Histoire de la frégate Floréal (1990-1995)
![]() Le bloc arrière préarmé du Floréal est livré terminé. D'un poids de 266 tonnes, il est soudé directement au reste de la coque (31 mai 1990). |
1989-90
Le 12 avril 1988 était lancé le programme des frégates de surveillance, annoncé officiellement par le ministre de la défense en ces termes : "La mission principale des frégates de surveillance est d'exercer un contrôle des espaces maritimes éloignés de la métropole et sur lesquels la France étend sa souveraineté". Dans l'esprit de la commémoration du bicentenaire de la révolution française, le ministre de la Défense, Jean-Pierre Chevènement décide de baptiser les frégates de surveillance n°1 et 2 du nom de Floréal et Prairial. Le marché est notifié aux Chantiers de l'Atlantique à Saint Nazaire, le 18 janvier 1989.
Le Floréal,
nom de code P29, est mis sur cale le 2 avril 1990. Six troncons préfabriqués
et pré-équipés seront assemblés par soudure au bassin.
Le poids d'un troncon pouvant atteindre jusqu'à 570 tonnes, seul l'immense
portique du bassin des Chantiers de l'Atlantique avait la capacité pour
manoeuvrer une telle masse.
La
frégate n'est pas seule dans la grande cale Jean Bart ; Un autre navire
dresse son imposante silhouette à deux pas du Floréal
: le Monge. Egalement construit
pour la Marine nationale, ce navire de 225 mètres de long deviendra un
bâtiment d'essais et de mesures en remplacement du BEM Henri Poincaré.
Le Floréal est mis à flot, en même temps que le Monge, le samedi 6 octobre 1990.
1991
![]() Le Floréal n'est pas sous ses plus beaux atours pour sa première navigation. C'est le sort des bâtiments tête de série (1991). |
Le Floréal prend la mer pour la première fois le 18 janvier 1991 sous la responsabilité du chantier. Toutefois les essais à la mer "constructeur" ne commencent véritablement que du 7 au 10 février, puis du 8 au 10 mars, avec un équipage disparate de 180 personnes. On y rencontre majoritairement des civils, ingénieurs et techniciens du chantier, sous-traitants, délégués du bureau Véritas, mais aussi des militaires et du personnel DCAN (Direction des Constructions et Armes Navales). La Marine nationale n'est cependant présente qu'à titre d'observateur. C'est un équipage civil qui assure la conduite nautique sous l'autorité du commandant Doré, un ancien pacha de paquebots.
Armé pour essais
le 28 février, le Floréal
voit arriver le même jour son premier équipage, et aussi son premier
commandant en la personne du
capitaine
de vaisseau Jean-Claude Bertault.
![]() 1991 : Le capitaine de vaisseau Jean-Claude Bertault, commandant la frégate Floréal. |
Le bâtiment
quitte le 8 mars (date de recette provisoire) son port d'armement et se présente
le 24 mars à l'arsenal de Lorient, nouveau port base,
pour y recevoir ses armes et ses équipements militaires, qui sont installés
par la DCAN. Le montage est réalisé en partie au bassin du 25
mars au 22 avril. Le Floréal
a pendant quelques jours un curieux voisin, le trimaran Pierre 1er de la navigatrice
Florence Arthaud. Alors engagé dans l'Open UAP / Course de l'Europe,
il venait d'éperonner deux zodiac du Commando
Trépel, et avait été mis au sec pour réparation.
Tout l'équipage de Pierre 1er sera hébergé à bord
du Floréal.
Sorti du bassin, le Floréal
effectue ses essais officiels du 26 juin au 12 juillet, au cours desquels le
bâtiment fait une brève halte à Brest (10 au 11 juillet).
![]() Le premier état-major de la frégate Floréal (1991). |
Le 22 juillet, le bâtiment entre en armement définitif. Après un stage de mise en condition initiale (MCI), la clôture d'armement intervient le 1er août 1991, date à laquelle le Floréal quitte Lorient pour une traversée de longue durée (TLD) préliminaire à son admission au service actif. Un détachement Alouette III, de la flottille 35F, est mis à la disposition du bâtiment. Cependant d'autres appontages de Lynx et de Puma auront lieu, ainsi que des Vertrep (hélitreuillages) à partir de Super Frelon.
La première
escale étrangère du Floréal
est en fait un mouillage à Port Saïd (Egypte) le 10 août,
préparatoire à la traversée du canal de Suez qui a lieu
le lendemain. Le bâtiment met alors le cap vers Djeddah (Arabie
Saoudite - 14 au 17 août), puis Djibouti (19 au 21 août),
Lumut (Malaisie - 2 au 7 septembre), Singapour (9 au 13 septembre),
Bangkok (Thaïlande - 16 au 19 septembre), Hong-Kong (24 au
27 septembre), Surrabaya (Indonésie - 3 au 7 octobre), et Djakarta
(Indonésie - 9 au 14 octobre).
Au cours de ces escales asiatiques, le commandant effectuera une dizaine de
présentations particularisés du bâtiment à
des hautes autorités des marines de Malaisie, Singapour, Thaïlande,
Hong-kong et Indonésie, ainsi qu'à des représentants des
chantiers de construction navale de ces pays.
![]() L'équipage de la frégate Floréal à Bangkok (septembre 1991). |
![]() Une escouade de marins du Commando Jaubert va effectuer des exercices divers, confirmant ainsi l'aptitude du bâtiment à servir de base support à une petite structure de Commandos Marine. |
Le Floréal arrive à La Réunion le 23 octobre, puis en repart le 30, avec à son bord une escouade de marins du Commando Jaubert qui pendant douze jours vont effectuer des exercices divers, confirmant ainsi l'aptitude du bâtiment à servir de base support à une petite structure de commandos Marine. Sur le chemin du retour vers la métropole le bâtiment relâche aux îles Glorieuses le 2 novembre, Mayotte du 3 au 5 novembre, Djibouti du 12 au 14 novembre, pour arriver à Lorient le 29 novembre.
Le 4 décembre a
lieu la prise de commandement du
capitaine
de frégate Bertrand Vibert. Et peu après, un remplacement
de la quasi totalité de l'équipage. La frégate termine
l'année par un passage au bassin à Lorient du 9 décembre
au 14 janvier pour peinture de coque.
![]() 1992 : Le capitaine de frégate Bertrand Vibert, commandant le Floréal. |
1992
Début 1992, la mise au point du radar de veille "air" DRBV-21 (Mars) est enfin achevée. Une série d'essais viendra rythmer ce début d'année dont un tir de validation MM38 au centre d'essais des Landes le 6 février contre le Tourville et des essais de stabilité de plate-forme en mer du Nord du 7 au 14 février. La recette définitive du bâtiment est effectuée le 9 mars. Après un dernier passage au bassin à l'arsenal du 17 au 21 avril pour peinture de coque, le bâtiment est admis au service actif le 27 mai.
Le Floréal
met le cap vers l'île de La Réunion, deux jours après, le
29 mai, et, sur son transit, fait escale à Casablanca (Maroc)
du 1er au 5 juin, Toulon du 8 au 11 juin, Rhodes du 16 au 19 juin,
mouille à Port Saïd le 20 juin, avant de franchir le canal
de Suez.
Il est rattaché aux Forces Maritimes de l'Océan Indien le 21 juin,
relâche à Djibouti du 26 au 28 juin, Mayotte du 13
au 15 juillet, et arrive à La Réunion,
son nouveau port base, où il entre en période d'entretien
du 17 août au 16 septembre, avec le soutien du BSM Garonne.
![]() Deux générations autour de la Jeanne d'Arc : à bâbord avec l'aviso-escorteur Enseigne de vaisseau Henry qui effectue là sa dernière campagne, et à tribord avec la frégate de surveillance Floréal (1992). |
Il quitte Port-des-Galets
le lendemain, pour une mission en Asie et Océanie, qui comprend des escales
à Belawan (Indonésie) du 28 septembre au 2 octobre, Port
Kelang (Malaisie) du 5 au 8 octobre, Penang (Malaisie) du 9 au 12
octobre, Singapour du 15 au 20 octobre, et trois escales australiennes
à Esperance du 29 octobre au 3 novembre, Adélaïde
du 5 au 9 novembre pour le grand prix de Formule 1 ce qui donne l'occasion,
très rare, à son équipage de défiler sur le circuit avant le départ de la course,
Perth
du 13 au 17 novembre. Il est de retour début décembre à
La Réunion.
Le 5 décembre, le Floréal
participe à la cérémonie commémorant le 50ème
anniversaire du ralliement de La Réunion à la France combattante
en assurant le transport par hélicoptère, symbole du détachement
de 1942, de l'amiral Evenou, accompagné par l'amiral Chaline, entre la
rade de Saint Denis et la place du Barachois.
L'observation d'une fuite d'huile sur un joint de pales d'une hélice, qui avait été faite à l'escale d'Esperance, contraint le bâtiment à effectuer un passage au bassin imprévu à Port Louis, capitale de l'île Maurice, du 7 au 12 décembre. Le joint incriminé est alors remplacé. Ces réparations se prolongent par une période d'entretien programmée du 14 décembre au 8 janvier à La Réunion, avec le soutien du BAP Jules Verne.
![]() L'Alouette III du détachement de la flottille 35F du Floréal, sur le pont d'envol de l'USS Tripoli, bâtiment de commandement de la Task Force interalliée en Somalie (janvier 1993). |
1993
En décembre 1992, le président américain Bush avait décidé, dans le cadre de l’opération Restore Hope, d’envoyer des troupes en Somalie. Des marines américains, relayés par la suite par une force internationale de maintien de la paix des Nations unies (Onusom), débarquent à Mogadiscio, à grand renfort médiatique... cependant, les combats entre clans somaliens continuent. Le comportement particulièrement violent d’une fraction marginale des Casques bleus à l’égard de la population somalie attise les haines. Les forces de maintien de la paix et les civils des ONG sont pris à partie.
Le Floréal vient se prépositionner à Mayotte le 11 janvier, pour participer à l'opération Oryx, de présence et d'embargo au large de la Somalie et de protection de l'Onusom. Après avoir relevé, le 14 janvier, la frégate Dupleix devant Kisimayo le Floréal s'intégre jusqu'au 24 janvier dans un groupe multinational qui comprend des Américains, Italiens, Indiens, Turcs, Australiens, Canadiens,... L'activité de patrouille s'étend de Kisimayo au sud au cap Gardafui tout au nord, sous l'autorité du lieutenant général Johnston, qui dirige la Task Force interalliée à bord du bâtiment amphibie USS Tripoli. Durant cette période, le Floréal prépare l'interception franco-américaine d'un cargo effectuant un trafic d'armes, cargo qui ne sera finalement pas repéré.
Au cours du 1er semestre, une autre mission assez délicate aux Glorieuses, à Juan de Nova et Bassas de India a pour but le transport de futs d'essence, et leur délivrance par hélicoptère.
![]() Le Floréal remorque jusqu'à Dzaoudzi le boutre comorien Ntringui II en panne de machine dans les eaux territoriales mahoraises (1993). |
Le Floréal stationne à nouveau à Mayotte du 25 janvier au 4 février. Le 28 janvier, il remorque jusqu'à Dzaoudzi le boutre comorien Ntringui II transportant 22 malgaches et 14 comoriens de Madagascar à l'île comorienne d'Anjouan, et en panne de machine dans les eaux territoriales mahoraises. Le même jour, à la suite d'une convention avec la préfecture de Mayotte, un relais de télécommunication est transporté par l'Alouette III au sommet d'une butte.
De retour à
Port-des-Galets, le bâtiment fait une série d'escale à Mombasa
(Kenya) du 22 au 28 février, Dar-es-Salam (Tanzanie) du 2 au 4
mars et Mayotte du 12 au 14 avril, avant d'entamer une nouvelle période
d'entretien à La Réunion du 24 avril au 26 mai, avec le soutien
du BSM Garonne, avant de repartir
pour Moroni (Comores) du 7 au 9 juin, Mayotte du 12 au 14 et 18
au 20 juin, Port Louis du 5 au 13 août.
Le co-parrainage du Floréal
par le conseil général de l'île de La Réunion et
la ville du Port, initialement prévu le 24 avril est reporté,
en raison des difficultés avec la justice que connaissent le président
du conseil général et le maire du Port, ce dernier étant
en "cavale"...
![]() 1993 : Le capitaine de frégate Jean de Corbières, commandant le Floréal. |
De retour à
La Réunion pour une PEI jusqu'au 24 septembre, le
capitaine
de frégate Jean de Corbières prend le commandement du bâtiment
le 27 août.
La situation des
Casques bleus et des ONG en Somalie est toujours aussi délicate. Une
mission dans le nord de l'océan Indien, qui débute par une escale
à Mayotte du 4 au 7 octobre, est centrée dans un premier
temps sur l'opération Onusom II, aux cotés des américains
devant Mogadiscio et les côtes somaliennes, où l'activité,
de part la présence de forces navales française et étrangère
est riche en entraînements.
Remontant plus au nord, le Floréal
relâche à Mascatte (Sultanat d'Oman) du 23 au 28 octobre,
Djibouti du 3 au 5 et 17 au 19 novembre, Djeddah (Arabie Saoudite)
du 7 au 13 novembre, Colombo (Sri-Lanka) du 26 novembre au 1er décembre,
puis sur le chemin du retour vers La Réunion, Port Victoria (Seychelles)
du 6 au 13 décembre.
1994
L'activité de ce début d'année est principalement consacrée à des périodes d'entretien jusqu'au 25 février, puis le bâtiment repart en mer, fait escale à Mayotte du 18 au 20 mars, où, la veille de son arrivée, une évacuation sanitaire est réalisée par l'Alouette III au profit d'un chalutier-senneur français. Une période d'entretien a lieu à La Réunion du 1er au 22 avril.
![]() Le Floréal navigue à proximité d'un des sites pétroliers d'Elf au large des côtes de l'Angola (juilet 1994). |
Quittant Port-des-Galets pour une mission Corymbe 15 de présence dans le golfe de Guinée, il franchit le cap de Bonne Espérance, arrive à Abidjan (Côte d'Ivoire - 23 au 29 mai), puis Accra (Ghana - 1er au 6 juin), Dakar (Sénégal - 11 au 21 juin) où il en profite pour se refaire une santé et accueille le 18 juin M. Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères, Port Gentil (Gabon - 13 au 19 juillet), Pointe-Noire (Congo - 22 au 27 juillet) et Walvis-Bay (Namibie - 3 au 7 août) avant de revenir au port base.
Un stage de remise en condition se conclut par une escale à Diego-Suarez (Madagascar) du 26 septembre au 7 octobre. De retour à La Réunion, pour une courte PEI du 10 au 31 octobre, le Floréal repart effectuer une mission de présence dans le golfe arabo-persique avec escales à Djibouti du 8 au 9 novembre, Ash Shuwaik (Koweit) du 22 au 25 novembre, Doha (Qatar) du 27 au 28 novembre, Abu-Dhabi (Emirats Arabes Unis) du 1er au 4 décembre.
![]() 1994 : Le capitaine de frégate Xavier Païtard, commandant le Floréal. |
Le 9 décembre,
le Floréal est
alors à la mer dans le Golfe d'Aden. A l'occasion d'un passex, l'amiral
commandant les forces françaises en océan Indien (Alindien) fait
reconnaître le
capitaine
de frégate Xavier Païtard comme nouveau commandant du bâtiment.
Ceci pour une période de deux ans au cours de laquelle la frégate
va connaître de multiples aventures. L'année se termine par quelques
exercices avec le GEAOM (Groupe Ecole d'Application des Elèves Officiers
de Marine, composé de la Jeanne
d'Arc et du Germinal) du
9 au 13 décembre.
1995
Une première mission dans les îles Eparses du 13 au 22 février est ponctuée par des escales et mouillages à Mayotte du 16 au 17 février, aux îles Glorieuses le 18 février et Juan de Nova le 21 février.
Le 27 février, le bâtiment quitte La Réunion afin de relever le BSS Rance pour une mission africaine Corymbe XIX. Il relâche à Soyo Palanca (Angola) du 4 au 5 mars, Pointe Noire (Congo) du 6 au 10 mars, croise le bâtiment école belge Godetia le 11 mars, puis reprend sa route vers San Pedro (Côte d'Ivoire) du 14 au 20 mars, Dakar (Sénégal) du 23 au 27 mars, Mindelo (Cap Vert) du 28 au 29 mars.
Au mouillage hauturier devant Freetown (Sierra Leone - 31 mars au 7 avril), le Floréal se tient pendant huit jours, paré à évacuer des ressortissants français regroupés dans l'ambassade pendant l'offensive des rebelles autour de la capitale. Sur le chemin du retour vers La Réunion, le médecin du Floréal, transporté par l'Alouette III sur le thonier français Via Zéphyr au large de la Guinée le 10 avril, vient apporter une assistance médicale à un membre d'équipage. Le bâtiment termine son périple par deux escales sud-africaine à Simon's Town du 19 au 20 avril, et Capetown du 21 au 24 avril.
![]() La frégate Floréal au mouillage à Port-aux-Français, en compagnie du patrouilleur Albatros (mai 1995). |
Sans même une halte au port base, le Floréal enchaîne du 24 avril au 14 mai, par un premier déploiement dans les TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises), où il a pour mission de débusquer les éventuels contrevenants à la législation des pêches françaises. Pour ce premier contact avec les "40ème rugissants", il n'y aura pas d'arraisonnement de contrevenant, mais des mouillages à Crozet du 30 avril au 1er mai, et aux îles Kerguelen du 4 au 9 mai, où il rencontre un habitué de la zone, le patrouilleur Albatros qui a déjà 31 patrouilles TAAF à son actif ! Aux Kerguelen, l'Alouette III effectue l'hélitransport de matériaux nécessaires à la construction d'embases d'éoliennes sur l'île Longue.
De retour à La Réunion pour une période d'entretien du 1er juin au 6 juillet, le Floréal est indisponible mais son hélicoptère n'en reste pas pour autant inactif, et effectue, le 16 juin, l'évacuation sanitaire du commandant du pétrolier japonais Lambert Maru au large de La Réunion.
Quittant Port-des-Galets le 9 juillet pour une mission dans le sud-est asiatique, la frégate fait escale à Malé (Maldives) du 14 au 15 juillet, Port Blair (Inde) du 22 au 25 juillet, Chittagong (Bangladesh) du 27 au 30 juillet, Thap Lamu (Thailande) le 2 août, Penang (Malaisie) du 4 au 7 août, Lumut (Malaisie) du 8 au 10 août, Singapour du 11 au 12 août. Elle participe à la revue navale et aux cérémonies du cinquantième anniversaire de l'indépendance indonésienne du 15 au 20 août, alors qu'une délégation de l'équipage défile à cette occasion dans les rues de Djakarta, puis s'en retourne vers Port Louis (Maurice) du 28 au 31 août avant de retrouver son port base le lendemain.
![]() La neutralisation des putshistes se fait en 3 temps : 1-Contrôle des aéroports ; 2-Aérotransport de troupes ; 3- Prise de Moroni |
L’instabilité gouvernementale et les grèves qui marquent depuis 1993 la situation aux Comores, provoquent un nouveau coup d’État en septembre 1995 sous la houlette du mercenaire Bob Denard, entraînant une intervention française.
Le Floréal, qui vient à peine d'entrer en PEI dix jours plus tôt, appareille en urgence de Port-des-Galets le 30 septembre, puis, après une halte rapide à Mayotte le 2 octobre, pour embarquement de personnel et matériel, devient le poste de commandement des Forces Françaises, jouant par là un rôle déterminant dans l'opération Azalée, de pacification des Comores et de capture du mercenaire français Bob Denard et de ses hommes. Avec à son bord près de 200 personnes, certains doivent dormir un peu partout, jusque dans les coursives.
Le commandant le Commandement des Opérations Spéciales (COS), le Floréal assure la mise en oeuvre des forces spéciales, le contrôle de l'assaut initial, et conduit l'action navale, ainsi que la prise de l'ex-Vulcain, bâtiment-base des mercenaires. Le 4 octobre, les hommes des forces spéciales françaises, 11ème choc, 1er RPIMa, 13 RDP, GIGN, les bérets verts du détachement de la légion étrangère à Mayotte et, bien entendu, les commandos Marine, débarquent sur la Grande Comore.
Le premier but
étant la prise des aéroports, un double débarquement
de commandos Marine à
partir du Floréal
et de La Rieuse a lieu
près des aéroports d'Hahaia et de Moroni-Iconi.
Puis, des hélicoptères Puma en provenance de Mayotte et
se servant du Floréal
comme plate-forme relais débarquent des forces spéciales à
Hahaia, et 15 gendarmes du GIGN à Iconi. Les aéroports sont sous
contrôle.
Un comoriens ennemi ayant pris une balle au niveau du cou, sera évacué dans un premier temps vers l'infirmerie du Floréal en attendant le montage de l'unité médical à terre. Il décèdera hélas lors de son transfert en Alouette vers la terre. L'Alouette III effectuera au total trois évacuations sanitaires au cours de l'opération.
![]() Quelques heures avant l'assaut sur la Grande Comore, le central opérations du Floréal sert de PCIA au général de division Dellenbach, commadant les forces armées dans la zone sud de l'océan Indien. |
Du 4 au 7 octobre, le Floréal est au mouillage devant la capitale Moroni (Grande Comores). Avec La Rieuse au sud et La Boudeuse au nord, les bâtiments de la Marine nationale verrouillent le dispositif.
Huit rotations de Transall vont alors déposer des troupes. Au nord, les hommes du Commando Jaubert, avec à leur tête le capitaine de corvette Pélegrin progressent depuis l'aéroport d'Hahaia. Bob Denard, retranché avec quelques centaines d'hommes dans la banlieue de Moroni, se rendra peu après.
De retour à La Réunion le 10 octobre, le Floréal poursuit sa période d'entretien jusqu'au 26 octobre, puis reprend la route pour une mission dans les îles Eparses avec un mouillage aux Glorieuses le 29 octobre, une escale à Mayotte du 30 octobre au 1er novembre, Juan de Nova le 2 novembre, Europa le 3 novembre. Deux escales rares en Namibie à Walvis Bay du 9 au 12 novembre, et Lüderitz du 13 au 14 novembre, revêtent un caractère quasi-officiel. Une dernière escale à Durban (Afrique du Sud) du 19 au 23 novembre, est par contre désormais plus traditionnelle depuis la fin de l'Apartheid.
Un stage de remise en condition au large de La Réunion, du 30 novembre au 15 décembre, vient clore cette année bien remplie. On peut d'ailleurs raisonnablement se demander en quoi les marins du Floréal avaient besoin d'un stage de remise en condition après de telles aventures !
Suite : Histoire du Floréal 1996-1998
Texte Jean-Michel Roche pour Net-Marine © 2007. Photo © DR/Floréal/Marine nationale - Copie et usage : Cf. droits d'utilisation