Les bâtiments ayant porté le nom de Dupuy de Lôme


Le croiseur-cuirassé Dupuy de Lôme (1890-1910)
Deux autres bâtiments de la Marine ont déjà porté le nom du célèbre architecte naval :

Un croiseur cuirassé (1890 - 1910) mis en chantier à Lorient le 4 juillet 1888, et mis à flot le 27 octobre 1890. Il est présent le 20 juin 1895, avec le Hoche et le Surcouf lors de l'inauguration du canal de Kiel. En 1897, il rallie la division navale de la Baltique pour remplacer le Bruix en avarie. Il est intégré à l'escadre du Nord de janvier à octobre 1898. Après un grand carénage à Brest, il fait un séjour au Maroc, et arrive le 14 septembre 1909 à Lorient en provenance de Tanger. Il est alors mis en réserve normale le 22, puis en réserve spéciale le 9 novembre. Désarmé le 1er février 1910, il n'est plus utilisé par la suite.

Le 11 Juillet 1911, il est acquis par la marine péruvienne. Du 23 août 1911 au mois d'avril 1912, une période de travaux a lieu. En mai 1912, le gouvernement péruvien demande d'en retarder la livraison. Le 19 septembre 1912, passe sous pavillon péruvien et il est renommé Commandant Elias Aguirre.

Mais ne sera toutefois jamais livré, suite à l'entrée en guerre. En octobre 1914, l’équipage péruvien est débarqué (il rentrera au Pérou par le cargo péruvien Urumba) les munitions sont débarquées et le croiseur amené au fond du port de Lorient où il reste sans être utilisé, mais reprend son nom de baptême. Les canons sont débarqué en 1915 et envoyés à Ruelle pour transformation au profit de l’artillerie de terre. Après la guerre, il est laissé privé de son armement et de ses agrés au fond de la citadelle de Port Louis, revenant parfois quand il y avait de la place, mouiller en rade de Pan-Mané.

En 1918, il est vendu au gouvernement Belge. Il quitte alors Lorient, sous pavillon belge, le 30 août 1918 pour Bordeaux où il est transformé en cargo d'août 1918 à décembre 1919. Il quitte Bordeaux le 27 décembre 1919, sous le nom de Péruvier, et appareille vers Cardiff où il prend 4 000 tonnes de houille pour le Brésil. Le 5 juin 1920, il est en avarie, avec le feu à bord, à Pernambouco. Le 26 octobre 1920, il revient en Europe remorqué par le Gasconnier (4 186 milles à parcourir soit 35 jours à 5 noeuds). Il est définitivement rayé en 1922.
(Caractéristiques : 6400 t ; 14000 cv ; 114 x 15,7 x 7,9 m ; Plans de Bussy ; En acier ; 20 chaudières du Temple ; 3 hélices ; 480 h ; II.194 + VI.164 + 12).


Le croiseur-cuirassé Dupuy de Lôme (1890-1910 - Photo Bougault)

Un sous-marin de haute mer (1916 - 1935). Mis sur cale à Toulon le 1er septembre 1913 (Q105), il est mis à flot le 9 septembre 1915, et entre en service le 22 juillet 1916. Il avait un sister-ship, le Sané. Le 31 mars 1917, alors qu'il fait partie de la division navale du Maroc basée à Gibraltar, il ouvre le feu sur un rassemblement indigène à l'oued Arksis. En juin de la même année, il est attaqué par méprise et avarié par une vedette anglaise en plein détroit. Refondu en 1923 aux forges et chantiers de la Méditerranée à La Seyne-sur-Mer (malgré les protestations de la DCAN qui comptait avoir le marché), il est peu après classé sous-marin de 1ère classe (2 juillet 1924). En mars 1930, il rallie Cherbourg pour être mis en état de conservation, affecté à la 1ère ESM. Condamné le 29 juillet 1935, il est définitivement rayé des listes de la flotte le 27 août 1935. Sa coque est vendue pour démolition à Toulon le 6 août 1938.
(Caractéristiques : 3500 cv ; 75 x 7,90 x 6,39 m ; 1287t.pl puis 1291t.pl ; 2 moteurs électriques 820cv puis 4 de 664cv ; 2 moteurs à vapeur 2000cv puis 2 diesel 2400cv ; I.65(mle 1888-91) + II.75 + I.mit(mle 1907) + VIII.TLT(450, VIII.torp mle V-1911 ; Symb. de coque : DL)


Le sous-marin Dupuy de Lôme (1916-1935)

Le bâtiment collecteur de renseignements Dupuy de Lôme est donc le troisième bâtiment à porter le nom du célèbre ingénieur.

(Texte : Jean-Michel Roche pour Net-Marine ; Pour en savoir plus : Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre de Colbert à nos jours)


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