L'attaque du Sheffield
Le 2 mai, journée au cours de laquelle les premiers combats se déroulèrent autour
des Malouines, le Capitan de fregata Jorge Colombo et son ailier, le Teniente
de fregata Carlos Manchetanz, prirent place sur leurs sièges éjectables Martin-Baker
et se préparèrent à accomplir une mission qui allait devenir historique. En
vue de cette sortie, les deux Super Étendard avaient été équipés d'un missile
Exocet sous l'aile droite et d'un réservoir de carburant auxiliaire de 1 100
l sous l’aile gauche. Le projet de leur adjoindre une escorte d’IAI Dagger fut
abandonné, et ce avec raison ; lors de leur approche à très basse altitude,
les Super Etendard ne furent en effet confrontés à aucun avion d'interception
britannique.
L'attaque des Super-Etendard contre la task force britannique devait être coordonnée
avec un raid mené par les McDonnell Douglas Skyhawk embarqués sur le seul porte-avions
argentin en service. Les Skyhawk ne purent cependant pas prendre l'air, et le
bâtiment argentin regagna son port d'attache. Dans l'intervalle, le croiseur
General Belgrano fui coulé par un sous-marin britannique.
Les Super-Etendard durent eux aussi revenir en arrière après une tentative manquée
de ravitaillement en vol menée avec un Hercules.
L’aéronautique navale argentine prit sa revanche le 4 mai, lorsqu'un Lockheed
Neptune en mission de reconnaissance autour des Malouines repéra deux objectifs
ennemis à 160 km au sud de Port Stanley. Les dix pilotes de l’Escuadrilla 2
volant par rotation, la sortie de la journée revenait au Capitan de corbeta
Augusto Bedacarratz et au Teniente de fregata Armando Mayora. Ayant décollé
à 8 H 45 (heure de Buenos Aires), les deux aviateurs s'approvisionnèrent en
carburant et descendirent à basse altitude.
Volant en dessous du plafond nuageux, qui était de 150 m, et bénéficiant d'une
visibilité vers l’avant d'à peine 1 km, Bedacarratz et Mayora s'activèrent.
ils reçurent du Neptune les coordonnées exactes de la cible 1a plus importante
et les intégrèrent dans le calculateur de I’Exocet. Le destin du bâtiment britannique
était scellé. Les deux assaillants, qui, pour une incompréhensible raison, n’avaient
pas été détectés, branchèrent leur radar et montèrent à une quarantaine de mètres
pour identifier l'objectif.
Ne voyant rien, ils revinrent à 15 m ; dans l'intervalle, ils furent repérés
par les Britanniques, qui firent prendre l’air à un BAe Sea Harrier.
Une seconde montée en altitude à 45 km de la cible permit aux pilotes argentins
de repérer l'objectif et d'en intégrer les paramètres dans l'ordinateur du missile.
A 10 h 4, les deux Exocet furent tirés et se dirigèrent vers leur cible. Il
ne restait plus aux Super-Etendard qu’à faire demi-tour et à attendre le communiqué
britannique.
Lancé d'une distance comprise entre 35 et 55 km (bien que certaines sources parlent de 10 km), un Exocet pénétra dans la coque du Sheffie1d alors que le bâtiment effectuait une mission de veille radar à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de la task force. Le missile provoqua un trou de 3 m sur 1,20 m dans le flanc du navire . Selon les mots du commandant du Sheffield, le Captain Sam Salt, le bruit de l’explosion fut bref et sec . Aujourd’hui encore, les avis à ce sujet sont partagés, et personne ne sait si cette explosion provint de l'ogive de 165 kg de l’Exocet ou plus simplement du carburant qui restait dans le réservoir du missile. Quelle que fût la cause de cette explosion, le Sheffield se trouva bientôt en flammes et dut être abandonné. Il coula six jours plus tard, alors que les Britanniques tentaient encore de le sauver.
(d'après site http://.... ?.)