Histoire de la frégate Floréal (1996-2000)


En escale à Mombasa (avril 1996)

1996

L'année commence par une période d'entretien du 3 janvier au 9 février, qui est suivie par une mission de présence dans l'océan Indien, jusqu'au 29 avril. Le Floréal met le cap vers Mayotte où il stationne du 13 au 14 février. Le 15 février, une collision en mer avec un présumé cétacé endommage l'aileron de stabilisation bâbord. Cette fortune de mer ne l'empêche pourtant pas de rejoindre la Somme, bâtiment amiral des Forces Françaises en Océan Indien, avec lequel il va enchaîner une belle série d'escales à Malé (Maldives) du 20 au 23 février, Tanjung Pinang (base du commandement de la flotte ouest indonésienne) du 29 février au 4 mars, Phuket (Thaïlande) du 7 au 14 mars, Madras (Inde) du 18 au 22 mars, Pondichéry (Inde) du 23 au 24 mars, et Malé du 27 au 30 mars. Quittant la Somme pour reprendre la route du sud, le Floréal relâche à Port Victoria (Seychelles) du 3 au 10 avril, Mombasa (Kenya) du 15 au 20 avril, et Port Louis du 26 au 28 avril.

Une période d'entretien à La Réunion du 30 avril au 27 juin est prolongé par un passage au bassin à Diego Suarez (Madagascar) du 30 juin au 5 juillet. Elle sera toutefois interrompue par un exercice Géranium au large de La Réunion du 21 au 22 juin, auquel le Floréal participe, comme d'habitude.


1996 : Le capitaine de frégate Jean-Michel L'Hénaff, commandant le Floréal.

Une autre mission attendait le Floréal, mission dont les origines remontaient à quelques mois. En effet, en décembre 1995, l’Érythrée avait envahit l’île principale de l’archipel des Hanish, archipel peu peuplé qui contrôle l’accès à la mer Rouge, et dont la souveraineté lui était contestée par le Yémen. L’Érythrée et le Yémen font appel à la médiation de la France. Pour la Marine nationale, ce sera l'objet des missions Condor, de surveillance et d'interposition entre les belligérants. Le Floréal effectue dans ce cadre, à partir du 11 juillet, une patrouille aux alentours des îles Hanish, entrecoupée par deux haltes à Djibouti le 10 juillet, et du 15 au 18 juillet. Cette patrouille est malheureusement interrompue le 14 juillet suite à l'endommagement de deux pales de l'hélice bâbord.

Une dernière escale à Port Victoria (Seychelles) a lieu le 29 juillet, peu avant la prise de commandement ducapitaine de frégate Jean-Michel L'Hénaff (4 août). Le changement des pales abîmées de l'hélice bâbord nécessite un passage au bassin à Port Louis (île Maurice) du 23 au 28 août, des réparations qui sont prolongées par une période d'entretien à La Réunion du 4 septembre au 19 octobre. Reprenant la mer le 21 octobre, le Floréal effectue la 2ème patrouille TAAF de sa carrière jusqu'au 14 novembre. Il mouille à l'île de la Possession (Crozet), Port au Français (Kerguelen), îles Saint Paul et Amsterdam.

Il est désormais temps pour le bâtiment, de retrouver le chemin de la Métropole, où il va effectuer son premier grand carénage. Le Floréal transite vers Lorient via Djibouti où il stationne un mois, du 25 novembre au 21 décembre, période au cours de laquelle il patrouille dans le cadre d'une 2ème mission Condor au large des îles Hanish (4 au 9 décembre). Il effectue au cours de cette mission l'évacuation sanitaire d'un marin français du câblier Raymond Croze, au large des îles Hanish.


La frégate Floréal au bassin à Lorient en fin d'IPER (mai 1997).

1997

Le premier grand carénage, ou IPER (Indisponibilité Pour Entretien et Réparation) du bâtiment se déroule du 8 janvier au 3 juillet à l'arsenal de Lorient, aux bons soins de la DCN (Direction des Constructions Navales). L'IPER comprend un passage au bassin du 10 mars au 14 mai.
Les principaux travaux, qui seront menés au cours de cette IPER sont les visites des moteurs de propulsion et diesels-alternateurs, l'échange standard de la tourelle de 100mm, et la remise en place de l'aileron de stabilisation bâbord qu'un cétacé avait abimé le 15 février 1996. C'est au cours de cette IPER que l'Alouette III de la 35F sera remplacée par un tout nouveau hélicoptère Panther et son détachement de la flottille 36F.
Les essais à la mer après IPER ont lieu du 2 au 16 juillet, et sont suivis par un stage de remise en condition en compagnie du Batral Francis Garnier du 18 au 25 juillet, puis par une courte période d'entretien, toujours à Lorient, du 26 juillet au 15 août.


Le Floréal quitte Lorient à l'issue de son IPER ( 15 août 1997 - photo Marine nationale)

15 août : Adieu la Métropole, et bonjour l'Afrique pour une mission Corymbe XXXIV jusqu'au 7 octobre, qui comprend des escales à Dakar (Sénégal), Douala (Cameroun), Port Gentil (Gabon) et Walvis Bay (Namibie). Au large de la Namibie, le bâtiment effectue une mission de recherche et sauvetage du 14 au 28 septembre, après la collision survenue entre des aéronefs militaires allemand et américains.

Une dernière escale à Capetown a un retentissement tout particulier, de part la présence au coquetèle de M. Hubert Védrine, ministre des Affaires Etrangères, due à une visite du ministre des affaires étrangères en Afrique du Sud à l'occasion d'une tournée en Afrique australe. Les dates d'escale avaient été ajustées au programme ministériel, et le bâtiment offre au ministre son pont d'envol pour recevoir en particulier la communauté française du Cap : ce soir là, l'hôte est le ministre et non le commandant !

L'escale est suivie par un exercice commun, et désormais traditionnel, avec des bâtiments de la marine sud-africaine le 18 octobre.

Retrouvant son port base, le Floréal y effectue une courte période d'entretien du 20 octobre au 14 novembre, avant de lever l'ancre en direction du sud. Car le 17 novembre, débute une 3ème patrouille dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF). Celle-ci comprend un mouillage à l'île de la Possession, et un transport en montagne par Alouette III (en sling) d'une station relais-radio en avarie au profit du district de Crozet.


Ce palangrier sera le premier à tomber sous le coup des nouvelles dispositions de la loi sur la pêche illégale dans les TAAF.

Mais l'imprévu est toujours là quand, le 4 décembre, l'hélicoptère Panther repère un navire suspect battant pavillon argentin, le Magallanes I. L'équipe de visite, renforcé par des éléments du Commando Trépel, est envoyée à bord, et découvre des preuves flagrantes permettant l'arraisonnement du palangrier. Le navire est ramené à La Réunion le 15 décembre.
Le Magallanes I appartient à la société Argenova, filiale de l'armement espagnol Pescanova. Ce palangrier sera le premier à tomber sous le coup des nouvelles dispositions de la loi sur la pêche illégale dans les TAAF et adoptée le 24 septembre par l'Assemblée Nationale. Les amendes sont dissuasives. L'armateur devra ainsi débourser 3 millions de francs de caution (50 millions avait été demandés) pour permettre à son navire de quitter La Réunion, le 12 janvier 1998, et rallier Port Louis. Sa pêche est vendu aux enchères, c'est le même armateur argentin qui la rachète (!) via une société réunionnaise pour environ 3,7 millions de francs.

Une fin d'année plus calme permet aux marins du Floréal de passer Noël à terre, alors que le bâtiment est en PEI du 22 décembre 97 au 4 février 98, PEI au cours de laquelle a lieu la mise en service de la toute nouvelle station Syracuse II, qui améliore considérablement les capacités de transmissions du bâtiment.

1998


Escale à Ash Shuwaik (Koweit).

A partir du 5 février, le Floréal est déployé pendant près de quatre mois dans le nord de l'océan Indien et le Golfe Persique. Il prend ainsi part à la mission Condor d'observateur confiée à la France par l'ONU dans le différend territorial entre l'Erytrhée et le Yémen concernant l'archipel des Hanish, du 16 au 24 février.
Le bâtiment s'entraîne également avec la marine qatarienne, en compagnie du pétrolier ravitailleur Somme et de la frégate La Motte-Picquet au cours du troisième exercice franco-qatarien Pearl-Gathering III du 4 au 22 mars, qui réunit périodiquement les trois armées des deux pays.

Un autre exercice bilatéral baptisé Pearl of Garoh est mené avec la marine du Koweit du 26 avril au 1er mai. Enfin, le Floréal fait flotter le pavillon national dans les ports de Djibouti, de Doha (Qatar), de Dubaï (Emirats Arabes Unis) du 23 mars au 16 avril pour une période d'entretien, de Bahreïn, de Ash Shuwaik (Koweit), de Mascatte (Oman) et Goa (Inde).


Arraisonnement du Golden Eagle (juin 1998).

De retour au port base, pour une période d'entretien du 26 mai au 5 juin, il reprend la mer pour participer à l'exercice interarmées Géranium au large de La Réunion du 8 au 10 juin, puis enchaîne sur une mission de surveillance des pêches dans les TAAF qui se déroule durant l'hiver austral, dans des conditions météorologiques épouvantables. Malgré cela, le 21 juin, il arraisonne un palangrier pirate, le Golden Eagle dans la ZEE des Kerguelen. Le navire est ramené à La Réunion le 7 juillet. Dans ses cales, une vingtaine de tonnes de légines, ce poisson à chair grasse qui ne vit que dans les TAAF et qui, en raison de son prix, est l'objet de toutes les convoitises.


1998 : Le capitaine de frégate Hervé Travert, commandant le Floréal.

Du 14 juillet au 14 août, le bâtiment est en PEI à Port-des-Galets. Le 17 août, le Panther hélitreuille un médecin sur un chalutier français à 150 nq de La Réunion. Le 20 août à Port-des-Galets, le contre-amiral Jean-Louis Battet, commandant les forces françaises de la zone maritime de l'océan Indien, fait reconnaître lecapitaine de frégate Hervé Travert comme nouveau commandant du Floréal.

Dès la relève de l'été, qui concerne près de 50% du personnel, le nouveau régime d'affectation des marins du bâtiment passe de "2 à 3 ans avec famille" à "un an sans famille". Cette réforme, qui avait pour but de privilégier la mobilité du bâtiment, était en gestation depuis plusieurs années.

Un passage au bassin à Port Louis (Maurice) du 26 au 31 août, est suivi par une période à la mer avec La Rieuse du 4 au 8 septembre, puis une escale à Durban (Afrique du Sud) du 9 au 14 septembre qui comprend un exercice avec la marine sud-africaine le 14 septembre. On note également le transport de 4 tonnes de frêt humanitaire à destination de Nacala (Mozambique), où le Floréal mouille du 18 au 22 septembre.


L'équipe de France 3 / Thalassa filme l'arraisonnement du palangrier contrevenant Vieirasa II par l'équipage de la frégate Floréal dans les TAAF (16 octobre 1998).

Parti de La Réunion le 1er octobre, le Floréal met le cap vers le grand Sud pour une 4ème patrouille TAAF, qui va se révéler des plus fructueuses. Cette mission de police des pêches est marquée par la présence à bord d'une équipe de télévision de France 3 (Thalassa) durant plus d'un mois.

Après dix jours de patrouille, le Floréal retrouve en ZEE Kerguelen le Mar del Sur II, palangrier bélizéen, en pêche illégale. Le Mar del Sur II est, comme on dit, "bien connu des services de police" car c'est un récidiviste, que l'Albatros avait déjà arraisonné avec 45 tonnes de légines dans ses cales, au nord des Kerguelen le 29 janvier. Un autre palangrier le Vieirasa II est également arraisonné. Après une journée passée, à bord des palangriers, à rechercher des éléments de preuve de leur activité illégale de pêche dans la zone, la décision de déroutement est signifiée aux capitaines par les chefs des équipes de visite embarqués sur les palangriers.


Le capitaine du Mar del Sur I
avait dans un premier temps refusé d'envoyer un appel de détresse.

Alors que les 3 bâtiments mettent le cap vers La Réunion, le Mar del Sur II reçoit un appel de détresse du Mar del Sur I, à la dérive sans propulsion (avec à son bord...hum... 23 tonnes de légines pêchées en toute illégalité). A son bord, l'équipage est proche de la mutinerie, car son capitaine avait dans un premier temps refusé d'envoyer un appel de détresse. Le Mar del Sur I sera pris en remorque par le Floréal, et c'est un convoi de 4 bâtiments (et un Floréal triomphant...) qui entre au Port-des-Galets le 29 octobre.

En novembre, le Floréal effectue l'évacuation sanitaire à 550 nautiques de la Réunion, après un appareillage sur alerte, d'un marin du palangrier français Saint Jean, blessé durant la campagne de pêche du navire dans la ZEE de Crozet. Une escale commune avec la Garonne à Port Louis (Maurice) a lieu du 27 au 30 novembre, puis, quittant son bâtiment de soutien le 1er décembre, la frégate fait escale à Tamatave (Madagascar) du 3 au 7 décembre.

Durant cette escale, le bâtiment prend l'alerte à six heures, en raison des affrontements sur l'île comorienne d'Anjouan. La lutte entre les factions rivales, les unes favorables au rattachement à la France, les autres opposées, entraîne pillage, tortures et exécutions sommaires, certaines sources faisant état d'une quarantaine de morts depuis le début du conflit. Cette situation conduit la frégate à franchir les passes avec quelques heures d'avance pour aller tenir un poste d'observation dans la zone du 7 au 18 décembre, dont une partie du temps est passé à quai à Dzaoudzi (Mayotte). Après cette année bien remplie, il est temps de souffler un peu pour l'équipage du Floréal, qui voit arriver une PEI et des permissions de fin d'année, du 18 décembre au 22 janvier 1999, avec soulagement.


Le peintre de la Marine Serge Markö immortalise le Floréal à la mer, avec une oeuvre retenue pour illustrer le premier timbre de l'année 1999 des TAAF.

1999

En janvier, le peintre de la Marine Serge Markö immortalise le Floréal à la mer, avec une oeuvre retenue pour illustrer le premier timbre de l'année 1999 des TAAF. Le timbre est accompagné d'une vignette avec le blason du bâtiment. Les timbres des TAAF constituent une valeur sûre aux yeux des philatélistes, car contrairement aux autres timbres français ils n'ont aucune valeur d'affranchissement en dehors des territoires.

Ce début d'année est également marqué par un bref passage le long des côtes des îles Eparses, avec un transport de fret au profit de la station météorologique de Tromelin, et le remorquage jusqu'à Dzaoudzi (Mayotte) d'un caboteur comorien en panne de propulsion près des Glorieuses. Puis la frégate fait une escale à Mombasa du 30 janvier au 4 février, ponctuée par un exercice avec des bâtiments de la marine kenyane le 4 février.


Escale à Mombasa (Kenya - février 1999).

Le Floréal et la Somme se rencontrent en mer le 6 février. Les retrouvailles des deux navires sont mises à profit pour élaborer un programme d'entraînement mutuel d'une densité inhabituelle pour des bâtiments qui naviguent souvent seuls : ravitaillements en charges lourdes et en combustibles, tirs, exercices synthétiques et de guerre électronique se succèdent à un rythme soutenu pendant deux jours. Trois bâtiments des garde-côtes seychellois rejoignent le groupe le 9 février, peu avant une escale à Port Victoria, capitale des Seychelles. Les deux bâtiments français appareillent le 14 février, en direction d'Antsiranana (Madagascar) où ils relâchent du 16 au 22 février.

La 5ème patrouille TAAF du 1er mars au 2 avril, est moins mouvementée que la précédente. Il est vrai qu'avec le coup de filet de l'année précédente, le Floréal est devenu la "terreur" des TAAF... Seule une rencontre en mer avec l'Albatros le 31 mars, et des conditions métérologiques toujours peu clémentes, viendront mettre un peu d'animation. Le temps d'une PEI à La Réunion du 3 avril au 6 mai, et notre frégate repart dans le grand Sud pour une 6ème patrouille TAAF du 15 mai au 18 juin. Au cours de cette mission, le Floréal porte assistance au palangrier Saint Jean, après que celui-ci eût subi des avaries importantes dans le mauvais temps lors de son transit vers la ZEE de Crozet, l'évacuation sanitaire de son capitaine, blessé à cette occasion, est également réalisée.


1999 : Le capitaine de frégate Christophe Prazuck, commandant le Floréal.

Après une activité soutenue durant ces six premiers mois de l'année, le bâtiment rallie son port-base pour une période d'entretien jusqu'au 31 juillet. Le 4 août à La Réunion, a lieu la prise de commandement ducapitaine de frégate Christophe Prazuck. Le bâtiment appareille et rejoint en mer la Garonne et l'Albatros pour quelques jours d'entraînement avant de faire relâche à Port-Louis du 12 au 21 août.

Début septembre, alors que le Floréal est à Dzaoudzi (Mayotte - 2 au 6 septembre), le BCR Var, tout nouveau bâtiment amiral des Forces Françaises en océan Indien (qui vient de relever la Somme en août à Djibouti), prend la route du sud pour former un Task Group - TG 623.03 - , avec le Floréal et La Rieuse. C'est ainsi qu'à l'issue d'un entraînement et d'une patrouille et dans le canal de Mozambique, le TG 623.03 fait escale du 11 au 14 septembre à Maputo, la capitale du Mozambique, puis à Durban du 15 au 21 septembre. Quittant l'Afrique du Sud, deux journées sont consacrées à des exercices, à la faveur de la sortie à la mer de 6 bâtiments, dont le Drakensberg, navire école de la South African Navy.


Un coup de roulis dans les TAAF.

La 7ème patrouille dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises a lieu du 22 septembre au 22 octobre. Un officier sud-africain est embarqué à titre d'observateur, pendant toute la mission. Le Floréal navigue dans la ZEE sud-africaine de l'île du Prince Edward, puis dans celle de Crozet. C'est d'ailleurs à 50 nautiques de Crozet, qu'un palangrier contrevenant, le Camouco, avec 6 tonnes de légine dans ses cales, est contrôlé puis arraisonné par le Floréal. La frégate le ramène à proximité de La Réunion, aux bons soins du patrouilleur de la Gendarmerie maritime Jonquille, qui, prenant le relais, escorte le palangrier pirate jusqu'à Port-des-Galets, où les deux bâtiments arrivent le 5 octobre.


Le Camouco.

Le capitaine du Camouco, déjà condamné pour des faits similaires, est placé en garde à vue à son arrivée à La Réunion. C'est le premier navire arraisonné pour pêche illicite dans les TAAF depuis le début de l'année. Mais cette prise aura un grand retentissement dans les médias, car le Camouco, s'il navigue sous pavillon panaméen, est armé par une société espagnole. Derrière le folklore des pavillons de complaisance, ce sont bien des armateurs de pays de l'Union Européenne qui mènent la danse...
Le Floréal n'en a pas pour autant fini avec sa mission. Le 30 septembre, un marin grièvement blessé sur le palangrier français Cap Diane, en mer à 300 nautiques de La Réunion, est évacué par l'hélicoptère Panther vers l'hôpital de Saint Pierre de La Réunion. Après un passage aux Kerguelen, et un mouillage à Port-aux-Français du 12 au 13 octobre, le bâtiment est de retour à la Réunion le 23 octobre, date à laquelle il entre en PEI jusqu'au 19 novembre.

La fin de l'année est marquée par un exercice de sécurité maritime Bourbon 99 le 25 novembre, un stage de remise en condition du 29 novembre au 9 décembre en compagnie de La Rieuse, La Boudeuse, du La Grandière et du patrouilleur de gendarmerie maritime Jonquille, et une période d'entretien intermédiaire du 22 décembre au 5 janvier 2000.


La frégate Floréal dans la baie du brise-lame, Kerguelen.

2000

Une 8ème patrouille TAAF, du 6 au 22 janvier, se limite à une présence dans la ZEE de Kerguelen. Puis mettant le cap au nord, le Floréal est engagé dans la mission Khor Angar du 1er février au 25 mars. Cette mission a pour but la surveillance du conflit entre l'Ethiopie et l'Erythrée, et la protection de la République de Djibouti, carrefour stratégique où la France a des intérêts non négligeable. L'importance de cette mission fait que le Floréal est alors placé sous le commandement du chef d'état-major des Armées, le commandement tactique étant exercé par le commandant des Forces Françaises à Djibouti. Le Floréal effectuera cinq périodes à quai à Djibouti jusque fin mars. Une permutation d'hélicoptère aura lieu entre les Panther du Courbet et celui du Floréal.

Alerte aux pirates le 1er mars ! Suite à l'appel de détresse d'un groupe de voiliers agressés par un caboteur somalien à 100 nautiques au nord de Berbera, le Floréal quitte momentanement sa patrouille pour leur venir en aide. Le présumé pirate est mis en fuite par le Panther du Floréal. Jusqu'au 4 mars, la frégate effectue une présence dissuasive vis à vis de navires susceptibles d'actes de piraterie dans le golfe d'Aden, en escortant à distance d'autres voiliers de toutes nationalités, participant au raid autour du monde "Millenium Odyssey".


Treuillage lors de l'escorte du sous-marin nucléaire d'attaque Emeraude en mer Rouge (2000).

De retour à Djibouti du 25 mars au 17 mai pour une période d'entretien, le Floréal rejoint en mer le BCR Var, et l'Edic Dague qui se rendent du 20 au 24 mai dans le port de Hodeidah au Yémen. Cette escale a lieu à l'occasion des festivités du 10ème anniversaire de la réunification entre le Yémen du Sud et celui du Nord. Le jour de l'appareillage, une délégation yéménite assiste à des démonstrations (aérocordage, visitex, raids zodiacs, débarquement d'assaut, reconnaissance de plage,...) effectuées avec le concours d'un détachement du commando de Montfort embarqué pour l'occasion. Les routes des 3 bâtiments se sont ensuite séparées, le Floréal transitant vers le sud de l'océan Indien pour une escale à Port Louis (Maurice) du 8 au 13 juin.

Le 1er juin 2000, le Floréal, comme la plupart des bâtiments de surface de la Marine nationale, passe sous le commandement de l'Amiral commandant la Force d'Action Navale de Toulon. Le commandant de la Marine à La Réunion restant son commandant organique de proximité.

Revenant au port base, le bâtiment effectue l'exercice Géranium 2000 au large de La Réunion, du 3 au 8 juin, puis un passage au bassin à Antsiranana (Madagascar) du 19 au 30 juin. Le 1er juillet, un naufragé français victime d'une avarie de jet-ski à l'ouvert de la baie d'Antsiranana, est secouru par l'hélicoptère Panther. Mettant le cap vers Djibouti où il stationne du 9 au 11 juillet, il effectue une mission Khor Angar à partir du 10 juillet, mission entrecoupée par une nouvelle halte à Djibouti du 18 au 24 juillet. Entretemps, le 20 juillet, le capitaine de frégate Bruno Wattecamps prend le commandement du bâtiment.


2000 : Le capitaine de frégate Bruno Wattecamps, commandant le Floréal.

Quittant le théâtre de la mission Khor Angar le 15 août, tout en faisant route sur La Réunion, le Floréal effectue pendant 4 jours, une escale à Malé, capitale et île principale des Maldives, du 22 au 26 août. Le mois d'août voit également le premier raccordement du Floréal à l'Internet. La réception des messages se faisant à quai par le réseau téléphonique classique et à la mer par Inmarsat. Les familles apprécient.

Un entraînement individuel du 2 au 15 août, est nécessaire avec la relève complète de l'équipage qui a eu lieu à l'été. Le 11 août, à la demande d'Alindien, le Floréal fait décoller son Panther pour relocaliser et, en cas de besoin, porter assistance au voilier australien Dream Time, qui avait été agressé par des pirates dans le golfe d'Aden. Le voilier est retrouvé, son équipage sain et sauf. De retour à La Réunion, le bâtiment entre en PEI du 4 septembre au 6 octobre.

Le 9 octobre, une journée de navigation commune avec la Garonne marque le début de la 9ème patrouille TAAF. Le début de patrouille est assez calme, avec un mouillage à Port aux Français (Kerguelen) le 22 octobre. Mais le 8 novembre, dans la ZEE des Kerguelen, le Panther en reconnaissance, identifie un palangrier, le Monte Confurco jetant appâts et documents par dessus bord.


Le journal de l'Ile (novembre 2000)

Le Monte Confurco, battant pavillon des Seychelles, est arraisonné dans des conditions météorologiques particulièrement difficiles (-2°C, rafales de neige et creux de 5 mètres). Adoptant pour la première fois une nouvelle technique d'intervention, les hommes de l'équipe de visite du Floréal sont hélitreuillés sur le navire pirate. A son bord 39 hommes d'équipage majoritairement espagnols, et 158 tonnes de légines congelées. Le Floréal le ramène à La Réunion le 19 novembre. Le navire est saisi, et le tribunal correctionnel de Saint-Denis condamne le capitaine du navire à 1 million de francs d'amende pour pêche illicite, non déclaration dans la ZEE et tentative de fuite.

Rompant avec le grand froid du sud, un stage de mise en condition du 23 novembre au 7 décembre, est ponctué par des escales à Mayotte du 25 au 26 novembre et Dar-es-Salaam (Tanzanie) du 28 novembre au 1er décembre qui comprend un exercice Tanzanite. Continuant plus au nord, le Floréal rencontre en mer le Surcouf le 7 décembre. Les deux frégates se joignent pour faire une escale commune à Djibouti jusqu'au 10 décembre. Le lendemain de l'arrivée, lors de l'assemblée matinale, l'équipage a la surprise de découvrir un bateau aux formes inhabituelles, venu mouiller à quelques encablures pendant la nuit. La jonque La Boudeuse, réplique d'un bâtiment de guerre chinois du XVIIIème revient de son tour du monde après 16 mois de navigation et d'aventures. Avant de reprendre la mer, une brochettes-partie est organisée entre les équipages du Surcouf et du Floréal et de La Boudeuse.

Mettant le cap sur les Emirats Arabes Unis, le Floréal est amarré à couple du bâtiment-atelier Jules Verne au port Mina Rashid, (Dubaï) le 16 décembre. Avec le soutien du Jules Verne (et des chantiers Dubaï Dry Dock ?), il effectue une longue période d'entretien de 2 mois et demi. Les équipages du Var et du Floréal profitent des fêtes de Noël pour développer leurs relations avec la communauté française installée sur place lors d'une messe puis d'un coquetèle sur les ponts d'envol du Var et du Jules Verne. De nombreux marins ont alors eu le cadeau d'un accueil chaleureux au sein d'une famille française pour y passer le réveillon de Noël 2000.

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Texte Jean-Michel Roche pour Net-Marine © 2007. Photo © DR/Floréal/Marine nationale - Copie et usage : Cf. droits d'utilisation


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