Les bâtiments ayant porté le nom de Rubis
Un vaisseau
de 64 canons (1665 - 1666) mis en chantier par Hubac à Brest,
en 1663, et mis à flot en janvier 1665. Sa première mission, avec
Duquesne en mai 1665, est
d'escorter de La Rochelle à Lisbonne la duchesse Elisabeth de Savoie,
future reine du Portugal et que les Espagnols voulait enlever. Le Rubis
quitte Lisbonne, mission accomplie, le 3 juin 1665 après la célébration
du mariage. L'année suivante, il est dans l'escadre du Ponant (Duquesne)
sous le commandement de La Roche St-André, et escorte, avec les Beaufort
et Mercoeur, des navires de la Compagnie des Indes sur les côtes
d'Afrique. Hélas le 28 septembre 1666, lors d'un sanglant combat contre
les Anglais, il est pris par HMS Loyal London et l'escadre de l'amiral
Allen à Dungeness. Pour rendre hommage à la résistance
vigoureuse de l'équipage du vaisseau français pendant ce combat
mémorable, le duc d'York rendra sa liberté au capitaine de vaisseau
La Roche St-André, et Louis XIV lui offrira une épée. Quand
au Ruby, il deviendra HMS French Ruby, et servira plusieurs
années au sein de la Royal Navy, avant d'être démoli en
1686. Un vaisseau
de 70 canons (1671 - 1695) qui est baptisé Rubis (Ruby)
le 1er février 1669, et mis en chantier par Rodolphe à Toulon
en avril de la même année. Mis à flot le 15 octobre 1670,
il ne conservera par longtemps son nom originel, car dans le cadre de la réorganisation
des « noms fixes » voulu par Colbert, il est rebaptisé
Florissant le 24 juin 1671. De 1675 à 1676, il participe à
la campagne de Sicile, sous le commandement du CV Gabaret. En 1680, il est radoubé
à Toulon. Le 10 juin 1690, il participe à la célèbre
bataille de Bévéziers, qui verra la déroute de la flotte
anglo-hollandaise, face à à l'armée navale du vice-amiral
Tourville. L'année suivante,
le Rubis (CV Sèbeville) sert d'arrière garde à
la campagne du Large. Ses dernières années le verront participer
à la bataille de Barfleur (1692) et à la campagne de Lagos (1693).
Le 7 septembre 1695, il est condamné, et finira sa vie comme ponton à
Toulon. Un vaisseau
de 48 canons (1648 - 1673). C'est sous le nom de César,
qu'il est mis en chantier à Brest en 1646. Mis à flot deux ans
plus tard, il faut attendre 1652 pour qu'il fasse son premier armement dans
l'escadre du Duc de Vendôme, avec lequel il participe à la bataille
du Perthuis d'Antioche (9 août 1652). En novembre 1664, il aborde le Soleil
aux îles d'Hyères. Les deux vaisseaux sont très avariés.
Le 24 juin 1671, dans le cadre de la réorganisation des « noms
fixes » voulu par Colbert, il est rebaptisé
Rubis (Ruby). L'année suivante, il participe à la bataille de
Solebay (7 juillet 1672). Considéré comme « usé »,
il sera condamné peu après, et vendu aux démolisseurs à
Brest en septembre 1673. Un vaisseau
de 50 canons (1672 - 1677), ex navire (marchand ?) hollandais Saint
Cosme, construit probablement en hollande en 1670. En 1672, il est pris
par l'escadre du Détroit de Gibraltar (escadre de Châteaurenault)
et conduit à Lisbonne. En février 1673, il quitte Lisbonne, où
il « vend des marchandises », et il est conduit sous escorte
à Rochefort avec le Cygne Blanc. En juin 1673, il est armé
pour renforcer l'escadre de La Haye aux Indes. Renommé Rubis
le 28 novembre 1673, il ne servira que peu de temps dans la marine royale, puisqu'il
est vendu vendu à la Compagnie des Indes en 1677. Un brûlot
de 6 canons (1673 - 1676), construit en 1662. Les sources sont assez
contradictoires sur son sujet (navire marchand anglais Ruben ?). Il
est acheté (ou pris selon Pierre Le Comte) en 1673, et devient le Rubis
dans la marine royale. Armé comme brûlot, il change de nom le 19
février 1674, pour devenir l'Hameçon. En 1676, il est
brûlé au combat probablement pendant la campagne de Sicile. Un vaisseau
de 54 canons (1680 - 1723), baptisé Rubis le 20 janvier
1678, mis en chantier par Brun à Brest en février 1678 et mis
à flot en mars 1680. Là encore, il ne porta pas le nom de Rubis
très longtemps, puisqu'il est renommé Entreprenant le
20 mars 1680. Evênement rarissime, le roi Louis XIV le visite au port
de Dunkerque le 28 juillet 1680. Le Rubis aura une carrière
longue et riche. Il participe à la bataille de Bévéziers
(10 juillet 1690), puis sert d'arrière garde à la campagne du
Large (cdt Sévigné) de juin à août 1691. En 1702,
il est reconstruit à Toulon par Chapelle. Le 24 août 1704, il participe
à la bataille de Velez-Malaga (cdt d'Hautefort). Un corsaire l'affrète
dans le Levant en 1711. Enfin, en 1718, il est condamné, sert de dépot
à Toulon, puis de ponton de carène. De 1720 à 1721, il
est mouillé en dehors de la Chaîne Vieille à Toulon pendant
l'épidémie de peste en hiver pour interdire l'accès du
port aux embarcations. Transformé en 1722, en machine à mâter,
il sert à Toulon encore de nombreuses années avant d'être
mis en vente en 1738. Un vaisseau
de 56 canons (1704 - 1717), dont la construction, par Coulomb, commence
à Port Louis en septembre 1703. Mis à flot le 21 janvier 1704,
il est intégré peu après dans l'escadre blanche et bleue
de l'armée navale du comte de Toulouse à la bataille de Velez-Malaga
(cdt de Benneville). De 1704 à 1705, il participe au blocus de Gibraltar.
Le 31 mars 1707, avec le Toulouze, il combat et force HMS Resolution
à se jeter à la côte près de Vintimille. A Toulon
en 1707, il est coulé dans le port pour éviter les bombes lors
de l'attaque anglaise. Le 2 août 1711, avec Phénix, Pembroke
et Trident, il participe au combat de Vado dans le golfe de Gênes
contre sept vaisseaux anglais. En mai 1712, sous le commandement du chevalier
de Beaudinard, le Rubis quitte Toulon pour une campagne aux Antilles
avec le Neptune (cdt Cassard),
et ravage et rançonne La Praya (4 mai), le Surinam (8 juin) et Curaçao
(6 février 1713), avant de rentrer à Marseille le le 15 juin 1713.
Ce sera sa dernière grande expédition. Alors qu'on envisage de
le mettre en ponton à Toulon, il coule dans le port faute d'entretien
en août 1718. Renfloué, il sera toutefois convertir en ponton de
carène. Le Rubis est condamné en 1729, et démoli peu après. Un vaisseau
de 56 canons (1707 - 1708), ex anglais HMS Ruby, construit
en 1651 à Deptford, par Peter Pett senior. Ainsi, il participe sous le
pavillon de sa majesté à la bataille de Bantry Bay (1689), et
celle de Barfleur (1692). Le 21 octobre 1707, il est pris par le Mars
(cdt Forbin) entre Ouessant et le cap Lizard lors d'un combat épique
avec Lys, Jason & Gloire contre HMS Cumberland, Chester& Devonshire.
Ramené à Brest le 27octobre 1707, il devient Ruby dans
la marine française. Mais pour peu de temps, car il ne participe qu'à
une campagne au Levant, avant d'être condamné en 1708. Une barque canonnière de 6 canons (1709), dont on sait peu de chose, si ce n'est qu'elle était stationnaire aux Antilles en 1709. En novembre de cette année, avec Gracieuse, Fortune et Dragon, elle délivre le capitaine flibustier Beauchesne alors envoyé en parlementaire et prisonnier du gouverneur hollandais le l'île de Saint Eustache. L'île sera mise à sac. Un vaisseau
de 52 canons (1729 - 1747) dont la construction (par Poirier ou Geslin
père ?) commence au Havre, en mai 1728. Mis à flot le 18 novembre 1728,
il fait sa première campagne, en 1732, au Canada. En octobre 1745, alors
en escorte avec le Magnanime de 45 navires marchands, il est attaqué
par l'escadre de l'amiral Townsend à l'arrivée en Martinique,
mais grâce à une défense vigoureuse, la majeure partie du
convoi sera sauvé. Le 31 octobre, le Rubis s'échoue à
la Martinique. Le 10 mai 1747, il quitte l'île d'Aix, armé en flûte
de 26 canons et commandé par le LV Mac Carthy, dans un convoi pour le
Canada (division de La Jonquière de Pomarède). Mais hélas,
quatre jours plus tard, le convoi est intercepté, et le Rubis
est pris par l'escadre anglaise de l'amiral Anson au combat du Cap Ortegal.
Incorporé comme transport dans la Royal Navy (HMS Ruby), il
servira jusqu'en 1748, date de sa démolition. Une corvette de 20 canons (1744 - 1748), ex flûte marchande anglaise Ruby. Là encore, on a très peu de renseignement sur ce navire, si ce n'est qu'il est capturé par les Français (un corsaire ?) le 16 avil 1744. Incorporé dans la marine de guerre française, le Ruby y sert quelques années. En 1748, il est condamné à Brest.
Une frégate de 40 canons (1812 - 1813), baptisée Rubis le 26 octobre 1810, elle est construite à Nantes et mise à flot en 1811. Armée l'année suivante, sous le commandement du CF Ollivier, elle quitte Nantes le 25 novembre 1812, avec l'Aréthuse pour une croisière aux îles du cap Vert, puis relâche aux îles de Loss au large de la Guinée. Malheureusement, le 5 février 1813, en quittant son mouillage, elle fait naufrage dans un orage sur les hauts fonds de Tamara. L'équipage embarque sur le navire portugais Serra, capturé peu avant. L'histoire ne dit pas ce qui se passa ensuite. Un aviso
à roues (1844 - 1862) construit avec les machines de l'Eridan
et de l'Alecton, et mis à flot en 1844 à La Ciotat, pour
le compte du ministère des Finances, mais acheté en juillet par la Marine.
En août de la même année, il participe aux bombardements
de Tanger et de Mogador dans le division du Prince de Joinville. De 1845 à
1848, il stationne au Levant, puis en 1849 au Sénégal. C'est là
que le Rubis participe, en décembre 1849, à l'expédition
des Bissagos. Désarmé en décembre 1859, il est alors utilisé
comme remorqueur à Saint Louis. Le Rubis est définitivement
condamné le 8 novembre 1862. Une chaloupe-canonnière
(1884 - 1897) du type éponyme, construit par Dyle et Bacalan
à Bordeaux de 1883 à 1884. Affecté à la station
locale du Congo français et du Gabon, il arrive à Libreville le
6 janvier 1885, transporté par l'Ariège. Au Gabon, il
sert d'annexe de l'Alceste puis de la Minerve (1891) et enfin
de la Cigogne (1896). Le 17 février 1897, désarmé
au Congo, il coule au mouillage, avant d'être condamné peu après
(26 avril 1897). Un sous-marin
pur type Emeraude (1909 - 1919), dont la construction est
ordonnée à Cherbourg le 24 novembre 1903 (Q043). Mis à
flot le 27 juin 1907, il effectue ses essais à partir de juillet 1908,
avant d'être affecté à la 1ère flottille de sous-marins
de la Manche à Cherbourg l'année suivante. Il est affecté
successivement à la défense fixe à Brest (1913), à
la 1ère Armée navale (1914), à la division navale du Maroc
basée à Gibraltar (1916), à la 2e escadrille de sous-marins
à Toulon, puis à la 4e ESM à Corfou (1917), à la
3e ESM à Moudros (1918), à l'école d'écoute à
Toulon (1919). Rayé des listes de la Flotte le 12 novembre 1919, il est
vendu pour 45 000 francs, le 10 mai 1921, à Toulon à M. Jean
Jacquart pour démolition.
Un sous-marin
mouilleur de mines type Saphir (1933 - 1949) dont la construction
commence à Toulon le 3 avril 1929. Mis à flot le 30 septembre
1931, il entre en service le 4 avril 1933, affecté dans un premier temps
à la 7e puis 5e ESM à Toulon, il rejoint Cherbourg en 1937. Après
un carénage carénage à Bizerte (7-11/1939), il participe
à la campagne de Norvège. Saisi par les Anglais le 3 juillet 1940,
il est armé par les FNFL. De 1941 à 1944, il mouille 683 mines
sur les côtes de Norvège, de France et au Jutland (dont 8 coulent
des navires allemands). C'est le bâtiment français ayant coulé
le plus de navires pendant la guerre, c'est pourquoi le Rubis fut considéré
par les Anglais comme le meilleur sous-marin allié. Après la guerre,
il sert d'école d'écoute à Toulon (1946-48), avant d'être
mis en réserve. Le Rubis est condamné le 4 octobre 1949 (n°Q 112),
et coulé le 31 janvier 1958 comme but sonar en Méditerranée.
Le sous-marin nucléaire d'attaque type Rubis est donc le 17e bâtiment à avoir porté le nom de Rubis. Jean-Michel
Roche
pour Net-Marine © 2009. Iconographie issue de « Des
noms sur la mer ». Copie et usage : cf. droits
d'utilisation.
Pour en savoir plus : Dictionnaire des
bâtiments de la flotte de guerre
de Colbert à nos jours.
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