Les bâtiments ayant porté le nom de Floréal


Chaloupe canonnière Floréal (1795).

Le premier bâtiment à avoir reçu le nom de Floréal fut une chaloupe canonnière armée à Toulon en 1795. Elle portait 3 canons de 24. Affectée à des missions de surveillance côtière, on ne trouve plus trace d'elle après 1796 lorsque, en juin ( le 5 messidor An IV), munie de 15 jours de vivres avec un équipage de 13 hommes, elle avait appareillé armée en transport sous le commandement de l'enseigne de vaisseau non entretenu Celly.

Ce n'est que 110 ans plus tard que le nom fut repris pour être donné à un sous-marin à vapeur (1906/1908-1918), le quatrième de la classe Pluviôse du programme 1905, qui sera ainsi notre deuxième Floréal. Ordonné le 26 août 1905, mis en chantier à l'arsenal de Cherbourg en 1906, lancé le 18 avril 1908, armé pour essais le 1er juin suivant et ayant commencé ses essais à la mer le 8 juillet, il entra en service dans l'année. En 1909, son commandant, le lieutenant de vaisseau Moysan, estimait que "sa valeur militaire est un peu supérieure à celle des autres bâtiments du même type auxquels on a supprimé le tube d'étrave (à la suite de l'accident survenu au Fresnel le 9 novembre 1908 lors d'une manœuvre de port à La Pallice), la seule arme assurée du bâtiment, car il faut reconnaître que l'entretien et la conservation des torpilles dans les tubes-caracasses sont plutôt précaires et après quelques immersions profondes on ne peut être assuré d'une bonne trajectoire". Son successeur observait quant à lui, le 20 avril 1910, que le Floréal était "d'une habitabilité suffisante pour tenir la mer pendant plusieurs jours. Si le rayon d'action en surface est considérable, celui de plongée est assez médiocre ; mais, quoiqu'il en soit, ces sous-marins peuvent, en réduisant leur vitesse moyenne en plongée, effectuer le blocus de plusieurs jours pour lequel on prévoit leur utilisation".
En 1912, le Floréal est à Brest, doté maintenant d'un sondeur "Thomson". Dès le début de la guerre, en 1914, il opère en Manche, le plus souvent à partir de Cherbourg. Il passe à Brest en mars 1916 et est ensuite envoyé en mer Egée pour participer au blocus des détroits Turcs. Le métier est dur et, dans le courant de l'été 1918, le Floréal doit être retiré de la zone des opérations. Le 1er août 1918, notre sous-marin appareille donc pour Tarente sous l'escorte du torpilleur Baliste. Il est 19 h. Moins de sept après, à 1 h 45, deux vapeurs se dirigeant vers Salonique sont aperçus par bâbord à faible distance. La Baliste pense qu'ils vont croiser sa route par 400 m. derrière. Soudain l'un des deux vapeurs vient en grand sur la gauche comme pour aborder le sous-marin. Malgré les signaux de reconnaissance émis par la Baliste, l'abordage a lieu. Le vapeur anglais, le croiseur auxiliaire Hazel, répond enfin aux signaux et propose son assistance. La Baliste prend le Floréal en remorque, embarque une partie de son personnel ( 13 hommes ) et à 2 h 10 autorise le Hazel à poursuivre sa route. L'attelage, quant à lui, prend à son tour la direction de Salonique. Mais peu à peu l'avant du Floréal s'enfonce. La baleinière du torpilleur est mise à la mer à 3 h 25 et embarque le reste de l'équipage du sous-marin qui, tout son monde sain et sauf, disparaît aussitôt. Le Floréal repose au fond de la mer Egée par 39°56' N/23°08' E.

(d'après la revue Marine n°153 octobre 1991)


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