Louis-René
Levassor de Latouche-Tréville (1745-1804)
Louis-René Levassor de Latouche-Tréville naît le 3 juin 1745 à Rochefort-sur-mer
d'une famille qui donna à la Marine de nombreux officiers. A 13 ans il entame,
en tant que garde-marine, sa carrière militaire.
Latouche-Tréville
participe pendant les cinq premières années de sa vie de marin à plusieurs combats
de la guerre de Sept Ans. Commandant de L'Hermione (1) au début
de la guerre d'indépendance des Etats-Unis, il transporte La
Fayette parti soutenir les insurgés, puis se bat victorieusement sous les
ordres de La Pérouse au large
de Terre-Neuve, enfin il participe au combat devant Yorktown qui signe
la défaite des Anglais.
Au début de la
Révolution, Latouche-Tréville, député de la noblesse, siège à la Constituante
où ses idées libérales lui font prendre place parmi ceux qui
fondent les bases des institutions de la République.
Commandant d'une
escadre, il est destitué et emprisonné lors de la Terreur, mais retrouve la
liberté après la chute de Robespierre. II ne recouvre son grade et le commandement
d'une escadre qu'au début du Consulat, en 1800 à Brest.

On édifia à sa mémoire un mausolée en forme de pyramide. |
En 1801 Bonaparte
lui confie le commandement de la flotte chargée d'envahir l'Angleterre. Commandant
de l'escadre de Rochefort, il s'empare de Port-au-Prince en 1802
et est nommé vice-amiral en décembre 1803.
C'est dans ses
nouvelles fonctions à la tête de l'escadre de la Méditerranée qu'il meurt le
19 aout 1804. Sa mort fut cependant tenue secrète, afin qu'elle fut ignorée
de Nelson, ainsi que son inhumation dans le cimetière de Toulon. Ce n'est que
six ans plus tard qu'on édifia à sa mémoire un mausolée en forme de pyramide
(Latouche-Tréville était franc-maçon), à proximité du sémaphore
de la Croix des Signaux. Ce lieu a été choisi parce que ce combattant émérite
aurait exprimé le désir d'être inhumé de manière à voir arriver les Anglais
des quatre points cardinaux. Le 14 octobre 1902, l'autorité militaire décida
le déplacement de ce mausolée. Démonté pierre par pierre, le monument
fut reconstruit dans le cimetière militaire de l'hôpital de Saint-Mandrier.
Le transfert du corps se fit le 29 avril 1903 et donna lieu à une manifestation
du souvenir qui se déroula en présence des autorités civiles et militaires.
(1) La ville de
Rochefort soutient un projet intéressant : La reconstruction
à l'identique de l'Hermione.