Hubert Amyot d'Inville
Né
à Beauvais le 1er octobre 1909, Hubert Amyot d'Inville fut attiré dès
son plus jeune âge par la vie des marins, de ces hommes toujours prêts
au sacrifice suprême, et dont il devait devenir l'une des plus belles
figures.
A la fin des ses études, son service militaire fait dans la Royale, il fait l'école de la marine marchande en 1932. Le capitaine au long cours Amyot d'Inville effectue, lorsque la guerre le surprend, la ligne Madagascar - Métropole pour la compagnie des Messageries Maritimes. Il participe alors aux convois qui apportaient à la France les hommes et les ressources de ses colonies.
Ce travail convenait mal à Hubert Amyot d'Inville. Il voulait participer à une lutte plus active contre les Allemands. Promu enseigne de vaisseau de 1ère classe de réserve le 15 mai 1935, ses démarches aboutissent et il effectue un cours de dragage pour prendre le 16 mars 1940 le commandement du dragueur électrique Trombe II et du groupe de dragueurs qui devaient nettoyer le chenal des mines constamment lancées par les avions ennemis pour bloquer le port de Dunkerque. Il sauta avec sa Trombe II sur une mine et est cité à l'ordre de l'Armée le 31 mai 1940.
Après Dunkerque,
Hubert Amyot d'Inville recoit le commandement d'une vedette, le VTB 11, avec
laquelle il quitta Cherbourg à l'annonce de l'armistice et rallie Falmouth
le 19 juin.
Fidèle au désir de servir la France jusqu'au bout, il se met à
la disposition du général de Gaulle pour servir dans les Forces
Françaises Libres.
En juillet 1940, le capitaine de corvette
Detroyat crée le 1er Bataillon de Fusiliers Marins avec des réservistes
et des civils évadés de France. Amyot d'Inville en devient le
second et arrive avec Détroyat
en deux mois à faire de cette unité, un groupe discipliné,
puissant, plein d'ardeur.
Le bataillon quitte alors l'Angleterre pour l'Afrique Equatoriale Française,
ralliée au Forces Libres. Là le lieutenant de vaisseau Amyot d'Inville
reçoit le commandement de la Marine à Port Gentil et, avec sa
section, organise la défense des côtes.
Plus tard, en février 1941, le Bataillon quitte l'Afrique Equatoriale
Française pour l'Ethiopie et l'Erytrée, et se dirige sur Jaffa
pour participer aux opérations de Syrie.
Pendant ces opérations,
Amyot d'Inville, fut grièvement blessé le 17 juin 1941. Pendant
sa convalescence, le commandant Detroyat est tué le 21 juin 1941 lors
d'un accrochage à Mezza en Syrie. En août, le capitaine de corvette
Amyot d'Inville prend donc le commandement du 1er bataillon de fusiliers marins
à Beyrouth. Il transforme son unité d'infanterie en une unité
de D.C.A. motorisée, en prélevant de-ci de-là, le matériel
dont il avait besoin pour réaliser son projet, et participe sous les
ordres de Koenig aux campagnes de Cyrénaïque, de Lybie, Tripolitaine,
Tunisie, et surtout l'enfer de Bir Hakeim et d'El Alamein, ou il assure une
protection aérienne mais aussi anti-char.
Après la campagne de Tunisie en mai 1943, le Bataillon des Fusiliers
Marins ne s'arrête pas là et se voit grossir de nouvelles recrues
venues de tous les coins. Apès quelques mois d'entraînement et
de manoeuvres, le 1er bataillon de Fusiliers Marins, devenu régiment,
embarque le 13 avril 1944 pour l'Italie. Le 27, il débarque à
Naples et le 4 mai, le Régiment de Fusiliers Marins doit éclairer
l'avance de la 1ère Division Française, sous les ordres du général
Brosset. Les missions qu'il entreprend sont nombreuses et difficiles. Jusqu'au
22 mai il est à l'extrême pointe de la conquête, Ponte Corvo,
Cellano, Coleferro, Zagarollo près de Tivoli, tel fut l'itinéraire
du 1er Régiment de Fusiliers Marins. Le 9 juin, il traverse Rome et arrive
le soir près de Viterbo pour atteindre Montefiascone et le lac de Bolsena.
Le capitaine de
frégate Amyot d'Inville fait une réconnaissance devant ses troupes
avec sa jeep, celle-ci saute sur une mine, Hubert Amyot d'Inville meurt sur
le coup, il avait 34 ans.
Il est cité une fois de plus à l'Ordre de l'Armée le 3
novembre 1944 et reçoit à titre posthume le 16 janvier 1947 la
médaille de la résistance avec rosette et fait Officier de la
Légion d'Honneur à titre posthume le 16 octobre 1947.
(Ces pages ont pu être écrites grâce au travail de grande qualité réalisé en juin 1983, d'après des documents du SHM, par le capitaine de frégate Félix Mauguen et l'équipage de l'Amyot d'Inville que je remercie - Jean-Michel Roche pour Net-Marine 1999)