Historique des fusiliers marins

La spécialité de fusilier est une des plus anciennes de la marine de guerre. Dans les siècles passés, sur les vaisseaux du Roy, il y a toujours eu des formations spécialisées pour le service de la mousqueterie, véritables ancêtres de nos fusiliers marins.
La première organisation sérieuse a été l'oeuvre de Richelieu qui, en 1627, a créé le Régiment de la Marine destiné à donner aux navires des troupes capables de combattre sur mer ou sur terre, encadrées par les officiers des vaisseaux. Ces troupes n'étaient pas simplement passagères : elles faisaient partie des équipages des bâtiments et concourraient à la manoeuvre des voiles, spécialement les voiles basses, les manoeuvres hautes étant réservées aux gabiers.
Ces formations existèrent sous divers noms jusqu'au début du XIX siècle, mais en 1825, elles furent dissoutes par une ordonnance royale, qui décréta que les compagnies de débarquement seraient uniquement composées de marins de l'équipage, encadrés par les officiers du navire.
On sentit bien vite qu'il manquait à ces compagnies du personnel spécialisé dans le combat à terre : aussi, le 5 juin 1856, un décret impérial créait la spécialité de "marin fusilier" dont la formation fut assurée dans un bataillon organisé à Lorient. Ce corps spécialisé, auquel étaient confiées les fonctions importantes de la capitainerie d'armes des bâtiments de la Flotte, en même temps que l'instruction et l'encadrement des corps de débarquement, est l'ancêtre direct des fusiliers actuels.


Fusiliers marins et leurs trophées prit à l'ennemi (1914) - photo collection Norbert Desgouttes

Depuis cette date, tant dans les campagnes coloniales de la fin du XIX siècle, en Chine, en Cochinchine, au Tonkin, à Madagascar, qu'en métropole lors des guerres mondiales, les fusiliers marins ont prouvé, aux côtés de leurs camarades de toutes les spécialités, leur vaillance et leur héroïsme.
Pendant la guerre de 1870-1871, après les désastres subis par les armées du Second Empire, des brigades de marins fusiliers et canonniers se sont couvertes de gloire, principalement à Bapaume et au Bourget.
La guerre de 1914-1918 allait exalter aux yeux de tous la renommée des fusiliers marins. Leurs faits d'armes à Dixmude, sur l'Yser, à Longewaede, Hailles et Laffaux ont marqué les esprits. Leur drapeau fut décoré de la Légion d'honneur, et ils se virent attribuer le droit au port de la fourragère rouge.
Cette fourragère est portée depuis à l'école des fusiliers marins, en hommage à l'héroïsme des anciens de la Grande guerre.
De 1939 à 1945, nouvelle guerre, nouveaux exploits. Marins de la défense de Dunkerque, de Cherbourg, de Lorient, fusiliers du 1er Régiment de fusiliers marins (1er R.F.M.), héritier du drapeau, à Bir Hakeim, en Italie, dans les Vosges et sur le Rhin, équipages des chars du régiment blindé de fusiliers marins (R.B.F.M.) de la division Leclerc, à Paris, Dompaire, Baccarat et Strasbourg, hommes des commandos à Dieppe, Ouistreham et Flessingue, partout les fusiliers marins ont continué la tradition.
La croix de la Libération, les citations acquises par la Brigade marine d'Extrême-Orient (B.M.E.O.), par l'escadron de tradition du 1er R.F.M., par le R.B.F.M., par les commandos de la marine, les divisions navales d'assaut et les flottilles amphibies en Indochine, prouvent que cette tradition se poursuit.
A la demi-brigade de fusiliers marins (D.B.F.M.) et au groupement de commandos de la marine, les fusiliers marins engagés dans les opérations d'Algérie ont ajouté à un passé déjà glorieux de nouvelles pages d'héroïsme et de sacrifice.


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