Les chasseurs de mines tripartites
![]() Le chasseur de mine Céphée. |
D'un déplacement légèrement plus fort, il bénéficie de l'expérience acquise pour les équipements.
L'innovation la plus marquante est l'adoption, pour la première fois en France sur des bâtiments de ce tonnage, d'un matériau nouveau, le Composite Verre Résine (C.V.R.), en étude à la DCAN (Direction des Constructions et Armes Navales) de Cherbourg depuis les années 50.
Le chasseur de mine tripartite a été adopté également par l'Indonésie et le Pakistan.
Une grande variété de mission
Les chasseurs de mines assurent le libre accès des ports militaires français (Brest, Toulon et Cherbourg) et des grands ports civils dont Marseille et Fos pour la Méditerranée. Plus généralement, ils veillent à la libre circulation des navires dans les approches maritimes de la France.
![]() Pétardage de mine par la Lyre (Photo MN) |
En temps de crise, ils opèrent en force constituée dans un cadre national ou international. Ils peuvent également être amenés à guider un convoi de bâtiments à travers des routes dans une zone minée.
Le chasseur de mines tripartite (CMT) peut ainsi réaliser des opérations de chasse aux mines par des fonds de 10 à 230 mètres de profondeur dans des conditions météorologiques jusqu'à mer 3.
La chasse aux mines s'effectue en plusieurs étapes : la détection d'objet suspect à plus de 1200 mètres de distance puis la classification de ces objets à plus de 600 mètres de distance. Dans le cas d'une " mine possible ", le commandant ordonne alors son identification visuelle puis sa destruction éventuelle par les plongeurs démineurs du bord ou les mini sous-marins type " PAP 104 ".
Face à la menace d'une mine moderne, le CMT oppose sa discrétion magnétique (coque et structures en matériaux CVR) et acoustique (silence de fonctionnement), une résistance étudiée aux explosions sous-marines, et des capacités manœuvrières lui permettant d'évoluer en sécurité dans une zone minée (rotation complète, translation, point fixe…).
Les missions de service public, recherche d'épaves, traitement d'engins sous-marins suspects et assistance aux navires civils constituent des missions secondaires de la force de guerre des mines. Ces missions ont toutefois pris, depuis quelques années, une place plus importante, avec la montée en puissance de l'action de l'état en mer.
Les CMT ont un équipage de 48 personnes dont 4 officiers, 35 officiers mariniers et 9 quartiers maîtres et matelots.
![]() Le SPIV (Sonar propulsé à immersion variable) de l'Andromède. |
Les 13 chasseurs de mines type tripartite ont été refondus à Brest entre 2001 et 2005, avec le concours de Thomson-Marconi. Le système de classification et la videothèque ont été modernisés pendant cette refonte. Le centre opérationnel de chaque bateau a été complètement revu et la plage arrière réaménagée.
Un SPIV - Sonar de l'avant Propulsé à Immersion Variable - de la société Thomson Marconi Sonar, a été mis en place. Cet engin filoguidé, naviguant à 150 mètres sur l'avant du chasseur, et supportant une immersion de 300 m, apporte au système d'armes le préavis de détection et la capacité de classification nécessaires pour traiter les mines modernes les plus furtives.
Les bouilleurs permettant de fabriquer de l’eau potable, et les séparateurs d’hydrocarbure, ont été remplacés pour respecter les conventions MARPOL sur l’environnement.
A l'occasion de cette refonte, les équipages des trois chasseurs de mines toulonnais ont fait l'objet de permutations temporaires avec leurs homologues brestois : Lyre avec Orion, Persée avec Eridan, L'Aigle avec Verseau.