégation de 75 membres d'équipage et 8 officiers se rend à Rennes pour participer, sur invitation du conseil municipal à diverses manifestations (prises d'armes, vin d'honneur, déjeuner, bal,...)


Le capitaine de vaisseau Cuny, commandant le La Motte-Picquet (1989).
1989

L'année 1989 débute par un entraînement avec le sous-marin Sirène (5 au 7 janvier), puis avec le remorqueur de Haute Mer Malabar (15 février), une mission Mélusine avec l'Escadre de l'Atlantique (26 février au 2 mars) au cours de laquelle une fortune de mer, perte de la coupée de mer tribord, est à déplorer, conséquence du mauvais temps. Le mois de mai comprend deux escales à Lisbonne (Portugual) du 5 au 9 et 14 au 15. A l'occasion de la semaine internationale de la voile à Kiel (République Fédérale d'Allemagne - 17 au 24 juin), le bâtiment reçoit la visite de 800 personnes dont une délégation technique allemande et une délégation NFR90 (frégate OTAN).

Le 14 août, le La Motte Picquet entre en IPER (Indisponibilité Pour Entretien et Réparations). Peu de temps après a lieu la prise de commandement ducapitaine de vaisseau Cuny (1er septembre). La frégate est au bassin du 6 septembre au 31 novembre.

1990

Le 12 janvier, alors que l'équipage du bâtiment a été renouvelé à près de 50 %, le La Motte Picquet sort d'IPER.

Reprenant la mer, le bâtiment effectue une mission Ceclant (19 au 28 février), suivie d'une sortie avec l'Escadre de l'Atlantique, au cours de laquelle deux journalistes du quotidien Sud-Ouest et de M6 embarque (12 mars). Lors d'une escale à Bordeaux (9 au 11 mars) 2000 personnes visitent le bâtiment. De retour à quai, il effectue une période d'entretien intermédiaire du 2 avril au 18 mai, avec passage au bassin (4 avril au 14 mai).

Entre temps, le 17 avril, le prix du parrainage le plus prestigieux est remis à la ville de Rennes au Sénat. Le bâtiment fait encore l'objet de l'intérêt des marines étrangères, marqué par les les visites de l'amiral Ruggiero, chef d'état-major de la Marine italienne (26 avril) et de l'amiral Sakuma, chef d'état-major de la Marine japonaise (9 mai).

Du 21 mai au 4 juillet, le La Motte Picquet est en mission Eglefin, mission qui comprend une escale à Narvik du 26 au 29 mai, au cours de laquelle le ministre de la Défense J.P Chevènement et de l'amiral Louzeau chef d'état-major de la Marine, sont présents à bord à l'occasion du cinquantenaire de la bataille de Narvik. Après une escale à Amsterdam (28 juin au 1er juillet), des journalistes de la presse écrite et audiovisuelle (Nicolas Seydoux - Le Point, Serge Moati et Alain Lafargue - Antenne 2) accompagnés du CV d'Hautuille embarquent pour le transit retour vers Brest du 2 au 4 juillet.

Au large de Brest, un exercice interallié Team Work du 3 au 17 septembre, précède une Période d'Entretien Intermédiaire (18 septembre au 12 octobre).

Les évènements internationaux vont cependant bousculer le programme d'activité du bâtiment. En effet, suite à l'invasion du Koweit par l'Irak le 2 août, la tension dans le Golfe était montée d'un cran. Le conseil de sécurité des Nations Unis demande alors aux états membres dans sa résolution 665, "d'arrêter tous les navires marchands ... d'inspecter leur cargaison et de s'assurer de leur destination". Pour la France, ce sera l'objet de la mission Artimon.

Le La Motte Picquet quitte Brest le 12 octobre dans le cadre de la mission Artimon. Il fait escale à Djibouti (25 au 26 octobre), Abu Dhabi (5 au 6 novembre), Sharjah (14 au 15 novembre), Doha (25 au 27 novembre), Jebel Ali (5 au 6 décembre), Mina Sulman (Bahrein - 13 au 14 décembre). De retour à Jebel Ali., le bâtiment effectue une Période d'Entretien Intermédiaire (16 au 28 décembre), à l'issue de laquelle, les autorités des Emirats Arabes Unis offrent à l'équipage un gâteau de 2 mètres de long orné des pavillons Emiratie et Français pour célébrer l'amitié des deux pays.

L'année 90 se termine non sans imprévu, puisque à partir du 31 décembre le La Motte Picquet est engagé cette fois-çi dans la mission Bérénice d'évacuation de ressortissants à Mogadiscio.

Suite de l'histoire...

Texte Jean-Michel Roche pour Net-Marine © 2002. Copie et usage : cf. droits d'utilisation


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