La TLD de la frégate Ventôse - janvier avril 1993

(par l'aspirant X Anne Martel - texte du 9 juillet 1993)

Au mois de juin 1991 naquit la petite quatrième de la famille des frégates de surveillance : croisement d'un paquebot et d'une jeune frégate, descendante des glorieuses frégates, elle fait partie de la nouvelle noblesse de la Royale.

Cette petite quatrième prend le nom de Ventôse, dans la suite de ses grande sœurs : Floréal, Prairial et Nivôse, et se destine à affronter les vents et les tempêtes des Caraïbes. Son premier parrain est le capitaine de corvette Bonneau, notre chef qui la voit grandir et l'amène avec l'aide d'un équipage valeureux jusqu'au 2 juillet 1992, date à laquelle elle entre dans la Marine et prend pour commandant le capitaine de frégate Jeuffrain.

Le 17 juillet 1992, le premier départ : le bateau quitte Saint Nazaire et sa douceur de vivre pour Lorient. Là, il reçoit sa tourelle de 100mm et ses autres armements.

Le Ventôse fait ses premiers pas du 1er au 4 décembre 1992, sous l'œil vigilant de la CPE pour sa mise en condition initiale. Il est ensuite doté d'une Alouette III avec son lot d'aéro de la 35F : mécaniciens, plongeurs et 2 pilotes dont un Midship (personne n'est parfait !)

C'est le 19 janvier qu'à lieu le grand départ : le Ventôse vit alors sa première expérience : sa traversée de longue durée autour de l'Afrique, riche de découvertes.

La première escale fut Alexandrie. En passant l'équateur, le Ventôse devint un fier vaisseau le 12 février 1992, avant de rencontrer sa première île, le premier amour de sa vie : Les Glorieuses, belles et sauvages, une passion bien passagère sans grand espoir de retrouvailles… la première île, début d'une longue série, au travers de laquelle il recherchera toujours son premier amour.

Il y eut aussi les premières surprises : des escales originales : Le Mozambique, la Namibie. Le premier " pote " aussi : le trimaran Charal skippé par Olivier de Kersauson : " on s'téléphone, on s'fait une bouffe." Au total, le fier vaisseau, fort de son fier équipage, s'est offert le luxe de franchir 2 détroits, 2 canaux, une ligne, un cap, et de naviguer dans 4 mers et océans.

" Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage… "

Mais le fougueux Ventôse n'en reste pas là.

Le 5 mai 1993, il entre dans le monde du service actif et coupe le cordon ombilical lorientais pour rejoindre la famille éloignée de Toulon, patrie de son commandant en second, le capitaine de corvette Girot.

Puis la première épreuve, la mise en condition opérationnelle du 10 au 21 mai en compagnie du Foch, le grand-père, et des vieux cousins, le Champlain et de Ducuing : opérations, manœuvres et " Securex ", tout y passe ; avec un petit arrêt au pays de Miro et Gaudi.

Après une petite semaine au soleil de Toulon, le Ventôse quitte la métropole nourricière le 1er juin. Pressé de de retourner dans l'hémisphère sud où " les vents tournent à l'envers ", il part " full speed " vers Dakar, puis sans même s'y être reposé, vers les eaux trouble de l'Angola.

C'est sa première mission baptisée " Corymbe X ", présence en Zone Maritime Atlantique Sud (ZMAS). Ce fut l'occasion pour lui d'expérimenter des rôles originaux (" le quart par tiers renforcé allégé, mais seulement au CO "), l'efficacité de la drôme dans la pratique de la pêche à la traîne, la résistance de la peinture du pont d'envol au trente coureurs quotidiens, le niveau de tarot et de belote de son équipage entier…

Avec bien sûr une escale (originale au point que l'on a souhaité y revenir) : Pointe Noire et ses gorges de Diosso … qui valent vraiment le déplacement.

Adieu l'Angola et le Congo ! Une fois sa mission terminée et pour son premier anniversaire, le Ventôse remonte vers Dakar en espérant y rester plus longtemps que la fois précédente, avant d'essayer une nouvelle île : Sao Vincente dans l'archipel du Cap Vert.

Nous attendons maintenant la Terre Promise, la Martinique… et espérons ne pas attendre 40 ans.

Que les vents osent nous être favorables.


La presse de l'époque

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