Historique du Charles de Gaulle (année 2003)
![]() Alors que le CDG était en escale à la Sudre, M. Apostolidis, vice-ministre de la Défense grecque, a été accueilli par l’Ambassadeur de France et le vice-amiral d’escadre Dumontet, commandant la Force d’Action Navale. (17/02/03 - photo Amb.F.) |
La Lettre de l’Expansion (06/01) indique que le pont d’envol du porte-avions Charles de Gaulle joue, involontairement, le rôle d’une antenne, ce qui perturbe les instruments de guerre électroniques à bord.
Le Charles
de Gaulle quitte Toulon, le 4 février, pour trois semaines d'exercices
dans le bassin oriental de la Méditerranée avec son groupe aérien, composé
de 14 Super Etendard,
quatre Rafale,
deux Hawkeye,
deux hélicoptères Dauphin
Pedro et deux Puma de l'Armée de terre. Au passage du navire dans la
rade de Toulon, parmi les quelques familles qui s'étaient rassemblées sur les
quais, une dizaine de militants de l'association écologiste Greenpeace ont déployé
des banderoles "No war" (non à la guerre), demandant à la France d'exercer son
droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU et de ne pas prendre part à une
intervention militaire en Irak.
Le porte-avions est accompagné par la frégate antiaérienne Cassard,
la frégate anti-sous-marine La
Motte-Piquet, la frégate furtive Guépratte
et le sous-marin nucléaire d'attaque Saphir.
Baptisé Péan 03, cet exercice au large de la Crète, comprend
un entraînement avec le porte-avions américain USS Harry Truman.
Le Charles de Gaulle fait
avec les marines italiennes et grecques escale à La Sude (17 au
21 février), une base de l'OTAN en Crète. Le bâtiment et de son escorte
sont de retour le 25 février. Le groupe aérien, contrairement à
d'habitude, reste à bord car le porte-avions reprend la mer le 5 mars
pour un nouvel entraînement en Méditerranée. Le nouvel exercice baptisé Pean
vise à entretenir la qualification du groupe aérien et maintenir la cohérence
du groupe naval. L'entraînement se déroule principalement entre La Crète
et le sud du Péloponnèse.
| La Tribune se fait l’échos du rapport du Comité des prix de revient des fabrications d’armement (CPRA) qui dépend du contrôle général des Armées. Selon ce rapport, le coût global sur la durée de vie (estimée à 35 ans) du Charles de Gaulle atteint près de 7,7 milliards d’€. Cette somme se décline en une moyenne annuelle de 192,2 millions dont 88,3 millions correspondant à l’amortissement de l’achat et 103,9 millions d’€ pour les coûts récurrents. La Tribune note que le coût de construction de ce porte-avions, a dérapé de près de 500 millions d’€, et a accumulé quatre ans et demi de retard avant d’entrer en service. Selon le rapport du CPRA, les deux raisons principales de l’augmentation du coût du Charles de Gaulle sont, d’une part les aspects nucléaires de ce porte-avions et d’autre part, « les étalements calendaires décidés pour des raisons budgétaires en 1989 principalement (100 millions d’€) ». Le quotidien souligne que ce rapport fournit des « éclairages utiles » sur le choix de la propulsion du second porte-avions ; La propulsion et la plate-forme représentant les parts les plus importantes des parts d’acquisition du Charles-de-Gaulle (avec 36 et 37%). La Tribune note que « ce bâtiment coûtera, hors acquisition, au budget de l’Etat environ près de 4,2 milliards d’€ en terme de maintien en condition opérationnelle et d’exploitation, soit un coût annuel de 63,9 millions d’€ ». |
Pendant ce temps, le 22 février, un premier jeu des nouvelles hélices, fabriqué aux États-Unis par Bird & Johnson, filiale de Rolls-Royce, est arrivé à Toulon. Cette réalisation ne s'est pas faite sans incident. Ces hélices imposantes (5 mètres de diamètre pour 20 tonnes) ont traversé l'Atlantique sur un navire spécial jusqu'à Anvers, puis elles ont été acheminées par la route jusqu'à Toulon. Le moule de la seconde hélice présentant une fuite, il a fallu le refaire. L'installation s'effectuera lors d'un prochain passage au bassin. Ce délai laisse du temps au constructeur français, Atlantic Industrie, pour peaufiner le second jeu.
Le porte-avions essuye une violente tempête au large de la Crête dans la nuit du 16 au 17 mars, avec des rafales de vent à plus de 150 km/h, qui a entre autre arraché le TACAN (une balise de radioguidage des aéronefs).
Le 20 mars, "La Croix" indique que les responsables français, américains et grecs tentent de trouver une solution pour permettre l’escale du Charles de Gaulle dans la base alliée de Souda, en Crète, « saturée » par l’afflux de bâtiments américains du fait de la crise irakienne. Le porte-avions fait tout de même une 2ème escale à La Sude du 21 au 26 mars. Malgré les tensions entre la France et les USA, du fait de la crise irakienne, la coopération entre les deux Marines est toujours d'actualité. Preuve en est, un officier ingénieur américain s’occupe de veiller au système de catapulte du Charles de Gaulle, tandis qu'un officier de l’US Navy est aux commandes d’un Super Etendard français.
![]() Premier timbre-poste à l'effigie du porte-avions. |
Le 31 mars, dans le sud du Péloponèse, la Jeanne d'Arc et le Charles de Gaulle se sont rencontrés pour la première fois. C'était aussi l'occasion de naviguer de conserve avec la Force Navale Franco-Allemande (FNFA) dont les frégates Lütjens, Bremen, La Fayette.
Après six semaines d'entrainement en Méditerranée centrale le porte-avions, accompagné de son escorte navale regagne le 15 avril son port d'attache, Toulon. Il devrait rester à quai jusqu'en mai, pour être reconditionné. A une date non précisée en mai, il reprendra ensuite la mer pour une semaine d'exercices.
![]() Le comédien Bernard Giraudeau, de passage à Toulon pour y recevoir le prix littéraire "Encre marine", a pu visiter le porte-avions (photo MN) |
La première émission d'un timbre-poste " porte-avions Charles de Gaulle " a lieu le 8 mai 2003. Le bâtiment a l’honneur de figurer sur un timbre-poste, comme en son temps le SNLE Le Redoutable (25 octobre 1969), inspiré par des images de monsieur Sevestre et du second-maître Rault, photographes de la Marine, conçu par Pierre Courtois , peintre officiel de la marine, et gravé par Pierre Forget. Le choix de cette date coïncide avec le lancement des premières rencontres Nation-Défense, la commémoration de la victoire du 8 mai 1945 et la date anniversaire du premier appontage de René Caudron sur la Foudre en 1914.
Le comédien Bernard Giraudeau, de passage à Toulon pour y recevoir le prix littéraire "Encre marine" des mains du VAE Collinet, a pu visiter le porte-avions (date inconnue).
![]() Vu de la rade de Toulon depuis le mont Faron : Le porte-avions Charles de Gaulle, le TCD Siroco et la frégate Jean de Vienne à quai (juin 2003). |
Du 4 au 18 juin 2003, l’Hôtel de Ville de Paris accueille une exposition "Paris accueille le Charles de Gaulle" consacrée au porte-avions Charles de Gaulle dans le Salon des Tapisseries. L’exposition a pour finalité de faire vivre ce parrainage et de faire découvrir aux Parisiens ce qu’est un porte avions avec son environnement, ainsi que la communauté d’hommes et de femmes qui font vivre ces navires.
Le 1er juillet,
le bâtiment entre au bassin Vauban à Toulon pour un entretien programmé.
Le 1er août, le vice-amiral d'escadre Alain Dumontet, commandant la Force d'Action
Navale, fait reconnaître, le
capitaine de vaisseau Xavier Magne, ancien second du porte-avions, comme
commandant du Charles de Gaulle
en remplacement du CV Richard Laborde.
![]() Le vice amiral d'escadre Alain Dumontet, commandant la Force d'Action Navale, félicite le capitaine de vaisseau Xavier Magne, qu'il vient de désigner comme nouveau commandant du porte-avions Charles de Gaulle (1er août 2003). |
Début octobre, un retard dans la livraison des hélices, contraint le porte-avions à conserver ses anciennes hélices (du Clemenceau). Quatres nouvelles hélices avaient été commandées : 2 en France chez Atlantic Industrie et 2 aux USA, à Pascagoula (Mississippi). Mais, les premières ébauches françaises et américaines étudiées ont été refusées pour défaut métallurgique.
Le 9 octobre, l'Express titre : "Sept ans de malheurs". Sous la plume d'Eric Chol, on découvre que le porte-avions "joue de malchance" et ses hélices " ont accumulé tous les déboires "... Une fois de plus, la presse ne s'intéresse au porte-avions que lorsqu'il a des problèmes. L'Express était beaucoup moins locace sur l'action du Charles de Gaulle au cours de l'opération Héraclès....
Je retiendrai la phrase de l'amiral Alain Denis : " Messieurs les journalistes,(...) nous avons le plaisir de vous faire savoir que le porte-avions nucléaire français Charles de Gaulle a participé durant six mois à une opération majeure de lutte contre le terrorisme international, sans perte de vie humaine, sans accident d’aucune sorte, sans avarie, sans panne et donc sans aucune des raisons qui auraient pu justifier l’intérêt que vous ne lui portez plus ".
Le 22 décembre, le quotidien "Var-matin", titre en Une : « Mystérieuse fuite à bord du Charles-de-Gaulle ». Le quotidien affirme que plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de litres de carburant aviation (TR5) se sont répandus pendant la nuit du 6 au 7 décembre dans un local où se trouvent des appareillages électriques.
Le porte-avions a repris la mer en décembre après une inactivité pour entretien de quatre mois. La période d'entretien a été consacrée principalement aux contrôles des chaufferies nucléaires ainsi qu'aux visites de l'appareil propulsif et des catapultes. Des travaux classiques de bassin ont également été effectués.
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Jean-Michel Roche pour Net-Marine © 2003. Copie et usage : cf. droits d'utilisation ; Sources : Communiqués de presse, presse nationale et régionale.