Bernard Anquetil
Né
le 20 décembre 1916 à Bernières-d'Ailly dans le Calvados, Bernard Anquetil
était en juin 1940 embarqué sur le sous-marin Ouessant, en carénage à l'arsenal
de Brest. Lorsque les Allemands occupèrent la ville, l'équipage du sous-marin
fut dispersé. Anquetil trouva un emploi de réparateur radio à Angers. C'est
là que le trouva le colonel Rémy qui venait de prendre contact avec l'ancien
officier en second de l'Ouessant, le lieutenant de vaisseau Philippon (futur
vice-amiral d'escadre). D'enthousiasme, Bernard Anquetil accepta d'entrer
dans le réseau en cours de constitution, pour assurer des liaisons radio
avec l'Angleterre. Avec son poste émetteur, il s'installa chez une famille
discrète, les Combes à Saumur. Les messages qu'il transmettait concernaient
principalement les mouvements des bâtiments allemands à Brest, leurs avaries
et leur disponibilité. C'est en particulier de cette façon que fut signalé
en juillet 1941 l'appareillage du Scharnhorst, ce qui permit à la Royal
Air Force de l'attaquer avec succès.
Mais les goniomètres allemands finirent par situer l'émetteur et le 30 juillet,
précisément à la suite du message relatif au Scharnhorst, Anquetil fut
arrêté et transféré à Fresnes. Condamné à mort le 15 octobre, il refusa de révéler
l'origine et la teneur des messages transmis, malgré la promesse de l'appui
du tribunal pour un recours en grâce. Le 24 octobre 1941, il était fusillé.
Il reçut à titre posthume la Croix de la Libération le 21 novembre 1942, une citation à l'Ordre de l'Armée de Mer et la Croix de guerre avec palme le 11 mai 1945.
Extrait de : Des noms sur la mer (Edition ACORAM 15, rue Laborde 75008 Paris)