Les
télécommunications navales
| INMARSAT
(INternational MARitime SATellite) |

La plupart des bâtiments hauturiers sont équipés
d'une antenne Inmarsat (frégate Tourville
- avril 2001 - © Net-Marine) |
Système
civil de télécommunications comportant 8 satellites et assurant
les fonctions téléphonie, télex et télécopie
par l'intermédiaire de 37 stations terrestres.
4 versions sont disponibles :
- A (analogique)
- B (numérique)
- C (version
miniaturisée n'assurant que la fonction télex)
- D (version
miniaturisée n'assurant que les fonctions télécopie et
téléphonie)
La Marine nationale
a acquis une quarantaine de stations navalisées qui peuvent être
accueillies à bord d'une soixantaine de bâtiments en ayant reçu
les infrastructures.
Ce système est peu coûteux à l'achat, mais il ne
bénéficie d'aucune protection particulière et son
coût d'exploitation est élevé.
| SYRACUSE
(SYstème de RAdioCommunication Utilisant un SatellitE) |

Une vue des 2 radômes Syracuse, dont sont équipées
les frégates type F70 (Montcalm
- mars 2001 - © Net-Marine) |
Système de
transmission par satellite réalisé par Matra et Thales (ex
Thomson-CSF) pour le compte de la Direction Générale des Télécommunications
(DGT) et assurant en UHF et SHF les liaisons suivantes : télégraphie,
transmission de données, téléphonie en clair ou chiffrée
quelle que soit leurs position dans la zone couverte par le satellite (De New
York à Karachi: de 70° nord à 70° sud et de 75° ouest
à 65° est).
Les liaisons militaires se font dans la gamme 8-7 Ghz avec des débits de
2 400 bits/s en transmission de données et en téléphonie,
et de 75 bauds en télégraphie. Le système est protégé
contre l'impulsion électromagnétique.
| Satellite |
Lancement |
| Télécom
1A |
Août 1984 |
| Télécom
1B |
Mai 1985 |
| Télécom
1C |
Mars 1986 |
| Télécom
2A |
Décembre 1991 |
| Télécom
2B |
Avril 1992 |
| Télécom
2C |
Décembre 1995 |
| Télécom
2D |
Août 1996 |
1/ SYRACUSE I
(1984 à 1994)
Le 4 août 1984, une fusée Ariane L3 met sur orbite le satellite
Télécom 1A de 1200 kg. Le satellite est placé sur
orbite géostationnaire, par 8° de longitude ouest, à 35800 km
d'altitude. Un second satellite, Télécom 1B de secours, est
mis sur orbite lors du 13ème tir d'Ariane le 8 mai 1985. le lancement d'un
3ème satellite, Télécom 3C, est effectué le
1er mars 1988 pour remplacer le 1B en avarie.
La Marine dispose
de 10 stations (shelter de 4 tonnes) pouvant être embarquées sur
une vingtaine de bâtiments ayant reçu une infrastructure préalable
(2 radômes de 2,5 m de diamètre qui abritent une antenne de 1,50
m de diamètre pointée en permanence sur le satellite et permettant
3 liaisons simultanées).
Opérationnel à partir de novembre 1985, le Syracuse I est abandonné
en fin de vie en 1994 et remplacé par le système Syracuse
II.

Les bâtiments de commandement et de ravitaillement
sont également équipés de stations Syracuse (BCR Somme
- mars 2001 - © Net-Marine) |
2/ SYRACUSE II
(1992)
Le segment spatial comprend 4 satellites placés sur orbite géostationnaire
à 36 000 km de la terre, par 8° de longitude ouest. Télécom
2A est lancé le 16-12-91 (tir d'Ariane n° 48), Télécom
2B le 16-4-92 (Tir n° 50), Télécom 2C le 7-12-95,
et Télécom 2D le 8-8-96 (tir n° 88). Ces satellites pèsent
2 200 kg et ont une charge utile de 365 kg.
Le segment terrestre comprend 3 stations fixes (Lanvéoc, Carcassonne et
Favières) et une centaine de stations mobiles.
Le segment naval, compatible avec les sytèmes alliés, est installé
sur 35 bâtiments de surface (qui disposent de 2 antennes de 1,50 m de diamètre
sous radôme, ou d'une antenne de 0,90 m) et sur les sous-marins nucléaires
(antenne de 0,40 m sous radôme étanche) ainsi qu'à bord des
avions de patrouille maritime Atlantique 2.
La Marine dispose
de 38 stations : 21 stations N pour grands bâtiments, 14 stations
NL pour avisos et frégates, 10 stations SM pour sous-marins.

Le système Syracuse s'appuie sur les satellites
Télécom 1 et 2 ( © CNES) |
3/ SYRACUSE
III (2005)
Aux 5 canaux SHF des charges utiles Syracuse II se substitue 9 canaux SHF et
6 canaux EHF. L'augmentation du nombre de canaux permet, outre un accroissement
des débits transmissibles, une connectivité accrue entre les différentes couvertures.
Cette connectivité est, de surcroît, décuplée par l'installation à bord du satellite
d'un Processeur Numérique Transparent (PNT) qui permet de découper chaque canal
en sous-canaux de largeur variable, assurant ainsi une connectivité "bande étroite"
entre les couvertures. Seule la bande strictement nécessaire est allouée à chaque
couverture, plutôt qu'un nombre entier de canaux (comme sur Syracuse II).
Deuxième élément innovant : l'introduction de la bande de fréquences EHF,
dont l'emploi opérationnel est à ce jour le seul fait du DoD américain. Cette
migration vers une bande de fréquences plus élevée (44/20 GHz, contre 8/7 pour
la SHF) répond à des besoins de bande passante toujours croissants : la SHF ne
propose aux utilisateurs militaires que 500 MHz, tandis que l'EHF offre 2 GHz
à la montée et 1 GHz à la descente. Le satellite Syracuse III permettra de "cross-strapper"
les canaux SHF et EHF, autorisant ainsi une migration très progressive vers l'EHF.
Il dispose, enfin,
d'une antenne active anti-brouillée SHF de nouvelle génération, protégeant
ainsi les communications contre la menace de brouillage en permettant de
synthétiser en réception, par décalage d'amplitude et de
phase, toutes les couvertures SHF. Dans l'éventualité du brouillage
d'une ou plusieurs couvertures, elle permettra de modifier les diagrammes de
gain, annulant ainsi le(s) brouilleur(s) tout en assurant un gain maximum aux
stations utilisatrices. Pour
mettre en oeuvre ce programme, deux nouveaux satellites de télécommunications
militaires français ont été lancés : SYRACUSE 3A et
SYRACUSE 3B (11 août 2006).
| RIFAN (Réseau IP de
la Force d'Action Navale) |
RIFAN dote la Marine d’un réseau sécurisé de transit et de desserte basé sur le
protocole IP, fédérant l’ensemble des moyens de télécommunications d’une force
aéronavale et assurant, sur un théâtre d’opérations, son interconnexion avec les
réseaux interarmées de la structure militaire nationale ou alliée dans laquelle
elle s’intègre. Ce réseau permet d’assurer les communications multi-services entre
les bâtiments au sein d’une force d’action navale et entre les bâtiments et les
autorités à terre. Le réseau est opéré depuis deux centres à terre. Il constitue
donc une première brique pour les opérations réseaux centrées. Le périmètre porte
sur 66 unités embarquées, 22 avions de patrouille maritime, 15 bâtiments et tous
les sites à terre sont réceptionnés à ce jour. Suite aux résultats satisfaisants
des essais d’évaluation opérationnelle conduits en 2006, la Marine envisage de
prononcer la mise en service opérationnelle su système dans les mois à venir.
| OMAR HF NG (Rénovation
du segment HF de l'organisation maritime des transmissions) |
Le programme OMAR HF NG a pour objectif de rénover et numériser les liaisons Hautes
Fréquences (HF) de 78 bâtiments de la Marine. Cette rénovation permet d’augmenter
le débit, de numériser les liaisons HF et de raccorder les nouveaux services de
téléphonie et de transmission de données. Elle permet l’interopérabilité avec
l’OTAN par l’application des standards de normalisation. La rénovation des chaînes
de transmission apporte une plus grande souplesse d’utilisation et une meilleure
qualité de service tout en simplifiant l’exploitation, la formation et le maintien
en conditions opérationnelles. Cette rénovation se traduit par l’installation
de moyens de télécommunications plus modernes, notamment un réseau de commutation
et un système de gestion pour 24 bâtiments de premier rang, les autres navires
sont dotés de nouveaux équipements de transmission. Au 1er novembre 2006, 70 bâtiments
sont réceptionnés. Les essais opérationnels conduits en octobre 2006 se sont révélés
satisfaisants.
| SIC 21 (Système d'Information
et de Communication du 21e siècle) |
Le programme SIC21 vise à doter la Marine nationale d'un nouveau système d'information
et de commandement en réseau qui contribuera à donner à la Marine les capacités
nécessaires pour constituer, déployer et soutenir une force interarmée. SIC21
s'appuie sur les réseaux locaux de la Marine à terre et le système RIFAN (Réseau
IP de la FOrce Navale). Le système SIC21 entre en phase de qualification début
2007. Les premiers déploiements sont prévus en 2007 après une phase d'expérimentation
technicoopérationnelle sur les sites pilotes de la DGA et de la Marine. SIC 21
a aussi vocation à jouer un rôle fédérateur pour les développements des applications
opérationnelles futures de la Marine.
Transmissions radioélectriques classiques de type MF, LF, HF, VHF et
UHF.
A noter également les appareils de téléphonie sous-marine
de type TUUM 1 ou 2 pour les communications en graphie ou phonie
entre 2 sous-marins ou entre un sous-marin et un bâtiment de surface.
| Systèmes aéroportés
Astarté (Avion
STAtion Relais de Transmissions Exceptionnelles) et Syredec (Système
des derniers recours) |

Le système Astarté a été abandonné
en juillet 2001. (Photo Armée de l'Air/ Air
Actualités) |
Afin de compléter
le dispositif de transmission à terre de la FOST,
4 avions C 160 Transall NG ont été transformés en
avions-relais durcis de transmissions VLF à partir d'équipements
acquis aux USA et intégrés par Thomson-CSF.
Le système
se compose d'un ensemble de transmission Rockwell-Collins USC-13 qui
fait appel à une énorme antenne déroulée à
l'aide d'un treuil. Cette antenne souple porteuse, qui peut traîner dans
le sillage de l'avion sur une longueur de plusieurs kilomètres, est dédoublée
par une seconde, plus courte et d'environ un kilomètre et demi seulement,
qui sert à dissiper en toute sécurité l'importante énergie
électromagnétique générée par l'émetteur
VLF (Très basses fréquences) et son amplificateur.
Ce système
entré en service le 1er septembre 1987 était mis en oeuvre par
l'armée de l'Air avec des équipages mixtes air/marine au sein
du groupement aérien 59 "Astarté" sur la base aérienne
d'Evreux.
Après 26
500 heures de vol et 850 émissions au profit des SNLE, le groupe aérien 00.059
Astarté a été dissout le 3 juillet 2001. Son successeur s'appelle
Syderec.
(Texte François-Olivier
Corman et Jean-Michel Roche - sources : Flottes
de combat 2000, Les frégates
Suffren et Duquesne, Cols
Bleus, Air
Actualités, L'Armement - Mise à jour 2006)