Les systèmes de guerre électronique

On distingue deux grands types de systèmes de Guerre Electronique, les systèmes passifs et actifs.

1 - Systèmes passifs

 


L'ARBR10 fut l'un des tous premiers détecteurs de radars français.
(Musée naval de St Mandrier)

Ce sont des appareils de détection des indiscrétions électromagnétiques radio ou radar de l'adversaire. Ils ont l'avantage d'être discrets. Utilisés comme moyens d'alerte, ils concourent également à l'enrichissement des bibliothèques de menace qui permettent ensuite une identification plus pertinente. On les classe en deux sous-familles :

2 - Systèmes actifs

Les contre-mesures actives ont pour but d'aveugler ou de dévier les systèmes de guidage, de désignation d'objectif, ou les missiles assaillants. Là encore on trouve trois grandes sous-familles :

Les brouilleurs
Ils émettent une onde électromagnétique de forte puissance qui aveugle les radars de désignation d'objectifs et autodirecteurs de missiles ennemis. Les émissions de signaux d'un brouilleur doivent être compatibles avec ceux du radar ennemi afin de l'aveugler ou de le tromper.
La menace principale pour un bâtiment de combat (missiles anti-navires à guidage radar actif ou radars de pointe avant d'aéronef) se situe principalement dans les bandes X et Ku (notation classique) entre 8 et 18 GHz environ. Notons tout de même l'émergence des bandes Ka (34-35 GHz) et K (95 GHz) pour le futur, et un intérêt croissant pour la furtivité dans des bandes plus basses (2-8 GHz).


Le Dagaie est un système lanceur de leurres, pouvant tirer des valises de mortier ou des roquettes électromagnétiques REM. (Photo Lacroix)

Les leurres
Ces systèmes physiques sont sensés tromper le radar en créant de fausses cibles ou en masquant par leurs échos celui de la cible. Le but principal d'un leurre passif est d'imiter la signature radar d'un bâtiment pour générer de faux échos crédibles, vu du radar adverse. Il est donc primordial que la signature radar des leurres soit en parfaite adéquation avec la signature du bâtiment. Le leurre devra également avoir une durée de vie utile suffisante, pour garantir l'efficacité pendant toute la durée de l'engagement.

On peut classifier les leurres suivant leur nature :

Les leurres électromagnétiques (chaff) forment un nuage réflecteur composé d'un grand nombre de "cheveux" en fibre de verre métallisée. Les nuages sont constitués de dipôles qui, soumis à un champ électromagnétique se comportent comme autant d'antennes recevant une certaine quantité d'énergie et la re-rayonnant.

Les leurres infrarouges (flare) émettent un fort dégagement thermique, et sont particulièrement efficaces sur les autodirecteurs travaillant dans le domaine de l'infra-rouge (IR).

On peut également classifier les leurres suivant leur mode d'action :

Les leurres déportés, constitués par des roquettes dont la portée est de 500 et 3000 mètres du navire.

Les leurres centroïdes sont tirés près du navire pour jouer sur l'attraction barycentrique ou "effet centroïde" générée sur la poursuite angulaire et en distance de la menace.

Pour en savoir plus :
Une histoire de la guerre électronique navale
Méthodes de leurrage
Invisible aux radars ? Les SER et SIR
Les missiles anti-navires dans le monde
Sites à visiter :
Thales Group.
Institution of Electrical Engineers (UK)
Texte Jean-Michel Roche pour Net-Marine © 2003. Copie et usage : cf. droits d'utilisation

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