Super-Etendard : Caractéristiques principales

Envergure
9.60 m
Longueur
14.31 m
Hauteur
3.85 m
Masse à vide
6250 kg
Masse maximum
11900 kg
Masse normale appontage
8100 kg
Poussée réacteur :
4950 kg
Vitesse max. (11000 m)
Mach 1.3
Vitesse max. (basse altitude)
0.97
Plafond
45000 ft
Distance franchissable
1400 km
Autonomie
1h45
Autonomie avec réservoirs supp.
2h15

Un avion nouveau


Super-Etendard de la 14F vu à Lann Bihoué en 1983.
Bien qu'il soit en apparence similaire à son ainé le GAMD Etendard IV, le Super-Etendard en diffère par trois points essentiels qui sont la motorisation, l'avionique et l'hyper-sustentation de la voilure. C'est le SNECMA Atar 8K50 à simple flux et monocorps qui est retenu pour équiper l'avion: il s'agit là d'une version dérivée de l'Atar 9K50 des Mirage F-1 mais dépourvue de post-combustion et dotée d'une tuyère fixe sans paupière et d'un système de régulation hydromécanique. Ce moteur délivre une poussée statique nette de 4950 kgp (au niveau du sol et sous une température ambiante de 15°C) Il comporte un compresseur axial à neuf étages et une turbine à deux étages.

Coeur du système d'armes, l'avionique quant à elle est entièrement nouvelle et comprend :


Super-Etendard modernisé vu sur le Clemenceau en juillet 1997.
La voilure, possède des dispositifs hypersustentateurs améliorés qui permettent d'abaisser la vitesse d'approche en dépit de l'accroissement du poids de l'appareil. Son profil est modifié pour améliorer les caractéristiques en transonique. Des becs basculants s'étendent sur la totalité du bord d'attaque de l'aile et il y a des volets à double fente sur une bonne partie du bord de fuite. Grâce à ces dispositifs, la vitesse d'approche passe de 133 noeuds (246 km/h) à 122 noeuds (225 km/h) et la masse catapultable de 10 800 kg à 11 900 kg (12 400 kg au maximum).

Pour ses missions d'attaque, le Super-Etendard dispose d'un large éventail d'armements. L'armement de bord se compose de deux canons DEFA de 30 mm auxquels s'abutent diverses charges réparties sous cinq points d'emport.

Quatre d'entre eux, disposés sous la voilure, peuvent recevoir des bombes de 250 et 400 kg, des lance-roquettes, des réservoirs supplémentaires de 625 et 1 100 litres; des missiles R 550 Magic, un missile AM-39 Exocet ou l'arme nucléaire tactique AN-52. Le 5ème point se trouve sous le fuselage et peut recevoir soit deux bombes de 250 kg, soit un réservoir supplémentaire de 600 litres ou encore une nacelle de ravitaillement en vol Douglas.

Dans le cadre d'une mission anti-navire, le Super-Etendard emporte un missile AM-39 Exocet sous l'aile droite, un réservoir supplémentaire de 1 100 litres sous l'aile gauche et un réservoir de 600 litres sous le fuselage. Ainsi équipé, l'avion a un rayon d'action en basse altitude de 400 km et de 620 km en profil HI-LO-HI, sans ravitaillement en vol. Pour une mission d'assaut, le Super-Etendard emporte quatre bombes de 400 kg et un réservoir ventral de 600 litres. Son rayon d'action en basse altitude est alors de 250 km.

Les caractéristiques du Super-Etendard modernisé, les standards 3, 4 et 5

Le Super-Etendard modernisé, plus connu sous le nom abrégé de SEM, est introduit en 1994 avec des caractéristiques initiales correspondant au standard 2 : radar Anémone, calculateurs et ergonomie du poste de pilotage. La structure des plans centraux sera progressivement renforcée pour permettre l'emport de charges plus lourdes.


Le pod de désignation laser ATLIS, élément majeur du standard 3 (Nîmes Garons, février 2008).
Trois standards ont vu ensuite l'intégration de nouveaux armements de précision, nouveaux calculateurs, nouvelles capacités: il s'agit du standard 3, introduit en 1995, du standard 4, mis en service en 2000, et enfin du standard 5, disponible en flottille à la fin de l'année 2006. Ces chantiers ont lieu pour les avions de séries lors du passage des avions en visite d'entretien majeur à Cuers. A l'issue du processus, en 2007, le SEM constitue bel et bien l'un des avions d'attaque les plus sophistiqués des forces aériennes occidentales.

Le standard 3 : attaque d'objectifs durcis à distance de sécurité

Dès le début des travaux de modernisation, la capacité d'attaque d'objectifs durcis a été étudiée. Les ressources budgétaires ne permettant pas de réaliser les travaux nécessaires au cours de la modernisation, ils ont été différés jusqu'en 1992, année de leur lancement. L'intégration d'une nacelle de poursuite et désignation laser ATLIS permettant d'assurer l'illumination d'un objectif et l'emport du missile AS 30 Laser, déjà en service dans l'Armée de l'Air, sont les caractéristiques majeures de ce nouveau standard.

Ce type d'armement est alors indispensable pour administrer des frappes dites chirurgicales en s'affranchissant de dommage collatéral. De nouvelles fonctions sont introduites dans le standard 3. Le guidage en vitesse donne au pilote les informations nécessaires pour respecter l'heure prévue d'attaque d'un objectif ou de passage sur un point de navigation. L'intégration d'une centralette permet de surveiller les informations de pilotage issues de la centrale inertielle et participe à la sécurisation des informations d'attitude utilisées pour le pilotage sans visibilité. Le premier Super-Etendard modernisé standard 3 vol le 16 décembre 1994 et il est livré par l'atelier industriel de l'aéronautique de Cuers-Pierrefeu en avril 1995. La première flottille à l'utiliser est la 17F. La 11F a été complètement rééquipée en 1998.

Le standard 4 : remplacement des Etendard IVP de reconnaissance, auto-protection améliorée


Le chassis de reconnaissance, vu sous un SEM standard 4 à Nîmes Garons, avril 2008).

Jusqu'en 1999, les missions de reconnaissance étaient réalisées par les Etendard IVP de la flottille 16F. Après le retrait de cet avion, cette mission est assurée par le Super-Etendard modernisé standard 4.

Les premières études de ce nouveau standard ont été lancées en juillet 1995 : l'appareil peut emporter en lieu et place du chassis canon, un nouveau chassis de reconnaissance équipé d'une caméra photographique panoramique et d'une caméra électro-optique capable de travailler dans plusieurs bandes spectrales et autorisera les prises de vue à grande distance. En plus de la capacité de reconnaissance, le système d'autoprotection du Super-Etendard standard 4 est amélioré grâce à l'intégration d'un nouveau détecteur de menace électromagnétique et la création de deux nouveaux points d'accrochage sous la voilure permettant l'emport de lance-leurres programmables. Ce système sera complété par un boîtier de compatibilité du système et de commande de leurrage qui analysera les données d'identification issues des différents capteurs et, à partir d'une bibliothèque programmable, commandera les séquences de leurrage les plus adaptées. Ce sont les avions 24 et 49 qui serviront au développement du standard 4, sous la maîtrise d'oeuvre de Dassault.

Le standard 4 comprend également une nouvelle conduite de tir pour les bombes lisses à guidage laser qui permet au même avion de tirer la munition et d'illuminer l'objectif, ainsi que l'intégration d'un poste radio à évasion de fréquence qui augmente la discrétion et la résistance au brouillage des communications radio-électriques de l'appareil. La dernière phase du développement, lancée en février 1997, se termine en septembre 1999. L'optimisation de l'enchaînement de l'industrialisation et de la série permettra la livraison du premier SEM standard 4 en février 2000. En complément aux travaux de développement du standard 4, une étude est alors lancée pour améliorer la précision de la navigation du SEM en introduisant la possibilité de recaler la position élaborée par la centrale inertielle sur des informations fournies par un récepteur GPS. Cette possibilité vise à accroître sensiblement la précision et l'efficacité du système d'armes par conditions météorologiques défavorables : c'est le standard 5.


Le standard 5 inclut le nouveau pod Damoclès, un « multiplicateur » de capacité (Nîmes Garons, avril 2008).
Le standard 5 : attaque de précision de nuit ou par mauvais temps

L'attaque de nuit des objectifs terrestres par le Super-Etendard modernisé standard 4 impliquait le concours d'un coopérant externe au groupe aérien embarqué, pour matérialiser un point au sol ou pour assurer l'illumination laser de l'objectif. Le standard 5 a pour but d'améliorer les capacités et l'autonomie de l'appareil pour ce type de mission. Les pilotes des flottilles d'assaut sont équipés de jumelles de vision nocturne, acquérant ainsi une nouvelle compétence nyctalope. La capacité opérationnelle en sera renforcée. Enfin, les armes à guidage laser (le missile AS30L ou les bombes GBU12) peuvent être tirées de nuit sur un objectif à terre, avec le standard 5 de l'avion.

Le pod de nouvelle génération Damoclès donne à l'avion la capacité de naviguer en basse altitude de nuit, d'attaquer des objectifs dont les coordonnées sont connues, ou des objectifs illuminés au laser par un JTAC, ou encore de calculer les coordonnées d'un objectif qui a été acquis par la visualisation.

Le pod Damoclès peut également désigner l'objectif grâce à un faisceau infrarouge visible de nuit avec des jumelles de Vision Nocturne (JVN), et il fournit une visualisation infrarouge qui est projetée dans le collimateur tête haute de l'avion. Avec le pod Damoclès, le SEM standard 5 est capable de tirer des munitions guidées laser/GPS, ce type d'engin étant capable d'une précision meilleure que la dizaine de mètres.


La 17F, dernière utilisatrice du SEM vers 2014 ? L'avenir nous le dira ... (Nîmes Garons, avril 2008).

Mais le SEM standard 5 inclut également un nouveau pilote automatique numérique beaucoup plus efficace en évolutions opérationnelles, avec maintien de l'attitude (virage, montée) même si les paramètres de vol varient (poussée, charges externes, volets) : plus de confort pour le pilote dans des phases tendues de la mission. Enfin, les équipements radios sont dédoublés UHF/VHF, encore plus agiles et conservent un système de cryptage qui les rend étanches aux tentatives de brouillage adverses.

C'est le n°14 qui a servi de prototype à ce nouveau standard, à l'issue de sa sortie de sa validation des équipements militaires (VEM) à Cuers. Les premiers avions au standard 5 sont disponibles depuis la fin de 2006 : ce sont les SEM 2,8, 41 et 52. Il est prévu de modifier 35 SEM, soit de quoi équiper l'essentiel des deux flottilles 11F et 17F.

La 17F devrait être la dernière formation opérationnelle de la Marine à voler sur le « Super », puisque la 11F devrait toucher des Rafale à partir de 2010. Bon nombre d'avions ont dépassé les 5000 heures de vol, mais l'exceptionnelle robustesse de la cellule et des systèmes du Super-Etendard, associée à des innovations technologiques du plus haut niveau contribueront à conserver à cette flottille une redoutable efficacité jusqu'au terme de l'utilisation de ce monoréacteur, en passe de devenir une nouvelle légende de l'Aviation Embarquée.

Alexandre Gannier pour Net-Marine © 2008. Copie et usage : cf. droits d'utilisation - Sources : article du CF Jean Marie Thomas, Cols Bleus n°2399 14 juin 1997, LV Guérin Cols Bleus n°2465 5 décembre 1998, article de H.P. Grolleau, Airfan n°353 - Remerciements à Xavier Le Gall et au LV Xavier Falière).


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