Stanilas Charles Dupuy de Lome


La statue de Dupuy de Lôme à l'arsenal de Lorient
(photo Jean-Michel Roche)

Né au manoir de Soye, prés de Lorient, le 15 octobre 1816, sorti de Polytechnique dans le génie maritime, il débute au port de Toulon. A 42 ans, il est appelé au premier poste de son corps : la direction du matériel de la Marine de Paris. Successivement conseiller d'Etat, député du Morbihan, sénateur inamovible... Très robuste et d'un tempérament équilibré, c'est avant tout un esprit mathématique d'une puissance de travail extraordinaire Deux fois en dix ans il revolutionne l'architecture navale.

D'abord par les plans du Napoléon (1850). vaisseau de ligne à vapeur à grande vitesse, de 90 canons. le premier de son type, et qui consacre la supériorité des navires de cette série. Lors de la campagne de Crimée (1854), des deux escadres mouillées dans la mer Egée, seule l'escadre française réussit à vaincre le courant des Dardanelles et, le Napoléon en tëte, entra dans la mer Noire, laissant l'escadre anglaise se morfondre à son mouillage.

Puis il construit le premier cuirassé de guerre océanique, La Gloire (1858-59). Evolue alors en haute mer une escadre cuirassée dont chaque navire est plus puissant, plus rapide. Entre temps, il supervise la transformation de plusieurs voiliers en navires à vapeur par une méthode étonnante le navire est coupé en deux, et l'on introduit une section centrale réalisant l'allongement nécessaire et logeant l'appareil moteur.

Il quitte la Marine de guerre pour la direction de deux puissantes compagnies : les Messageries Maritimes et les Forges et Chantiers de la Méditerranée. Il construit pour la première des paquebots à grande vitesse, qui doublent la capacité des communications avec l'Extrême-Orient, et organise la seconde pour construire les plus puissants navires de guerre, ouvrant ainsi à notre industrie nationale une voie nouvelle.

Resté à Paris en 1870, nommé membre du comité de défense de la capitale, il veut la mettre en communication avec l'extérieur par des aérostats dirigeables. Il pose les principes de la navigation aérienne ; son aérostat dirigeable. dont la grande hélice est actionnée par des hommes, réussit plusieurs ascensions en 1872 ; il ne lui manquait qu'une vitesse suffisante par substitution du moteur électrique au moteur à bras d'hommes. Rien d'utile à l'architecture navale n'échappe à sa perspicacité c'est ainsi qu'il soumet à l'Institut un projet détaillé de traversée de la Manche, de Calais à Douvres. par des " navires port-trains ". préfiguration de nos ferry boats actuels. A la fin de sa vie, il fait une étude complète de la construction et de la direction d'un navire sous marin. Sentant sa fin prochaine, il remet son travail à son fidèle collaborateur, Gustave Zédé : ce dernier le réalise en construisant Le Gymnote, premier sous marin opérationnel de la Marine française. Il meurt à Paris le 1er février 1885.

D'après : L'agenda Marine 1997 (Edition Coeur de France 29, rue de Versailles 78150 Le Chesnay)