Dijon, le 9 octobre 2004
Allocution de M. Hamlaoui Mekachera, Ministre délégué aux Anciens combattants lors du dévoilement de la plaque commémorative « Char Duguay-Trouin »
Monsieur le Préfet, Madame et Messieurs les Députés, Monsieur le Sénateur, président du conseil général, Mesdames et Messieurs les élus, Messieurs les officiers généraux, Mesdames et Messieurs les présidents d'associations, Mesdames et Messieurs,
Je me réjouis d’être avec vous,
aujourd’hui, pour l'inauguration d’une plaque en mémoire du glorieux équipage
du « Char Duguay-Trouin ». Cette plaque porte un double témoignage : celui
de la libération de Dijon, et celui de la participation de la prestigieuse
Armée d'Afrique à cette page inoubliable de votre histoire.
Sur tous les continents, au cours des siècles, l’Armée d’Afrique n’a cessé
de se couvrir de gloire. Pendant la Seconde Guerre mondiale, en Afrique du
Nord, en Italie, pendant le débarquement de Provence, puis dans la libération
du territoire et de l’Europe, ces combattants sont entrés dans la légende
militaire de la France.
Européens, Africains, Maghrébins, Tirailleurs, Spahis, Zouaves, Goumiers et
Tabors, Chasseurs, Cuirassiers… ensemble, sous le même drapeau, ils ont unis
leurs forces pour servir les plus belles des causes : celle de la Liberté
et celle de la France.
Leur ardeur au combat, leur fidélité à la Patrie, qui les conduisirent des
rives de la Méditerranée jusqu’en Allemagne, après avoir libéré l’axe rhodanien,
méritent notre admiration et notre gratitude indéfectibles.
Ces cérémonies du 60ème anniversaire nous permettent de rendre un juste hommage
à ces libérateurs trop longtemps méconnus. Je salue l’initiative de l’association
« Mémoire de la France Outre-mer » et les élus qui l’ont soutenue. Elle contribue
à assurer la pérennité, dans la mémoire collective, de cette épopée.
En ces premiers jours de septembre 1944, quand tombe l’équipage du char Dugay-Trouin,
ce sont quatre sombres années, commencées le 17 juin 1940 avec l'entrée des
Allemands dans la ville, qui vont prendre fin.
Ces commémorations, qui rappellent les grandes heures de la liberté retrouvée,
sont aussi l’occasion de se remémorer la réalité de l’Occupation.
Un des premiers fusillés pour acte de résistance, en France, est un ouvrier
agricole de Dijon, qui sera exécuté le 31 août 1941. Au cours de l'Occupation,
962 patriotes seront déportés, plus de 400 Résistants iront jusqu’au sacrifice
suprême.
Car, très tôt, ici, la Résistance s’est organisée. Dès le printemps 1943,
les maquis vont naître. C'est dans votre région qu'est constitué le premier
Comité de Libération de France, le 12 novembre 1943.
Nous savons tous que, pendant ces années si difficiles, le chanoine Kir fut
une figure emblématique du refus et du patriotisme. Le 23 octobre 1944, dans
votre cité en liesse, le Général de Gaulle aura ces mots : « Dijon n'a jamais
failli ! ».
Les combats pour la libération s’étaient engagés le 10 septembre 1944. Tandis
que la 1ère Armée progressait, les maquisards de la Côte d'Or livraient des
escarmouches aux abords de la ville.
Le 11 septembre 1944, à l'aube, aux ordres du général Touzet du Vigier les
avants-gardes du 3ème Chasseurs d'Afrique entrent dans la ville.
Parmi ces hommes, le sous-lieutenant Caniot, qui nous a quitté il y a quelques
jours. Je veux saluer sa mémoire.
Le lendemain, 12 septembre, à quelques kilomètres, a lieu la jonction entre
la 2ème DB et la 1ère division française libre. Comme vous le savez, le ministre
de la défense a présidé la cérémonie nationale du 60ème anniversaire de cet
événement historique.
Mesdames et Messieurs, si nous faisons, aujourd'hui, œuvre de mémoire, c'est
aussi pour transmettre aux nouvelles générations les enseignements à tirer
de ce passé.
C'est pour les convaincre que, seules, les valeurs de courage, de ténacité
et de dignité pourront leur assurer une vie d'hommes libres et, à ce titre,
heureux.
C’est pour leur proposer, chez leurs aînés, des exemples à suivre. Les Résistants,
les combattants de la 1ère Armée, ceux de l’Armée d’Afrique, sont de beaux
modèles pour des jeunes en quête de repères et de références.
Ainsi, nous n'aurons pas failli à notre mission de « passeurs de mémoire ».
Je vous remercie.