| Satrap
et le Cogite
Le Satrap, Système Automatique de TRAnquilisation et
de Pilotage, doit permettre de mettre en oeuvre des avions de 20 tonnes
par mer de force 5 et 6. Le Clemenceau
et le Foch avaient été étudiés
pour l'emploi d'appareils de 12 tonnes par mer force 3 à 4. Le Satrap
est au coeur du dispositif: il pilote le bateau, stabilise le roulis dans
une fourchette de + ou - 3° , compense les mouvements de lacet au niveau
des brins d'appontage et compense la gîte, engendrée par une giration,
du vent transversal ou des mouvements transversaux d'appareils, lors de
leur sortie du hangar vers le pont d'envol.
Il est composé d'un calculateur central qui donne des
instructions aux actionneurs. Les actionneurs comportent une série
de 4 automates pour l'appareil à gouverner, trois automates pour Cogite
et un automate pour chaque des 4 ailerons de la stabilisation. L'appareil
à gouverner qui sert au pilotage et à la compensation des mouvements de
lacet comporte deux safrans.
Si les quatre stabilisateurs actifs sont d'une technologie
éprouvée pour la compensation du roulis, le système de compensation de
gîte (Cogite) est, par contre, tout à fait novateur, 12 trains de 22 tonnes
chacun, composés de wagonnets sur rails, sont déplacés par des câbles
tirés par des treuils, sur le pont de la deuxième galerie. Ainsi, par
leurs jeux réciproques, ils compensent la gîte, jusqu'à la rendre totalement
négligeable, puisqu'inférieure à 3°. La stabilisation du PAN a été prévue
de telle manière qu'il puisse continuer à mettre en oeuvre, mème avec
trois tranches noyées. En situation d'extrème péril, le Charles
de Gaulle est encore capable de frapper très durement l'adversaire. |
Les installations de
décollage
Il s'agit, en moins de 100 mètres, d'amener l'appareil à une
vitesse telle qu'il puisse décoller sans risque. L'essentiel de l'accélération
est assuré par la catapulte, qui, en 75 mètres, propulse un appareil pesant
20 tonnes à une vitesse de 150 noeuds, soit environ 275 km/heure. Les
deux catapultes, du type Cl 3-3, sont constituées chacune de deux lignes
de cylindres dans lesquelles est injectée de la vapeur sous pression,
qui met en mouvement deux pistons reliés au chariot d'entraînement de
l'avion. Le "hold back" retient l'avion quand il met plein gaz et casse
lorsque l'ouverture de la vanne de lancement donne à l'appareil la poussée
complémentaire permettant le catapultage. L'alimentation en vapeur vient
d'un réservoir tampon, réalimenté automatiquement après chaque lancement
à partir du circuit secondaire des chaufferies nucléaires. Le mécanisme
de lancement est constitué par deux lignes de 20 cylindres, un ensemble
mobile qui, par un jeu de pistons, anime le chariot de lancement. Le tout
se déclenche lorsque l'on ouvre la vanne d'admission vapeur. Mais, il
faut aussi que le chariot s'arrête en bout de course c'est pourquoi il
est doté de freins hydrauliques à film d'eau, capables d'arrêter en quelques
mètres l'ensemble mobile qui, pesant 3 tonnes, atteint en fin de course
une vitesse propre tout à fait importante. Un ensemble de matèriels hydrauliques
permet le "tensionnement" de l'avion avant catapultage, la remise en position
de l'ensemble mobile, tout en alimentant un déflecteur de jet refroidi
à l'eau de mer, car on imagine les températures atteintes en cours d'opération.
L'appontage
Si au décollage il faut assurer une vitesse maximum dans le
minimum d'espace, et donc de temps, à l'appontage il s'agit d'arrêter
le plus rapidement et le plus sûrement possible un avion qui se présente
à une vitesse d'environ 140 noeuds ou 270 km/h nécessaire pour pouvoir
redécoller s'il en était besoin. Le système retenu est, très classiquement,
celui de la crosse rétractable, située à l'arrière de l'appareil
qui accroche un câble tendu à une dizaine de centimètres au dessus de
la piste. Ce câble, appelé très ironiquement "brin", est relié par des
poulies de renvoi à une presse hydraulique située sous le pont d'envol.
La piste est dotée de trois dispositifs d'arrêt, afin de garantir une
très forte chance de saisie par la crosse. Pour faciliter la manoeuvre,
Si le pilote doit remettre les gaz, afin de faire une nouvelle présentation,
la piste d'appontage est disposée obliquement par rapport à l'axe du bâtiment.
Le garage et la manutention des aéronefs
Le hangar aviation est susceptible d'abriter 20 appareils.
Pour transférer les avions du hangar au pont d'envol, ou en sens inverse,
on dispose de deux ascenseurs fabriqués par la société américaine Jere
Brown Brothers. Manoeuvrèe par vérin hydraulique, leur plateforme fait
200 m2 et a une charge utile de 36 tonnes. L'entretien courant et la réparation
éventuelle des appareils sont realisés dans le hangar et pour les pièces,
dans une vingtaine d'ateliers Spécialisés : les réacteurs et leur banc
d'essai, ateliers hydrauliques, batteries, roues, crosses, mais aussi
sièges éjectables, parachutes, radar, radio etc... Ainsi, des techniciens
de haut niveau, dotés d'appareillages performants sont capables de répondre
instantanément à la majeure partie des problèmes qui se posent. |