Histoire de la frégate Courbet (2004-2009) 2004 : Missions de surveillance en Méditerranée L'année débute par un stage de mise en condition opérationnelle, du 12 au 23 janvier à quai, puis du 26 au 6 février à la mer, période au cours de laquelle le Courbet effectue également l'exercice « Tamoure » et un concours au profit du Charles de Gaulle (16 au 19 février).
Le
Courbet étant en période
d’entretien en juin 2004, le commandant et une vingtaine de membres
de l’équipage participent aux cérémonies du soixantième
anniversaire du débarquement en Normandie :
Le Courbet mouille 14 août 2004 à Cavalaire en préparation d'une importante revue navale, le 15 août 2004 à Toulon, à l'occasion du 60e anniversaire du débarquement de Provence. Vingt et un bâtiments français, dont le Courbet, et huit bâtiments étrangers (trois algériens, deux britanniques, un américain, un marocain, un tunisien) participent à ces célébrations. La revue navale est également accompagnée d'un défilé aérien avec des avions de l'Armée de l'Air, 4 Rafale Marine, 9 Super-Etendard de la Marine. Après les permissions d'été, le Courbet entame le 13 septembre une mission de surveillance en Méditerranée orientale, qui comprend principalement l'exercice franco-égyptien Cleopatra du 20 septembre au 4 octobre au large et à Alexandrie, et une participation au salon de l’armement « Defendory 2004 » au Pirée (6 au 10 octobre). Une autre escale a lieu Augusta (16 au 19 octobre). Le bâtiment est de retour à Toulon le 21 octobre.
2005 : IPER n°2 - Opération Enduring Freedom Un grand carénage (IPER n°2) commence le 3 janvier à Toulon, avec un long passage au bassin du 20 janvier au 7 avril. Les principaux travaux réalisés sont un échange standard de la tourelle de 100mm, des visites de 16000 heures du DA1, de 3000 heures du DP22, et de 12 000 heures des DP11, 12 et 21. Les bielles des quatres moteurs principaux seront remplacées durant l’IPER par des bielles d’un nouveau type et les conditions d’emploi de la propulsion seront réactualisées. A l'issue de cette longue période d'entretien, le bâtiment reprend la mer et fait une tournée sur les côtes de Provence et du Languedoc avec mouillage à Sète (13 au 15 juillet), Saint-Raphaël / Fréjus (16 au 18 juillet), et le Grau du roi (22 au 25 juillet).
Le 28 septembre, une équipe du Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN), hélitreuillée par des hélicoptères Puma et soutenue par 3 marins du commando Hubert prend le contrôle du Pascal Paoli. Après une intervention de seulement 7 minutes, le navire était sous le contrôle de l'armée. Le navire prend immédiatement le cap vers Toulon, escorté par l'aviso Enseigne de Vaisseau Jacoubet et la frégate Courbet. Une courte mission de surveillance en Méditerranée a lieu du 12 au 23 septembre, avec une escale à Rota (Espagne) du 17 au 20 septembre, à l'occasion de la cérémonie de changement de commandant de l’EUROMARFOR. Le 14 novembre, le bâtiment quitte Toulon pour retrouver l'océan Indien (opération Enduring Freedom). Au sein de la TF 150 et intégré au dispositif multinational, le Courbet va alors participer aux missions conduites par la coalition dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Il passe le canal de Suez le 19 novembre, fait une première relâche à Djibouti du 24 au 27 novembre, puis participe aux diverses opérations du 1er au 17 décembre 2005. L'équipage passe Noël à Djibouti à l'occasion d'une deuxième escale du 21 au 25 décembre.
2006 : Piraterie en Somalie - Mission au Liban Du 1er au 7 janvier, le bâtiment est à Mascate (Sultanat d’Oman), puis du 15 au 23 janvier à Dubaï (Emirats Arabes Unis), cette dernière escale se concluant par un passex avec la marine émirati.
C'est
aussi au cours de cette escale, que le 17 janvier 2005, le capitaine de frégate Le 27 janvier, cargo Osman Mete, battant pavillon turc, en transit entre Durban et la Turquie, est attaqué par une embarcation rapide de pirates armés d’un lance-roquette et d’armes automatiques, au Nord-Est de la Somalie. Les pirates ouvrent le feu sur la passerelle du cargo turc. Le cargo émet un appel de détresse qui est reçu par le Courbet en patrouille dans le cadre de l’opération Enduring Freedom. L’intervention coordonnée de la frégate et de son hélicopère Panther/36F permettent de mettre en fuite les assaillants. Le 29 janvier, la prise en charge d'un blessé, le chef machine du M/V Feng Jung 16 venant d'être libéré par les pirates, conduit le Courbet a effectuer un transit à vitesse élevée vers les Seychelles. La fin de cette évacuation sanitaire se fera par l'hélicoptère Panther le 31 janvier. Le bâtiment est en escale à Port Victoria (Seychelles) du 1er au 7 février. Plus au sud, le Courbet rejoint Mombasa, où il relâche du 21 au 27 février, puis effectue un passex avec la marine kenyane. Du 9 au 14 mars, il est à Djibouti. Une dernière patrouille en mer Rouge commence le 21 mars. Le 26 mars, le Courbet franchit à nouveau Suez, dans le sens nord-sud cette fois. Il est de retour à Toulon le 31 mars.
De
retour au port base le 22 mai, une période d'entretien (IE) du 29 mai
au 21 juillet, est suivie par les permissions d'été.
Le 15 juillet, à la suite de l'enlèvement par les chiites libanais du Hezbollah de deux soldats israéliens et de la mort de trois autres dans la même attaque, Israël lance une offensive aérienne et maritime au Liban d'une ampleur sans précédent depuis 1996. Un blocus général est opéré. Comme en 1982, une noria va s'établir entre Larnaka (Chypre) et Beyrouth pour évacuer les ressortissants. C'est pourquoi la marine française met en place des moyens maritimes importants dans le cadre de l'opération Baliste (Jean de Vienne, Siroco, Commando Hubert, Mistral, Jean Bart, Montcalm, Foudre). Un cessez-le-feu intervient le fin août. Israël lève le blocus maritime du Liban qu'elle imposait jusqu'alors. Le Courbet quitte Toulon le 11 septembre, et prend la relève du Montcalm à Limassol (Chypre) le 17 septembre. Sa mission est d’une part d'assurer la surveillance maritime des côtes libanaises, pour éviter d'éventuels trafics d'armes à destination du Hezbollah, d'autre part d'apporter son soutien aux militaires français de la FINUL engagés dans la reconstruction d'infrastructures routières détruites par les attaques aériennes israliennes. Le bâtiment est dans un premier temps intégré à la TF 470 (CA Magne sur le Siroco) en sous-ordre du CTF 425 italien (porte-aéronef Garibaldi). Le Courbet fait escale à Beyrouth du 5 au 9 octobre, puis à nouveau à Limassol du 18 au 22 octobre. Entre-temps, les Italiens passe le commandement de la task force aux Allemands, dont la flotte du Nord était arrivé en Méditerranée à la mi-octobre.
L'attitude menaçante d'avions de chasse israéliens, qui a été à deux doigts de provoquer un tir d'auto-défense des casques bleus français de la FINUL fin octobre au Liban sud, suscite une vive réaction de la France. Le porte-parole du ministère français de la Défense Jean-François Bureau précise, que la frégate Courbet a, elle aussi été survolé plusieurs fois par des avions de chasse israéliens alors qu'elle croisait au large des côtes du Liban. Un navire de reconnaissance allemand a connu une mésaventure similaire.
Le 2 décembre 2006, la frégate Surcouf prend la relève de la frégate Courbet, qui participait jusque là à la surveillance côtière du Liban, en coopération avec la TF 448. La passation de suite entre les deux bâtiments a lieu au large des côtes sud de la Crête. Le Courbet est de retour le 6 décembre au soir à Toulon.
Une inspection générale par le capitaine de vaisseau Rollin, adjoint organique à l'amiral commandant la force d'action navale a lieu le même jour. Précédant les permissions de Noël, un tir Exocet MM40 a lieu le 12 décembre. Son succès confirme, une fois encore, la fiabilité de ce missile anti-navire.
De retour de permissions, l'équipage du Courbet entame une période d'IE (Indisponibilité pour Entretien), du 22 janvier au 16 mars, qui est marquée par un travail de fond permettant de redonner du potentiel au bâtiment dans la perspective de ces futures missions. A l'occasion de cet arrêt technique des nouveaux Affûts Légers Portables Démontables (ALPD) viennent prendre place à l'avant, au niveau de la fosse de 100mm, et à l'arrière, sur la plate-forme hélicoptère. Ils permettent l'ajout de quatre mitrailleuses de 12,7mm qui peuvent être montées rapidement en cas de besoin, et complètent l'arsenal de lutte contre les menaces asymétriques. Le 20 mars a lieu une sortie à la mer pour essais. Le même jour, le Jean de Vienne, le Courbet, l'Arago, la Carangue, et la vedette de gendarmerie maritime Odet, participent à une démonstration de l'action de l'état en mer, au profit de responsables de l'agence Frontex. L'agence Frontex a pour but la coordination et l'étude des moyens de lutte et de prévention contre l'immigration clandestine au sein de l'Union Européenne. La démonstration est marquée par une une simulation de détection et d'interception d'un navire chargé d'immigrants illégaux tentant de débarquer sur les côtes varoises, la Carangue étant chargée de jouer le rôle du navire identifié.
A cette occasion, le Courbet relâche à Carthagène (13 au 15 avril) où il retrouve de nombreux bâtiments espagnols dont le porte-avions Principe de Asturias, les frégates Juan de Bourbon, Reina Sofia, Canarias, les sous-marins Galerna et Siroco, les TCD Galicia et Castilla, le pétrolier-ravitailleur Patino, un patrouilleur type Barcelo, le remorqueur La Grana. Les bâtiments des autres nations étant l'aviso-escorteur portuguais Joao Belo, la frégate turque Turgutreis, et la grecque Nikiforos Fokas. Du 13 au 15 juillet, le Courbet est au mouillage en baie de Saint-Tropez, à l'invitation de la municipalité, à l'occasion de la fête nationale. Un diner officiel réunit quelques personnalités à bord le 13 au soir, puis le lendemain, une délégation du bâtiment participe aux cérémonies militaires en ville. Du 14 mai au 8 juin, des entraîneurs de la division " entraînement " de l'état-major de la force d'action navale embarquent à bord pour diriger un exercice de mise en condition opérationnelle (MECO). Le 31 août, le Courbet reçoit à son bord la visite de monsieur Alain Marleix, secrétaire d'Etat aux anciens combattants.
Du 10 au 14 septembre, le Courbet participe à un traditionnel exercice Gabian, qui réunit plusieurs bâtiments toulonnais. Un autre exercice, Tamouré, est prévu du 17 au 20 septembre ; le Courbet devra toutefois y annuler sa participation suite à une avarie sur sa tourelle de 100mm. Une équipe DCNS est dépêché sur place, en grande rade à Toulon, et répare rapidement le canon, dont un essai de tir, dans la nuit du 19 au 20, confirmera le bon fonctionnement et le retour à la disponibilité. Le 20 septembre, le bâtiment repart vers la Méditerranée occidentale, avec son hélicopère Panther et son détachement 36F, pour effectuer une nouvelle mission Baliste le long des côtes libanaises. Le bâtiment prend la suite d'un de ses sisterships, l'Aconit, le 23 septembre à la mer, au large de la Crête. Depuis le conflit entre le Hezbollah et l'armée israélienne, à l'été 2006, la France maintien au large du Liban une frégate en permanence. Bien que non intégrés au sein de la FINUL, les bâtiments français assurent des échanges quasi-permanent avec la force navale onusienne, sous commandement allemand depuis octobre 2006. Un premier contact est ainsi établi avec l'amiral allemand, commandant la TF448, à Limassol (Chypre), où le Courbet stationne du 28 septembre au 1er octobre). Le bâtiment retrouve ensuite le port de Beyrouth du 6 au 7 octobre. Le 13 octobre 2007, à la mer au large de Beyrouth, l'équipage du Courbet reçoit la visite de M. Mallet, haut fonctionnaire et ancien secrétaire général à la défense nationale, chargé de la rédaction du "Livre Blanc" qui posera les bases de la réflexion sur la politique de défense et de sécurité de demain.
Du 9 au 12 novembre, le bâtiment retrouve Beyrouth pour une deuxième escale. Le 16 novembre à la mer, le Panther embarqué à Toulon en septembre, quitte le Courbet, avec une partie du détachement 36F, lors d'un cross-deck avec la frégate Guépratte qui elle rejoint la zone océan Indien. Le même jour a lieu la passation de suite avec la frégate Primauguet, qui prend la relève du Courbet dans le cadre de la mission Baliste. Après une dernière escale à Haïfa (Israël) du 19 au 21 novembre, le Courbet met le cap sur son port base de Toulon, où il arrive le 27 novembre. Le
13 décembre 2007 à Toulon, le capitaine de frégate
2008 : Sous le bérêt bleu de l'ONU Après une première période de disponibilité à quai, le Courbet effectue deux jours d'entraînement individuel au large de Toulon du 16 au 17 janvier, puis un traditionnel exercice "Gabian" en compagnie d'autres bâtiments de la force d'action navale (21 au 25 janvier), au cours duquel un ravitaillement à la mer avec le BCR Marne a lieu le 22 janvier. De
retour de l'exercice Gabian, le 25 janvier, l'équipage du Courbet
accueille les gagnants du jeux concours "Second Life"
organisé par la Marine nationale.
Baptisées « opération Ecume éternelle », les journées de présentation marine (JPM) ont lieu du 4 au 7 février au large de Toulon. Ces journées permettent de faire découvrir, à un échantillon de représentants de la société civile et militaire, les principales unités de la Marine nationale, et les opérations qu'elle mène quotidiennement sur l’ensemble des océans : assaut amphibie, évacuation de ressortissants, ravitaillement à la mer, lutte sous la mer, lutte anti-surface, guerre des mines, action de l'Etat en mer et sauvegarde maritime. De nombreuses unités sont engagées dans cette démonstration : BPC Mistral, sous-marin Casabianca, TCD Foudre, frégates Dupleix, Cassard, Courbet, aviso EV Jacoubet, pétrolier-ravitailleur Meuse, chasseur de mines Capricorne, EDIC Rapière, BSAD Ailette, BSR Chevreuil, CTM 27 et 28, commando Hubert, avions Super-Etendard, Hawkeye, Atlantique, Falcon 50, hélicoptères Super-Frelon, Panther, ainsi que des Tigre, Puma et Gazelle de l’ALAT. Après une courte période de préparation à quai, le Courbet quitte Toulon le 15 février pour une nouvelle mission au Liban. A la différence des années précédentes, la France fait le choix d'intégrer le bâtiment sous l'autorité directe des Nations-Unis au sein de la composante maritime de la FINUL.
Rompant le cycle des missions Baliste, le Courbet va alors intégrer un un Task Group (TG) Euromarfor, au sein de la Task Force (TF) 448, commandée par le contre-amiral italien Ruggiero Di Biase. La mission prend le nom d'Impartial Behaviour. Après une traversée quelque peu mouvementée par une météo capricieuse, une première escale a lieu à Tarente (Italie - 18 au 20 février), au cours de laquelle a lieu la cérémonie officielle d'activation de l'Euromarfor (20 février). Suivent deux jours d'entraînement à la mer, avec des bâtiments italiens, puis le Courbet arrive au large de Chypre le 25 février. Le lendemain, un ravitaillement à la mer a lieu avec le pétrolier-ravitailleur néerlandais HNLMS Amsterdam. La TF448 étant commandée précédemment par un amiral allemand, une relève entre les bâtiments quittants et prenants est effectuée le 29 février à la mer. Cette relève, ponctuée par une revue navale, marque le début officiel de la mission Impartial Behaviour pour le Courbet. Le Courbet arbore les marques des Nations-Unies : lettres noires sur fond blanc affichées sur la coque et sur l’aéronef. Autre nouveauté, l'équipage n'est pas peu fier de porter le célèbre béret bleu de l'ONU. C'est une première dans l'histoire de la Marine française !
Malgré une situation sécuritaire tendue au Liban, l'équipage peut profiter de quelques moments de détente à terre. Dans le domaine de la coopération avec la marine libanaise, l'envoi d’une équipe technique de 5 personnes pendant 2 jours à Beyrouth permet de réaliser des actions d'entretien au profit de bâtiments de libannais, les EDIC Sour et Damour. Fin mars, le vice-amiral Teule, chef du CPCO (Centre de Planification et de Conduite des Opérations), embarque pour quelques heures à bord. Une rencontre avec des représentants de l'équipage est organisée à cette occasion. Le 1er avril, le Courbet passe la suite à la frégate Montcalm au large de la Crête, puis fait retour vers son port base de Toulon qu'il rallie le 6 avril. L'équipage bénéficie d'une période de permissions/gardiennage jusqu'au 20 avril. Le lendemain, le bâtiment entre en IE (Indisponibilité pour Entretien), une période d'arrêt technique, marqué par des visites préventives sur un diesel-alternateur et des contrôles et améliorations sur les armes et équipements. Cette période est aussi le moment privilégié pour resserrer les liens avec la ville marraine d'Angers, à laquelle une délégation de l'équipage, menée par son commandant, rend visite à l'occasion des cérémonies commémoratives du 8 mai. Une journée d'essais à la mer le 17 février précède une période de permissions-gardiennage jusqu'au 21 juillet.
Mission en Océan Indien - Affaire du voilier Carré d'As Le 26 juillet, le Courbet repart pour une mission dans la zone maritime océan Indien, avec un détachement de la flottille 36F et son hélicoptère Panther.
Accompagné de l'aviso Commandant Birot, il arrive le 31 dans les eaux territoriales égyptiennes. Après une une attente au mouillage devant Port- Saïd, la première ville d'Egypte traversée par le canal de Suez, la traversée commence de nuit. Arrivé en mer Rouge, la frégate Surcouf passe sa suite au Courbet, tandis que l'EV Jacoubet fait de même avec le Cdt Birot. Les deux bâtiments font ensuite une première halte à Djibouti du 6 au 11 août. Le Courbet fait ensuite escale à Salalah (sultanant d'Oman) du 20 au 24 août, sous une épaisse couche nuageuse, puis après quelques jours de patrouille dans un Golfe d’Aden, théâtre d’une recrudescence des actes de piraterie, le bâtiment revient à Djibouti le 30 août. Alors que le Courbet est à quai à Djibouti, le 2 septembre, des pirates somaliens prennent le contrôle d'un voilier de croisière de 16 mètres, le Carré d'As, dans le golfe d'Aden. A bord du voilier se trouve un couple de français de 60 ans : Jean-Yves et Bernadette Delanne. Les pirates réclament deux millions de dollars de rançon. Les armées vont alors déployer un vaste dispositif. Mis en alerte, le Courbet appareille le lendemain de Djibouti, avec à son bord un détachement d'une trentaine de commandos marine, dont des nageurs de combat du commando Hubert. Deux avions de patrouille maritime Atlantique 2, l'un basé à Djibouti et un second appelé en renfort, permettent de localiser le Carré d'As. L'objectif est d'empêcher que les pirates ne parviennent à rejoindre Eyl, leur « nid de frelon » situé dans le nord-est de la Somalie (à environ 800 km au nord de Mogadiscio), et où sont retenus plusieurs navires et équipages. Les commandos patientent quelques jours au large des côtes somaliennes, retenus par une brise soutenue de force 5. Puis, dans la nuit du 15 au 16 septembre, les forces françaises interviennent, non loin du village de Bargal, à l'extrême nord-est de la région semi-autonome du Puntland. L'hélicoptère Panther permet de guider l'assaut. Les hommes de plusieurs commandos marine affrontent des pirates armés de RPG et de Kalachnikov. Un preneur d'otages est tué et six capturés. Aucun soldat français n'a été touché. L'affaire est bouclée vers 03H30, heure française. Dix minutes après l'assaut du bateau, les otages sont sains et saufs, libres. La discrétion et la surprise furent des critères déterminants. Le Carré-d'As fait ensuite route vers Djibouti, ou il arrive le 23 septembre. Entre temps, les ex-otages avaient été transférés par hélicoptère, le 20 septembre à Djibouti, alors que le Courbet étaiet encore à quelque 300 kilomètres des côtes. C'est le chef de l'Etat en personne, Nicolas Sarkozy, qui le raconte devant la presse à l'Elysée, flanqué du Premier ministre François Fillon et du chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin : " Hier (15 septembre) à 21 heures, j'ai donné l'ordre au chef d'état-major des armées de mener une opération pour libérer les deux Français retenus en otage depuis deux semaines ". Les six pirates somaliens sont ramenés par avion (C-130), le 22 septembre en France (Villacoublay), et seront placés en garde à vue et mis en examen le 24 septembre. Pour le Courbet, c'est l'épilogue d'une affaire qui aura été le temps fort de cette mission en océan Indien. Des patrouilles plus calmes vont alors s'enchaîner, et la frégate multiplie les escales à Djibouti (23 au 28 septembre, 3 au 12 octobre, 17 octobre au mouillage de Doraleh, 22 au 27 octobre, 1er au 8 novembre, 10 au 12 novembre, 6 au 8 décembre). Cette période est l’occasion pour le Courbet d’accompagner à plusieurs reprises des navires au pavillon ou aux intérêts européens. C’est la concrétisation de l’initiative franco-espagnole présentée au Conseil européen en septembre 2008. L’accompagnement dure un peu moins de 2 jours et permet de garantir une traversée du Golfe d’ Aden sans encombre aux bâtiments vulnérables qui en font la demande à Bruxelles. Ces accompagnements sont les prémices de l’opération Atalante qui débutera le 8 décembre. Le 2 novembre à Djibouti, les ministres de la défense français et espagnol, M. Hervé Morin et Mme Carme Chacon, signent une déclaration bilatérale sur la piraterie. Les ministres appareillent avec le Courbet pour assister à une démonstration de parachutage en mer. Plusieurs thématiques concrètes sont abordées dans cette déclaration dont, entre autres, la possibilité d’utiliser la base de Djibouti pour les moyens espagnols, la possibilité d’embarquer sur les moyens de chacun des pays, des personnels de l’autre pays, ou encore la systématisation des échanges d’information. En route vers la Métropole, Le Courbet passe le canal de Suez le 12 décembre, et rentre le 18 décembre à son port base de Toulon. A l’arrivée, le Bagdad de St Mandrier leur faisait la surprise de leur présence sur le quai avec les familles. 2009 : Dernière campagne de la Jeanne d'Arc Premier entraînement mutuel de l‘année pour les bâtiments de la force d‘action navale (FAN), l‘exercice « Gabian » se déroule au large de Toulon du 26 au 30 janvier 2009. Deux à trois fois par an, cet exercice de remise en condition complète l‘entraînement individuel des bâtiments de la FAN. Participent à cet exercice le Montcalm, le Courbet, la Meuse, l‘Arago, le Mistral, le Commandant Birot, le Commandant Bouan, le Capricorne et l‘Achéron. Le 23 février 2009 vers 9h30, la frégate Courbet, en exercice d’entraînement du Charles de Gaulle, au large de la Pointe de Spano (Haute-Corse), se déroute pour porter assistance à une embarcation légère avec deux pêcheurs à son bord. Le Courbet met à l'eau son zodiac avec un plongeur à bord afin de récupérer les deux naufragés. Les deux pêcheurs sont sains et saufs, et leur embarcation est remorqué vers le port de Saint-Ambroggio en fin de matinée. ... Fin décembre (?) , le Courbet quitte Toulon pour participer à la dernière campagne de la Jeanne d'Arc, en tant que bâtiment accompagnateur (conserve). Les escales du GEAOM sont : Casablanca (Maroc - 7 au 12 décembre), Dakar (Sénégal - 18 au 23 décembre), Rio de Janeiro (Brésil - 4 au 9 janvier 2010), Buenos Aires (Argentine - 15 au 20 janvier), Montevideo (Uruguay - 15 au 20 janvier), Ushuaïa (Argentine - 27 au 28 janvier), Valparaiso (Chili - 4 au 9 février), Callao de Lima (Pérou - 15 au 20 février), Balboa (Panama - 26 février), Carthagène (Colombie - 1er au 6 mars), Pointe à Pitre (16 au 23 mars), New York (31 mars au 5 avril), Québec (Canada - 12 au 18 avril), Saint Pierre (21 au 23 avril), La Corogne (Espagne - 1er au 3 mai), Hambourg (Allemagne - 14 au 19 mai), Rouen (22 au 26 mai), Brest (27 mai 2010). 2010 : ... Le 10 février le navire chimiquier Sichem
Osprey s’échoue sur l’île de Clipperton,
de nuit et à pleine vitesse (16 noeuds - 32 km/h). Ce navire de 170
mètres de long, battant pavillon maltais (compagnie norvégienne Eitzen),
transporte 10 500 tonnes de Xylène, produit toxique et inflammable. Le
Courbet,
qui se trouvait au Pérou en compagnie de la Jeanne
d'Arc, est dépêchée sur place. Il arrive sur
zone le 26 février, avec une équipe d’évaluation des opérations, dont
un expert antipollution. Cette équipe est hélitreuillée à bord du chimiquier.
En raison du risque de tsunami, le Courbet
héberge à son bord les 19 membres d’équipage (russes,
lettons et philippins) du Sichem Osprey.
Jean-Michel Roche pour Net-Marine © 2010. Copie et usage : cf. droits d'utilisation.
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