Homme
politique français, né en 1757 à Chavaniac en Auvergne, mort en 1834.
Le fameux « La Fayette nous voici! », attribué à tort au général Pershing, fut en fait prononcée le 4 juillet 1917 par le colonel Stanton, sur la tombe de La Fayette au cimetière de Picpus à Paris. Le général Patton, commandant la 3e armée américaine, au moment de la libération de Metz en 1944, donna ordre à son artillerie de ne pas tirer sur la ville en hommage à La Fayette, qui avait servi en qualité d'officier dans la cité. Ces deux événements prouvent que la croisade entreprise par La Fayette pour la cause de la liberté a porté ses fruits : à deux reprises et à vingt-cinq années de distance, les soldats américains aideront les français à retrouver leur liberté.
Le marquis de La Fayette naquit en 1757 à Chavaniac en Auvergne. En 1773, à 16 ans, il épousa la fille du duc d'Ayen, futur duc de Noailles. Quand les États-Unis proclamèrent leur indépendance à Philadelphie en 1776, il applaudit. L’opinion publique française s'était donnée d'un seul élan à la cause américaine : la guerre contre l'Angleterre était perçue comme une croisade pour le triomphe de l'idéal de liberté et d'égalité.
C'est à Metz, où il était en garnison au régiment de Noailles, que La Fayette décida, lors d’un fameux dîner, d'aller combattre aux côtés des « insurgeants » d'Amérique. Devant la situation dramatique de ceux-ci, il résolut de rejoindre le plus rapidement possible le camp des insurgés. Il n'avait alors que 18 ans !
Malgré l'opposition de Louis XVI et de sa famille (sa femme attendant un deuxième enfant), il embarqua le 26 avril 1777 et arriva le 17 juin en Caroline. Il prêta serment de « vaincre ou de périr avec la jeune République ». La légende de La Fayette commençait. Le Congrès accepta ses services et lui donna le rang de Major général des États-Unis. Il commanda la division des miliciens de Virginie. Entre temps, grâce aux efforts de Benjamin Franklin, la France signait un traité d'alliance en février 1778 avec les insurgés. Ceux-ci reçurent ainsi l'aide dont ils avaient besoin. Ce fut le triomphe de La Fayette qui vint chercher des secours en France, et obtint 4000 hommes. La Fayette se proclama "citoyen américain". La campagne de Virginie ayant décidé du sort de la guerre, le traité de Versailles en septembre 1783 consacra l'indépendance des États-Unis d'Amérique. Promu maréchal de camp à 24 ans, il devint l'homme le plus populaire du royaume.
En 1789, la Révolution française éclata. En sa qualité de général de la garde nationale, La Fayette en fut le chef légitime. Il donna ordre de détruire la Bastille (15 juillet) et fit accepter la cocarde tricolore au roi (17 juillet). Comme défenseur de l'ordre public, il voulut faire coopérer la Royauté et la Révolution. Mais après la fusillade du Champ de Mars, le divorce fut consommé entre La Fayette et la Révolution. Se trouvant seul contre tous, il préfèra s'exiler. Fait prisonnier comme chef responsable de la Révolution, sa captivité dura cinq ans.
A son retour, il fut dans l'opposition à Napoléon (1798-1814). Heureusement que l'Amérique réclamait « son jeune général », le compagnon légendaire de Washington, qu'il souhaitait ardemment revoir. Pour La Fayette, l'Amérique représentait sa fierté et son espoir. Durant les onze mois de son voyage (1824-25) il reçut un triomphe continuel, le peuple entier lui criait sa reconnaissance. La cause des U.S.A et la cause de la liberté étaient maintenant indissociables.
Ce n'est qu'après sa mort (1834) que l'on prit conscience vraiment de la place éminente qu'il tenait dans la vie du pays. Il eut des funérailles nationales, et, aux U.S.A le deuil fut porté pendant un mois pour honorer « la mort du dernier major-général de la guerre d’Indépendance ».