Les
bâtiments ayant porté le nom de Jean Bart
Quinze bâtiments
de la marine de guerre française ont porté le nom de Jean Bart :

Maquette de la construction d'un vaisseau de 74 canons du même type
que le Jean Bart (Musée de la Marine de Rochefort - Photo JM Roche) |
Un vaisseau
de 74 type Téméraire (1791 - 1809). Baptisé Jean
Bart le 19 octobre 1787, il est mis en chantier à Lorient le 1er juin
1788 sur les plans de l'ingénieur Sané, puis mis à flot
le 7 novembre 1790. Sa construction sera retardée faute de bois, elle
se prolonge jusqu'en mars 1791. En 1793, il effectue une sortie avec la division
Van Stabel, au cours de laquelle il combat les Anglais avec le Tigre
pour dégager la Sémillante en mauvaise posture. Le 24
décembre 1793, il quitte Brest pour une campagne en Amérique,
à la Chesapeake ((12/2-11/4/1794), puis est de retour le 12 juin 1794.
Le 6 novembre de la même année, il participe avec division Nielly
à la capture du HMS Alexandre. De fin décembre 1794 à
février 1795, il effectue la campagne du grand hiver avec la division
Van Stabel.
En 1800, il passe en Méditerranée, et il est armé à
Toulon. Sa carrière se termine de façon tragique lors de l'affaire
des brûlots de l'île d'Aix (26 février 1809), où,
assaillit par les coups de l'ennemi, il fait naufrage à l'île Madame.
Son épave est prise par les Anglais puis brûlée en avril
1809. (Caractéristiques : 1550 t ; 55,9 x 14,5 x 7,5 m ; Sané
; 74 puis 80 canons).

Buste de Jean Bart
(Musée de la Marine, Paris - Photo G. Rueda) |
Une corvette
de 20 canons (1793 - 1795), dont la construction commence à Saint
Malo en avril 1793. Mis à flot en octobre, elle est baptisée Jean
Bart la même année. Cette corvette navigue en Atlantique, Manche
et mer du Nord, elle serait allée jusqu'à New-York. En mai 1795,
elle était prévue de s'appeler Installée. Mais ce
changement de nom ne se fit jamais, car le 28 mars 1795, elle est prise par HMS
Cerberus et Santa Margarita aux Trocades en Manche (LV Néel).
Incorporée dans la Royal Navy, elle devient HMS Arab. Sa carrière
sous pavillon britannique ne sera pas bien longue puisque le 10 juin 1796, elle
fait naufrage sur l'île des Glénans. (Caractéristiques
: 270 t ; 28,6 x 8,9 m ; 18 à 20 canons).
Un lougre
de 8 canons (1793 - 1800) et 50 tonnes. Navire d'origine britannique,
il est capturé par les Français en août 1793. Armé
à Cherbourg, il prend le nom de Jean Bart. De février
à mars 1794, il est à Dunkerque (EV Jansen). De janvier à
mai 1795 il navigue en rade de Solidor, effectue des croisières dans
le golfe de Saint Malo et la baie de Saint Brieuc, puis rentre à Saint
Malo (EV Austry). Rebaptisé Joyeux en mai 1795, il conservera
que peu de temps ce nom, puisqu'il redevient Jean Bart dès l'année
suivante. On perd sa trace vers novembre 1800, date à la quelle il est
désarmé à Cherbourg.
Une corvette
de 24 canons (1794 - 1795) lancée à Bayonne en 1786.
Cette corvette à l'origine corsaire, est réquisitionnée
en janvier 1794 à Nantes, et rallie Brest peu après (LV Le Bozec).
Prévue d'être baptisée Imposante en mai 1795, elle
n'aura pas elle aussi le temps de changer de nom, puisqu'en avril 1795, elle
est prise par les Anglais au large de Rochefort . Incorporée dans la
Royal Navy, elle pris le nom d'HMS Laurel. En 1797, elle est vendue
en Jamaïque. (Caractéristiques : 300 t ; 35,5 x 9,1 m).

Jean Bart repose à Dunkerque (photo François Hanscotte) |
Une corvette
de pêche (1803 - 1807) dont on ne sait pas grand chose. Probablement
réquisitionnée, elle est armée à Dunkerque le 27 novembre
1803 (cdt Dhoudt). Elle est désarmée le 31 mars 1807.
Un transport
numéroté (1803 - 1808) de la célèbre flottille
de Boulogne. Désigné Transport n°799 de Dieppe, il
est aussi appelé Jean Bart. Du 2 décembre 1803 au 31
mars 1807, il est armé à Dieppe pour le compte de Dunkerque (cdt
Reine).
Un autre transport
numéroté (1803 - 1808), idem que le précédent.
Désigné Transport n°816. Il est armé à
Boulogne pour le compte de Dunkerque à partir du 20 août 1803 (cdt
Pison). Il est désarmé le 31 mars 1807 (cdt Reine).
Un vaisseau
de 74 canons (1820 - 1833) dont la construction est ordonnée
à Lorient le 18 février 1811. Baptisé Jean Bart le 18 avril
1811, il est mis à flot le 25 août 1820. Le 24 décembre
1820, il appareille de Lorient pour Toulon (CV Menouvrier Defresne), puis de
Toulon pour une campagne au Brésil et aux Antilles avec Aigrette
et retour à Brest (26/6/1821-13/4/1822). Quittant
Brest le 5 février 1823 pour une nouvelle campagne, il capture entre
Le Havre et Cadix le marchand espagnol Nueva Veloce Mariana.
Le
Jean-Bart, vaisseau à voile transformé en mixte
(dessin de Lebreton - Collection Claude Millé) |
Il navigue jusqu'aux
Antilles et au Mexique. En 1828-29, il fait campagne au Brésil, au cours
de laquelle à liu une permutation d'équipage avec le Duquesne
à Rio de Janeiro. Désarmé à Brest le 12 août
1829, il sert après de magasin à la direction du port de Brest.
Il est condamné le 26 octobre 1833, puis démoli à Brest.
Un vaisseau
à voiles transformé sur cale (1852 - 1868). Mis sur cale
à Lorient le 26 janvier 1849, il est mis à flot le 14 septembre
1852. Armé en guerre, en mer Noire pour la guerre de Crimée (1854-55),
il participe le 17 octobre 1854 au bombardement de Sébastopol. En avril
1855, il transporte 1054 passagers d'Alger à Kamiesch (CV d'Aboville).
Le 17 octobre 1855, il est présent lors de la prise de la forteresse
de Kinburn. En 1856, on lui installe une machine à vapeur pour le transformer
en vaisseau mixte. De 1864 à 1873, il sert comme Ecole d'Application
des aspirants et fait de multiples croisières à travers le monde
(Dakar, Bahia, Rio, Montevideo, Le Cap, New-York, Lisbonne, ...). Le 8 mars
1867, il est envoyé avec l'Achéron de Fort-de-France en Jamaïque pour tenter de relever la Gironde échouée,
mais sans succès.
En septembre 1868, il permute de nom avec le vaisseau décrit ci-dessous
et devient la Donawerth. Sous cette appellation, il sert de bâtiment
central de la réserve à Brest (1881-86). Condamné en 1881,
il prendra le nom de Cyclope en 1886.
(Caractéristiques : 4135 t ; 1800 cv ; En bois ; Machine Indret
; 864 h en guerre, 586 h en transport ; 80 à 22 canons).

Le Jean-Bart, ex Donawerth (SHD/B) |
Un vaisseau
à voiles transformé en mixte (1868 - 1886) mis en chantier
à Lorient le 27 juillet 1827 sous le nom d'Alexandre, il prend
le nom de Donawerth en 1839, alors qu'il est toujours en construction,
à l'état plus ou moins abandonné. C'est une longue et difficile
transformation qui va le faire passer de l'état de vaisseau à voiles
à vaisseau mixte, équipé d'une machine à vapeur. Il
est mis à
flot le 15 février 1854, et subit son baptème du feu lors de la
guerre de Crimée (1854-55) en Mer Baltique puis en mer Noire, armé
en transport. En novembre 1855, il quitte Toulon
pour Cherbourg, où, à partir de l'année suivante, halé
à terre, il va subir un long carénage jusqu'à 1858. En 1860,
il retrouve Toulon et l'escadre de la Méditerranée (CV Jean Simon),
et effectue une mission à Beyrouth avec le Redoutable (7/1860).
En 1862, il fait une campagne à Naples, Alger, Oran et Ajaccio. Il est
à nouveau refondu à Lorient en 1865. Ce n'est qu'en septembre 1868
qu'il est rebaptisé Jean Bart, et c'est sous ce nom qu'il sert
plusieurs années comme école d'application. Il est renommé
Cyclope en 1886 alors qu'il est utilisé comme bâtiment central
de la réserve. En trop mauvais état, sa coque est démolie
à Brest en 1897. (Caractéristiques : 4150 t ; 1800 cv ; 60,5
x 15,75 x 8,1 m ; En bois ; Machine Mazeline ; 510 h en transport ; 90 puis 80
canons).
Un croiseur
de 1ère classe (1889 - 1907) du type éponyme, dont la
construction est ordonnée à Rochefort le 18 septembre 1886, et
commence en décembre de la même année. Mis à flot
le 24 octobre 1889, il quitte Rochefort en octobre 1891 pour poursuivre ses
essais à Toulon jusqu'en 1892, avant d'être affecté en 1893
à l'escadre de la Méditerranée (CV Parfait). Début
1897, après la dépose de ses mâts militaires à Brest,
il est mis en réserve à Rochefort. Il reprend du service l'année
suivante et part faire camapgne en Extrême-Orient jusqu'en 1901, date
à laquelle il revient à Lorient pour désarmer. Il est mis
en réserve à partir du 22 janvier 1903. L'année 1907 lui
sera fatale. Parti de Lorient le 17 janvier pour Las Palmas, il fait naufrage,
le 11 février 1907, par temps de brume sur les côtes sahariennes
à 80 milles au nord du banc d'Arguin. Sa coque est crevée, envahie
jusqu'à la flottaison. Des bâtiments de la marine viendront à
son secours : le Forbin venu de Tanger, les Goéland
et Jeanne Blanche de Dakar, les Gloire et Condé
de France. Mais rien ni fit, le bâtiment était définitivement
perdu. Un conseil d'enquête présidé à bord par le
CV Vincent de la Gloire eu lieu le 27 février 1907. Quand à
l'épave du Jean Bart, elle fut abandonnée à son
sort. Ce bâtiment est rayé des listes de la flotte le 13 avril
1907. (Caractéristiques
: 4100 t ; 8000 cv ; 105,5 x 13,2 x 6,5 m ; Plan Thibaudier ; 3 mâts barque
; 8 chaudières cylindriques ; 2 hélice ; 18 nds ; 350 h ; IV.164
+ VI.140 + 14 + 4.T).
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| Deux états du croiseur
de 1ère classe Jean Bart : A gauche en armement à Rochefort
peu après son lancement, et à droite au mouillage à
Toulon (SHD/R, Alexandre Bougault) |

Une réplique française aux "dreadnoughts" britanniques, le cuirassé Jean
Bart, lancé en 1911 (photo © Art photo) |

Motif symbolique du bâtiment de ligne Jean-Bart (1940-68). |
Un cuirassé
(1913 - 1942) premier "dreadnought" français, d'une
série de cinq bâtiments, mis en chantier à Lorient le 15 novembre
1910. Mis à flot le 22 septembre 1911, il est mis en service le 15 juin
1913.
Sa carrière débute en juillet-août 1914, lorsqu'il conduit
en Russie M. Raymond Poincaré, Président de la République,
en Russie (Cronstadt, Stockholm). Engagé dans la première guerre
mondiale, il est torpillé le 21 septembre 1914 par le sous-marin autrichien
U12 dans le canal d'Otrante. Le 26 décembre 1914, il rallie Malte pour
y être réparé.
En 1918, il fait partie de la 1ère escadre à Corfou. Au sortir de
la guerre, il effectue des voyages en Mer Noire (Constantinople, Odessa). C'est
au cours d'une de ces croisière qu'en avril 1919, une partie de l'équipage,
d'influence communiste et anarchisante, se mutine à Sébastopol avec
celui du France. En
1920, il est en escadre à Toulon. Un peu hors d'âge en 1935, il est
affecté à la division d'instruction (école des torpilleurs
et des électriciens). Ne naviguant plus, il est renommé Océan
le 24 juin 1936. Le 27 novembre 1942, jour du sabordage de la flotte à
Toulon, il est saisi intact par les Allemands. N'ayant plus de valeur militaire,
il est utilisé pour des essais d'explosifs en 1944 (et probablement coulé
à cette occasion ?). Condamné le 14 décembre 1945, ses superstructures
et blindage sont enlevés pour faciliter son renflouement. Sa coque est
démoli en 1946 à Toulon, Brégaillon.
(Caractéristiques : 23400 t ; 30000 cv ; 164,9 x 27 x 9 m ; 24 chaudières
Belleville ; 4 hélices ; 20 nds ; 1150 h ; XII.305 + XXII.138 + 4.T).
Un navire
auxiliaire (1914 - 1915), remorqueur réquisitionné à
Cherbourg du 3 août 1914 au 14 janvier 1915.

Le bâtiment de ligne Jean-Bart à Bizerte (25/05/1950 -Photo
MN) |
Un bâtiment
de ligne type Richelieu (1940 - 1968) dont la construction
commence à Saint Nazaire le 12 décembre 1936. Mis à flot
le 6 mars 1940, il effectue une spectaculaire évasion de Saint-Nazaire
le 19 juin 1940, peu avant l'invasion de la zone par les Allemands, et rallie
Casablanca (CV Ronarc'h). Le 8 novembre 1942, il est bombardé et gravement
endommagé par USS Massachusetts lors de l'attaque américaine
sur Casablanca. Remis en état de navigabilité en 1943, il n'est
toutefois pas encore opérationnel. Il rallie Brest, puis Cherbourg le
25 août 1945, où il et refondu.
Mis en service le 1er mai 1955, il est engagé l'année suivante
lors de l'intervention à Port Saïd. A partir d'août 1957,
il sert de navire école à Toulon. Il est retiré du service
actif le 16 janvier 1968, désarmé le 26 février 1969, et
condamné le 10 février 1970 (numéro de condamnation Q 466).
Sa coque est vendue pour démolition à Toulon le 16 février
1970. (Caractéristiques : 35000 t ; 155000 cv ; 247, 8 x 35,5 x 10,5
m ; 6 chaudières Indret ; 4 hélices ; 30 nds ; 1670 h ; VIII.380
+ IX.152 + XXIV.100 + XXVIII.57 + VIII.40 + XX.20).

La frégate Jean-Bart à Toulon (28
février 2006 - Photo Bernard Prézelin) |
Une frégate
antiaérienne (1991 - 2014) construit par DCN à l'arsenal
de Lorient, ce Jean Bart est armé pour essais
le 21 octobre 1989, et entre en service le 21 septembre 1991. Désigné
dans un premier temps "corvette antiaérienne", il prend l'appelation
de frégate antiaérienne (FAA) à partir de juin 1988 dans
un souci d'harmonisation avec les appelations en vigueur dans les marines étrangères.
Sa mission principale est de mener la lutte antiaérienne de zone au profit d'une
force navale. Comme son sistership le Cassard,
il est basé à Toulon.
Au cours de sa carrière, le Jean Bart sera régulièrement
intégré au groupe aéronaval. A partir de décembre 2001, dans le cadre de la riposte
alliée en Afghanistan après les attentats du 11 septembre, il participe ainsi
au contrôle des mers, et prend part à la protection rapprochée du porte-avions
Charles de Gaulle lors de
la mission Héraclès de lutte contre le terrorisme. En 2002-2003, le Jean
Bart subit une refonte de son système de combat, ainsi qu'un renforcement
de sa coque par pose de longerons extérieurs (bulges) et ajout de 100 tonnes de
béton dans les fonds pour accroître sa stabilité. Lors d'essais en septembre 2003,
au sortir de cette période d'entretien majeur, un incendie dans un compartiment
propulsion le contraint a être immobilisé quelques mois pour réparations. De février
à juin 2004, le Jean Bart effectue une mission
Agapanthe de représentation en océan Indien et dans le Golfe Persique. Plus récemment
en juillet-août 2006, il participe à l'opération Baliste pendant la guerre du
Liban, au cours de laquelle il assure l'escorte des bâtiments amphibies effectuant
l'évacuation de ressortissants, allant jusqu'à procéder lui-même à l'évacuation
de 270 personnes entre Beyrouth et Larnaca. La ville marraine du Jean
Bart est Dunkerque depuis le 13 juillet 1990.
(Caractéristiques : 3900 t ; 43200 cv ; 139 x 14 x 6,50 m ; 4 diesel Pielstick
BTC ; 2 hélices ; 27 nds ; 244 h ; I.100 + I.SM1.Tartar (1990) + VIII.MM40
+ II.Sadral + II.20 + IV.12,7 + II.TLT + I.Panther ; Symb. de coque : D615).
(Texte : Jean-Michel Roche pour Net-Marine ; Pour en savoir plus : Dictionnaire
des bâtiments de la flotte de guerre de Colbert à nos jours)
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