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Aster
: Le top de l'anti-missile
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V. française
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Naissance
d'un concept
Les menaces
aériennes et missiles restent critiques, et ceci en dépit de la fin de la guerre
froide. Et elles sont indubitablement parmi les plus graves qui pèsent sur
les forces armées. Les parcs d'avions de combat restent en effet conséquents
de par le monde, et la menace missiles prolifère également dans un monde croissant
de pays. Elle s'élargit qualitativement à une multitude d'armements de précision,
avec des trajectoires extrêmement variées qui compliquent la tâche de la défense
aérienne : missiles antinavires à trajectoire rasante, missiles de croisière
volant à basse altitude en suivi de terrain, bombes et missiles air-sol guidés,
missiles antiradars à trajectoire plongeante, missiles balistiques tactiques
(du type Scud amélioré) à arrivée quasi-verticale ! Autant de cibles difficiles
à atteindre, car plus rapides, plus petites, plus agiles, et capables d'attaquer
en salves, pour saturer les défenses. Cette défense repose lourdement sur les
systèmes de missiles antimissiles et antiaéronefs, dits "Sol/surface-air".
Les années 1980
furent celles du succès des missiles Sol-Air Courte-Portée, comme le Roland
ou le Crotale, assurant une protection
des forces jusqu'à une dizaine de kilomètres de portée. Les
années 1990 sont marquées par les ventes des missiles Sol-Air Très Courte-Portée,
complétant la protection des premiers vers le bas, avec des portées de 5 kilomètres.
Les années 2000 verront le remplacement des systèmes de Sol/sur-face-Air
à Moyenne Portée (de 30 à 100 km) actuellement en service. Qu'il s'agisse
de systèmes navals, tels les Sea Sparrow, Standard-Tartar américains
ou Sea Dart britanniques, ou de systèmes terrestres, comme les Hawk
et Patriot américains, même modernisés plusieurs fois, ces systèmes vieillissants
montrent leur limitation face à des cibles toujours plus véloces, furtives,
aux trajectoires variées, dans une ambiance de fortes contre-mesures électroniques.
Ces systèmes antiaériens existants ont aussi la particularité d'être spécialisés
dans une mission : soit la "défense de point" (par exemple, un navire) à courte-moyenne-portée,
soit la "défense de zone" (par exemple, une flotte) à moyenne longue-portée.
Une
nouvelle famille de missiles
C'est
la raison pour laquelle Aerospatiale développe, au sein du consortium EUROSAM
(avec Thomson-CSF et Alenia), une nouvelle famille de missiles antimissiles
et antiaériens, baptisée Aster. Une famille qui présente la particularité
nouvelle et originale, pour l'instant unique au monde, d'être :
- interarmées,
pour répondre aux besoins des trois armées Terre, Air et Mer;
- multinationale,
avec un développement en coopération franco-italienne, qui doit s'élargir
cette année à la Grande-Bretagne;
- modulaire
et extensible, deux conditions techniques requises pour couvrir tous les
besoins interarmées de défense aérienne
C'est pourquoi,
la famille Aster, dès l'origine, répond à au moins trois besoins :
- "L'autodéfense
navale", avec le missile Aster 15 Naval
du programme Surface-Air Anti-Missile (SAAM) qui entrera en service en
2001) à bord du porte-avions Charles
de Gaulle (le porte-avions recevra 4 batteries de 8 missiles chacune).
L'enjeu de l'Aster 15-SAAM est d'élargir la traditionnelle mission
de défense navale de point, sorte d'ultime défense à courte ou très courte-portée
contre les missiles antinavires, à une mission élargie d'autodéfense étendue
à la fois en portée - jusqu'à 30 km - et en zone protégée, pour assurer la
défense d'un bâtiment voisin.
- "La défense
terrestre de zone", avec le missile Aster 30 Terrestre
du programme Sol-Air Moyenne-Portée/Terrestre (SAMP/T), l'objet est d'élargir
la défense terrestre de zone à la capacité de lutter contre tous les missiles
modernes.
- "La défense
navale locale et de zone", avec le missile Aster
30 Naval du programme Principal Anti-Air Missile System (PAAMS)
pour équiper les frégates de défense aérienne tripartites Horizon (France,
Grande-Bretagne et Italie). Le missile Aster 30-PAAMS fait la synthèse
des deux précédents, pour obtenir un système naval, unique au monde, apte
à conduire trois missions : "auto-défense", "défense locale" d'un bâtiment
voisin, "défense navale de zone." De plus, Aster a été étudié dès l'origine
pour qu'une version particulière puisse remplir la mission de défense aérienne
élargie contre les missiles balistiques tactiques.
Deux
avancées technologiques majeures
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L'agilité
du missile terminal - PIF/PAF
Celle-ci
repose sur un mode de pilotage révolutionnaire, inventé par Aerospatiale
dénomé PIF-PAF : Pilotage d'Interception en Force - Pilotage Aérodynamique
Fort, qui donne une grande manoeuvrabilité à toutes les altitudes
et une remarquable précision de trajectoire. Il associe un pilotage classique
par gouvernes aérodynamiques optimisé avec un pilotage en force assuré
par un moteur à poudre à quatre tuyères latérales placées au centre de
gravité du missile. Car le problème était d'éviter la rupture de l'engin
sous fort facteur de charge lors d'un brusque réalignement sur une trajectoire
nouvelle et ce, sans prise d'incidence aérodynamique, afin d'assurer la
précision d'impact sur la cible.
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Des radars
haute performances
Avec
les technologies développées par Thomson-CSF et Alenia qui les rendent
totalement multifonction : surveillance, météo, discrimination des cibles,
acquisition, poursuites combinées... La capacité de traitement atteint
un milliard d'informations par seconde ! Avec cette puissance,
les radars détectent 300 objets volants, en discriminent une soixantaine
et guident en simultané jusqu'à seize missiles.
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Des
succès en rafale
Entre 1993 et 1994,
les premières campagnes en vol permirent de valider toutes les séquences de
fonctionnement du missile en mode piloté dans l'ensemble de son domaine d'emploi
en altitude et en distance d'interception. Pendant cette période, fut aussi
acquise la validation de la phase de départ de l'Aster 30, avec essais en mode
préguidé. Après cette exploration, restait à valider la réalité opérationnelle.
En mai 1996, débutaient les tirs avec autoguidage final d'Aster 15 par autodirecteur
électromagnétique actif contre des cibles réelles. Ceux-ci ont enregistré
un taux de 100% de réussite, avec 6 succès pour 6 tirs :
- Validation
de l'accrochage de l'autodirecteur actif sur une cible et autoguidage
du missile jusqu'à l'interception sur cible C22 figurant un avion de
combat volant à 270 km/h, à l'altitude de 1000 m et à une distance de
7 km ;
- Interception
réussie grâce au système de pilotage PIF-PAF à 10 km de distance
et 1000 m d'altitude sur cible C22 figurant un missile exécutant une
manoeuvre latérale de plusieurs "g";
- 8 avril
1997 : Interception réussie d'une cible C22 simulant un missile
antinavire subsonique volant à environ 10 m d'altitude et à la distance
de 7 km.
- 23
mai 1997 : Impact direct sur un missile antinavire Exocet
de première génération à 9 km de distance. Ce
jour-là, Aster, en protection d'un bâtiment situé à 7 km de sa position,
réalisait son premier "Hit-to-Kill" contre un missile antinavire de
l'Histoire.
- 13
novembre 1997 : Interception d'une cible en vol rasant en ambiance
de très fortes contre-mesures électroniques. Pour cet essai, la
charge militaire ne fut pas installée, afin de mieux visualiser la distance
de passage du missile et récupérer la cible. Grande fut la surprise
lorsque, après récupération du C22, on s'aperçut que celle-ci portait
deux profondes entailles laissées par les ailes du "vampire" !
Ce n'était plus du "Hit-to-Kill", mais bien du "Hit-to-Kiss".
Avec charge militaire, la "vaporisation" de la cible n'aurait fait aucun
doute...
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(23
mai 1997)
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(13
novembre 1997)
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- 30 décembre
1997 : Interception d'une cible réelle par un Aster 30 (premier
tir de qualification) s'est effectuée contre une C22 évoluant à 30 km de distance
et à une altitude de 11 000 m, à la vitesse de 900 km/h. Avant de l'atteindre,
l'Aster est monté à une altitude de 15 000 m, avant de fondre sur sa proie
à la vitesse de 2880 km/h... et passer à moins de 4 m !
- 29 juin 2001
: Nouveau test à succès pour le missile européen Aster. Le missile
a intercepté en moins de cinq secondes, au large de Toulon, un missile Arabel
volant à basse altitude au-dessus de la mer, a indiqué le ministère de la
Défense. Pour le ministère, ce test "marque une nouvelle étape dans la
progression vers la qualification d'ensemble du système prévue pour le second
semestre de cette année". (Les Echos - mardi 10 juillet 2001, 16h22
)
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La frégate saoudienne Al Damman a effectué
le premier tir Aster depuis un bâtiment de combat le 23 mars
2004 (photo Jacques Carney)
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??? 2001
: Essai concluant pour l'Aster 15. Le centre d'essais de la Méditerranée de
la DGA a procédé avec succès à un tir de missile Aster 15 sur une cible simulant
un avion volant à 1 000 km/h (mach 1) à 100 m au-dessus de l'eau. Cet essai
conclut la qualification du système de missiles surface-air antimissile SAAM/France,
composé du radar Arabel, du lanceur Sylver et du missile Aster
15 destiné au Charles de Gaulle.
(Cols bleus N°2594 du
24/11/2001)
- Dans le cadre
des essais à la mer de la frégate Al Damman, numéro 3 de la
série SAWARI 2, un tir SAAM a été effectué avec succès devant le centre
d'essais des Landes le mardi 23 mars 2004. La cible a été détruite par
un missile à lancement vertical ASTER 15, sous les yeux du directeur de programme
SAWARI 2, l'IGA Pierre Montélescaut, du représentant de la maîtrise d'œuvre
d'ensemble assurée par THALES NAVAL FRANCE, des industriels et d'une délégation
d'autorités navales saoudiennes.
Ce tir de démonstration augure très favorablement du prochain système antiaérien
et anti-missiles des frégates HORIZON, puis des frégates FREMM*, qui disposeront
du même missile. Dès son retour devant Lorient, la frégate a repris son programme
dense d'essais, entre les mains expérimentées des marins détachés auprès de
la société NAVFCO (société navale de formation et de conseil). La frégate
Al Damman, construite à Lorient par DCN, sera livrée en septembre 2004,
à Toulon.
- Le 20 décembre
2005 a eu lieu avec succès le second tir de qualification du système franco-italien
Aster SAMP-T sur le site des Landes du centre d'essais de lancement de
missiles de la délégation générale pour l'armement (DGA). Le système SAMP-T
a démontré sa capacité à intercepter une cible C22 volant à 500 mètres d'altitude,
à une vitesse d'environ 250m/seconde simulant la menace d'un avion de combat.
Quelques
photos d'Aster
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(d'après
la Revue Aérospatiale - 146 - Mars 1998)