Historique du Charles de Gaulle (année 2005)


Flamme Trident d'Or
(Dessin Paul Roy)
L'hebdomadaire L'Express nous annonce dans son numéro de janvier que les hélices livrée par l'américain Bird-Johnson, filiale de Rolls-Royce ont été déclarées " bonnes pour le service ". Elles équiperont le porte-avions,à partir de juillet 2006. En février 2003, les ingénieurs de Pascagoula (Mississippi) fournissent une paire, laissant espérer une pose lors de l'entretien du bâtiment, à l'automne suivant. Mais les radiographies décèlent de petites imperfections sur l'une d'elles, et la Délégation générale pour l'armement réclame une expertise plus poussée. Les résultats viennent de tomber: l'hélice tourne rond!

Un Rafale de la flottille 12F paré au catapultage pendant l'exercice Trident d'Or (avril 2005).

Var-Matin signale que l’indisponibilité périodique pour entretien et réparations (IPER) du porte-avions Charles de Gaulle durera 15 mois, soit 3 de moins que prévus. Il s’agit d’un véritable challenge pour DCN, souligne le quotidien. Var-Matin note que l’opération « la plus médiatique » du chantier restera « à n’en pas douter » le remplacement des hélices par les hélices américaines, actuellement stockées à DCN Indret. « Le Charles de Gaulle pourra alors atteindre les 27 nœuds (…) nécessaires au catapultage des Rafale F2 et F3 », précise le quotidien.

Les deux nouvelles hélices du Charles de Gaulle sont arrivées le 18 février 2005 à Toulon. Elles seront installées à l’occasion de sa grande révision en 2007.

Une charte de jumelage a été signée le 1er mars entre le lycée professionnel Charles-de-Gaulle de Sète (Hérault) et le porte-avions. A travers ce partenariat, les élèves du lycée à se verront proposer des visites à bord ainsi que des stages en entreprise, afin de découvrir les filières professionnelles offertes par le porte-avions.

Le Charles de Gaulle a repris la mer, 22 mars, avec un groupe aérien embarqué complet. L’activité dite réacteurs (mise en œuvre des chasseurs du groupe aérien) marque la relance de l’entraînement à bord pour les flottilles du groupe aérien : la 4F la 11F, la 12F et la 35F.

Le porte-avions a ensuite participé à l'’exercice Trident d’Or, menant le groupe aérien jusqu’au large de la Corse. Cet exercice majeur organisé en Méditerranée par la France et l’Italie, auquel participent sept autres pays (Allemagne, Canada, Espagne, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Grèce et Turquie), permet à la France de rejoindre le club restreint des pays (Grande-Bretagne, Italie et Espagne) aptes à commander la composante navale de la force de réaction rapide de l’OTAN, la NRF (NATO Response Force). Douze "certificateurs" de l’OTAN, commandé par l’amiral britannique Stevens, ont rejoint le Charles de Gaulle. Pendant quatre jours, ils ont procédé à un audit de l’état-major multinational de 111 personnes que dirige le vice-amiral français Jacques Mazars.


Le Charles de Gaulle et le porte-avions américain USS T. Roosevelt CVN 71 (mai 2005 - Photo MN).
De retour à son port base, le porte-avions accueille les nombreux visiteurs de la journée des familles, le 16 avril, puis son groupe aérien fait relâche de retour respectivement sur les bases de Landivisiau, Lann-Bihoué et Hyères.

Le porte-avions Charles de Gaulle et son groupe aéronaval, accompagnés d'une frégate britannique, appareille le 4 mai de Toulon pour une mission de deux mois en Atlantique et en Manche, qui les conduira jusqu'aux Etats-Unis et au Canada. Le groupe aérien embarqué comprend 12 Super Etendard modernisés, 8 Rafale et 2 Hawkeye.

Au cours de ce déploiement, trois groupes aéronavals franco-américains participe à l'exercice MNME-05 (Multi National Maritime Exercise) qui se déroule au large de Norfolk du 23 au 27 mai. Les bâtiments déployés sont trois porte-avions (le Charles de Gaulle et les porte-avions américains Eisenhower et Roosevelt), 12 bâtiments de combat de 1er rang (les frégates françaises Jean Bart et Tourville, les frégates américaines San Jacinto, Donald Cook, Oscar Austin et Stoot, la frégate britannique Nottingham, la frégate espagnole Alvaro de Bazan, les frégates canadiennes Athabaskan, Ville de Québec, St Johns et Halifax), 2 sous-marins nucléaires d'attaque (le Rubis et l'USS Norfolk) et enfin le pétrolier ravitailleur Meuse.


Le 25 mai 2005 un Rafale de la 12F a fait une série de Touch and Go sur le porte-avions USS Eisenhower. (Photo US Navy).

Le 22 mai un C2, version cargo du Hawkeye, s’est posé et a été catapulté depuis le Charles de Gaulle durant une journée d’échange d’aéronefs afin de démontrer la pleine intéropérabilité entre le bâtiment et les appareils américains.

Ce n'est pas moins de trois appareils américains qui se sont posés à bord du CDG durant cette matinée du 22 mai 2005 : Un Hawkeye de l'US Navy, un C2, un F18 Super Hornet.

Le 25 mai 2005 un Rafale de la 12F a fait une série de Touch and Go sur le porte-avions USS Eisenhower. Tandis que les interactions FR – US prenaient leur essor, les porte-avions se sont salués en vue de leur future coopération à la mer dans le cadre de l’exercice MNME.

Arrivé le 27 mai à Norfolk, première base navale de l'armée américaine, le navire lève l'ancre le 1er juin. Rangé entre l'Eisenhower et le Franklin-Roosevelt, le Charles de Gaulle fait figure de petit frère, avec 100 mètres de moins que les mastodontes américains.

Cela faisait plus de 30 ans qu’aucun porte-avions français n’avait fait escale dans un port des Etats-Unis. Avec un tonnage deux fois supérieur au sien, le Charles de Gaulle n’en a pas moins impressionné les visiteurs venus le découvrir qu’ils soient américains ou expatriés français vivants aux Etats-Unis.


Rangé entre l'Eisenhower et le Franklin-Roosevelt, le Charles de Gaulle fait figure de petit frère
(mai 2005 - Photo MN).

Amarré dans la zone réservée aux sous-marins nucléaires, le Rubis a également pu faire relâche dans l’immense base navale américaine. Les autres bâtiments du groupes aéronaval français ont fait escale à New-York 27 mai au 2 juin.

Au départ de Norfolk le 2 juin, et alors que le groupe aéronaval était engagé, dans un exercice conjoint avec l’US Navy, les conditions atmosphériques ont empêché dix avions français de rejoindre le porte-avions. Contraints de se dérouter vers la terre, les aéronefs français on lancé un appel en "emergency", mais se sont vu refuser l’autorisation de se poser sur la base militaire de Mac Guire, dans le New Jersey. Finalement, leur réservoirs de carburant presque vides, les avions français ont pu se poser sur l’aéroport civil d’Atlantic City, où il n’ont pas pu refaire le plein, faute de moyens de paiement. Une équipe de mécaniciens a du être dépêchée du Charles de Gaulle, à bord d’un hélicoptère Puma de l’armée de Terre, afin de procéder à leur remise en route.

En conclusion de l’exercice CANFREX (Canada – France Exercice) qui s’est déroulé au large des côtes canadiennes, les bâtiments de la Task Force 473 ont fait escale à Halifax du 8 au 13 juin 2005. Le porte-avions était au mouillage tandis que les frégates Jean Bart, Tourville et Nottingham en compagnie de la Meuse et du Rubis étaient à quai dans le port militaire.

De nombreuses manifestations telles qu’un pique-nique au centre-ville, un bal populaire ou une exposition de peinture à la Nova Scotia Gallery ont été organisées par les autorités locales et le consulat de France à Moncton pour mettre en évidence la présence des Français.


Autour du VAE Alain Dumontet, commandant la Force d'Action Navale, le CA Edouard Guillaud, Préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord et ancien commandant du porte-avions, et le CV Xavier Magne, actuel commandant (23 juin 2005).

Lors de son passage à Halifax du 08 au 13 juin 2005 dans le cadre de la mission FRAME 05, 19 marins du Charles de Gaulle ont participé à une course à pied de 5 kilomètres dans la ville de Lunenburg. La remise des prix consacrait le Charles de Gaulle à deux reprises, avec la médaille d'argent dans la catégorie "master male" (vétéran 1) du MP Thierry DECHAMPS et la première place ex æquo au Challenge de l'équipe la plus nombreuse.

Après son départ d’Halifax, la TF 473 a fait route vers Saint-Pierre et Miquelon où elle a passé la journée du 14 juin. Les bâtiments français ont suscité l’enthousiasme des habitants de l’archipel touchés par la venue de bâtiments venant hisser le pavillon français de l’autre côté de l’océan Atlantique.

Après un passage à Cherbourg les 23 et 24 juin, le groupe aéronaval participe à l'"International Fleet Review" à partir du 25 juin à Portsmouth.

L’invitation britannique, acceptée par la Marine nationale, à participer à l’Internationale Fleet Review le 28 juin 2005 témoigne de l’estime et du respect qui existe entre deux nations rivales par le passé. Historiquement, la bataille de Trafalgar est la dernière grande bataille au large entre les flottes françaises et britanniques. Depuis, et en dépit des à-coups, les deux marines ont appris à mieux se connaître et à s’apprécier.

Preuve en est fait de la volonté de la coopération franco-britannique dans les travaux de conception du second porte-avions et dans la réalisation du système de défense anti-aérienne PAAMS. Compte tenu de son rang parmi les marines du monde et de ses liens forts avec la Royal Navy, la Marine nationale était représentée par le porte-avions Charles de Gaulle, la frégate anti-aérienne Jean Bart, le pétrolier ravitailleur Meuse, le sous-marin Perle, le remorqueur Saire, la goélette Belle Poule et le cotre Mutin.


Passation de commandement entre le CV Magne et le CV Béraud.
(5 août 2005 - Photo Raymond Reboul).
A l'issue de ces festivités, le porte-avions s'arrête à Brest du 30 juin au 2 juillet.

Dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 juillet 2005, un jeune quartier-maître est évacué vers un hôpital de Lisbonne (Portugal), à la suite d’un diagnostic de méningite.
Traité par antibiotiques son état est jugé très satisfaisant. Par mesure de précaution, l’e nsemble des personnes qu’il a côtoyées les 10 jours précédents (qui correspondent à la période pendant laquelle le malade était contagieux) reçoit un traitement à base d’antibiotiques pendant 48 heures. Après analyse des activités du marin au cours de cette même période, il apparaît qu’aucune autre mesure prophylactique n’est à prendre.

Le porte-avions poursuit sa route vers Toulon, où il arrive le 6 juillet après deux mois d’absence.

Le 5 août, le vice-amiral d'escadre Alain Dumontet, commandant la force d'action navale, fait reconnaître le capitaine de vaisseau Denis Béraud comme nouveau commandant du Charles de Gaulle. Il succède au capitaine de vaisseau Xavier Magne, commandant du porte-avions depuis le 1er août 2003.

Du 24 au 25 septembre 2005, à l'occasion des deuxième rencontres Nation-Défense, le porte-avions ouvre exceptionnellement ses portes au public à Toulon. De nombreux visiteurs ont pu le découvrir.

Le 7 décembre, au cours d'une mission d'entraînement menée à partir du porte-avions Charles de Gaulle, un Super Etendard s'abîme en mer dans le golfe d'Ajaccio suite à une collision avec des oiseaux. Après la collision, le pilote a dirigé son avion vers la mer avant de s'éjecter. Le pilote a pu être récupéré indemne par un bateau de pêche à environ 1 km des côtes. L'avion, qui gît par 360 mètres de fond, n'avait pas d'armement à son bord.

La 6e campagne Rafale donne lieu à une activité technique d’une rare intensité pour les équipages de l’aéronavale, qui réalisent, pour la première fois, les essais au catapultage et à l’appontage du missile air-air européen Meteor sous Rafale. Mis à part le Meteor, ce sont tous les emports programmés au standard F3 du Rafale qui ont été testés, à commencer par le missile air-mer Exocet AM-39, spécifique au Rafale Marine.

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Jean-Michel Roche pour Net-Marine © 2005. Copie et usage : cf. droits d'utilisation ; Sources : Communiqués de presse, presse nationale et régionale.


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